{"id":27755,"date":"2007-09-10T18:08:33","date_gmt":"2007-09-10T18:08:33","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"661","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/661\/","title":{"rendered":"Soutien aux artistes : O\u00f9 est pass\u00e9 le compte d&rsquo;affectation sp\u00e9cial ?"},"content":{"rendered":"<p>Depuis plus de deux ans, le minist\u00e8re de la Culture n&rsquo;a pas revers\u00e9 le moindre centime aux b\u00e9n\u00e9ficiaires\u2026<br \/>\nEug\u00e8ne Dipanda  &#8211; La r&eacute;action de Ama Pierrot laisse deviner une certaine r&eacute;signation. Pour le meilleur artiste de l&rsquo;ann&eacute;e 2006, en effet, &quot;Il vaut mieux d&eacute;sormais vivre comme si le minist&egrave;re de la Culture n&rsquo;existe plus. Les artistes sont fatigu&eacute;s de courir apr&egrave;s un argent qui leur revient pourtant de droit. &Ccedil;a ne vaut plus la peine de miser sur le compte d&rsquo;affectation sp&eacute;cial cr&eacute;&eacute; par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Pour la production de nos &oelig;uvres, nous nous battons avec nos propres moyens et avec les aides de nos amis&hellip;&quot;. Comme Ama Pierrot, la majorit&eacute; des hommes de culture sont simplement amers, lorsqu&rsquo;on &eacute;voque la question du soutien public &agrave; la politique culturelle du Cameroun. Depuis le mois d&rsquo;avril 2005, p&eacute;riode &agrave; laquelle une liste des b&eacute;n&eacute;ficiaires des fonds du compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale a &eacute;t&eacute; rendue publique par la Commission des Arts et Lettres du minist&egrave;re de la Culture, rien, en effet, n&rsquo;a plus boug&eacute; en faveur des artistes camerounais. <\/p>\n<p>Lesquels, plus que jamais, ont pourtant multipli&eacute; des demandes, qui sont actuellement empil&eacute;es dans une sorte de d&eacute;barras de leur d&eacute;partement minist&eacute;riel de tutelle. Cr&eacute;&eacute; par d&eacute;cret du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique le 05 d&eacute;cembre 2001, et ouvert &agrave; la Banque des Etats de l&rsquo;Afrique centrale (B&eacute;ac), le compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale pour le soutien de la politique culturelle est, en principe, dot&eacute; de ressources d&rsquo;un montant d&rsquo;un milliard Fcfa arr&ecirc;t&eacute;es annuellement par la loi des finances. Selon l&rsquo;article 3 du d&eacute;cret qui le cr&eacute;e, ce compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale est aliment&eacute;, entre autres, par &quot;les redevances vers&eacute;es au titre de la repr&eacute;sentation ou de la fixation du folklore ; les redevances vers&eacute;es au titre de l&rsquo;exploitation des &oelig;uvres, interpr&eacute;tations, phonogrammes, vid&eacute;ogrammes et programmes du domaine public ; la r&eacute;mun&eacute;ration pour copie priv&eacute;e des phonogrammes, vid&eacute;ogrammes et &oelig;uvres imprim&eacute;es ; toutes autres ressources autoris&eacute;es par la loi des finances&quot;.<\/p>\n<p><strong>Blocages <\/strong><br \/>En relisant le d&eacute;cret du 05 d&eacute;cembre 2001, le principal objectif vis&eacute; &agrave; travers la cr&eacute;ation de ce compte, est d&rsquo;&quot;encourager la production litt&eacute;raire et artistique camerounaise&quot;. A ce titre, la subvention de la cr&eacute;ation et de la diffusion des &oelig;uvres, la modernisation des organismes de gestion collective, la garantie des pr&ecirc;ts consentis aux artistes par les &eacute;tablissements de cr&eacute;dit, les secours aux conjoints et aux descendants des artistes d&eacute;c&eacute;d&eacute;s, le financement des organismes de solidarit&eacute; professionnelle, sans oublier le d&eacute;cernement r&eacute;gulier des prix aux meilleurs cr&eacute;ateurs artistiques, devraient automatiquement trouver des solutions idoines en s&rsquo;appuyant sur le compte sp&eacute;cial. Mais, en est-on parvenu six ans apr&egrave;s ?<br \/>Selon certains cadres du minist&egrave;re de la Culture, qui, curieusement, requi&egrave;rent tous l&rsquo;anonymat lorsqu&rsquo;on aborde avec eux le sujet, depuis la cr&eacute;ation du compte d&rsquo;affectation sp&eacute;cial, la totalit&eacute; du budget, c&rsquo;est-&agrave;-dire le milliard Fcfa attendu, n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; mis en entier &agrave; la disposition de ce d&eacute;partement minist&eacute;riel. Pour des raisons n&eacute;buleuses, certaines sources pr&eacute;cisent d&rsquo;ailleurs que ce montant a &quot;rarement&quot; atteint les 50%. <\/p>\n<p>Dans le m&ecirc;me temps, les informations mises &agrave; la disposition de la presse par le minist&egrave;re de la Culture en 2005, faisaient &eacute;tat d&rsquo;une enveloppe de seulement 850 millions Fcfa pr&eacute;vue pour le compte ; avec, en plus, une pr&eacute;cision de taille : &quot;les d&eacute;caissements sont fonction des recettes&quot;. D&egrave;s la premi&egrave;re ann&eacute;e de fonctionnement du compte sp&eacute;cial, la subvention pr&eacute;vue &eacute;tait d&rsquo;un milliard Fcfa, mais les responsables du minist&egrave;re de la Culture confient que 300 millions Fcfa seulement avaient pu &ecirc;tre d&eacute;bloqu&eacute;s aupr&egrave;s du Tr&eacute;sor public. De ce point de vue, disait-on alors au Mincult, &quot;La publication des listes des b&eacute;n&eacute;ficiaires est essentiellement tributaire des mises &agrave; disposition des fonds de la part de l&rsquo;administration des Finances&hellip;&quot;. Chaque mois pourtant, selon des sources internes au minist&egrave;re de la Culture, la Commission des arts et des lettres, compos&eacute;e d&rsquo;une douzaine de membres, re&ccedil;oit environ une centaine de dossiers de demande de soutien introduits par des artistes de divers secteurs. Autre obstacle : le Compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale est g&eacute;r&eacute;, selon le d&eacute;cret qui le cr&eacute;e, par un agent du minist&egrave;re des Finances, qui, seul, signe les ch&egrave;ques. <\/p>\n<p>Mais, les autorisations de d&eacute;penses rel&egrave;vent exclusivement du ministre d&rsquo;Etat charg&eacute; de la Culture, L&eacute;opold Ferdinand Oyono. Lequel ministre d&rsquo;Etat, c&rsquo;est d&eacute;sormais un secret de polichinelle, est presque toujours absent de son poste du fait d&rsquo;une sant&eacute; de plus en plus fragile. Depuis le mois de juillet dernier, affirment certains de ses collaborateurs, il n&rsquo;a plus mis ses pied dans son bureau&hellip;<br \/>D&egrave;s lors, c&rsquo;est le flou total quant &agrave; une probable distribution de la manne issue du compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale. Qu&rsquo;ils soient hommes de th&eacute;&acirc;tre, humoristes, litt&eacute;raires, cin&eacute;astes, promoteurs de festivals, plasticiens, musiciens ou chanteurs, plus aucun artiste ne semble croire en l&rsquo;opportunit&eacute; du compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale. <\/p>\n<p>Au niveau du minist&egrave;re de la Culture, le sujet rel&egrave;ve presque du tabou. Aucun des responsables en place ne juge opportun d&rsquo;en dire un mot, au risque, dit-on ici, que tout cela soit r&eacute;percut&eacute; en &quot;haut lieu&quot;. Comme cela est pr&eacute;vu par les textes, les fonds issus du compte sp&eacute;cial d&rsquo;affectation devraient passer par l&rsquo;agent comptable du Mincult, pour &ecirc;tre enfin pay&eacute;s aux artistes s&eacute;lectionn&eacute;s dans le cadre des aides. Une orthodoxie qui r&eacute;guli&egrave;rement &eacute;t&eacute; bafou&eacute;e. Mais comment parvenir &agrave; redresser la barque lorsque la machine administrative s&rsquo;av&egrave;re ainsi gripp&eacute;e ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plus de deux ans, le minist\u00e8re de la Culture n&rsquo;a pas revers\u00e9 le moindre centime aux b\u00e9n\u00e9ficiaires\u2026 Eug\u00e8ne Dipanda &#8211; La&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-27755","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27755","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27755"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27755\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27755"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27755"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27755"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}