{"id":27484,"date":"2007-06-09T03:46:51","date_gmt":"2007-06-09T03:46:51","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"361","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/361\/","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma : La femme qui conduit les hommes"},"content":{"rendered":"<p>Le premier film de Simon Pierre Bell est un voyage dans l\u2019univers d\u2019une jeune conductrice de \u00ab\u00a0bend skin\u00a0\u00bb.<br \/>\nJules Romuald Nkonlak  &#8211; Pour une grande majorit\u00e9 de Camerounais, ce serait bien quelque chose d&rsquo;extraordinaire, et m&ecirc;me d&rsquo;\u00e9trange, de tomber sur une femme conductrice de &quot;moto-taxi&quot;. Facile donc de comprendre la surprise de Simon Pierre Bell, jeune r\u00e9alisateur, qui a d\u00e9cid\u00e9 de faire un film &agrave; la suite de sa rencontre avec Nicole Ngo Oum &agrave; Pouma. Le r\u00e9sultat, un portrait plein de sensibilit\u00e9 d&rsquo;une femme qui sort de l&rsquo;ordinaire. Juste quelques secondes de projection et l&rsquo;on peut avoir une image de cette jeune femme, au physique d&rsquo;homme, qui man&oelig;uvre habilement son engin &agrave; deux roues, avant de se lancer sur une route en terre, sinueuse, caboss\u00e9e, tortueuse. Comme la vie de Nicole, qu&rsquo;elle raconte pendant le voyage qui m&egrave;ne de Pouma au petit village de Sok\u00e9l\u00e9.<\/p>\n<p>Elle n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 conductrice de &quot;bend skin&quot;. Et elle ne l&rsquo;est pas devenue de gaiet\u00e9 de c&oelig;ur. Quelques \u00e9conomies, l&rsquo;achat d&rsquo;un engin qu&rsquo;elle confie &agrave; un jeune homme, et la d\u00e9ception qui survient lorsqu&rsquo;elle re&ccedil;oit la maigre somme de 1500 Fcfa au bout d&rsquo;une semaine. La d\u00e9cision de Nicole est prise, elle enfourchera elle-m&ecirc;me son engin. C&rsquo;est ce qu&rsquo;elle fait ce jour o&ugrave; elle conduit le r\u00e9alisateur du documentaire Bilim Bi Jam (Chose \u00e9trange en langue bassa) dans son village. Sur ce chemin tortueux comme sa vie. Celle-ci, elle la racontera lorsqu&rsquo;on en d\u00e9couvre une autre facette : vendeuse de bois.<\/p>\n<p>Nicole se sert d&rsquo;une tron&ccedil;onneuse comme d&rsquo;un couteau de cuisine. Avec beaucoup d&rsquo;habilet\u00e9 aussi. Le bois, un autre hasard de sa vie. Elle tombe un jour sur un monsieur qui pr\u00e9tend avoir besoin de certaines essences foresti&egrave;res. Elle file en brousse, r\u00e9ussit &agrave; les avoir, mais ne r\u00e9ussit plus &agrave; joindre le pr\u00e9tendu commer&ccedil;ant. Elle devra se d\u00e9brouiller pour les revendre elle-m&ecirc;me. R\u00e9sultat des courses : plus de 800.000 Fcfa dans l&rsquo;escarcelle. De quoi donner des id\u00e9es. Elle se lancera \u00e9galement dans le bois. Comme dans la vente des beignets ou de poisson, comme dans l&rsquo;extraction d&rsquo;huile&hellip; M&ecirc;me si ses parents pensent que la somme amass\u00e9e pour la premi&egrave;re vente leur offrirait de nouvelles t&ocirc;les pour leur maison en ruines.<\/p>\n<p><strong>Femmes rurales<\/strong><br \/>Le dynamisme de Nicole ne passe pas inaper&ccedil;u dans les villages de la zone o&ugrave; elle est devenue une star. O&ugrave; les enfants jubilent &agrave; son passage. O&ugrave;, pourtant, lorsqu&rsquo;elle a quitt\u00e9 les bancs de l&rsquo;\u00e9cole &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 16 ans on lui a emp&ecirc;ch\u00e9 d&rsquo;avoir une plantation. Du fait de sa qualit\u00e9 de femme. &quot;Les filles parlent de terrain ici ?&quot; lui a-t-on demand\u00e9. <br \/>Pourtant, Nicole, aujourd&rsquo;hui, est une sorte de r\u00e9ussite dans son village et pour sa famille. Dans ce village o&ugrave; la mis&egrave;re se vit au quotidien. Celle-l&agrave; que le documentaire de 26 minutes de Simon Pierre Bell montre avec une certaine qualit\u00e9. Une mis&egrave;re qu&rsquo;on oublie presque &agrave; cause de la beaut\u00e9 du village et de ces sc&egrave;nes oubli\u00e9es en ville. Le poulain de Cyrille Masso (Malo Pictures) n&rsquo;est pourtant qu&rsquo;&agrave; sa premi&egrave;re r\u00e9alisation.<\/p>\n<p>Qui m&ecirc;le un certain nombre de regards et de voix. Qui part d&rsquo;une enqu&ecirc;te sociologique (pour laquelle son guide sera finalement&hellip; Nicole) que le r\u00e9alisateur veut mener sur l&rsquo;implication des populations dans les projets de d\u00e9veloppement, et qui aboutit sur le portrait d&rsquo;une battante. Peut-&ecirc;tre la voix &agrave; suivre. Et c&rsquo;est sans doute pour cela que le film est d\u00e9di\u00e9 &agrave; toutes les femmes rurales, qui peuvent &ecirc;tre porteuses d&rsquo;espoir. Le film a deux voix, celle du r\u00e9alisateur et celle de l&rsquo;h\u00e9ro&iuml;ne. Une troisi&egrave;me voix, celle des villageois qui auraient pu traduire, en leurs mots, le regard qu&rsquo;ils ont de cette femme qui d\u00e9fie les traditions en portant elle &ndash;m&ecirc;me le pantalon et en allant chercher sa pitance. Le r\u00e9alisateur, Simon Pierre Bell, pense que 26 minutes c&rsquo;\u00e9tait trop court pour tout embrasser on ne le lui reprochera pas. En plus, 26 minutes, c&rsquo;est assez court pour qu&rsquo;on ait envie de le revoir. De toutes les fa&ccedil;ons, le festival Ecrans Noirs du cin\u00e9ma qui s&rsquo;ouvre demain en donnera l&rsquo;occasion.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le premier film de Simon Pierre Bell est un voyage dans l\u2019univers d\u2019une jeune conductrice de \u00ab\u00a0bend skin\u00a0\u00bb. 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