{"id":27457,"date":"2007-04-04T14:00:13","date_gmt":"2007-04-04T14:00:13","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"329","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/329\/","title":{"rendered":"Fran\u00e7oise Nkoulou Essomba : La major au c\u0153ur d&rsquo;or"},"content":{"rendered":"<p>Elle travaille depuis 15 ans au service p\u00e9diatrie de l&rsquo;h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de Yaound\u00e9.<br \/>\nDorine Ekw\u00e8  &#8211; <\/p>\n<hr size=\"1\" \/> <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/nkoulou_francoise.gif\" align=\"left\" border=\"1\" \/> De son chignon qu&rsquo;elle voulait pourtant strict, s&rsquo;\u00e9chappent quelques m&egrave;ches de cheveux grisonnants. De fines go&ucirc;tes de sueur perlent sur son front qu&rsquo;elle nettoie discr&egrave;tement de ses doigts d&rsquo;o&ugrave; des couches de vernis se sont d\u00e9coll\u00e9s. &quot;Nous n&rsquo;avons pas le temps de nous occuper de cela. Nous sommes toujours sur le qui-vive.&quot;, s&rsquo;excuse-t-elle lorsqu&rsquo;elle croise notre regard.<br \/>Ce vendredi 30 mars 2007, est une journ\u00e9e de travail comme les autres, avec les m&ecirc;mes \u00e9motions et d\u00e9ceptions. &quot;Nous avons perdus une fillette de 5 ans qui souffrait de m\u00e9ningite. Nous sortons de la lev\u00e9e de corps. C&rsquo;est une tr&egrave;s grande \u00e9preuve pour le service&quot;, raconte Fran&ccedil;oise Nkoulou Essomba, major au service de p\u00e9diatrie de l&rsquo;h&ocirc;pital g\u00e9n\u00e9ral de Yaound\u00e9.<br \/>Pour cette femme de 42 ans, ce genre de pertes ne doit en aucun cas affecter le service. &quot;Nous vivons avec la mort en permanence. C&rsquo;est vrai que c&rsquo;est toujours un choc pour tout le monde, mais il est important de le surmonter au plus vite car au bout de la cha&icirc;ne de travail, il y a la gu\u00e9rison de nos malades.&quot;, poursuit cette femme presque fr&ecirc;le que l&rsquo;on appelle affectueusement &quot;maman&quot; au service de p\u00e9diatrie de cet h&ocirc;pital o&ugrave; elle exerce depuis 15 ans. Un parcours que la technicienne sup\u00e9rieure en soins infirmiers n&rsquo;imaginait pas suivre alors qu&rsquo;elle \u00e9tait encore \u00e9tudiante au Cuss de Yaound\u00e9 en 1997 et lorsqu&rsquo;elle faisait ses premiers pas d&rsquo;infirmi&egrave;re au sein de ce service en 1991.<\/p>\n<p>&quot; La plupart de mes camarades de promotion ont demand\u00e9 &agrave; &ecirc;tre affect\u00e9s ailleurs lorsque l&rsquo;on nous a affect\u00e9s ici &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital g\u00e9n\u00e9ral, parce qu&rsquo;ils ne voulaient pas faire p\u00e9diatrie.&quot;, se souvient-elle alors qu&rsquo;elle effectue sa tourn\u00e9e des chambres de l&rsquo;apr&egrave;s-midi. La situation de chaque enfant est soigneusement \u00e9tudi\u00e9e et Fran&ccedil;oise Nkoulou prend le soin de discuter avec le parent pr\u00e9sent et essaie &agrave; chaque fois de le rassurer. &quot;C&rsquo;est rare d&rsquo;avoir &agrave; faire &agrave; ce genre de personnes dans nos h&ocirc;pitaux. G\u00e9n\u00e9ralement, le m\u00e9decin ou l&rsquo;infirmier se contente de prescrire les m\u00e9dicaments du malade et de poser les questions sur le malade. Souvent, ces questions sont pos\u00e9es avec arrogance et &ccedil;a fait du bien de tomber sur quelqu&rsquo;un d&rsquo;aussi simple.&quot;, t\u00e9moigne Emilie Akoa, dont l&rsquo;enfant est intern\u00e9 &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital g\u00e9n\u00e9ral de Yaound\u00e9 depuis environ une semaine.<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;on lui fait cette remarque, c&rsquo;est un sourire g&ecirc;n\u00e9 qui se dessine sur le visage de cette femme menue. &quot;A l&rsquo;origine, je ne pensais pas rester en p\u00e9diatrie, \u00e9tant donn\u00e9 que nous avons eu une formation g\u00e9n\u00e9rale. Au fil du temps, j&rsquo;y ai pris go&ucirc;t et, je ne pense pas que si l&rsquo;on me demande d&rsquo;aller ailleurs, je le ferai. Pour ce qui est de l&rsquo;accueil des patients, je pense que c&rsquo;est ce qui fait le plus d\u00e9faut dans notre h&ocirc;pital et j&rsquo;essaie, &agrave; mon niveau, de r\u00e9soudre ce probl&egrave;me, car, un malade et sa famille doivent &ecirc;tre pris en charge psychologiquement avant d&rsquo;administrer les soins. Ce que l&rsquo;on ne comprend pas toujours.&quot; confie-t-elle.<\/p>\n<p>Chez ses coll&egrave;gues, c&rsquo;est avec une certaine admiration dans la voix qu&rsquo;on \u00e9voque la &quot; maman &quot; du service qui, loin de s&rsquo;en tenir aux missions essentielles qui incombent au major de service (formation du personnel, accueil des nouveaux m\u00e9decins et stagiaires&hellip;), elle remplace efficacement le m\u00e9decin lorsque celui-ci est appel\u00e9 ailleurs. &quot;Les m\u00e9decins et nous les infirmi&egrave;res savons que nous pouvons compter sur elle car, en plus du temps qu&rsquo;elle a d\u00e9j&agrave; eu &agrave; passer en p\u00e9diatrie, elle a une grande capacit\u00e9 &agrave; d\u00e9tecter ce qui fait probl&egrave;me, et &agrave; calmer le patient avant que le m\u00e9decin n&rsquo;arrive. C&rsquo;est tr&egrave;s important dans un service comme le notre&quot;<br \/>Pour cette m&egrave;re de 5 enfants, le plus important, lorsque l&rsquo;on travaille avec les plus petits est de leur offrir beaucoup d&rsquo;affection et d&rsquo;attention pendant leur hospitalisation. &quot;Ils sont d\u00e9sorient\u00e9s et doivent &ecirc;tre entour\u00e9s pour que le traitement r\u00e9ussisse.&quot; <\/p>\n<p>Mutations<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle travaille depuis 15 ans au service p\u00e9diatrie de l&rsquo;h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de Yaound\u00e9. 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