{"id":27318,"date":"2006-09-04T20:46:59","date_gmt":"2006-09-04T20:46:59","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"150","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/150\/","title":{"rendered":"Evocation : Bruits de fond \u00e0 la Crtv"},"content":{"rendered":"<p>La crise en cours est la seule qui a divis\u00e9 le personnel parmi les trois majeures qui ont \u00e9maill\u00e9 l&rsquo;histoire de l&rsquo;entreprise. <br \/>\nJunior Binyam  &#8211; <font size=\"2\"><u><font color=\"#0000ff\"><br \/><\/font><\/u><\/font><em><\/p>\n<p><\/em><\/p>\n<hr size=\"1\" \/><em>L&rsquo;affaire a fait l&rsquo;effet d&rsquo;une bombe le 25 ao&ucirc;t 2005 au matin. La veille, quelques employ\u00e9s de la Cameroon Radio Television (Crtv) avait adress\u00e9 une &quot; lettre ouverte &quot; &agrave; leur directeur g\u00e9n\u00e9ral pour d\u00e9crier leurs mauvaises conditions de travail et le &quot; peu de cas &quot; fait de leur situation. La correspondance prenait pour pr\u00e9texte la &quot; disparition violente et surtout inattendue &quot;, quelques jours plus t&ocirc;t, de leur coll&egrave;gue, Isaac Mbella Essengu\u00e9. Et s&rsquo;en prenait de fa&ccedil;on violente &agrave; la &quot; gestion moderne &quot; de Amadou Vamoulk\u00e9.<\/p>\n<p>Publi\u00e9e d&egrave;s le lendemain dans certains journaux, cette &quot; lettre ouverte &quot; a d\u00e9clench\u00e9 une s\u00e9rie de r\u00e9actions qui ont mis la Crtv au c&oelig;ur de l&rsquo;actualit\u00e9 ces derniers jours. Il y a eu d&rsquo;abord, le 25 ao&ucirc;t, une d\u00e9cision conjointe Minefi\/Mincom cr\u00e9ant un comit\u00e9 ad-hoc de r\u00e9habilitation de la Crtv. Le lendemain, 26 ao&ucirc;t, c&rsquo;\u00e9tait au tour des &quot; directeurs de la Crtv &quot; de signer une lettre dans laquelle ils se d\u00e9solidarisaient du mouvement de r\u00e9volte d\u00e9clench\u00e9 par leurs coll&egrave;gues. Toutes ces r\u00e9actions, rendue publiques la semaine derni&egrave;re, ont permis de d\u00e9couvrir &agrave; quel point la Crtv \u00e9tait un p&ocirc;le de pouvoir au Cameroun. Et de mettre &agrave; nu les batailles qui se cachaient derri&egrave;re le mouvement d&rsquo;humeur des employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Mutations rebondit sur cette actualit\u00e9 pour pr\u00e9senter la Crtv, une entreprise n\u00e9e &agrave; la suite d&rsquo;un mouvement d&rsquo;humeur et dont les diff\u00e9rents Dg ont exp\u00e9riment\u00e9 au moins une crise du personnel. Le pr\u00e9sent dossier donne la mesure du d\u00e9sastre caus\u00e9 au mastodonte par les 20 ans de gestion paternaliste qu&rsquo;il a connue. Et donne une id\u00e9e des investissements et r\u00e9ajustements n\u00e9cessaires pour lui \u00e9viter un long silence&hellip; t\u00e9l\u00e9.<\/em><\/p>\n<p>Isaac Mbella Essengue, journaliste &agrave; la Crtv, repose depuis samedi dernier &agrave; Ebon&egrave;, son village natal dans le d\u00e9partement du Moungo, province du Littoral. D\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 21 ao&ucirc;t dernier, le chef de service des reportages &agrave; la direction de l&rsquo;information Tv fait partie de ces personnes qui ont connu presque toutes les mutations de l&rsquo;unit\u00e9 de t\u00e9l\u00e9vision &agrave; l&rsquo;Office de radiodiffusion-t\u00e9l\u00e9vision camerounaise, popularis\u00e9e sous son acronyme en anglais Crtv (Cameroon Radio Television), en passant par sa devanci&egrave;re la Ctv (Cameroon Television). &quot;Sa disparition, violente et surtout inattendue&quot; a \u00e9t\u00e9 le catalyseur de la &quot;lettre ouverte &agrave; monsieur le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Crtv&quot; sign\u00e9e le jeudi 24 ao&ucirc;t dernier par une partie du personnel de l&rsquo;Office, 68 employ\u00e9s au dernier pointage. Catalyseur parce que, selon les signataires qui se d\u00e9fendent d&rsquo;avoir instrumentalis\u00e9 un d\u00e9c&egrave;s, m&ecirc;me si Isaac Mbella Essengue n&rsquo;\u00e9tait pas mort, la lettre envisag\u00e9e depuis aurait \u00e9t\u00e9 rendue publique, puisque la situation &agrave; la Crtv n&rsquo;avait de cesse de se d\u00e9t\u00e9riorer<\/p>\n<p>Une lettre largement ventil\u00e9e &agrave; la presse et dont des ampliations ont \u00e9t\u00e9 servies &agrave; 12 personnalit\u00e9s qui se recrutent dans la haute administration (secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux de la pr\u00e9sidence de la r\u00e9publique et des services du Premier ministre, ministres) et les services de s\u00e9curit\u00e9 et renseignements g\u00e9n\u00e9raux (Dgsn, Sed, Dst et Dgre). Une diss\u00e9mination singuli&egrave;re dans les annales des revendications du personnel au sein de cette entreprise et que certains signataires, qui se disent soucieux de tirer la sonnette d&rsquo;alarme, justifient par une volont\u00e9 de se faire entendre par tous et partout.<br \/>La lecture de la &quot;lettre ouverte&quot;, qu&rsquo;on d\u00e9signe \u00e9galement d&egrave;s sa parution comme &quot;le m\u00e9morandum&quot; en rapport avec un fait de l&rsquo;histoire politique r\u00e9cente du Cameroun, indique clairement qu&rsquo;il y a p\u00e9ril en la demeure. &quot;Le management moderne&quot; que revendique Amadou Vamoulke depuis sa nomination le 26 janvier 2005 comme directeur g\u00e9n\u00e9ral est brocard\u00e9 quand il n&rsquo;est pas clairement condamn\u00e9. Morceau choisi : &quot;votre management d\u00e9montre le peu de cas qui est fait de la situation sociale des employ\u00e9s&quot;. Pour illustrer cette assertion, un chapelet de morts r\u00e9centes &quot;dans l&rsquo;indiff\u00e9rence&quot; est \u00e9gren\u00e9 avec au bout un &quot;triste record&quot; (&quot;30 morts depuis le 1er janvier&quot;).<\/p>\n<p>Tranch\u00e9es<br \/>Pour asseoir la d\u00e9cr\u00e9pitude de la situation sociale des employ\u00e9s, les \u00e9pistoliers de service, dans une liste non exhaustive, citent p&ecirc;le-m&ecirc;le le &quot;gel de l&rsquo;assistance sociale et de la liquidation des droits des retrait\u00e9s et d\u00e9funts ; [le] non reversement des cotisations sociales ; [le] non-paiement des droits des personnels retrait\u00e9s, d\u00e9c\u00e9d\u00e9s ou licenci\u00e9s ; l&rsquo;inadaptation de la couverture sociale ; l&rsquo;inadaptation du syst&egrave;me de restauration ; l&rsquo;infirmerie non op\u00e9rationnelle ; suspension des frais de cong\u00e9s&hellip;&quot;. La lettre \u00e9voque \u00e9galement entre autres &quot;la gestion de la ressource humaine de l&rsquo;entreprise [qui] est faite sur la base de r&egrave;glements de compte&quot;, les ing\u00e9rences de la direction g\u00e9n\u00e9rale dans les directions op\u00e9rationnelles, la v\u00e9tust\u00e9 de l&rsquo;outil technique production.<\/p>\n<p>Alors que les 68 signataires de la lettre passent pour &ecirc;tre les porte-voix de la majorit\u00e9 du personnel de la Crtv (plus de 2000 employ\u00e9s), le samedi 26 ao&ucirc;t, deux jours avant qu&rsquo;un comit\u00e9 ad hoc de restructuration et de r\u00e9habilitation de la Crtv soit cr\u00e9\u00e9 par une d\u00e9cision conjointe du ministre de l&rsquo;Economie et des Finances et de son coll&egrave;gue de la Communication, dix directeurs et assimil\u00e9s sur les 18 que compte la Crtv signent une correspondance adress\u00e9e au Dg de la Crtv avec en objet &quot;r\u00e9action &agrave; une &quot;lettre ouverte&quot; &quot;. Ils d\u00e9sapprouvent &quot;le ton irr\u00e9v\u00e9rencieux&quot; de la lettre ouverte &agrave; laquelle ils n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s &quot;&agrave; aucun moment&quot;, se f\u00e9licitent de &quot;nombreuses innovations&quot; &agrave; l&rsquo;antenne et d&rsquo;une \u00e9volution qui &quot;n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 possible dans un environnement pr\u00e9tendument d\u00e9l\u00e9t&egrave;re&quot;. Le contre-pied parfait de la lettre sign\u00e9e deux jours par certains de leurs coll&egrave;gues et collaborateurs. Les dix directeurs signataires de cette r\u00e9action concluent en r\u00e9affirmant &agrave; Amadou Vamoulke leur &quot;sinc&egrave;re collaboration&quot; ainsi que leur &quot;engagement &agrave; toujours r\u00e9pondre aux attentes des auditeurs et t\u00e9l\u00e9spectateurs de la Crtv&quot;.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence de perception et d&rsquo;appr\u00e9hension entre employ\u00e9s est nette et s&rsquo;\u00e9tale sur la place publique pour la premi&egrave;re fois dans l&rsquo;histoire des revendications touchant &agrave; l&rsquo;am\u00e9lioration des conditions de travail &agrave; la Crtv. le 17 d\u00e9cembre 1987 lorsque le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique promulgue la loi n&deg; 87\/020 portant cr\u00e9ation de l&rsquo;office de radio-t\u00e9l\u00e9vision camerounaise, c&rsquo;est une crise n\u00e9e de longs mois avant qui conna&icirc;t son d\u00e9nouement. En effet, le personnel de la radiodiffusion du Cameroun, qui d\u00e9pend du minist&egrave;re de l&rsquo;Information et de la Culture, engage un mouvement d&rsquo;humeur pour exiger un traitement identique &agrave; celui de leurs coll&egrave;gues d\u00e9tach\u00e9s ou recrut\u00e9s &agrave; l&rsquo;Office de t\u00e9l\u00e9vision nationale cr\u00e9\u00e9 par l&rsquo;ordonnance du 26 avril 1986. Ces derniers se montreront solidaires du combat men\u00e9 par leurs coll&egrave;gues d&rsquo;hier.<\/p>\n<p>Un peu comme en 1994, lorsque le personnel fonctionnaire en d\u00e9tachement &agrave; la Crtv exige d&rsquo;avoir le m&ecirc;me traitement, salarial notamment, que ceux qui sont directement recrut\u00e9s par l&rsquo;entreprise et r\u00e9git par le Code du travail. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;arriver &agrave; une harmonisation et &agrave; une codification pour mettre un terme aux nombreuses frustrations n\u00e9es de traitements faits &agrave; la t&ecirc;te du client. Un pr\u00e9avis de gr&egrave;ve sera m&ecirc;me servi &agrave; Gervais Mendo Z\u00e9 par les meneurs de cette action en &quot;r\u00e9gularisation&quot; au rang desquels Abed Nego Messang de regrett\u00e9e m\u00e9moire, qui n&rsquo;avait de cesse pendant les longs mois de maladie qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 sa mort de faire \u00e9tat de l&rsquo;abandon dont il \u00e9tait victime de la part de son employeur&hellip; <\/p>\n<p><u><font size=\"2\"><font color=\"#990000\">Quotidienmutations<\/font><font color=\"#0000ff\"> <\/font><\/font><\/u><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise en cours est la seule qui a divis\u00e9 le personnel parmi les trois majeures qui ont \u00e9maill\u00e9 l&rsquo;histoire de l&rsquo;entreprise.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-27318","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27318","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27318"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27318\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27318"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}