{"id":27742,"date":"2007-09-01T18:50:12","date_gmt":"2007-09-01T18:50:12","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"648","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/648\/","title":{"rendered":"Musique : Les textes ont disparu des pochettes"},"content":{"rendered":"<p>Derri\u00e8re la faiblesse d\u2019\u00e9criture, les artistes camerounais pr\u00e9textent le prix on\u00e9reux de la fabrication de ces supports.<br \/>\nMarion Obam  &#8211; <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/disques.gif\" align=\"left\" border=\"1\" alt=\"\" \/> C&rsquo;est un exercice int&eacute;ressant que de se livrer &agrave; la lecture des pochettes des albums des artistes camerounais qui marchent plus ou moins bien en ce moment. Lady Ponce, Tonton Ebogo, Belka Tobis, Racine Sagath, K-Tino, A&iuml;-Jo Mamadou, Bisso Solo, Petit Pays, Ronz et Rosy, pour ne citer que ceux-l&agrave;, ont des photos superbes. Quoique leurs styles soient diff&eacute;rents, le seul lien qu&rsquo;ils ont en commun c&rsquo;est une fiche artistique sommaire, qui accompagne les pochettes de leur disque. Cet &eacute;l&eacute;ment d&rsquo;identification est r&eacute;duit &agrave; une feuille dont les deux faces sont minutieusement utilis&eacute;es. Pas une seule trace des textes des chansons qui sont largement diffus&eacute;es sur les m&eacute;dias audiovisuels ou repris en ch&oelig;ur par les m&eacute;lomanes. Pourtant, ces lyrics existent bel et bien, puisqu&rsquo;ils sont chant&eacute;s et pos&eacute;s sur une musique. Mais le fait est l&agrave;. Rares sont les artistes camerounais qui, aujourd&rsquo;hui, &eacute;paississent leur pochettes avec leurs lyrics, en rajoutant m&ecirc;me des in&eacute;dits comme dans le dernier album de Jean Dikoto Mandengu&eacute;, &quot;Les Retrouvailles&quot;, o&ugrave; on peut r&eacute;&eacute;couter le titre &quot;Kosa mba&quot;.<\/p>\n<p>Cette absence de textes sur les supports cr&eacute;e quelques d&eacute;sagr&eacute;ments pour certains professionnels pour qui ces &eacute;crits sont un outil n&eacute;cessaire de travail. Evelyne Nkoa, chanteuse de cabaret depuis une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es, explique, par exemple, qu&rsquo;il est actuellement difficile d&rsquo;interpr&eacute;ter correctement les nouveaux artistes car leurs textes sont invisibles. Il faut prendre la cassette ou le Cd pour &eacute;couter et essayer de copier les paroles. &quot;C&rsquo;est tr&egrave;s p&eacute;nible&quot;, avoue-t-elle. C&rsquo;est la raison pour laquelle certains classiques &agrave; l&rsquo;instar des anciens makossa, ont toujours beaucoup de succ&egrave;s en cabaret. &quot;Nous pouvons travailler avec les textes pris sur des pochettes ou dans la c&eacute;l&egrave;bre collection de Fleur musicale du Cameroun&quot;, confie Evelyne Nkoa.<br \/>A c&ocirc;t&eacute; de cet apport dans la constitution des r&eacute;pertoires des cabarets, les textes ont une autre fonction qui, malheureusement, se perd avec le choix qu&rsquo;op&egrave;rent les artistes de ne plus les rendre disponibles. &quot;L&rsquo;&eacute;criture des textes est un exercice qui demande beaucoup d&rsquo;efforts mais am&egrave;ne aussi l&rsquo;artiste &agrave; se discipliner pour obtenir une rigueur dans la structure de son travail. Pour qu&rsquo;un texte devienne une chanson, il faut beaucoup d&rsquo;&eacute;tapes pour le faire rentrer dans les gammes. Quand on prend les albums d&rsquo;un auteur-compositeur qui prend la peine de mettre cet &eacute;l&eacute;ment sur sa pochette, on peut appr&eacute;cier son &eacute;volution dans la qualit&eacute; de son &eacute;criture, mais aussi des th&egrave;mes abord&eacute;s&quot;, explique Marcel Mbundu, directeur artistique.<\/p>\n<p><strong>Cache-sexe<\/strong><br \/>Approch&eacute;s pour comprendre cette absence de textes sur leurs albums, les artistes &eacute;voquent l&rsquo;aspect financier. Pour Joly Priso, auteur-compositeur et arrangeur, &quot;C&rsquo;est un probl&egrave;me d&rsquo;argent. La fabrication des pochettes co&ucirc;te cher &agrave; l&rsquo;imprimerie. S&rsquo;il faut rajouter des pages o&ugrave; on va retrouver des textes &ccedil;a devient un investissement trop lourd &agrave; supporter pour les artistes qui peinent d&eacute;j&agrave; &agrave; avoir un producteur s&eacute;rieux&quot;. Cependant des rappeurs comme le groupe Bivindi, peu connu et sans v&eacute;ritables ressources, a reproduit ses lyrics. Pour d&rsquo;autres, c&rsquo;est le ph&eacute;nom&egrave;ne de la piraterie qui s&rsquo;est install&eacute; au Cameroun en &eacute;loignant les consommateurs des discoth&egrave;ques o&ugrave; sont vendus des Compact disques (Cd) originaux qui est &agrave; l&rsquo;origine de cette s&eacute;cheresse de lyrics. C&rsquo;est sur ce pr&eacute;texte que s&rsquo;appuie, par exemple, Henri Mbog, producteur. Lequel pr&eacute;cise que &quot;Nous avons souvent investi pour proposer des albums complets de bonne facture avec une pr&eacute;sentation all&eacute;chante, mais nous n&rsquo;avons rien vendu. Le march&eacute; se porte mal, il est donc difficile de mettre de l&rsquo;argent pour imprimer des pochettes volumineuses et ne pas avoir un retour sur investissement&quot;. <\/p>\n<p>La majorit&eacute; des g&eacute;rants de discoth&egrave;ques &agrave; Douala au march&eacute;s Central et Congo, ainsi qu&rsquo;au centre commercial la Soudanaise, cet avis n&rsquo;est pas partag&eacute;. &quot;Mon chiffre d&rsquo;affaire est r&eacute;alis&eacute; de moiti&eacute; par la vente des Cd des artistes de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, mais aussi du Gabon comme Pierre Akendengu&eacute; et Annie Flore Batchielelys. Nous avons des clients camerounais qui ach&egrave;tent &agrave; 15.000 Fcfa des disques de Richard Bona, d&rsquo;Etienne Mbapp&eacute;, de Henri Dikongu&eacute; ou de Muntu Valdo, car ils ont des albums bien faits et leur textes sont disponibles en plusieurs langues, notamment le fran&ccedil;ais, le douala et l&rsquo;anglais&quot;, indique Aim&eacute; Dahirou, disquaire. Il ajoute que &quot;Depuis pr&egrave;s de cinq ans le nombre d&rsquo;artistes qui font de vraies pochettes n&rsquo;atteint pas trente&quot;. Selon lui, l&rsquo;argent serait un cache-sexe face aux probl&egrave;mes r&eacute;els d&rsquo;&eacute;criture.<\/p>\n<p>Jeannot Ekwalla, qui &eacute;crit des textes pour les artistes camerounais et &eacute;trangers depuis plus de deux d&eacute;cennies, r&eacute;v&egrave;le que &quot;Les artistes aujourd&rsquo;hui veulent vite arriver. Ils entrent en studio et se mettent &agrave; crier des expressions populaires, connues par tous et &agrave; r&eacute;citer les noms de leurs copains, et l&rsquo;ordinateur fait le reste. Ils savent qu&rsquo;en mettant les lyrics sur un support qui sera diffus&eacute; &agrave; une grande &eacute;chelle, leurs carences risquent d&rsquo;exploser &agrave; la face du monde. Je suis en guerre avec les malhonn&ecirc;tes pour recouvrer mes droits d&rsquo;auteur. Certains ont m&ecirc;me honte d&rsquo;avouer qu&rsquo;ils ne sont pas les auteurs des chansons qu&rsquo;ils ont chant&eacute;es et qui ont eu du succ&egrave;s&quot;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Derri\u00e8re la faiblesse d\u2019\u00e9criture, les artistes camerounais pr\u00e9textent le prix on\u00e9reux de la fabrication de ces supports. Marion Obam &#8211; C&rsquo;est un exercice int&eacute;ressant que de se livrer &agrave; la lecture des pochettes des albums des artistes camerounais qui marchent plus ou moins bien en ce moment. 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