{"id":10319,"date":"2024-04-27T11:54:48","date_gmt":"2024-04-27T09:54:48","guid":{"rendered":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/?p=10319"},"modified":"2024-06-21T12:05:02","modified_gmt":"2024-06-21T10:05:02","slug":"les-peuples-sawa-les-mbo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/les-peuples-sawa-les-mbo\/","title":{"rendered":"LES PEUPLES SAWA : LES MBO"},"content":{"rendered":"\n<p>Les Mbo, encore appel\u00e9s Ngoh-Nsongo, sont les peuples originels du d\u00e9partement du Moungo<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la terminologie constitutionnelle \u00e0 la&nbsp;mode, on les d\u00e9signerait par le vocable \u00ab autochtones du Moungo \u00bb qu\u2019on serait plus pr\u00e9cis. L\u2019aire du groupe Ngoh-Nsongo recouvre toutefois le d\u00e9partement du Moungo dans la r\u00e9gion du Littoral, le Koup\u00e9 Manengouba, la plus grande partie du d\u00e9partement de la M\u00e9m\u00e9, le nord du D\u00e9partement de Fako dans le Sud-Ouest et \u00e0 l\u2019Ouest,<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"491\" height=\"239\" src=\"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/mboo.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10317\" srcset=\"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/mboo.jpg 491w, https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/mboo-300x146.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 491px) 100vw, 491px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>les franges occidentales des arrondissements de Santchou et de K\u00e9kem. Ses origines historiques sont relat\u00e9es \u00e0 la fois par la tradition orale et l\u2019histoire des migrations bantoues. Selon les traditions orales , deux fr\u00e8res, seraient les fondateurs des peuples de la r\u00e9gion, Mukula N\u00b4songo Ngoh et Mukwele Ngoh Ngoh<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ngoh habitait au sommet du Mont Manengouba, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la caldeira d\u2019Eboga. Un jour qu\u2019il allait \u00e0 la chasse, il trouva une jeune fille du nom de Sum\u00e9diang qu\u2019il \u00e9pousa. Puis arriva une certaine Ngotengang dont la peau \u00e9tait recouverte de gale. Ngotengang parcourait la r\u00e9gion \u00e0 la recherche de l\u2019assistance. Partout o\u00f9 elle passait, on lui refusait l\u2019asile. Mukwele Ngoh et sa femme furent les premiers \u00e0 1\u2019accueillir. La nuit venue, elle leur d\u00e9livra un secret : \u00ab<em><strong>la r\u00e9gion conna\u00eetra un cataclysme ; vous serez les seuls rescap\u00e9s<\/strong><\/em>\u00bb. Le secret d\u00e9livr\u00e9, Ngotengang disparut. Le cataclysme se produisit. Ngoh et sa femme furent les seuls rescap\u00e9s. Apr\u00e8s le cataclysme, le couple s\u2019installa d\u00e9finitivement \u00e0 Mwekan, sur le versant occidental du Mont Manengouba. A quelle date se produisit ce miracle de la cr\u00e9ation ? La l\u00e9gende reste muette l\u00e0-dessus. <br>Cependant, elle ajoute que Ngoh avait un cadet du nom de Mukula Nsongo. Sur le plan historique, le peuplement originel des Ngoh et Nsongo est \u00e0 situer dans le vaste mouvement de migrations bantoues originaires du Congo et arriv\u00e9es dans le golfe de Guin\u00e9e vers la fin du XVIIe et les d\u00e9buts du XVIIIe si\u00e8cle. Il s\u2019agit du courant Ngoh o Mulongo et de Akube a Mulongo Mulongo ma S\u00e8 Tukuru a Manela, un cousin \u00e9loign\u00e9 de Mbedi Mbongo a b\u00e8s\u00e8 ba Diketi la Ngoso a manela et de Ngae Mbongo A b\u00e8s\u00e8 ba diketi la Ngoso a Manela .<br><br>La composante de MBEDI elle-m\u00eame qui remonte l\u2019estuaire du Wouri pour occuper les rives dudit fleuve, tandis que leurs cousins de la composante de NGOH s\u2019installe d\u2019abord dans l\u2019actuelle ville de Limb\u00e9 au pied du Mont Cameroun, puis \u00e9migrent dans un second temps vers l\u2019hinterland \u00e0 Barombi o\u00f9 ils s\u2019installent autour du lac du m\u00eame nom, vers l\u2019actuelle ville de Kumba, r\u00e9gion du Sud-Ouest. Les fr\u00e9quentes \u00e9ruptions volcaniques du char des dieux (Mont Cameroun), tr\u00e8s actif au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, pourraient justifier le repli int\u00e9rieur des Bakoundou, un peuple de l\u2019eau, qui se voit oblig\u00e9 de quitter la c\u00f4te atlantique pour le bassin du lac Barombi, non loin des flancs occidentaux du Mont Manengouba. Certains auraient pouss\u00e9 leurs escortes vers le rebord m\u00e9ridional du plateau bamil\u00e9k\u00e9. <br><br>Dans la composante bakoundou en question, on retrouve des sous-groupes comme les Balong, les Abo, les Bakossi, les Balondo, etc., qui se r\u00e9clament aujourd\u2019hui, selon la l\u00e9gende, descendants de Ngoh et Nsongo. On pourrait donc avancer \u00e0 la confrontation du mythe et de la r\u00e9alit\u00e9 que Ngoh et Nsongo n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9s par une myst\u00e9rieuse alchimie d\u2019un d\u00e9luge sur les sommets de Manengouba. Ils seraient des descendants bakoundou dont les anc\u00eatres s\u00e9dentaris\u00e9s autour du lac Barombi vivaient de la p\u00eache et de petites activit\u00e9s rurales. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019essor d\u00e9mographique et le milieu naturel aidant, ces populations se seraient dispers\u00e9es \u00e0 la recherche de nouveaux espaces vitaux tout en multipliant et diversifiant leur culture du milieu ambiant pour leur adaptation. Ce serait vraisemblablement dans la dispersion des Bakoundou, de la d\u00e9pression Barombi que les ph\u00e9nom\u00e8nes Ngoh et Nsongo se seraient install\u00e9s en guerriers, chasseurs et nomades sur les flancs voisins du Manengouba o\u00f9 ils vont engendrer de nombreux fils dont les familles p\u00e9tilleront le Moungo originel. <br>Les Ngoh et Nsongo sont aussi et surtout une culture de la montagne et c\u2019est l\u00e0 leur grande originalit\u00e9 qui tranche un peu avec les autres affinit\u00e9s sawa (populationsc\u00f4ti\u00e8res). Montagnards, ils croient aux esprits du Koup\u00e9 et pensent que cette montagne est le berceau mystique de toute l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9. <br>Le Koup\u00e9 est pour eux le lieu d\u2019\u00e9change entre le monde des vivants et celui des morts. Les grands initi\u00e9s y vont la nuit, mais aucun ne vous dira le lendemain ce qu\u2019il y a fait. La soif des hauteurs, sinon l\u2019habitude de l\u2019altitude et la connaissance des eaux et de leurs messages ont d\u00e9velopp\u00e9 chez ce peuple un complexe de sup\u00e9riorit\u00e9 et d\u2019ouverture d\u2019esprit vers le lointain. Peuple de for\u00eats enfin : les Ngoh et Nsongo vivent de l\u2019agriculture, de la chasse et de l\u00b4\u00e9levage.<br>La soci\u00e9t\u00e9 mbo, \u00e0 l\u2019instar de la quasi-totalit\u00e9 des communaut\u00e9s de la for\u00eat et du littoral au sud du Cameroun, est b\u00e2tie sur le mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9s segmentaires que d\u2019aucuns ont qualifi\u00e9es d\u2019 \u00ab ac\u00e9phales \u00bb. Le pouvoir politique et administratif est entre les mains du chef de lignage qui n\u2019a d\u2019autorit\u00e9 que sur les membres de sa famille. L\u2019ensemble des lignages qui composent la soci\u00e9t\u00e9 entretient entre eux des rapports de voisinage bas\u00e9s sur le principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits de diff\u00e9rentes familles. La distribution du pouvoir est donc assez diffuse. Dans un tel contexte, on se rend compte que l\u2019institution du chef du village ou du groupement est apparue avec l\u2019organisation de l\u2019Etat moderne, pour remodeler les structures de ces communaut\u00e9s, selon le sch\u00e9ma classique de l\u2019administration, et disposer de relais s\u00fbrs \u00e0 tous les niveaux.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Pour communiquer, les Mbo parlent des dialectes bantous ayant pour d\u00e9nominateur le Kingala .Le rameau MBO compte dix-huit embranchements plus identifi\u00e9s comme suit :<br>Balong, (Mbanga, Mbongue, Nguti , Konye, Mombo, Muyuka) <br>Babong,(Loum, Tombel) <br>Bafaw,(Mbongue, Konye, Kumba) <br>Bakossi,(Nguti ) <br>Bakaka,(Ebone) <br>Ban\u00e9ka,(Ebone et Nkongsamba, dans des localit\u00e9s telles que Badjoki, Ekangt\u00e9 ou Ngalmoa). <br>Bassossi,(Nguti,Kumba) <br>Bafun,(Loum-Sud,Djombe \/Penja) <br>Balondo, (Ekondo titi,Mundemba,Kumba,Manf\u00e9) <br>Manehas,(Manjo,Bakwat) <br>Manengouba,(flancs du mont Manengouba) ,Elung, Miengge, Mwam\u00e9nam,<br>Ninong, Nkongho et Sambo.<br>Cette diff\u00e9rence lexicale, qui rel\u00e8ve plut\u00f4t de la dispersion g\u00e9ographique des populations, ne pr\u00e9sente sur le plan pratique aucune difficult\u00e9 de communication de fond entre les locuteurs de ces sous-groupes .<br><br><strong>Le sobriquet \u00ab mbokoki \u00bb<\/strong>, utilis\u00e9 par les allog\u00e8nes pour d\u00e9signer tous les autochtones de la r\u00e9gion, du fait que le koki est le principal mets des Mbo,t\u00e9moigne de l\u2019unicit\u00e9 ethnique du rameau. L\u2019on ne saurait d\u2019ailleurs oublier que l\u2019administration coloniale avait mis \u00e0 profit le d\u00e9coupage linguistique pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame pour ses d\u00e9limitations administratives, notamment cantonales. En maints endroits, les communaut\u00e9s linguistiques qui ne correspondaient bien souvent qu\u2019\u00e0 des variations dialectales furent consid\u00e9r\u00e9es comme des ethnies. <br>Il en est ainsi de cette r\u00e9gion de Nkongsamba o\u00f9 des populations apparent\u00e9es les unes aux autres constituent un vaste r\u00e9seau clanique inextricable dont les alliances matrimoniales renforcent le tissu social. <br>Si Man\u00e9has, Mwam\u00e9nam, Bakaka, Ban\u00e9ka, Bar\u00e9ko, Elong, Mbo, Ninong et Bakossi, etc., peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 la rigueur comme des communaut\u00e9s dialectales distinctes, l\u2019identit\u00e9 ethnique ne saurait en revanche se laisser enfermer dans de si petites unit\u00e9s. On peut cependant grouper ces populations sous l\u2019ensemble \u00ab bakossi-mbo \u00bb.<br><br><strong>Mais comment situer l\u2019origine de l\u2019ethnonyme \u00ab Mbo \u00bb ? <\/strong><br><br>Les chercheurs de l\u2019\u00e9poque coloniale allemande, ayant constat\u00e9 que toutes les langues de la r\u00e9gion g\u00e9ographique autour de la cha\u00eene montagneuse Manengouba- Koup\u00e9 n\u2019\u00e9taient \u00e0 vrai dire que des dialectes d\u2019un seul grand ensemble linguistique et que cet ensemble \u00e9tait par ailleurs ind\u00e9niablement une seule unit\u00e9 culturelle, se sont mis \u00e0 chercher un mot de racine commune \u00e0 tous les sous-groupes. Ils ont trouv\u00e9 ce mot dans l\u2019appellation donn\u00e9e \u00e0 la notion de \u00ab pays \u00bb ou \u00ab habitat \u00bb.<br>C\u2019est ainsi qu\u2019ils ont constat\u00e9 que dans chacun des 18 sous-groupes de cet ensemble bakoundou, cette notion \u00e9tait traduite par le mot Mbo ou sa variante. Ce mot ne s\u2019est toutefois pas trop affirm\u00e9 dans le temps dans la r\u00e9gion concern\u00e9e \u00e0 cause de deux facteurs : <br><br>Premi\u00e8rement, le d\u00e9coupage administratif pendant trois \u00e9poques coloniales qui s\u2019est sold\u00e9 par la division de la r\u00e9gion en six d\u00e9partements diff\u00e9rents (Moungo, Meme, Fako, Menoua et Haut- Nkam puis Koup\u00e9-Manengouba sous l\u2019Etat postcolonial). <br><br>Deuxi\u00e8mement, le fort peuplement de la r\u00e9gion par les Camerounais allog\u00e8nes en provenance des autres groupes culturels et linguistiques. <br>\u00ab Mais il reste une v\u00e9rit\u00e9 culturelle et sociolinguistique que les peuples autochtones de cet ensemble ont \u00e9t\u00e9 connus dans le pass\u00e9 et ne peuvent \u00eatre connus dans leur globalit\u00e9 \u00e0 pr\u00e9sent et dans l\u2019avenir que par l\u2019appellation Mbo \u00bb,<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/luther.moukoury.9?hc_ref=ARQK4OnDKZAoZm9QYAE8BYxiTa8l0ELda-meDzTeZtptG81FQ1N5yneZYG1LrSkrjOI\">Luther Moukoury<\/a>\/CP &#8211; Contact R\u00e9daction: +237 678894092\/ 699451920<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Mbo, encore appel\u00e9s Ngoh-Nsongo, sont les peuples originels du d\u00e9partement du Moungo Dans la terminologie constitutionnelle \u00e0 la&nbsp;mode, on les d\u00e9signerait&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":10320,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[237,344,346,345],"tags":[],"class_list":["post-10319","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-le-peuple","category-mboo-fr","category-ngoh-nsongo-fr","category-origine-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10319"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10319\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12008,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10319\/revisions\/12008"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10320"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}