Bertoua :
Les Boundar qui avaient bastonné ce magistrat contestent leur condamnation en instance.
Sebastian Chi Elvido
La cour d’appel de l’Est à Bertoua prend désormais le relais du tribunal de première instance de Bertoua dans l’affaire ministère public et Salomon Mengang par ailleurs président du tribunal de grande instance du Lom et Djerem contre Jeannot Boundar et ses fils. Mardi 18 mars 2008, les prévenus appelants étaient devant la collégialité présidée par Boniface Libog assisté des magistrats Mindjimba Mindjimba et Toch.
Pour cette première audience, la cour devrait statuer d’abord sur la demande de mise en liberté provisoire introduite par l’avocat des prévenus appelants, une demande à laquelle ne s’est pas opposé le ministère public représenté par le procureur Fongaing. Du côté de la partie civile représentée par maîtres Tawet et Kamwa, on dit être surpris par cette audience parce que c’est seulement le matin même qu’on a été mis au courant de son déroulement.
Dans sa plaidoirie pour la mise en liberté provisoire, maître Henry Bogombe, représentant les Boundar, a évoqué le fait que Patou Boundar Gertrude Landry et Ngondinga Boundar Jean Pierre sont des fonctionnaires, respectivement instructeur principal de jeunesse et d’animation et maître principal d’éducation physique et sportive, mais qui croupissent à la prison principale de Bertoua depuis le déclenchement de cette affaire il y a de cela 7 mois aujourd’hui.
Pour appuyer sa demande, Me Bigombe Henry a évoqué les dispositions du nouveau code de procédure pénale. Il a argué du fait que les domiciles des prévenus appelants sont bien connus et qu’ils pourront se présenter à toutes les convocations du tribunal d’appel qui les juge. Le collège de juges a renvoyé le délibéré de la mise en liberté provisoire au 25 mars prochain.
On se rappelle que les prévenus avaient été conduits devant le tribunal de première instance de Bertoua pour les faits de blessures simples en coaction, destruction, injures, menaces simples, menaces sur conditions et outrage aux corps constitués et fonctionnaires. Actes perpétrés en l’endroit de magistrat Salomon Mengang. Selon une plainte, le 04 août 2007, Mengang Salomon avait été copieusement bastonné et violenté par tous les 7 membres de la famille Boundar. Ce dernier en effet avait obtenu une parcelle de terrain enclavée et avait sollicité une servitude de 15m pour accéder à son terrain, laquelle devrait passer sur le terrain de la famille Boundar. Le 04 août, Bembel Oliver dépêché par Mengang Solomon avec un engin réquisitionné pour réaliser la servitude rencontre une opposition farouche.
Premier acte, Patou Boundar Getrude se met en tenu d’Adam devant l’engin. C’est ainsi que Bembel rentre appeler Mengang lui-même. Arrivée sur les lieux, alors qu’il croyait retrouver et dialoguer avec ses futurs voisins, Le magistrat de 4eme grade et juge au tribunal militaire de Yaoundé et Mbalmayo aurait été accueilli sauvagement par toute la famille. La mère se serait jetée sur la voiture, la fille aînée l’agressant nue, le grand garçon lançant un projectile. Ensemble, ils auraient sorti la victime de sa voiture avant de la jeter dans la boue, avant de le rouer de coups de poing sans aucune intervention de toute la foule. " Nous nous sommes rués sur lui ", avait affirmé Boundar Baman Jeannot à l’enquête préliminaire tout comme Ngodinga Boundar Jean Pierre qui avait affirmé lors des débats que " j’étais en colère et je le cherchais ". Lors des débats, les accusés avaient tous nié les accusations portées contre eux. Malgré cela des condamnations avaient été prononcées dont les plus importantes étaient deux ans d’emprisonnement ferme pour Patou Boundar et Ngondinga Boundar, six mois pour Boundar Baman Jeannot et trois mois pour Banoui Boundar Augustin.