{"id":27382,"date":"2006-11-27T11:17:40","date_gmt":"2006-11-27T11:17:40","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"226","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/226\/","title":{"rendered":"Espace livres : Se\u2019nkwe P. Modo n\u2019a pas ador\u00e9 ses patrons"},"content":{"rendered":"<p>Le journaliste fait un portrait au vitriol de noms connus de la presse camerounaise.<br \/>\nJules Romuald Nkonlak  &#8211; S&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu ces longs d\u00e9veloppements au cours desquels l&rsquo;auteur, dans un \u00e9lan de philosophie, parle de ses penchants pour la musique, de ce que le jazz ou Bob Marley peut lui procurer comme sentiment d&rsquo;extase, de ses lectures et de l&rsquo;importance qu&rsquo;elles occupent dans sa vie, ou m&ecirc;me de cette vie-l&agrave; tout simplement, le livre &quot;Mes patrons &agrave; dorer&quot; pourrait se lire d&rsquo;une traite. Comme un roman. D\u00e9j&agrave; pour ce style alerte qui maintient le lecteur dans le texte, mais surtout pour cette histoire qui offre, chaque fois, des coups d&rsquo;\u00e9clat. Ces coups d&rsquo;\u00e9clat qui ont jonch\u00e9 la carri&egrave;re tumultueuse et surtout instable de Se&rsquo;nkwe P. Modo (Modeste Pouade, de son v\u00e9ritable nom) dans la presse camerounaise.<\/p>\n<p>Moins de dix ann\u00e9es et au moins cinq exp\u00e9riences qu&rsquo;il a choisi de consigner dans un livre. L&rsquo;instabilit\u00e9 de Se&rsquo;nkwe P. Modo, qui est all\u00e9 de Challenge Hebdo au Messager, en passant par La Nouvelle expression, lui donne certainement une position privil\u00e9gi\u00e9e pour dire des choses sur ces entreprises de presse qui toutes, &agrave; leur mani&egrave;re, ont marqu\u00e9 le paysage m\u00e9diatique camerounais. L&rsquo;ancien secr\u00e9taire de r\u00e9daction ne s&rsquo;est pas content\u00e9 de parler des organes, il parle surtout en long et en large des hommes qui les ont faits. Des directeurs de publication qui furent ses patrons et &agrave; qui le livre a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9. Mais en faisant le portrait de ses hommes peints comme de mauvais gestionnaires, Se&rsquo;nkwe P. Modo fait surtout son propre portrait. Celui d&rsquo;un individu qui s&rsquo;est donn\u00e9 &agrave; fond, d&rsquo;un g\u00e9nie qui savait plein de choses, mais qui, nulle part, n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 compris par ses patrons.<\/p>\n<p>Le premier, Benjamin Zebaz\u00e9. Directeur de publication de Challenge Hebdo, il est \u00e9galement le premier &agrave; recevoir la pointe de la plume de son ex-employ\u00e9. &quot;L&rsquo;homme press\u00e9&quot;, comme il est d\u00e9crit dans le livre, a accept\u00e9, &quot;avec un plaisir certain&quot;, selon Se&rsquo;nkwe P. Modo, la lettre de d\u00e9mission qu&rsquo;il lui a adress\u00e9e apr&egrave;s quelques ann\u00e9es de collaboration. Deuxi&egrave;me \u00e9pisode : la br&egrave;ve exp\u00e9rience &quot;G\u00e9n\u00e9ration&quot;. Cette fois, c&rsquo;est une collaboration avec Vianney Ombe Ndzana qu&rsquo;il a connu &agrave; Challenge Hebdo et qu&rsquo;il admire tant qu&rsquo;il ne travaille pas avec lui sur le projet de cr\u00e9ation de ce qui sera plus tard &quot;G\u00e9n\u00e9ration&quot;. Le clash ne tardera pas &agrave; arriver et la rupture avec &quot;l&rsquo;homme ambitieux&quot; interviendra avant m&ecirc;me que le premier num\u00e9ro du journal ne soit en kiosque.<\/p>\n<p>Cap sur &quot;La nouvelle expression&quot; de S\u00e9verin Tchounkeu et d\u00e9but d&rsquo;une autre histoire &agrave; rebondissements aux c&ocirc;t\u00e9s, cette fois-ci, de &quot;l&rsquo;homme rus\u00e9&quot;. Comme par le pass\u00e9, il ne faudra pas beaucoup de temps pour que, l&agrave; aussi, arrive la p\u00e9riode de tension. Se&rsquo;nkwe P. Modo se retrouve une fois de plus &agrave; la porte. De fa&ccedil;on presque th\u00e9&acirc;trale. Un petit moment de ch&ocirc;mage, du temps consacr\u00e9 &agrave; commencer son livre, et puis, retour dans une salle de r\u00e9daction.<br \/>Se&rsquo;nkwe Modo est recrut\u00e9 au journal Le Messager alors que celui qui y sera son patron, Pius Njaw\u00e9, est en prison. Mais &quot;l&rsquo;homme voyageur&quot; en sortira assez vite pour se coltiner son nouveau collaborateur, qui a l&rsquo;occasion d&rsquo;afficher un autre patron &agrave; son tableau de chasse. Cette nouvelle aventure s&rsquo;ach&egrave;vera un peu plus d&rsquo;un an plus tard, &agrave; travers une lettre de Pius Njaw\u00e9 qui met un terme &agrave; la collaboration de Se&rsquo;nkwe P. Modo avec le journal Le Messager &agrave; partir du 31 juillet 1999. <\/p>\n<p>Elle met surtout un terme &agrave; l&rsquo;histoire des huit ann\u00e9es que le journaliste a d\u00e9cid\u00e9 de raconter. Huit ann\u00e9es de travail, huit ann\u00e9es de rencontres, huit ann\u00e9es &agrave; \u00e9crire sur la soci\u00e9t\u00e9 camerounaise, mais aussi &agrave; d\u00e9couvrir d&rsquo;autres pays et continents. On sort du livre de Se&rsquo;nkwe Modo avec l&rsquo;impression que les patrons de presse n&rsquo;ont jamais su profiter des qualit\u00e9s du journalistes. Et c&rsquo;est certainement l&rsquo;impression qu&rsquo;il a voulu donner. Mais on en sort surtout avec la satisfaction d&rsquo;avoir ri de quelques anecdotes ou belles tournures, avec le sentiment de revivre une certaine p\u00e9riode de la presse camerounaise. Et en cela, ce livre m\u00e9ritait d&rsquo;&ecirc;tre \u00e9crit. <\/p>\n<p>Mutations<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le journaliste fait un portrait au vitriol de noms connus de la presse camerounaise. 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