{"id":27771,"date":"2007-09-18T15:41:56","date_gmt":"2007-09-18T15:41:56","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"677","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/677\/","title":{"rendered":"Le musicien camerounais \u00e0 la recherche de son statut"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019artiste musicien camerounais vit dans la pr\u00e9carit\u00e9. Des t\u00e9moignages \u00e9mouvants, des d\u00e9clarations fortes, des r\u00e9v\u00e9lations. Les artistes se sont donn\u00e9 \u00e0 c\u0153ur joie pour exposer leurs probl\u00e8mes \u00e0 Ama Tutu Muna. &#8211; <\/p>\n<p class=\"style23\">&nbsp;Lundi 17 septembre, ils ont honor&eacute; le rendez-vous avec le nouveau chef de d&eacute;partement de la Culture. Des t&eacute;nors et des ic&ocirc;nes de la musique camerounaise, la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration ont presque tous pris la parole, hier, dans la salle de conf&eacute;rences du Palais des congr&egrave;s. Anne Marie Ndzi&eacute;, Andr&eacute; Marie Talla, Ange Ebogo Em&eacute;rent, Gr&acirc;ce Decca, Ottou Marcellin, K-Tino, Odile Ngaska etc. ont tenu &agrave; profiter de cette journ&eacute;e qui, comme l&rsquo;ont certifi&eacute; certains, restera m&eacute;morable dans l&rsquo;histoire de la culture camerounaise. <br \/>&ldquo; C&rsquo;est un v&eacute;ritable honneur pour nous d&rsquo;&ecirc;tre re&ccedil;u en direct par le ministre de la Culture. C&rsquo;est quelque chose qui est tr&egrave;s rare, voire m&ecirc;me inexistant dans notre pays &rdquo;, d&eacute;clare Josu&eacute; Eric Ndongo, artiste-musicien et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral adjoint de l&rsquo;Association camerounaise pour le d&eacute;veloppement et l&rsquo;encadrement des musiciens (Academ). D&rsquo;autant plus que Ama Tutu Muna a d&eacute;cid&eacute; de donner la parole &agrave; qui veut la prendre pour cette rencontre qu&rsquo;elle a voulu conviviale. <br \/>Il ressort de cette r&eacute;union de prise de contact que la condition et le statut de l&rsquo;artiste souffrent de plusieurs maux qui handicapent son &eacute;volution. L&rsquo;artiste Don Compadre, parmi les premiers &agrave; prendre la parole, pointe un doigt accusateur sur les soci&eacute;t&eacute;s de gestion de droits d&rsquo;auteur, notamment la Cameroon music corporation (Cmc). &ldquo; L&rsquo;artiste camerounais n&rsquo;a pas de statut, il est chosifi&eacute;. Il faut, par exemple, raser les murs des administrateurs de la Cmc pour avoir des pr&eacute;bendes, pour ce qui est de la r&eacute;partition de l&rsquo;argent. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une minorit&eacute; qui re&ccedil;oit quelque chose ; le reste, on les trompe avec des miettes. Les artistes investissent en amont, mais ne re&ccedil;oivent rien en aval. Et puis, le choix de l&rsquo;artiste de l&rsquo;ann&eacute;e n&rsquo;est que le r&eacute;sultat d&rsquo;une mafia de corrompus. On ne tient plus compte du message que fait passer l&rsquo;artiste. Il est temps que le minist&egrave;re s&rsquo;implique honn&ecirc;tement pour v&eacute;rifier ces conditions d&rsquo;&eacute;ligibilit&eacute; &rdquo;, &eacute;voque-t-il. D&rsquo;aucuns ont m&ecirc;me propos&eacute; qu&rsquo;on lib&eacute;ralise la Cmc, &agrave; d&eacute;faut de la dissoudre. Ce dernier, comme plusieurs d&rsquo;entre eux, s&rsquo;est demand&eacute; &agrave; quoi sert le compte d&rsquo;affectation d&rsquo;aide aux artistes allou&eacute; par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. D&rsquo;apr&egrave;s lui les crit&egrave;res d&rsquo;&eacute;ligibilit&eacute; de ce Compte sont &agrave; revoir. &ldquo; On constate que cette aide est souvent octroy&eacute;e aux artistes fictifs, alors que les artistes qui remplissent toutes les conditions triment pour avoir quelque chose. Et m&ecirc;me lorsque votre nom est enfin sur la liste des ayant droit, on vous donne 30% de la somme que vous devez percevoir &rdquo;, rench&eacute;rit son coll&egrave;gue Foly Dirane. A plusieurs reprises, les artistes ont tax&eacute; le Sg du Mincult, Thomas Fozin, qui g&egrave;re ce compte, de ha&iuml;r les musiciens. Il est par ailleurs accus&eacute; de &lsquo;bloquer syst&eacute;matiquement les recouvrements dans les grandes soci&eacute;t&eacute;s&rsquo;. <br \/>Pulch&eacute;rie Etoundi, producteur, et Rantamplan, artiste-musicien, se sont montr&eacute;s pr&eacute;occup&eacute;s par les co&ucirc;ts exorbitants de la promotion. &ldquo; Rendez-vous compte qu&rsquo;on doit payer 144 milles francs &agrave; une Fm pour que votre nouvel album soit diffus&eacute;. En plus, il faut motiver l&rsquo;animateur, sinon il pr&eacute;f&egrave;re jouer les musiques &eacute;trang&egrave;res. Alors qu&rsquo;il y a quand m&ecirc;me une loi qui dit que les radios et t&eacute;l&eacute;visions d&rsquo;Etat doivent diffuser 80% de musique locale. Les m&eacute;dias n&rsquo;ouvrent pas les portes aux artistes camerounais et &ccedil;a, c&rsquo;est d&eacute;courageant &rdquo;, soul&egrave;ve Rantamplan. Le manque de formation des artistes et des entrepreneurs ne laisse pas les concern&eacute;s indiff&eacute;rents. Ils d&eacute;plorent l&rsquo;absence d&rsquo;&eacute;coles de musique, de s&eacute;minaires de formation, tout ce qui peut &ecirc;tre &agrave; m&ecirc;me d&rsquo;&eacute;duquer un artiste. &ldquo; 99% des artistes camerounais n&rsquo;ont rien dans la t&ecirc;te. Ce qui fait qu&rsquo;on se retrouve avec trop d&rsquo;aventuriers. Les salles de spectacles sont inexistantes et les cabarets sont en perte de vitesse. Avec tout ceci, l&rsquo;artiste ne peut pas s&rsquo;&eacute;panouir &rdquo;, rel&egrave;ve le musicien Don Pedro. Les acteurs du domaine musical ne peuvent pas parler de cet art sans &eacute;voquer la piraterie qu&rsquo;ils appellent eux-m&ecirc;mes le fl&eacute;au des temps modernes devenu un style de vie au Cameroun. &ldquo; 4% des gains des artistes ont &eacute;t&eacute; affect&eacute;s &agrave; la cellule de lutte contre la piraterie du Mincult, mais on ne voit pas le travail qui est fait &rdquo;, lance Jean-Pierre Essome. &ldquo; Mais, il faut aussi relever que les artistes eux-m&ecirc;mes sont rentr&eacute;s dans la piraterie. Certains poss&egrave;dent des logiciels pour graver les musiques et faire vendre par des personnes interm&eacute;diaires &rdquo;, mentionne un artiste.<br \/>A la suite d&rsquo;Andr&eacute; Marie Talla qui affirme que les artistes camerounais meurent de mis&egrave;re, Ottou Marcellin s&rsquo;est exerc&eacute; &agrave; compter le nombre d&rsquo;artistes morts ces derniers 18 mois. &ldquo; Au total en moins de deux ans, 19 artistes sont morts de mis&egrave;re &rdquo;, compte-t-il. Avant de poursuivre : &ldquo; Le statut de l&rsquo;artiste camerounais est attendu depuis plus de 10 ans. Par exemple, j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; re&ccedil;u une vingtaine de distinctions internationales, mais aucune nationale. Cela prouve que notre pays ne sait pas reconna&icirc;tre et valoriser ses talents. Aussi, nous voulons jouer devant notre chef de l&rsquo;Etat. &ccedil;a se passe dans d&rsquo;autres pays, mais pourquoi pas au Cameroun &rdquo;. <br \/>L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t visible de Ama Tutu Muna a appuy&eacute; sa promesse, &agrave; savoir que ce genre de rencontre se tiendra souvent au moins deux fois par an. La Mincult a quatre journ&eacute;es pleines cette semaine pour recevoir les acteurs des diff&eacute;rentes fili&egrave;res artistiques. Ce jour, c&rsquo;est la fili&egrave;re arts plastiques et graphiques qui &eacute;tale ses dol&eacute;ances.<\/p>\n<p>P&eacute;lagie Ng&rsquo;onana (Stagiaire)<br \/>La nouvelle Expression<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019artiste musicien camerounais vit dans la pr\u00e9carit\u00e9. Des t\u00e9moignages \u00e9mouvants, des d\u00e9clarations fortes, des r\u00e9v\u00e9lations. 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