{"id":27793,"date":"2007-09-21T13:28:47","date_gmt":"2007-09-21T13:28:47","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"700","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/700\/","title":{"rendered":"Abong Mbang : Trag\u00e9die et calvaire d\u2019une ville sans \u00e9lectricit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Sous la contrainte du secr\u00e9taire d\u2019Etat \u00e0 la D\u00e9fense charg\u00e9 de la gendarmerie (Sed), Jean-Baptiste Bokam, les responsables r\u00e9gionaux de Aes-Sonel ont promis le retour et le maintien de l\u2019alimentation en \u00e9nergie \u00e9lectrique de la capitale du d\u00e9partement du Haut Nyong. <br \/>\nUne enqu\u00eate de L\u00e9ger Ntiga \u00e0 Abong-Mbang  &#8211; <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/abong.gif\" align=\"left\" border=\"1\" alt=\"\" \/> <em>C&rsquo;&eacute;tait sans compter avec les capacit&eacute;s des &eacute;quipements et la r&eacute;sistivit&eacute; de cette ligne de courant en provenance de Bertoua la capitale provinciale de l&rsquo;Est. Puisque la lumi&egrave;re est repartie moins de 12h apr&egrave;s Dans une ville o&ugrave; pratiquement, chaque concession dispose d&rsquo;un groupe &eacute;lectrog&egrave;ne. Du fait de cette situation, les populations souffrent du rench&eacute;rissement des prix des tous les produits et des maladies diarrh&eacute;iques, tant la fourniture en cette denr&eacute;e est li&eacute;e &agrave; l&rsquo;offre d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;. Vivre &agrave; Abong Mbang est un exercice aussi p&eacute;rilleux que celui qui a conduit &agrave; la mort violente de deux &eacute;l&egrave;ves lundi dernier. <\/em><\/p>\n<p>Trois jours apr&egrave;s les tristes &eacute;v&eacute;nements qui ont endeuill&eacute; le chef-lieu du d&eacute;partement du Haut Nyong dans la province de l&rsquo;Est Cameroun, la situation reste tendue sur le terrain. Derri&egrave;re le calme apparent dans les chaumi&egrave;res, le m&eacute;contentement est vif. Les rancoeurs vis-&agrave;-vis du pr&eacute;fet du d&eacute;partement index&eacute; comme l&rsquo;auteur des deux balles qui ont emport&eacute; le jeune Marcel Bertrand Mvogo Awono lundi dernier aussi. Dans cette atmosph&egrave;re, la m&eacute;fiance et la peur meublent depuis lors le quotidien des jeunes gens qui ont pris part aux manifestations ici. Pas &eacute;tonnant alors que certains revisitent attentivement les images qui passent en boucle sur les cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision locales. Cet exercice consiste &agrave; mesurer le niveau d&rsquo;exposition aux repr&eacute;sailles &eacute;ventuelles des corps d&rsquo;&eacute;lite qui ont &eacute;t&eacute; appel&eacute;s en renfort pour r&eacute;primer les manifestations de rue dans l&rsquo;&oelig;uf. Surtout que la mission de ce dispositif de s&eacute;curit&eacute; est &eacute;galement d&rsquo;interpeller les meneurs et acteurs du &quot;mouvement insurrectionnel de lundi dernier&quot;. <\/p>\n<p>&quot;Nous avons prescrit fermet&eacute; et diligence &agrave; nos hommes sur le terrain. Les populations ont exprim&eacute; leur m&eacute;contentement. Elles ont &eacute;t&eacute; comprises et nous sommes en train de travailler pour qu&rsquo;il y ait une suite &agrave; leurs revendications. Pour cela, &ccedil;a suffit. Le d&eacute;sordre doit cesser. Toute personne surprise dans cette posture sera gard&eacute;e et pour longtemps&quot;. Menace &agrave; peine voil&eacute;e du Sed, Jean-Baptiste Bokam aux populations au terme de la r&eacute;union de crise qu&rsquo;il a pr&eacute;sid&eacute;e mardi dernier &agrave; la maison de la femme d&rsquo;Abong Mbang. Pour la population dont le drame quotidien de la privation en &eacute;nergie &eacute;lectrique s&rsquo;assimile &agrave; la mort lente, la reprise des hostilit&eacute;s est possible &agrave; tout moment. La preuve, mercredi apr&egrave;s midi, des jeunes se sont risqu&eacute;s &agrave; un autre mouvement d&rsquo;humeur vite &eacute;teint par le retour de l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;lectrique au m&ecirc;me moment. <\/p>\n<p>Les populations sont formelles. &quot;La vie est devenue tr&egrave;s difficile &agrave; Abong Mbang o&ugrave; tous les prix ont pratiquement doubl&eacute; du fait de l&rsquo;usage des groupes &eacute;lectrog&egrave;nes dans tous les commerces. Ceci veut dire que nous utilisons le carburant dont le litre co&ucirc;te 600Fcfa &agrave; la pompe, pour culminer &agrave; 800Fcfa dans les quartiers &agrave; la tomb&eacute;e de la nuit. Vivre cette situation pendant quatre mois, est &agrave; la fois pour nous un drame et un vrai calvaire. La situation que nous vivons dure depuis 2001. Mais elle n&rsquo;avait jamais atteint le niveau des derniers quatre mois&quot;, se plaint Bernard T. le tenancier de &quot;Angle s&ucirc;r&quot;, un &eacute;tablissement h&ocirc;telier. Comme lui, m&ecirc;me si le directeur r&eacute;gional de Aes-sonel affirme le contraire, d&rsquo;autres r&eacute;sidents de la localit&eacute; disent que la situation qui a conduit au mouvement populaire de lundi dernier, dure depuis la fin du mois de mai. <\/p>\n<p><strong>Instabilit&eacute;<\/strong><br \/>&quot;Nous n&rsquo;avions pas encore connu une aussi grande instabilit&eacute; d&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; auparavant. Depuis le mois de mai, la situation est intenable. Lorsque le courant arrive, il fait moins de 7h. Nos appareils se grillent. Rien ne peut se conserver dans les m&eacute;nages. Pour la derni&egrave;re session des examens officiels, c&rsquo;est dans des conditions de pr&eacute;carit&eacute; extr&ecirc;me que les enfants ont d&ucirc; se pr&eacute;parer&quot;, rel&egrave;ve Gustave Moamoss&eacute; Sankandela, le maire de la commune d&rsquo;Abong Mbang. Comme M. Moamoss&eacute;, le m&eacute;decin chef de l&rsquo;h&ocirc;pital d&eacute;partemental, le Dr Denis Nsame Nforniwe vit tr&egrave;s p&eacute;niblement pour l&rsquo;&eacute;tablissement dont il a la charge, cet inconfort doubl&eacute; d&rsquo;une incertitude. &quot;Nous n&rsquo;avons pas de groupe ici &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital depuis un an. Le notre est tomb&eacute; en panne et on op&egrave;re pour des cas d&rsquo;urgence avec des lampes temp&ecirc;tes et torches. Pour l&rsquo;&eacute;clairage courant de l&rsquo;h&ocirc;pital, on utilise les moyens du bord. Et de nuit, la p&eacute;nibilit&eacute; se fait plus importante du fait de la disposition des services les uns par rapport aux autres (puisque dispos&eacute;s des deux c&ocirc;t&eacute;s de la route). Pour celles des familles qui veulent d&eacute;poser les corps &agrave; la morgue, il faut se rendre &agrave; Bertoua tant nous avons des difficult&eacute;s avec celle-ci depuis quatre mois au moins&quot;. <\/p>\n<p>C&rsquo;est pour toutes ces raisons que la population d&rsquo;Abong Mbang et ses environs a entrepris d&rsquo;organiser une manifestation de rue depuis le vendredi 14 septembre dernier. Ce jour l&agrave; en effet, il n&rsquo;y a eu ni casse, ni brutalit&eacute;. &quot;Les gens sont descendus dans la rue en masse. En l&rsquo;absence du pr&eacute;fet parti &agrave; Nguelemendouka &agrave; l&rsquo;installation du maire de cette localit&eacute;. C&rsquo;est donc le sous-pr&eacute;fet qui a g&eacute;r&eacute; la situation de mani&egrave;re pond&eacute;r&eacute;e. La route barr&eacute;e au niveau du pont, n&rsquo;a &eacute;t&eacute; ouverte que vers 23h. C&rsquo;&eacute;tait une manifestation vraiment pacifique. Et puis est venu ce lundi au cours duquel les organisateurs ont voulu remettre &ccedil;a en associant les agents de l&rsquo;Etat et du secteur priv&eacute;. Malheureusement, le pr&eacute;fet s&rsquo;est mis &agrave; menacer et &agrave; invectiver. Jusqu&rsquo;&agrave; cet instant o&ugrave; il tire &agrave; bout portant sur le jeune Mvogo Awono&quot;, t&eacute;moigne Eug&egrave;ne Roger Ipouk, op&eacute;rateur &eacute;conomique. <br \/>En effet, selon diff&eacute;rents t&eacute;moignages concordants, le pr&eacute;fet a promis au cours de ses consultations organis&eacute;es le week-end, le retour de l&rsquo;&eacute;nergie &eacute;lectrique lundi vers midi. Par ailleurs, il a pris soin d&egrave;s le samedi soir de faire appel au Groupement mobile d&rsquo;intervention (Gmi) N&deg;1 de Bertoua qui a aussit&ocirc;t inond&eacute; la ville. C&rsquo;est donc chrono en main que les populations scrutaient la r&eacute;alisation de la promesse de Sylvestre Essama. Non sans appr&eacute;hension. D&egrave;s 10h donc ce lundi, des jeunes gens &eacute;rigent des barricades sur l&rsquo;art&egrave;re centrale attendant midi pour associer &agrave; leur mobilisation de force ou de gr&eacute; les &eacute;l&egrave;ves des diff&eacute;rents &eacute;tablissements de la ville. Organis&eacute;s en gu&eacute;rilla urbaine, cagoul&eacute;s ou bariol&eacute;s de peinture, ils investissent les &eacute;tablissements &agrave; l&rsquo;approche de midi. <\/p>\n<p><strong>Machettes<\/strong><br \/>D&eacute;jouant ainsi, les pr&eacute;visions s&eacute;curitaires du pr&eacute;fet qui manifestement n&rsquo;a pas tenu une r&eacute;union de s&eacute;curit&eacute; en bonne et due forme. Ainsi qu&rsquo;il l&rsquo;a reconnu lui-m&ecirc;me, r&eacute;pondant aux questions du Sed lors de la r&eacute;union de crise mardi dernier. Le mouvement voulu par les autorit&eacute;s comme une action marginale conna&icirc;t une adh&eacute;sion populaire inattendue. Sortis de force des classes par des bandes arm&eacute;es de machettes, de gourdins et de haches, les &eacute;l&egrave;ves &agrave; qui les chefs d&rsquo;&eacute;tablissements ont demand&eacute; de rentrer &agrave; la maison rallient le mouvement. Interrog&eacute;s sur les mesures prises pour mettre la population scolaire &agrave; l&rsquo;abri de cette manifestation, le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; d&eacute;partemental et ses collaborateurs soutiennent qu&rsquo;ils ont inform&eacute; le pr&eacute;fet et les chefs de la s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;agression dont &eacute;taient l&rsquo;objet les &eacute;tablissements scolaires. <br \/>Et le p&egrave;re Zambo de dire que seule la mise &agrave; la disposition des &eacute;tablissements, d&rsquo;un cordon pr&eacute;ventif de s&eacute;curit&eacute; aurait pu dissuader ces jeunes gens de leur d&eacute;termination &agrave; entra&icirc;ner les &eacute;l&egrave;ves avec eux. &ldquo;Nous avons &eacute;t&eacute;, mes confr&egrave;res et moi brutalis&eacute;s. Je dois dire qu&rsquo;ils ont eu beaucoup de respect pour moi car, ils auraient pu nous faire mal. Dans ces conditions, il ne restait qu&rsquo;une issue: Lib&eacute;rer les enfants en leur prescrivant d&rsquo;aller &agrave; la maison&quot;. Des mesures qui n&rsquo;ont pas convaincu Jean-Baptiste Bokam qui accable les chefs d&rsquo;&eacute;tablissements de n&rsquo;avoir pas identifi&eacute; les agresseurs. Toujours est-il que, la rue gronde. Et toute la manifestation se d&eacute;porte au lieu dit carrefour du coll&egrave;ge Backer o&ugrave; le pr&eacute;fet, Sylvestre Essama somme la foule mass&eacute;e en face de lui de reculer alors que &quot;le Gmi multiple des actes de provocation dans la ville par de nombreux tirs en l&rsquo;air&quot;. <\/p>\n<p>M. Essama ordonne alors, pour cause de r&eacute;sistance, que l&rsquo;on interpelle et moleste un certain Serge, coiffeur au centre commercial d&rsquo;Abong Mbang. Deux autres jeunes sont &eacute;galement violemment rou&eacute;s de coups. Ce que ne supporte pas la foule qui r&eacute;agit par des jets de projectiles. Le pr&eacute;fet ordonne une fois de plus &agrave; la foule de reculer. Elle, au contraire avance. &quot;Il empoigne son arme &agrave; cet instant pr&eacute;cis et de deux balles atteint le jeune Mvogo &agrave; la poitrine. Celui-ci s&rsquo;&eacute;croule et alors qu&rsquo;il est secouru par son ami et camarade Jean Jor&egrave;s Shimpe, le deuxi&egrave;me adjoint au commissaire de la s&eacute;curit&eacute; tire et l&rsquo;atteint lui aussi du c&ocirc;t&eacute; gauche de la poitrine. La suite est une s&eacute;rie de tirs nourris en l&rsquo;air et en direction de la foule. De nombreux bless&eacute;s tombent&quot;, t&eacute;moigne Jean Pierre Koguela agent de l&rsquo;Etat en service &agrave; Abong Mbang. Dans la panique g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e, les jeunes remontent la rue principale et incendient la pr&eacute;fecture. La r&eacute;sidence du pr&eacute;fet est, elle aussi incendi&eacute;e. Les effets du 2e adjoint au commissaire de la s&eacute;curit&eacute; publique d&rsquo;Abong Mbang sont entass&eacute;s dans la cour de la maison en location qu&rsquo;il occupe. Les enfants y mettent aussi du feu. Il s&rsquo;en suit une chasse &agrave; l&rsquo;homme qui tarde &agrave; livrer son bilan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous la contrainte du secr\u00e9taire d\u2019Etat \u00e0 la D\u00e9fense charg\u00e9 de la gendarmerie (Sed), Jean-Baptiste Bokam, les responsables r\u00e9gionaux de Aes-Sonel ont&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-27793","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27793","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27793"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27793\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27793"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27793"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27793"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}