{"id":27758,"date":"2007-09-12T13:05:13","date_gmt":"2007-09-12T13:05:13","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"664","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/664\/","title":{"rendered":"Pierre Auguste Messmer"},"content":{"rendered":"<p>Comment Messmer a massacr\u00e9 les Camerounais <br \/>\nLa mort de cet homme est presque pass\u00e9e inaper\u00e7ue au Cameroun. Alors que le pays vit encore aujourd\u2019hui les s\u00e9quelles des horreurs commis pendant qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate du Cameroun sous tutelle de la France. <\/p>\n<p>Par Roland TSAPI <br \/>\n &#8211; <\/p>\n<p class=\"surtitre\"><span class=\"Style3\">1956. Pierre Messmer foule le sol camerounais, comme haut-commissaire de la France. On est en pleine p&eacute;riode de lutte pour l&rsquo;ind&eacute;pendance. Celle-ci est principalement men&eacute;e au pays par l&rsquo;Union des populations du Cameroun (Upc), parti politique de l&rsquo;opposition dont Ruben Um Nyob&eacute; est le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral. La formation est d&eacute;sormais sous maquis. Ses leaders, contraints &agrave; l&rsquo;exil pour la majorit&eacute;, poursuivent la lutte alors que le parti a &eacute;t&eacute; interdit un an plus t&ocirc;t (1955) par le pr&eacute;d&eacute;cesseur de Messmer, Roland Pr&eacute;. <br \/>Sous une double tutelle (fran&ccedil;aise dans partie orientale et anglaise dans la partie occidentale), le pays de Martin Paul Samba conna&icirc;t une grande agitation. Les revendications, formul&eacute;es par l&rsquo;Upc avant son interdiction, sont plus que vivaces dans l&rsquo;esprit des nationalistes. Les deux premi&egrave;res sont : l&rsquo;ind&eacute;pendance imm&eacute;diate et la r&eacute;unification des deux parties du territoire. C&rsquo;est, en tout cas, ce qui a &eacute;t&eacute; d&eacute;fendu &agrave; la tribune des Nations unies par les pl&eacute;nipotentiaires de l&rsquo;Upc dont F&eacute;lix Roland Moumi&eacute;, le pr&eacute;sident du parti. <br \/>Quand Pierre Messmer arrive donc, il a pour mission de m&acirc;ter toute vell&eacute;it&eacute; de contestation. Il doit surtout extirper la fibre nationaliste que l&rsquo;Upc et les mouvements syndicaux travaillent &agrave; susciter au sein du peuple depuis une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es. Pour la France, pas question que l&rsquo;ind&eacute;pendance apparaisse comme le fruit d&rsquo;une revendication nationaliste. &ldquo; Nos anc&ecirc;tres les Gaullois &rdquo; estiment qu&rsquo;elle doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme &ldquo; donn&eacute;e &rdquo; par la seule volont&eacute; de la France. Messmer va employer toute son &eacute;nergie &agrave; consolider les acquis de la &ldquo; m&egrave;re patrie &rdquo; au Cameroun pour qu&rsquo;au moment de l&rsquo;ind&eacute;pendance, le pays soit confi&eacute; aux gens avec qui la m&eacute;tropole aura compos&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Ennemi des nationalistes<\/strong><br \/>Frank Garbely, auteur du documentaire &ldquo; L&rsquo;assassinat de F&eacute;lix Moumi&eacute; &rdquo;, d&eacute;clare dans ses commentaires, que Messmer transforme la plus grande victoire de Moumi&eacute;, en une d&eacute;faite cinglante. &ldquo; Son arriv&eacute;e est une journ&eacute;e noire pour Moumi&eacute; &rdquo;, affirme-t-il. Dans ce film, Messmer, interrog&eacute; dans les bureaux de l&rsquo;Institut de France dont fait partie l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, affirme d&rsquo;entr&eacute;e de jeu son inimiti&eacute; pour les nationalistes camerounais. <br \/>Parlant de Moumi&eacute;, il d&eacute;clare : &ldquo; Lui n&rsquo;&eacute;tait int&eacute;ress&eacute; que par le combat pour le pouvoir, il n&rsquo;accepte aucune &eacute;lection. &rdquo; Il explique de quelle fa&ccedil;on, d&egrave;s son arriv&eacute;e, il prend &agrave; contre pied les nationalistes camerounais, en leur accordant la contrefa&ccedil;on de ce qu&rsquo;ils r&eacute;clament, &agrave; savoir l&rsquo;ind&eacute;pendance. &ldquo; J&rsquo;ai tout de suite dit que la France acceptait l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun, et la r&eacute;unification du Cameroun fran&ccedil;ais au Cameroun britannique. Une chose que personne n&rsquo;avait os&eacute; dire avant, parce que cela ne faisait pas plaisir aux Anglais. J&rsquo;&eacute;tais le premier &agrave; oser le dire, et &agrave; partir de ce moment-l&agrave;, l&rsquo;Upc se trouve dans une situation extr&ecirc;mement difficile, parce que c&rsquo;&eacute;tait sa revendication. &rdquo;<br \/>Les leaders de l&rsquo;Upc ne veulent pas de cette ind&eacute;pendance pi&eacute;g&eacute;e. Pierre Messmer prend tr&egrave;s mal cette r&eacute;ticence et les consid&egrave;rent comme des ennemis. &ldquo; A partir de ce moment-l&agrave;, l&rsquo;Upc est oblig&eacute;, ou bien de rentrer dans le syst&egrave;me, parce qu&rsquo;il doit y avoir des &eacute;lections, ou bien alors, comme ils le d&eacute;cident, de rester dans la r&eacute;bellion. Mais &agrave; partir de ce moment l&agrave;, &ccedil;a prouve que ce n&rsquo;est pas un parti ind&eacute;pendantiste, mais un parti r&eacute;volutionnaire &rdquo;, dit-il.<br \/>Les leaders de l&rsquo;Upc sont d&eacute;sormais dans l&rsquo;axe du mal et trait&eacute; comme tels. Il n&rsquo;est pas question de laisser la situation s&rsquo;embraser au Cameroun, car une r&eacute;volution r&eacute;ussie ici pourrait donner des id&eacute;es aux autres pays du pr&eacute; carr&eacute; fran&ccedil;ais. Dans un document secret, publi&eacute; dans le documentaire de Frank Garbely, cette volont&eacute; est clairement affich&eacute;e : &ldquo; La position de la France au Cameroun conditionne la position de la France dans toute l&rsquo;Afrique centrale &rdquo;, indique le document. <br \/>L&rsquo;Upc organise une manifestation &agrave; Massock, dans la Sanaga Maritime. L&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise intervient &eacute;nergiquement. Le bilan est effroyable, selon un t&eacute;moin qui rel&egrave;ve des viols, des tueries et des d&eacute;portations. Pierre Messmer justifie l&rsquo;intervention de l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise : &ldquo; En effet des unit&eacute;s de simple gendarmerie ne pouvaient pas combattre effectivement une r&eacute;bellion, surtout dans ce pays de la Sanaga Maritime qui est un pays de grande for&ecirc;t, en pleine for&ecirc;t &eacute;quatoriale. J&rsquo;ai &agrave; ce moment l&agrave; demand&eacute; l&rsquo;intervention de l&rsquo;arm&eacute;e. On a dirig&eacute; sur le Cameroun des unit&eacute;s africaines, d&rsquo;ailleurs venues du Tchad. La mission de ces unit&eacute;s &eacute;tait de faire dispara&icirc;tre le maquis, et ils y sont arriv&eacute;s d&rsquo;ailleurs. &rdquo;<br \/>Apr&egrave;s avoir extermin&eacute; la population, il faut maintenant attaquer le mal &agrave; la racine. Les colons entreprennent donc de dessoucher le parti. La recherche des leaders est plus active. Pour les coincer, les colons obligent les villageois &agrave; se regrouper dans des camps, question d&rsquo;isoler les leaders. &ldquo; Um Nyob&eacute; et ses complices, qui n&rsquo;&eacute;taient pas tr&egrave;s nombreux, et qui vivaient dans ce maquis, &eacute;taient un petit peu dans le pays Bassa comme des poissons dans l&rsquo;eau&hellip;L&rsquo;arm&eacute;e s&rsquo;est efforc&eacute; de pomper l&rsquo;eau, pour que les poissons soient au sec. C&rsquo;est-&agrave;-dire que l&rsquo;arm&eacute;e s&rsquo;est efforc&eacute;e de ramener vers les grandes routes qu&rsquo;elle contr&ocirc;lait, des petits villages qui &eacute;taient &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la for&ecirc;t &rdquo;, affirme Messmer. <br \/>Il est &eacute;vident que l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise ne suppliait pas les villageois pour qu&rsquo;ils rejoignent les camps, comme le t&eacute;moigne dans la documentaire Andr&eacute; Nguimbous, agriculteur dans la r&eacute;gion : &ldquo; Pour vous obliger &agrave; venir habiter ici, on br&ucirc;lait m&ecirc;me votre maison. Et surtout dans la nuit, on vous faisait embarquer dans les camions pour venir vous laisser ici. &rdquo; <\/p>\n<p><strong>Le travail &agrave; partir de Paris<\/strong><br \/>Messmer, apr&egrave;s ces loyaux services rendus &agrave; sa patrie, est r&eacute;compens&eacute; en 1960 (ann&eacute;e de l&rsquo;ind&eacute;pendance du Cameroun sous tutelle fran&ccedil;aise), quand il est nomm&eacute; ministre des Forces arm&eacute;es &agrave; Paris. Il occupe ce poste pendant neuf ans. Un record de long&eacute;vit&eacute; expliqu&eacute; par la situation particuli&egrave;rement d&eacute;licate que devait g&eacute;rer la France &agrave; l&rsquo;&eacute;poque : administrer les colonies qui manifestent les vell&eacute;it&eacute;s d&rsquo;ind&eacute;pendance. Et pour mieux contr&ocirc;ler cette situation, il fallait un &ldquo; homme de la situation &rdquo;, comme Messmer. <br \/>D&eacute;sormais, c&rsquo;est depuis la m&eacute;tropole qu&rsquo;il s&eacute;vit sur les rebelles africains, ou, pour parler comme eux, c&rsquo;est de l&agrave; qu&rsquo;il &ldquo; pr&eacute;pare &rdquo; l&rsquo;ind&eacute;pendance des colonies fran&ccedil;aises d&rsquo;Afrique. De cette position, il &ldquo; suivra &rdquo; &eacute;galement l&rsquo;&eacute;volution de ces colonies apr&egrave;s 1960, ann&eacute;es des ind&eacute;pendances. Il tisse &agrave; partir de l&agrave; un r&eacute;seau plus large pour traquer les leaders nationalistes m&ecirc;me hors de leurs fronti&egrave;res. Au Cameroun en particulier, sont install&eacute;es des marionnettes locales, t&eacute;l&eacute;guid&eacute;es &agrave; distance pour faire le sale boulot commenc&eacute; plus t&ocirc;t.<br \/>En 1966, Maurice Delaunay est nomm&eacute; &agrave; la t&ecirc;te de la r&eacute;gion Bamil&eacute;k&eacute;, &agrave; Dschang, avec pour mission de briser l&rsquo;Upc et r&eacute;duire la r&eacute;sistance &agrave; n&eacute;ant. Ce dernier fait son travail avec m&eacute;thode, et suivant les instructions de sa hi&eacute;rarchie. &ldquo; Une tuerie en masse &rdquo;, t&eacute;moigne Sa majest&eacute; Jean Rameau Sokoudjou, chef sup&eacute;rieur Bamendjou. Ce dernier a &eacute;t&eacute; assign&eacute; &agrave; r&eacute;sidence surveill&eacute; dans son propre palais pendant deux ans, pendant que d&rsquo;autres chefs traditionnels bamil&eacute;k&eacute; hostiles &agrave; la colonisation &eacute;taient martyris&eacute;s, envoy&eacute;s en prison ou simplement remplac&eacute;s. Delaunay avoue avoir fait un camp dans les montagnes, au dessus de Bafoussam, o&ugrave; il y avait 800 personnes gard&eacute;es pas des soldats fran&ccedil;ais et camerounais rest&eacute;s fid&egrave;les. <br \/>A Batcham, un camp militaire est aussi install&eacute;. C&rsquo;est de l&agrave; que sont dirig&eacute;s les bombardement a&eacute;riens. Ici aussi, comme en Sanaga Maritime, on a forc&eacute; les populations &agrave; se regrouper dans les camps. Tous ceux qui ne viennent pas ici sont consid&eacute;r&eacute;s comme faisant partie des maquisards, &agrave; &eacute;liminer. De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, ceux qui ont refus&eacute; d&rsquo;aller dans les camps consid&egrave;rent ceux qui y sont comme des tra&icirc;tres. La population est d&eacute;sormais ligu&eacute;e contre elle-m&ecirc;me. Une situation que le colon ne pouvait que souhaiter. <br \/>Dans toute la r&eacute;gion, les tueries succ&egrave;dent. Jacques Verges, un avocat fran&ccedil;ais, pense m&ecirc;me que du Napalm, une arme de destruction massive, a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e sur des populations civiles, que les prisons &eacute;taient des mouroirs, o&ugrave; des gens &eacute;taient tortur&eacute;s, tu&eacute;s. Une fois de plus, Messmer justifie ce d&eacute;ploiement impitoyable de l&rsquo;arm&eacute; sur ces zones du pays : &ldquo; L&rsquo;Upc &eacute;tait un parti communiste, dirig&eacute; par des chefs communistes impitoyables. Um Nyob&eacute;, et surtout Moumi&eacute;, &eacute;taient des gens impitoyables. Alors quand vous &ecirc;tes impitoyables, vos adversaires ne vous font pas de piti&eacute; non plus, ils ne vous font pas de cadeau. &rdquo;<\/p>\n<p><strong>La mal&eacute;diction Messmer<\/strong><br \/>Impitoyable, Messmer, du haut de son minist&egrave;re des Forces arm&eacute;es l&rsquo;aura &eacute;t&eacute;. Les leaders nationalistes camerounais, pour ne parler que d&rsquo;eux, sont victimes d&rsquo;attentats. Ruben Um Nyob&eacute;, le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Upc, est assassin&eacute; le 13 septembre 1958 dans la for&ecirc;t de Boumnyebel en pays Bassa. F&eacute;lix Roland Moumi&eacute;, le pr&eacute;sident, est empoisonn&eacute; au thallium &agrave; Gen&egrave;ve en Suisse le 3 novembre 1960. Ossend&eacute; Afana est fini en mars 1966. Ernest Ouandi&eacute;, le dernier verrou, est fusill&eacute; &agrave; Bafoussam en janvier 1971. &ldquo; Il semble peu douteux que Moumi&eacute; a &eacute;t&eacute; effectivement ex&eacute;cut&eacute;. A mon avis, la France s&rsquo;en moquait &eacute;perdument. Cela arrangeait surtout le nouveau pr&eacute;sident, monsieur Ahidjo &rdquo;, d&eacute;clare pour finir, Messmer. Messmer pr&eacute;sente ces &ldquo; bons &rdquo; r&eacute;sultats &agrave; ses chefs, et comme r&eacute;compense pour travail bien fait, il acc&egrave;de &agrave; la Primature fran&ccedil;aise, &agrave; Matignon, en 1972. <br \/>Voil&agrave; l&rsquo;image que les Camerounais, qui n&rsquo;ont pas la m&eacute;moire courte, gardent de cet homme qui a rendu l&rsquo;&acirc;me le 29 ao&ucirc;t 2007. Aujourd&rsquo;hui encore, ils continuent de subir le r&eacute;gime n&eacute;ocolonialiste impos&eacute; par lui qui, dans sa &ldquo; pr&eacute;paration &rdquo; des ind&eacute;pendances, a tout fait pour que la main lourde du colon continue de peser sur la population. Fatalement.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment Messmer a massacr\u00e9 les Camerounais La mort de cet homme est presque pass\u00e9e inaper\u00e7ue au Cameroun. 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