{"id":27310,"date":"2006-09-02T12:31:55","date_gmt":"2006-09-02T12:31:55","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"142","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/142\/","title":{"rendered":"Un rem\u00e8de contre le tribalisme"},"content":{"rendered":"<p>Un ouvrage collectif, sous la direction de David Simo, s&rsquo;int\u00e9resse aux constructions identitaires en Afrique.<br \/>\nJules Romuald Nkonlak  &#8211; <\/p>\n<hr size=\"1\" \/> Comment en est-on arriv\u00e9 aux \u00e9v\u00e9nements sanglants, &agrave; cette &quot;folie meurtri&egrave;re&quot; de 1994, dont on se r\u00e9f&egrave;re aujourd&rsquo;hui comme le &quot;g\u00e9nocide rwandais&quot; ? Comment des personnes, partageant depuis longtemps un m&ecirc;me territoire en sont venus &agrave; se d\u00e9chirer ? Quels sont les m\u00e9canismes qui ont pouss\u00e9 les hutus &agrave; vouloir r\u00e9solument d\u00e9cimer leurs voisins tutsis ? Ces questions, dans ce cas sont li\u00e9es au g\u00e9nocide qui a eu lieu au Rwanda, mais pourraient &ecirc;tre plus g\u00e9n\u00e9rale, toucher tout simplement &agrave; la question d&rsquo;identit\u00e9, qui est au coeur de certain nombre de conflits dans l&rsquo;histoire.<br \/>On peut la voir, toujours en Afrique, dans les \u00e9v\u00e9nements qui ont eu lieu en C&ocirc;te d&rsquo;ivoire et la question identitaire existe d&rsquo;ailleurs aussi au Cameroun, &agrave; travers les tribus ou les ethnies. Dans certains espaces, elle a conduit &agrave; une explosion de violence. Ailleurs, celle-ci est encore latente, c&rsquo;est pourquoi certains intellectuels pensent qu&rsquo;il y a un devoir d&rsquo;alerte, une sonette d&rsquo;alarme &agrave; tirer.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans ce sillage que se situe l&rsquo;ouvrage collectif intitul\u00e9 &quot;Constructions identitaires en Afrique&quot;, paru aux \u00e9ditions Cle au d\u00e9but de cette ann\u00e9e 2006, sous la direction de David Simo. &quot;Ce livre tente de soutenir un discours qui a du mal &agrave; prendre pied en Afrique. Il essaie de reproposer une mani&egrave;re de parler de nos ethnies, une autre mani&egrave;re de les vivre&quot;, indique-t-il, &agrave; l&rsquo;introduction de cet ouvrage qui rassemble les contributions de 20 universitaires. Celles-ci sont issues de colloques organis\u00e9s sur l&rsquo;identit\u00e9, complet\u00e9es par des articles command\u00e9s.<\/p>\n<p>&quot;Nous restons pr\u00e9occup\u00e9s par le danger que les fondamentalismes identitaires font courir &agrave; l&rsquo;Afrique et nous avons avons conscience de ce qu&rsquo;une autre mani&egrave;re de parlerde nos ethnies et de les g\u00e9rer s&rsquo;impose. L&rsquo;une des fonctions cardinales de la science est de s&rsquo;attaquer aux poncifs et de d\u00e9construire les mythes&quot;, indique David Simo.<br \/>Le livre compte 398 pages et les contributions qui le composent consid&egrave;rent en gros les identit\u00e9s comme le fruit de constructions, c&rsquo;est &agrave; dire, comme l&rsquo;indique Eboussi Boulaga dans la pr\u00e9face, &quot;des r\u00e9sultats d&rsquo;op\u00e9rations sp\u00e9cifiques de quelque art de construire&quot;. Parce que la race, l&rsquo;ethnie, la tribu, ou encore la nation, sont des identit\u00e9s qui se construisent au cours d&rsquo;une histoire, en opposition &agrave; un autre qu&rsquo;on peut arriver &agrave; consid\u00e9rer comme inf\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Quant au contenu de l&rsquo;ouvrage, il est r\u00e9parti en quatre parties : Race, ethnie, peuples : identifications et identit\u00e9s ; Nation, Etat : discours int\u00e9grationnistes et pratiques s\u00e9gr\u00e9gationistes ; Constructions identitaires : strat\u00e9gies et enjeux ; ville mobilit\u00e9, pluralit\u00e9, interculturalit\u00e9 et identit\u00e9 ; Nationalisation et universalisation des mod&egrave;les locxaux ? Pour une approche prospective de nos cultures.<br \/>Ce qui est remarquable dans ce volume, c&rsquo;est la volont\u00e9 d&rsquo;\u00e9largir au maximum le champ de l&rsquo;\u00e9tude, et l&rsquo;approche multidisciplinaire qui a \u00e9t\u00e9 choisie. Ainsi, les auteurs sont issus de domaines diff\u00e9rents de la science, ce qui rend encore plus int\u00e9ressants les regards diff\u00e9rents qu&rsquo;ils posent sur cette question qui est plus que jamais pr\u00e9sentes dans les rapports entre les individus, aussi bien en Afrique qu&rsquo;ailleurs.<\/p>\n<p>La distribution propose ainsi des regards de g\u00e9ographes (Paul Tchawa, Pempeme Da&iuml;rou, Martin Ku\u00e9t\u00e9), de sociologues (Boyomo Assala, Marie Djuidje, Jean Mfoulou, Nga Ndongo), d&rsquo;anthropologue (Mbonji Edjenguele), d&rsquo;historiens (Daniel Abwa et Ousseynou Faye), de germaniste (David Simo)&#8230; Une multiplicit\u00e9 de regards qui comme l&rsquo;indique \u00e9galement le livre &quot;ne fournissent pas des solutions toutes faites, mais au moins posent le probl&egrave;me&quot;<br \/>Eboussi Boulaga, &agrave; la fin de l&rsquo;introduction, a choisi de le poser de fa&ccedil;on bien simple, &agrave; travers un extrait du livre de Jorge Luis Borges, Le livre de sable, publi\u00e9 en 1978 chez Gallimard : <br \/>&quot;-On nous pr\u00e9senta. Je lui dis que j&rsquo;\u00e9tais professeur &agrave; l&rsquo;Universit\u00e9 des Andes, &agrave; Bogota. Je pr\u00e9cisai que j&rsquo;\u00e9tais colombien.<br \/>Elle me demanda d&rsquo;un air pensif :<br \/>-Etre colombien, qu&rsquo;est-ce que cela veut dire ?<br \/>-Je ne sais pas, lui r\u00e9pondis-je. C&rsquo;est un acte de foi.<br \/>Comme &ecirc;tre norv\u00e9gienne, admit-elle&quot;<br \/>Un \u00e9change qu&rsquo;il nous propose pour r\u00e9flexion, et qui pourrait tout aussi bien concerner des hutus, des tutsis, des ivoiriens, des b\u00e9ti, des bamil\u00e9k\u00e9s, des sawas&#8230; <\/p>\n<p><u><font size=\"2\"><font color=\"#990000\">Quotidienmutations<\/font><font color=\"#0000ff\"> <\/font><\/font><\/u><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un ouvrage collectif, sous la direction de David Simo, s&rsquo;int\u00e9resse aux constructions identitaires en Afrique. 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