{"id":27770,"date":"2007-09-17T10:56:21","date_gmt":"2007-09-17T10:56:21","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"676","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/676\/","title":{"rendered":"Entretien : Tom Yom\u2019s n\u2019est pas fini"},"content":{"rendered":"<p>Dans un des services de l\u2019H\u00f4pital Dieu \u00e0 Paris, dans le quatri\u00e8me arrondissement, nous l\u2019avons rencontr\u00e9. Il suit un traitement contre le cancer du sang depuis un peu plus de deux mois.<\/p>\n<p>Par Jean-C\u00e9lestin EDJANGUE   &#8211; <\/p>\n<div id=\"vpdiv\"><embed width=\"300\" height=\"50\" displaysize=\"0\" enablecontextmenu=\"0\" loop=\"true\" showstatusbar=\"0\" showdisplay=\"0\" showcontrols=\"1\" type=\"application\/x-mplayer2\" src=\"http:\/\/www.camerfeeling.net\/sons\/SOUVIENS_TOI.mp3\" pluginspage=\"http:\/\/www.microsoft.com\/Windows\/Downloads\/Contents\/Products\/MediaPlayer\/\" name=\"RAOCXplayer\"><\/embed><\/p>\n<p><strong>Souviens-toi <\/strong><br \/><strong>Tom Yom&rsquo;s <\/strong><strong><br \/>En duo avec Annie Anzouert <\/strong><strong><br \/>&#8211;<\/strong><strong> Chanson <\/strong><strong> de Vicky Edimo. <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p><vr><\/vr><strong>1- Am&eacute;lioration de l&rsquo;&eacute;tat de sant&eacute;<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"texte\"><span class=\"Style3\">Au moment o&ugrave; le reporter du quotidien Le Messager le rencontre, pour la deuxi&egrave;me fois, dimanche 9 septembre, l&rsquo;artiste semble progressivement se remettre des s&eacute;ances de chimioth&eacute;rapie s&eacute;v&egrave;re auxquelles il a &eacute;t&eacute; soumis. Il en garde encore quelques traces sur les mains et la plante des pieds. Voil&agrave; plusieurs mois qu&rsquo;il a quitt&eacute; le Cameroun pour suivre des soins en France. Comment se porte Tom Yom&rsquo;s en ce d&eacute;but du mois de septembre ? &ldquo; Je me sens beaucoup mieux aujourd&rsquo;hui, affirme-t-il, par rapport aux premiers jours de mon internement &rdquo;. Cet &eacute;tablissement parisien est l&rsquo;un des meilleurs centres de soins pour ce qui concerne le cancer du sang. Une chance inou&iuml;e pour Tom Yom&rsquo;s qui b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un encadrement exceptionnel et des soins appropri&eacute;s : &ldquo; Les m&eacute;decins et tout le personnel d&rsquo;encadrement m&rsquo;ont assur&eacute; que tout allait bien se passer. Mais qu&rsquo;il me faudra de la patience &rdquo;, explique-t-il avant d&rsquo;ajouter : &ldquo; J&rsquo;ai cru que ma vie allait s&rsquo;arr&ecirc;ter, que tout &eacute;tait fini. Mais par la gr&acirc;ce et la puissance de Dieu, les choses vont de mieux en mieux &rdquo;. <\/p>\n<p><strong>2- Fausse rumeur<\/strong><br \/>Sourire aux l&egrave;vres, celui qu&rsquo;on n&rsquo;appelle par abus de langage l&rsquo;Am&eacute;ricain de Dibombari, du fait de ses origines, de sa peau claire et surtout du style de musique qu&rsquo;il d&eacute;fend, donne l&rsquo;impression de retrouver une nouvelle joie de vivre. Et dire que certains m&eacute;dias de la capitale du Cameroun n&rsquo;ont pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; le donner pour mort, il y a quelques semaines : &ldquo; C&rsquo;est d&rsquo;ici, dans mon lit d&rsquo;h&ocirc;pital &agrave; Paris, que j&rsquo;ai appris par des coups de fil en provenant du pays, qu&rsquo;il y a une radio de Yaound&eacute; qui a annonc&eacute; mon d&eacute;c&egrave;s &rdquo;, indique-t-il en col&egrave;re avant d&rsquo;ajouter : &ldquo; Je ne sais pas ce que les gens (me)veulent. Pour que des journalistes, dont l&rsquo;un des principes inali&eacute;nables est la v&eacute;rification de l&rsquo;information avant sa diffusion, lancent si facilement une telle nouvelle&hellip;C&rsquo;est tr&egrave;s grave &rdquo;. Pass&eacute; le temps du courroux, il se reprend : &ldquo; Mais bon, c&rsquo;est vrai que nous sommes dans un pays o&ugrave;, la profession de journalistes, comme bien d&rsquo;autres corporations d&rsquo;ailleurs, regorgent de gens sortis de nulle part et qui font de l&rsquo;ombre aux vrais professionnels. &rdquo; Une r&eacute;alit&eacute; qu&rsquo;il d&eacute;plore sinc&egrave;rement, en attendant que les choses changent un jour. Reste que la fausse rumeur aurait pu laisser des traces dans la m&eacute;moire d&rsquo;un homme qui n&rsquo;en avait vraiment pas besoin. Son &eacute;nergie, sa concentration, ses forces &eacute;tant sollicit&eacute;es pour r&eacute;sister &agrave; la maladie et supporter au mieux les diff&eacute;rentes chimioth&eacute;rapies qu&rsquo;il a subies. Heureusement, cette &eacute;tape para&icirc;t s&rsquo;&ecirc;tre pass&eacute;e sans trop de dommage.<\/p>\n<p><strong>3- T&eacute;moignages d&rsquo;amiti&eacute;<\/strong><br \/>Loin de Tom Yom&rsquo;s l&rsquo;id&eacute;e de mettre tous les &oelig;ufs dans le m&ecirc;me panier ; il salue toutes les personnes qui lui adressent au quotidien des messages de soutien et d&rsquo;encouragement. Soit en lui rendant directement visite &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital, soit par le biais d&rsquo;un coup de fil, soit encore par personnes interpos&eacute;es. Des gestes qui lui permettent de retrouver le moral et les forces n&eacute;cessaires dans cette &eacute;preuve. A commencer par le personnel de l&rsquo;h&ocirc;pital qui est, &agrave; en croire le patient, d&rsquo; &ldquo; une attention inestimable &rdquo;. Du c&ocirc;t&eacute; de la famille, Dinaly, l&rsquo;&eacute;pouse de Tom Yom&rsquo;s, est aupr&egrave;s du malade quasiment 24 heures sur 24. Sauf lorsqu&rsquo;elle redescend au pays, comme c&rsquo;est le cas en ce moment, pour quelques jours : &ldquo; J&rsquo;ai une femme extraordinaire. Sa pr&eacute;sence r&eacute;guli&egrave;re &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s, en cette p&eacute;riode difficile, est un r&eacute;confort de tous les instants. Mais les amis comme Manu Dibango sont venus me rendre visite ou m&rsquo;ont appel&eacute; pour me t&eacute;moigner de leur chaleur. C&rsquo;est tout cela qui alimente mon espoir et inonde mon c&oelig;ur de soleil &rdquo;, affirme le musicien qui venait de terminer un nouvel album peu avant la d&eacute;couverte de sa maladie. Un opus qu&rsquo;il &eacute;coute souvent, comme pour se rem&eacute;morer le travail effectu&eacute; des mois durant : &ldquo; J&rsquo;ai beaucoup donn&eacute; de mon temps et de ma personne pour que ce disque soit le plus proche possible du produit final de mes r&ecirc;ves. Et &agrave; l&rsquo;&eacute;coute de ce que nous avons entre les mains, je me dis que ce n&rsquo;est pas trop mal &rdquo;. Modeste en plus Tom Yom&rsquo;s. <\/p>\n<p><strong>4- Nouvel opus<\/strong><br \/>Un album qu&rsquo;il consid&egrave;re comme &ldquo; une balade des rythmes et des rencontres &rdquo;. Rencontre avec des grands jazzmen comme Miles Davis ou encore Charly Parker, mais aussi des musiques de chez nous &agrave; l&rsquo;instar de l&rsquo;Ess&eacute;w&egrave; et des rythmes plus doux tel le Slow : &ldquo; J&rsquo;ai voulu montrer &agrave; quel point la musique n&rsquo;a pas de fronti&egrave;re. Un Camerounais peut tr&egrave;s bien jouer avec un Am&eacute;ricain, un Europ&eacute;en ou un Asiatique. Ils peuvent partager leurs &eacute;motions, leurs histoires, leur culture et leur enthousiasme. Tout cela mi bout &agrave; bout, peut &ecirc;tre une formidable le&ccedil;on pour l&rsquo;humanit&eacute; &rdquo;, pense Tom Yom&rsquo;s. Il poursuit : &ldquo; Je croyais sinc&egrave;rement que mon album serait sur le march&eacute; en juillet-ao&ucirc;t 2007. Malheureusement, je n&rsquo;ai pas pu &agrave; ce moment-l&agrave; dompter la maladie. Mais, je pense que si tout va bien, le public pourra le d&eacute;couvrir en d&eacute;cembre 2007 ou d&eacute;but 2008. &rdquo; Un album que Manu Dibango, dont les propos sont rapport&eacute;s par Tom Yom&rsquo;s, juge &ldquo; m&eacute;chant, fumant, extraordinaire &rdquo;. Et qui, aux yeux de son auteur est &ldquo; un lien culturel, un pont entre les peuples du monde &rdquo;. Vivement que cette &oelig;uvre soit dans les bacs. Le p&egrave;re de Njanga Nylon esp&egrave;re &ecirc;tre rentr&eacute; au Cameroun entre temps. Lui, le promoteur des Journ&eacute;es camerounaises de la musique dont la premi&egrave;re &eacute;dition s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute;e l&rsquo;ann&eacute;e pass&eacute;e au mois de d&eacute;cembre : &ldquo; Je suis en contact permanent avec le Comit&eacute; d&rsquo;organisation, bien qu&rsquo;&eacute;tant absent du pays. L&rsquo;&eacute;v&egrave;nement est toujours maintenu pour sa deuxi&egrave;me &eacute;dition, au mois de d&eacute;cembre 2007 &rdquo;, assure-t-il.<\/p>\n<p><strong>5- La vie autrement<\/strong><br \/>Habill&eacute; d&rsquo;un pyjama couleur bleu marine, Tom Yom&rsquo;s est d&eacute;tendu : &ldquo; Quand on a r&eacute;ussi &agrave; surmonter ce que j&rsquo;ai v&eacute;cu, on n&rsquo;a plus le m&ecirc;me regard sur les choses, ni sur la vie. On se rend compte &agrave; quel point la vie de l&rsquo;homme tient &agrave; peu de choses. Alors, on l&rsquo;appr&eacute;cie d&rsquo;autant. J&rsquo;ai souvent entendu les ex-otages, les prisonniers, et d&rsquo;autres personnes ayant connu un internement, dire qu&rsquo;ils voient d&eacute;sormais la vie autrement. Je comprends maintenant pourquoi &rdquo;, avoue le patron de la Rtm Radio. Pour lui, la vie est devenue encore plus pr&eacute;cieuse : &ldquo; C&rsquo;est un bien incommensurable, chaque minute, chaque heure, chaque jour que l&rsquo;on passe &agrave; vivre. Mais les gens n&rsquo;en ont pas sou vent conscience. A moins d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; confront&eacute; &agrave; des situations comme celles dont je viens de parler &rdquo;. Il est connu que, dans une situation extr&ecirc;me de souffrance, l&rsquo;&ecirc;tre humain d&eacute;veloppe des m&eacute;canismes de survie qui l&rsquo;am&egrave;nent g&eacute;n&eacute;ralement au d&eacute;passement du mal issu du corps physique. Il se trouve contraint de privil&eacute;gier le corps immat&eacute;riel, l&rsquo;&ecirc;tre spirituel.<\/p>\n<p><strong>6 &#8211; La foi qui sauve<\/strong><br \/>C&rsquo;est ainsi que dans sa profonde douleur et son immense solitude, Tom Yom&rsquo;s, qui est chr&eacute;tien &agrave; la naissance, s&rsquo;est rapproch&eacute; encore davantage de l&rsquo;esprit universel : &ldquo; Je le savais d&eacute;j&agrave;. Mais l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;enfermement, de la souffrance due &agrave; la maladie, m&rsquo;a permis de trouver en Dieu un refuge inimaginable, &agrave; travers la pri&egrave;re. Entre ses mains j&rsquo;ai tout remis. Lui le cr&eacute;ateur du ciel et de la terre, de tout ce qui s&rsquo;y trouve. Et je dois reconna&icirc;tre qu&rsquo;il me comble des bienfaits. De telle sorte que je n&rsquo;ai peur de rien &rdquo;, insiste Tom Yom&rsquo;s, persuad&eacute; que seule la main du Tout Puissant a pu guider les m&eacute;decins depuis le Cameroun o&ugrave; le cancer du sang a &eacute;t&eacute; diagnostiqu&eacute; jusqu&rsquo;en France pour les soins : &ldquo; Je reviens de loin. De tr&egrave;s loin. Je me dis souvent que si Dieu n&rsquo;avait &eacute;t&eacute; &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s, je n&rsquo;aurai jamais eu l&rsquo;opportunit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre soign&eacute; en France aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;est aussi par sa gr&acirc;ce que dans quelques semaines, je quitterais le lit d&rsquo;h&ocirc;pital pour regagner ma famille et mes proches. &rdquo; La foi est devenue le souffle de vie de l&rsquo;artiste. D&egrave;s qu&rsquo;il peut abandonner son lit quelques secondes, il fredonne un ou deux cantiques, rendant gloire &agrave; Dieu. Et son visage s&rsquo;&eacute;claircit encore plus joyeux, comme un enfant qui va vers son p&egrave;re, convaincu d&rsquo;obtenir aupr&egrave;s de lui, la tendresse et l&rsquo;amour sans fin. Et pour l&rsquo;heure, l&rsquo;artiste est sauv&eacute; par sa foi. Il ne nous reste qu&rsquo;&agrave; lui souhaiter un prompt r&eacute;tablissement.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par Propos recueillis &agrave; Paris Par Jean-C&eacute;lestin EDJANGUE <br \/>Le 14-09-2007<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un des services de l\u2019H\u00f4pital Dieu \u00e0 Paris, dans le quatri\u00e8me arrondissement, nous l\u2019avons rencontr\u00e9. Il suit un traitement contre le cancer du sang depuis un peu plus de deux mois. 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