{"id":11956,"date":"2024-06-20T15:36:51","date_gmt":"2024-06-20T13:36:51","guid":{"rendered":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/?p=11956"},"modified":"2024-06-25T06:17:08","modified_gmt":"2024-06-25T04:17:08","slug":"leopold-moume-etia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/leopold-moume-etia\/","title":{"rendered":"L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia, n\u00e9 le 22 d\u00e9cembre 1913 \u00e0 Douala et mort le 1er novembre 2004 \u00e0 Douala, est un syndicaliste, ind\u00e9pendantiste, anticolonialiste, homme politique, et \u00e9crivain camerounais.<\/p>\n\n\n\n<p>Militant de la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance du Cameroun, il est l\u2019un des p\u00e8res fondateurs de l\u2019Union des populations du Cameroun (l\u2019UPC), un des pionniers du syndicalisme camerounais, et l&rsquo;un des premiers nationalistes camerounais. Il est \u00e9galement le fondateur du MDC (Mouvement d\u00e9mocratique camerounais), parti progressiste class\u00e9 \u00e0 gauche de l\u2019\u00e9chiquier politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Philippe Gaillard, journaliste et \u00e9crivain fran\u00e7ais, ancien directeur de la r\u00e9daction du magazine Jeune Afrique, qui a accompagn\u00e9 les ind\u00e9pendances des colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia est l\u2019un des acteurs de premier plan du syndicalisme et de la vie politique du Cameroun sous tutelle fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Fondateur et animateur, avec Jean Mandessi Bell, de l\u2019Union camerounaise de Paris en 1936, il rentre \u00e0 Douala en 1939, \u00e0 la veille de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1944 et 1945, il est du petit groupe qui cr\u00e9e les syndicats au Cameroun. Il milite avec les responsables du seul mouvement politique de l\u2019\u00e9poque, la Jeucafra, et surtout l\u2019Amicaline, embryon du syndicat des cheminots4.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019il joue un r\u00f4le de premier plan dans les \u00e9v\u00e8nements sanglants de septembre 1945, sur lesquels toute la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 dite et qu\u2019il relate dans son ouvrage, Cameroun: les ann\u00e9es ardentes paru en 1990. \u00c0 Paris, il fait jouer efficacement ses relations tant avec les hommes politiques africains et les syndicalistes fran\u00e7ais de la CGT, qu\u2019avec le ministre socialiste de la France d\u2019outre-mer des gouvernements du Front Populaire, Marius Moutet. <strong>Il est de ceux qui, le 10 avril 1948, fondent l\u2019UPC<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 maintes reprises, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia est arr\u00eat\u00e9, emprisonn\u00e9 et tortur\u00e9. Il \u00e9chappe \u00e0 plusieurs tentatives d\u2019assassinat et vit dans la clandestinit\u00e9 \u00e0 certaines p\u00e9riodes. Il est contraint temporairement par l\u2019Administration coloniale \u00e0 l\u2019exil \u00e0 Pointe-Noire au Congo, avant de revenir tr\u00e8s rapidement au Cameroun. Son ouvrage \u00ab\u00a0Voyage \u00e0 Pointe-Noire est inspir\u00e9 de cette p\u00e9riode d\u2019exil.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Il est bon que les jeunes g\u00e9n\u00e9rations sachent que les libert\u00e9s, m\u00eame imparfaites, dont elles jouissent ont \u00e9t\u00e9 conquises de haute lutte par leurs a\u00een\u00e9s \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia \u2013 Cameroun : les ann\u00e9es ardentes \u2013 JA Livres, Paris, 1990, p. 10<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Biographie<\/strong><br>Enfance et premi\u00e8res ann\u00e9es au Cameroun (1913 &#8211; 1927)<br>L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia, de son nom complet L\u00e9opold \u00c9p\u00e9e Moum\u00e9 Etia, est n\u00e9 le 22 d\u00e9cembre 1913 \u00e0 Douala. Il est le fils d\u2019Isaac Moum\u00e9 Etia, premier \u00e9crivain camerounais d\u2019expression fran\u00e7aise et de Christine Mouna Nton\u00e8 Ekwalla Eyoum Ebel\u00e8, princesse de la Chefferie sup\u00e9rieure de De\u00efdo. Il est le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 d\u2019Abel Moum\u00e9 Etia, premier ing\u00e9nieur camerounais de la m\u00e9t\u00e9orologie, Haut fonctionnaire et \u00c9crivain.<\/p>\n\n\n\n<p>Il effectue ses \u00e9tudes primaires \u00e0 l\u2019\u00e9cole communale de Bonamouti \u00e0 Akwa (Douala). Apr\u00e8s son cycle primaire, il part pour la France \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans, le 8 ao\u00fbt 1927 \u00e0 bord du bateau Hoggar, afin d\u2019y effectuer des \u00e9tudes. Il voyage en compagnie du prince Richard Din Manga Bell, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 en France par le Ngond\u00f4, et de l\u2019instituteur suisse devenu pasteur, Paul Ba\u00e2tard, qui a introduit le scoutisme au Cameroun entre 1925 et 1926. Gr\u00e2ce au privil\u00e8ge qu\u2019avait son p\u00e8re d\u2019avoir c\u00f4toy\u00e9 des personnalit\u00e9s coloniales au Cameroun, il sera accueilli en France par un couple franco-antillais que son p\u00e8re avait connu \u00e0 Douala13.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Arriv\u00e9e en France et d\u00e9but du militantisme (1927 &#8211; 1939)<\/strong><br>Parall\u00e8lement \u00e0 ses \u00e9tudes, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia int\u00e8gre les mouvements nationalistes et syndicalistes en France. Il se lie d\u2019amiti\u00e9 avec d&rsquo;autres \u00e9tudiants de la diaspora africaine et des Antilles fran\u00e7aises comme Frantz Fanon et Aim\u00e9 C\u00e9saire, notamment \u00e0 travers la Revue du monde noir, et le salon litt\u00e9raire de Paulette Nardal.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de 1932, chaque dimanche, il retrouvait au quartier latin \u00e0 Paris, dans l\u2019immeuble sis au 71 rue Monge, le S\u00e9n\u00e9galais L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, le dahom\u00e9en Sourou Migan Apithy, le guyanais L\u00e9on Gontran Damas, les togolais Nicolas Grunitzky et Anani Santos, ainsi que le gabonais Aristide Issemb\u00e9. Ensemble, ils \u00e9chafaudent des r\u00eaves de lib\u00e9ration et r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 la mise en place d\u2019actions visant \u00e0 d\u00e9truire l\u2019image n\u00e9gative du \u00ab\u00a0n\u00e8gre\u00a0\u00bb, telle que v\u00e9hicul\u00e9e par le colonisateur, pour le restituer \u00e0 sa juste mesure. Au printemps 1936, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia sollicite Marius Moutet, ministre socialiste des colonies dans les gouvernements du Front populaire dont il \u00e9tait proche, et r\u00e9ussit \u00e0 faire lever l\u2019interdiction par l\u2019Administration fran\u00e7aise, de la Native Baptist Church du pasteur Adolph Lotin \u00e0 Sam\u00e8.<\/p>\n\n\n\n<p>En octobre 1936, <strong>Jean Mandessi Bell<\/strong>, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia et Gottfried Chan fondent \u00e0 Paris, le Comit\u00e9 de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats du Cameroun, mouvement nationaliste qui devient en juin 1937, l\u2019Union camerounaise de Paris (UC \u2013 Paris) avec pour Pr\u00e9sident, Jean Mandessi Bell et comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia. L\u2019UC Paris \u00e9tait pr\u00e9sente aux grandes manifestations telles que le Congr\u00e8s du Rassemblement mondial contre le racisme, organis\u00e9 du 22 au 24 juillet 1938 \u00e0 la Maison de la Mutualit\u00e9 \u00e0 Paris, par la LICA (Ligue internationale contre l&rsquo;antis\u00e9mitisme) devenue LICRA (Ligue internationale contre le Racisme et l&rsquo;antis\u00e9mitisme) en 1979. L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia y prit la parole en public pour la premi\u00e8re fois, le 22 juillet 1938, en tant que secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, au Cameroun, sous l\u2019influence du Commissaire de la R\u00e9publique fran\u00e7aise au Cameroun, Richard Brunot, des notables et quelques fonctionnaires camerounais cr\u00e9ent la JEUCAFRA (Jeunesse camerounaise Fran\u00e7aise), avec \u00e0 sa t\u00eate <strong>Paul Soppo Priso<\/strong>, pour appuyer le mouvement anti-allemand pilot\u00e9 par la France, et la revendication des colons fran\u00e7ais en faveur de la transformation du Cameroun sous mandat, en colonie fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Union camerounaise de Paris quant \u00e0 elle \u00e9tait pour un Cameroun libre et non colonis\u00e9. Ses revendications politiques s\u2019exprimaient en deux refus:<\/p>\n\n\n\n<p>la non-recolonisation du Cameroun par l\u2019Allemagne dont la menace se pr\u00e9cisait,<br>et la non-transformation du territoire oriental camerounais, sous tutelle de la SDN (Soci\u00e9t\u00e9 des Nations) en colonie fran\u00e7aise, ce que demandaient les colons fran\u00e7ais et la Jeucafra.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Retour au Cameroun<\/strong><br>Apr\u00e8s une vie libre en France, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia rentre au Cameroun \u00e0 bord du paquebot Canada, le 30 ao\u00fbt 1939 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 26 ans, car son p\u00e8re Isaac Moum\u00e9 Etia est tr\u00e8s malade. \u00c0 son arriv\u00e9e \u00e0 Douala, apr\u00e8s 12 ann\u00e9es pass\u00e9es en France, il est confront\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du colonialisme. Il constate combien les Camerounais sont maintenus dans une position inf\u00e9rieure du fait des colons et soumis \u00e0 un r\u00e9gime sp\u00e9cial. Ils ne peuvent aller et venir \u00e0 leur guise dans leur propre pays. M\u00eame pour acheter du pain, ils doivent pr\u00e9senter une autorisation et attendre d\u2019\u00eatre servis apr\u00e8s les Occidentaux. Face \u00e0 cela, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia se rebelle et multiplie des actions de d\u00e9sob\u00e9issance civile, dans les rares boulangeries qui ne vendent du pain \u00e0 certains indig\u00e8nes que sur autorisation de l\u2019administration coloniale. R\u00e9guli\u00e8rement, il fait parler de lui et il subit la vindicte de l\u2019administration coloniale. Mais \u00e0 cause du statut de son p\u00e8re Isaac Moum\u00e9 Etia, et parce qu\u2019il compte de nombreux amis en France m\u00e9tropolitaine, il se sort de l\u2019\u00e9tau \u00e0 chaque fois.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je viens de chez vous, s\u2019indigne-t-il. L\u00e0-bas, personne n\u2019a besoin d\u2019aucune autorisation pour acheter du pain. On le fait librement ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia<\/p>\n\n\n\n<p>Le 22 octobre 1939, soit deux mois apr\u00e8s son retour au Cameroun, son p\u00e8re, Isaac Moum\u00e9 Etia d\u00e9c\u00e8de. Et alors m\u00eame qu\u2019il a obtenu son dipl\u00f4me en France, l\u2019administration coloniale lui fait passer un test pour v\u00e9rifier ses aptitudes professionnelles au sein de la compagnie camerounaise des chemins de fer, la R\u00e9gifercam (R\u00e9gie nationale des chemins de fer du Cameroun), parce qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 depuis Paris comme \u00e9tant un \u00ab meneur \u00bb. Il passe ainsi un examen au service des travaux publics et de chemins de fer, ports et rades, qu\u2019il r\u00e9ussit. Il est ensuite nomm\u00e9 contr\u00f4leur de la main-d\u2019\u0153uvre (responsable des ressources humaines aujourd\u2019hui). <strong>Il est le premier noir \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 ce poste au sein de la R\u00e9gifercam.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le syndicalisme<br>L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia est l\u2019un des principaux leaders de toutes les luttes syndicales et politiques du Cameroun sous tutelle fran\u00e7aise. C\u2019est \u00e0 la R\u00e9gifercam, soci\u00e9t\u00e9 qui l\u2019emploie, qu&rsquo;il commence son engagement en tant que syndicaliste, au sein de l\u2019Amicaline des agents des Chemins de fer du Cameroun. L\u2019Amicaline cr\u00e9e le 29 mai 1939 avec pour Pr\u00e9sident Manfred Eboy, est enregistr\u00e9 comme \u00ab\u00a0association professionnelle\u00a0\u00bb et non comme syndicat, parce que le syndicalisme \u00e9tait interdit aux noirs par l\u2019administration coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les d\u00e9buts de l\u2019action syndicale au Cameroun (1939 &#8211; 1947)<\/strong><br>D\u00e8s son retour en ao\u00fbt 1939, et fort de son pass\u00e9 activiste en France m\u00e9tropolitaine, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia aide \u00e0 structurer l\u2019Amicaline sur le mod\u00e8le de la CGT. Il participe ainsi au r\u00e9veil des consciences des cheminots sur leurs droits, et m\u00e8ne la premi\u00e8re gr\u00e8ve des employ\u00e9s de la R\u00e9gifercam.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tout premier rassemblement politique et syndical en terre camerounaise fut organis\u00e9 \u00e0 la salle des f\u00eates d\u2019Akwa, le 29 mai 1944, \u00e0 l\u2019occasion du cinqui\u00e8me anniversaire de l\u2019Amicaline. Cette manifestation qui fut suivie de plusieurs autres, cr\u00e9a des tensions avec l\u2019administration coloniale. \u00c0 cette occasion, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia est \u00e9lu Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9. Le mandat qui lui est confi\u00e9 par le bureau est d\u2019\u00eatre le r\u00e9f\u00e9rent aupr\u00e8s de l\u2019Administration coloniale et de transformer rapidement l\u2019Amicaline en v\u00e9ritable syndicat, l\u2019un des tout premiers des colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique. L\u2019\u00e9tat-major de l&rsquo;Amicaline avait en effet eu vent de la prochaine autorisation du syndicalisme dans les colonies, par des personnalit\u00e9s fran\u00e7aises qui avaient fait escale au Cameroun en rentrant \u00e0 Alger, apr\u00e8s la conf\u00e9rence de Brazzaville: Ren\u00e9 Pleven, Commissaire aux colonies du gouvernement provisoire, F\u00e9lix Gouin, Pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e consultative provisoire, Albert Gazier, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la CGT. Ils ont encourag\u00e9 l\u2019Amicaline \u00e0 structurer l\u2019association, en vue de sa transformation en syndicat, lorsque la loi le permettra.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce tout nouveau rapport de force permit \u00e0 L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia de pr\u00e9senter des dol\u00e9ances au nom de l\u2019Amicaline, \u00e0 la Direction des travaux publics et des Chemins de fer. En pleine guerre mondiale, o\u00f9 un effort suppl\u00e9mentaire \u00e9tait demand\u00e9, les cheminots du terrain obtiennent ainsi maintes am\u00e9liorations de leur situation, non seulement en termes de salaires, mais aussi des constructions de nouveaux logements sous forme de cit\u00e9 ou l\u2019am\u00e9lioration des anciens, l\u2019obtention des trains navettes entre New-Bell et Bassa, la r\u00e9gression des brimades et ch\u00e2timents corporels ainsi que l\u2019obtention d\u2019un \u00ab\u00a0statut de Cheminot\u00a0\u00bb pour le personnel auxiliaire permanent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 7 ao\u00fbt 1944, le d\u00e9cret Pleven autorise les syndicats dans les colonies fran\u00e7aises. Plusieurs syndicats naissent au Cameroun dans l\u2019enthousiasme, mais non sans rencontrer des obstacles. Des unions r\u00e9gionales des syndicats fleurissent un peu partout dans le territoire. Le 1er novembre 1944, \u00e0 l\u2019occasion de la Toussaint, une manifestation syndicale avec un d\u00e9fil\u00e9, des banderoles et des slogans inspir\u00e9s du Parti Communiste fran\u00e7ais eut lieu pour la premi\u00e8re fois au Cameroun.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9cembre 1944, les unions r\u00e9gionales syndicales se regroupent au sein de l\u2019Union des Syndicats conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s du Cameroun (USCC) affili\u00e9e par la CGT. Le bureau \u00e0 Douala \u00e9tait compos\u00e9 d\u2019un Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral (le fran\u00e7ais Maurice Soulier), d\u2019un Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint administratif (L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia) assist\u00e9 de deux secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux adjoints (Ngall\u00e8 Miano et Eb\u00e9n\u00e9zer Ekwalla) et comme Tr\u00e9sorier( le fran\u00e7ais Lapeyre).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En septembre 1946, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia repr\u00e9sente l&rsquo;USCC avec Um Nyobe, au premier congr\u00e8s du Rassemblement d\u00e9mocratique africain (RDA) \u00e0 Bamako.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1947, il participe \u00e0 la cr\u00e9ation de la f\u00e9d\u00e9ration des syndicats de fonctionnaires (FSFC), avec pour Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, le douanier Eb\u00e9n\u00e9zer Ekwalla et Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia. Il se rend ensuite en France, accompagn\u00e9 d\u2019Eb\u00e9n\u00e9zer Ekwalla, pour d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e de la fusion des hi\u00e9rarchies des syndicats camerounais en un cadre commun, aupr\u00e8s de la Centrale de la CGT et le gouvernement fran\u00e7ais, avec l\u2019aval du Haut-commissaire du Cameroun, Robert Delavignette. La CGT en France est \u00e0 la veille de la scission. L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia est re\u00e7u \u00e0 cette occasion par Marius Moutet, ministre socialiste de la France d\u2019Outre-mer, qui \u00e9tait son ami. Les n\u00e9gociations furent tr\u00e8s difficiles avec le Secr\u00e9taire conf\u00e9d\u00e9ral Roger Deniau ainsi que les administrateurs des colonies, Bousquerolle et Lajointinie, membres du syndicat. Finalement, le ministre Moutet signa le d\u00e9cret cr\u00e9ant le cadre commun. Le haut fonctionnaire charg\u00e9 de remettre une copie de l\u2019acte \u00e0 L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia, manifesta son m\u00e9contentement en s\u2019adressant \u00e0 lui avec col\u00e8re:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab Vous avez obtenu ce que m\u00eame les fonctionnaires antillais n\u2019ont pas! \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Cameroun: les ann\u00e9es ardentes \u2013 JA Livres, Paris, 1991, p.87<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Douala, o\u00f9 un t\u00e9l\u00e9gramme a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9, on dansa toute la nuit. Au Nig\u00e9ria, le journal, West African Pilot News, de Nnamdi Azikiwe annon\u00e7ant triomphalement ce progr\u00e8s comme \u00e9tant un pr\u00e9c\u00e9dent en Afrique, obtenu dans le territoire voisin du Cameroun.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les \u00e9meutes de septembre 1945 \u00e0 Douala<\/strong><br>Le 20 septembre 1945, les cheminots camerounais de Bonab\u00e9ri, entament une gr\u00e8ve pour obtenir une augmentation de salaire. Face \u00e0 l\u2019intransigeance de l\u2019administration coloniale, les gr\u00e9vistes et les jeunes ch\u00f4meurs d\u00e9bordent les syndicats r\u00e9cemment autoris\u00e9s, notamment l\u2019USCC de Maurice Soulier et L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia. Au fil des jours, la gr\u00e8ve s\u2019\u00e9tend \u00e0 toute la ville de Douala. Le 24 septembre, un rassemblement de plusieurs milliers de personnes tourne \u00e0 l\u2019\u00e9meute, des coups de feu auraient \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s, des magasins sont pill\u00e9s, la prison de New-Bell est encercl\u00e9e. L\u2019\u00e9pisode le plus spectaculaire est le mitraillage des \u00e9meutiers camerounais par l\u2019aviation, tandis qu\u2019au sol, des mitrailleuses install\u00e9es sur des camions compl\u00e8tent le dispositif.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 25 septembre 1945, le syndicaliste fran\u00e7ais \u00c9tienne Lalaurie qui venait de faire un point de la situation avec L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia au si\u00e8ge de l\u2019USCC, manque de peu d\u2019\u00eatre lynch\u00e9, \u00e0 peine dix minutes apr\u00e8s le d\u00e9part de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia, par la foule des colons qui va jusqu\u2019\u00e0 envahir l\u2019a\u00e9roport de Douala pour ordonner \u00e0 l\u2019avion qui l\u2019exfiltrait, d\u2019op\u00e9rer un demi-tour. L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia \u00e9chappe de peu \u00e0 un assassinat.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 28 septembre 1945, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia, \u00c9tienne Lalaurie, Maurice Soulier et Durand sont arr\u00eat\u00e9s et emprisonn\u00e9s pendant un mois. Il eut un proc\u00e8s au cours duquel, Lalaurie, soulier et Moum\u00e9 Etia \u00e9taient d\u00e9fendus par l\u2019avocat fran\u00e7ais Me Gamonet.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, face \u00e0 la pression et aux protestations notamment de la centrale de la CGT \u00e0 Paris, un non-lieu judiciaire fut prononc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Lalaurie qui fut renvoy\u00e9 en France, puis un non-lieu g\u00e9n\u00e9ral, politique celui-l\u00e0, pour ses cod\u00e9tenus. Le bilan des \u00e9v\u00e9nements de septembre 1945 reste tr\u00e8s flou. Le bilan officiel est de neuf tu\u00e9s. L\u2019adjoint du gouverneur \u00e9voquera une \u00ab soixantaine de morts \u00bb, tandis que <strong>Pierre Messmer<\/strong>, futur Haut-Commissaire de la France au Cameroun, parlera de soixante-dix \u00e0 quatre-vingts morts. Mais les historiens pensent que le bilan est sans doute plus lourd, entre 20 000 et 120 000 morts.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La politique<\/strong><br>Au Cameroun, avant 1947, le combat syndical \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9 au combat politique. C\u2019est la raison pour laquelle, parall\u00e8lement \u00e0 son activit\u00e9 syndicale, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia prend contact avec l\u2019\u00e9tat-major de la Jeucafra, notamment son pr\u00e9sident, <strong>Paul Soppo Priso<\/strong>. Malgr\u00e9 les divergences qu\u2019il avait avec ce mouvement, c\u2019\u00e9tait le seul un peu politique, et il pensait pouvoir changer les choses de l\u2019int\u00e9rieur, suivant la dynamique observ\u00e9e au premier congr\u00e8s du Rassemblement d\u00e9mocratique africain \u00e0 Bamako. C\u2019est ainsi que sans avoir adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 la Jeucafra, il accepte \u00e0 la demande de Paul Soppo Priso, avec Um Nyob\u00e8 de participer aux rares r\u00e9unions qu\u2019elle consacrait \u00e0 la protestation contre les exactions coloniales. Il constate d\u00e9\u00e7u, qu\u2019ils n\u2019avaient pas de projet politique et que malgr\u00e9 le discours officiel, c\u2019\u00e9tait une association \u00e0 la solde de l\u2019administration coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La cr\u00e9ation de l\u2019UPC et la vie politique (1947 &#8211; 1997)<\/strong><br>Le 10 avril 1948, r\u00e9unis au caf\u00e9-bar de Douala-Bassa d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab\u00a0Chez Sierra\u00a0\u00bb, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia et ses camarades syndicalistes de l&rsquo;USCC, Jacques Ngom, Charles Assal\u00e9, Guillaume Hondt, Joseph Raymond Etoundi, Georges Y\u00e9mi, Th\u00e9odore Ngosso, Guillaume Bagal, L\u00e9onard Bouli, Emmanuel Yap, Jacques-R\u00e9n\u00e9 Bidoum et H-R Manga Mado, cr\u00e9ent l\u2019Union des populations du Cameroun (UPC).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia est choisi pour prendre la t\u00eate du parti, mais il d\u00e9cline la proposition et sugg\u00e8re le nom de Um Nyob\u00e8,. Il en fut d\u00e9cid\u00e9 ainsi, avec l\u2019accord de Charles Assal\u00e9. Par la suite, il s\u2019est s\u00e9par\u00e9 de l\u2019UPC en 1955, lorsqu\u2019il fut d\u00e9cid\u00e9 d\u2019une part, de dissocier les activit\u00e9s politiques et les activit\u00e9s syndicales et d\u2019autre part, de se lancer dans lutte arm\u00e9e. Il \u00e9tait plut\u00f4t pour la r\u00e9sistance passive et les actions de d\u00e9sob\u00e9issance civile tels que les gr\u00e8ves, les boycotts, les manifestations\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Au plus fort de sa r\u00e9sistance contre les Anglais, Gandhi soulignait qu&rsquo;il ne les ha\u00efssait point, qu&rsquo;il fallait attaquer les syst\u00e8mes en respectant les hommes. C&rsquo;est bien ce qui doit r\u00e9gir les relations entre les peuples, y compris entre le tuteur et le mineur que nous sommes. Pour le peuple avec lequel nous avons \u00e0 cohabiter, la libert\u00e9 est un acquis depuis pr\u00e8s de deux si\u00e8cles. Que des hommes \u00e0 qui nous avons affaire oublient souvent de se comporter en dignes descendants des sans-culottes de 1789 ou des Louis Rollin de 1848, cela ne doit pas nous faire perdre espoir ni l\u00e2cher pied. Gandhi nous l&rsquo;a appris: la patience, la non-violence, la non-coop\u00e9ration sont, entre les mains d&rsquo;hommes r\u00e9fl\u00e9chis, des atouts de succ\u00e8s. Rarement une r\u00e9ussite durable a \u00e9t\u00e9 obtenue par l&rsquo;usage de cette arme \u00e0 double tranchant qu&rsquo;est la violence. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia \u2013 Cameroun : les ann\u00e9es ardentes \u2013 JA Livres, Paris, 1991, p.105<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia continue son activisme syndical et politique. Il garde de tr\u00e8s bons rapports avec Um Nyob\u00e8 qu\u2019il consid\u00e9rait comme \u00e9tant un homme fin. Il lui a d\u2019ailleurs remis des mat\u00e9riaux pour la construction du premier si\u00e8ge de l\u2019UPC, qui a \u00e9t\u00e9 brul\u00e9 lors des \u00e9meutes de mai 1955.<\/p>\n\n\n\n<p>De revendications en gr\u00e8ves, petit \u00e0 petit, les choses commencent \u00e0 avancer. La loi du 23 juin 1956, souvent appel\u00e9e loi-cadre ou loi Defferre (du nom du ministre de la France d&rsquo;outre-mer Gaston Defferre \u00e0 l&rsquo;origine de la proposition) \u00e9tablit dans les possessions africaines de la France, le suffrage universel et le coll\u00e8ge unique, pour former des assembl\u00e9es repr\u00e9sentatives. Au Cameroun, on assiste \u00e0 la naissance de l\u2019Assembl\u00e9e repr\u00e9sentative du Cameroun (ARCAM) le 7 octobre 1946, qui se mue successivement en Assembl\u00e9e territoriale du Cameroun (ATCAM) le 30 mars 1952, puis en Assembl\u00e9e l\u00e9gislative du Cameroun (ALCAM) le 10 mai 1957. L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia accepte d&rsquo;en \u00eatre l\u2019un des d\u00e9put\u00e9s car il consid\u00e8re \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;agit tout de m\u00eame, d&rsquo;une avanc\u00e9e majeure, qui fait passer les Camerounais du statut d&rsquo;indig\u00e8ne dont les droits \u00e9taient ni\u00e9s, \u00e0 celui de citoyen, jouissant de quelques droits politiques et civiques.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1960, apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019accession d\u2019Ahmadou Ahidjo au pouvoir sonne le glas du maquis et de l\u2019UPC. Les seuls partis politiques ayant droit de cit\u00e9 sont l\u2019UC (Union camerounaise) d\u2019Ahmadou Ahidjo, le CNPC (Cameroun national people congress) du docteur Emmanuel Endeley et le KNDP (Kamerun national democratic party) de John Ngu Foncha. Avec la r\u00e9unification, les trois partis vont fusionner pour donner naissance \u00e0 l\u2019Union nationale camerounaise (Union nationale camerounaise), parti unique du pays. L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia accepte la main tendue \u00e0 tous les acteurs politiques et croit \u00e0 la promesse du renouveau. Il int\u00e8gre donc l\u2019UNC, d\u2019abord comme pr\u00e9sident du comit\u00e9 de base du Ch\u00e2teau d\u2019eau &#8211; De\u00efdo, et ensuite, il acc\u00e8de au poste de troisi\u00e8me vice-pr\u00e9sident d\u00e9partemental du Wouri. Il d\u00e9missionne du parti en ao\u00fbt 1965 et rend tous ses mandats politiques, lorsque le pr\u00e9sident Ahidjo ordonne aux responsables locaux du parti, de mener des purges avec le soutien de la Suret\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale. Il se concentre ensuite dans l&rsquo;\u00e9criture de livres politiques et historiques. Bien plus tard, avec l\u2019av\u00e8nement du multipartisme au Cameroun en 1990, il soutient son ami Samuel Eboua qui cr\u00e9e en 1992, le Mouvement pour la d\u00e9fense de la R\u00e9publique (MDR). Il est pr\u00e9sident de son comit\u00e9 de soutien pour les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 1997. Il se retire d\u00e9finitivement de la vie politique en 1997, apr\u00e8s les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Fonctions politiques<\/strong><br>Pendant pr\u00e8s de 60 ans, entre 1937 et 1997, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia a jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan dans la vie syndicale et politique camerounaise et a occup\u00e9 plusieurs fonctions politiques au niveau national et local.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Liste des mandats et fonctions politiques<br>\u00c0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale<\/strong><br>1953 &#8211; 1957: D\u00e9put\u00e9 de l\u2019Assembl\u00e9e Territoriale du Cameroun (ATCAM)<br><strong>\u00c0 la mairie de Douala<\/strong><br>1956 \u2013 1962: Conseiller municipal, Mairie de Douala13<br>1962 &#8211; 1967: Premier adjoint au Maire de Douala, Rudolph Tokoto Essom\u00e8<br><strong>Au sein de mouvements politiques<\/strong><br>1937: Cofondateur de l\u2019Union camerounaise de Paris (UC de Paris)<br>1946: Fondateur du MDC (Mouvement d\u00e9mocratique camerounais), parti progressiste de gauche, le 22 f\u00e9vrier 19467<br>1948: Cofondateur de l\u2019UPC (Union des Populations du Cameroun)<br>1965 \u2013 1966: Vice- Pr\u00e9sident d\u00e9partemental du Wouri de l\u2019UNC (Union nationale camerounaise), parti unique postind\u00e9pendance<br>1992 &#8211; 1997: Membre d\u2019honneur du Mouvement pour la d\u00e9fense de la R\u00e9publique (MDR), de Samuel Eboua, l\u2019un des premiers partis cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la suite de l\u2019av\u00e8nement du multipartisme au Cameroun en 1990.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>L\u2019\u00e9crivain et le gardien des traditions<\/strong><br>L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia se lance dans l\u2019\u00e9criture d\u2019une partie de l\u2019histoire du peuple sawa et du Cameroun. Il se d\u00e9finissait non pas comme un historien, mais comme un gardien des traditions et une m\u00e9moire de l\u2019histoire du Cameroun, ayant pour mission de transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations futures. Il a ainsi publi\u00e9 ou copubli\u00e9, pr\u00e8s de 28 ouvrages dont Cameroun: les ann\u00e9es ardentes, paru en 1990, s\u2019appuyant sur des documents in\u00e9dits.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 son engagement politique et syndical, L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia animee pendant des ann\u00e9es, un groupe d\u2019ess\u00e8w\u00ea (danse traditionnelle sawa) \u00e0 son domicile. Il \u00e9tait \u00e9galement membre du Ngond\u00f4 et jusqu\u2019\u00e0 sa mort, le pr\u00e9sident des Beyoum ba Bato (les sages et patriarches Sawa), une ob\u00e9dience du Ngond\u00f4, un cercle tr\u00e8s s\u00e9lectif dont les membres sont les garants de la tradition et des rites sawas. Un Eyoum\u2019a moto (un patriarche), c\u2019est \u00ab la souche de l\u2019arbre \u00bb, le sage. Par essence, il est la force, le sous-bassement et la quintessence de la culture du peuple. C&rsquo;est la raison pour laquelle, \u00e0 sa mort, il eut des obs\u00e8ques traditionnelles et un enterrement dans la stricte intimit\u00e9, dirig\u00e9 par les membres du Ngond\u00f4.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Publications en collaboration avec son fr\u00e8re Abel Moum\u00e9 Etia.<\/strong><br>1940: Notice Biographique de M. Isaac Moum\u00e9 Etia premier \u00e9crivain Camerounais, Douala: Imprimerie catholique, 1940, (Biblioth\u00e8que du Defap) [archive]<br>1940: Sites historiques de Douala tome I , Douala: Imprimerie catholique, 1940, (Biblioth\u00e8que du Defap) [archive]<br>1940: Faux pas critiques des m\u0153urs, Douala: Imprimerie catholique, 1940, (Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1940: Esprits L\u00e9gers (Les cr\u00e9dules superstitieux), Douala: Imprimerie catholique,1940, (Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Publications en tant qu\u2019auteur<\/strong><br>1940: Aper\u00e7us sur l\u2019antiquit\u00e9 Douala, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1940,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1942: Voyage \u00e0 Pointe Noire, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1942,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1947: Simple R\u00e9flexion politique au Cameroun, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1947, (Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1970: Sites historiques de Douala tome II, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1970,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1970: Deux Camerounais Adolph Lotin A sam\u00e9 et Isaac Moum\u00e9-Etia, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1970,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1974: Les d\u00e9buts du syndicalisme au Cameroun, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1974, (\u00ab BnF Catalogue g\u00e9n\u00e9ral \u00bb [archive],)<br>1977: La naissance du commerce au Cameroun I, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1977 (\u00ab BnF Catalogue g\u00e9n\u00e9ral \u00bb [archive],)<br>1977: La naissance du commerce au Cameroun II, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1977(\u00ab BnF Catalogue g\u00e9n\u00e9ral \u00bb [archive],)<br>1978: Bwambo ba duala: na :\u00e9 mba, na: e je dis oui ou grammaire linguistique du duala , Pr\u00e9sence africaine, 1978,(\u00ab BnF Catalogue g\u00e9n\u00e9ral \u00bb [archive],)<br>1980: Kuloto kuloto \u00c7on ou les transmissions chez les Duala, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1980,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1981: Jengu (Djengu) Mamy Water, Imprimerie F. Paillart, 1981,( (ISBN 2-307-33446-7))<br>1984: Mbasa-proverbe Duala , Coll\u00e8ge Libermann, 1984, (\u00ab BnF Catalogue g\u00e9n\u00e9ral \u00bb [archive],)<br>1984: Rose Porcelaine (po\u00e8mes), \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1984, (Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1984: Le bombardement de Kribi en 1980, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1984,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1986: Fleurs de Corail, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1986,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1986: Histoire de Bona Ebele, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur,1986, (\u00ab BnF Catalogue g\u00e9n\u00e9ral \u00bb [archive],)<br>1990: Cameroun: les ann\u00e9es ardentes, JA Livres, 1990 (ISBN 2-402-05699-1)<br>1992: T\u00e9t\u00e9-Iyo-ba-Mbamb\u00e9 ou la saga des duala et apparent\u00e9s, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1992,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1994: Les secrets de nos sources traditionnelles, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1994,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1994: M\u00e9moires d\u2019Etudes, Litt\u00e9ratures compar\u00e9es fran\u00e7ais duala, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1994, (Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1995: Albert Tobb\u00f4 Eyoum Pasteur Baptiste, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1995, (Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1995: Cent cinquante quatri\u00e8me anniversaire de l\u00b4arriv\u00e9e du christianisme au Cameroun, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1995,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1996: Les Bonat\u00e9ki dans la guerre des autres clans Duala contre les Bona Ebele , \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1996,(Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<br>1998: Isidore Paul Soppo Priso, \u00e9dit\u00e9 par l&rsquo;auteur, 1998, (Publications de L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia [archive])<\/p>\n\n\n\n<p>wikipedia<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u00e9opold Moum\u00e9 Etia, n\u00e9 le 22 d\u00e9cembre 1913 \u00e0 Douala et mort le 1er novembre 2004 \u00e0 Douala, est un syndicaliste, ind\u00e9pendantiste,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":11957,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[482,231],"tags":[],"class_list":["post-11956","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fiigures-sawa","category-portraits-peuple-sawa-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11956","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11956"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11956\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11958,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11956\/revisions\/11958"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11957"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11956"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11956"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11956"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}