Jazz : Quand Jay Lou sauve le festival

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Jazz Sans frontières s'est achevée par un spectacle qui a failli ne pas se faire.
Parfait Tabapsi (Stagiaire)



C'est à 22h40, vendredi dernier, que le spectacle a véritablement commencé au Palais des congrès de Yaoundé. A un moment où même les plus optimistes commençaient à désespérer. C'est que "des problèmes de dernière minutes ont surgi", déclarent les organiseurs. En fait de problèmes, le dispositif électrique n'arrive pas à satisfaire les exigences d'un matériel sophistiqué. Du côté des organisateurs, l'on déclare avoir pris des dispositions préalables avec la location d'un groupe qui se fait attendre. En coulisses, Jay Lou ronge son frein, pensant à un sabotage et se demandant l'ampleur de ce manquement sur son image qui risque de prendre un coup. Surtout ici même à Yaoundé où il a ses repères pour y avoir grandi.

Las, il déboule sur la scène pour s'excuser et préciser qu'il est "là depuis 16h avec les musiciens". Pour chauffer une salle qui a vu son contenu se vider presque de moitié, Avline Ava se lance dans l'arène. Trente minutes durant, elle donnera à voir son "Bikutsi à la sauce jazz". Elle aura d'autant plus de mal que le groupe qui a préparé son intervention n'a pas fait le déplacement de Yaoundé; elle priera d'ailleurs le public de l'en excuser, renvoyant implicitement la responsabilité de cette situation aux organisateurs. 23h 20, Jay Lou monte enfin sur la scène. Si le public l'acclame, il reste qu'il est impatient de le voir à l'œuvre. Ce d'autant plus que quelques fans présents ont mis à profit le retard pour commenter en bien du spectacle précédent de Douala. Accompagné d'un orchestre auquel il commence à s'habituer, Jay Lou se lance dans une envolée comme il en a le secret, lui l'autodidacte de cet instrument. Il preste comme si l'incident qui a retardé son show n'avait pas eu lieu.

"De tout temps, j'ai été respectueux de mon public, car lorsque les gens donnent de leur argent et de leur temps pour venir vous voir jouer, ils attendent que vous soyez à la hauteur. Ils méritent donc que vous vous donniez à fond". 00h.10, le bassiste Noël Ekwabi marque sa présence. Celui que les fans appellent le maestro ou "papa Noël" ne dément pas sa réputation mondialement reconnue. 00h.45, alors que le jour commence à poindre, un curieux personnage rentre dans l'arène avec un ballon de football. Il rapproche les deux stars de la soirée et leur ordonne pratiquement de se donner en spectacle. Dans un jeu à deux, Jay Lou et Noël Ekwabi rappelleront aux nostalgiques l'époque bénie d'un autre duo rentré depuis dans l'histoire à savoir Atebass et le regretté Zanzibar des Têtes brûlées.
Dans la salle c'est l'extase. Un jeune fan lance même: "si c'est cela du jazz, moi j'achète". C'est peut-être pour cela qu'après leur sortie, le public acclamera au point où le héros du jour reviendra gratifié le public d'un thème bien connu de lui intitulé Mbidambani feeling et qui figure dans l'album Spellings.
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