{"id":27823,"date":"2007-10-12T15:54:17","date_gmt":"2007-10-12T15:54:17","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"730","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/730\/","title":{"rendered":"Hip Hop : Les labels camerounais cherchent leurs marques"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019absence de formation et le manque de financements plombent l\u2019\u00e9volution de ces structures.<br \/>\nMarion Obam  &#8211; <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/guy_dx.gif\" align=\"left\" border=\"1\" alt=\"\" \/> Le 15 septembre 2007, l&rsquo;artiste rappeur Guy d&rsquo;X, Guy Bokally de son vrai nom, pr&eacute;sentait son premier album solo, &quot;Prenons Conscience&quot; &agrave; la presse &agrave; Douala. Avant toute chose, il a tenu &agrave; faire une pr&eacute;cision, &quot;Je ne suis plus avec le groupe S-Team avec qui j&rsquo;ai chemin&eacute; pendant 9 ans. Cet album est le produit initial de mon label Guy d&rsquo;X Productions et qui produira d&rsquo;ici le premier trimestre 2008 Les Cl&eacute;s et Denis Ice&quot;. Un label qui est donc venu s&rsquo;ajouter &agrave; la vingtaine existants et dont les plus connus dans le domaine du rap camerounais sont Zomloa recordz de Dj Bilik, Mapane Records de Louis Tsoungui, Big boss de Rostand Ekeng, So Sound de Dj Ren&eacute; Cool, Ajajent de Jean Laurent Nkemb&eacute; alias Ajajo, Black Ship de Frank Fotso et Ndabott de Krotal.<br \/>Dans l&rsquo;univers de la musique, un label est une marque collective qui se mat&eacute;rialise par des signes distinctifs, notamment le nom, le logo, les artistes ou l&rsquo;&eacute;curie, les diff&eacute;rentes branches de la production, du management, de l&rsquo;encadrement et qui peut &ecirc;tre utilis&eacute;e par les diff&eacute;rentes marques se conformant au cahier de charges du label. Au Cameroun, ces micros structures ont commenc&eacute; &agrave; se cr&eacute;er dans la deuxi&egrave;me moiti&eacute; des ann&eacute;es 1990.<\/p>\n<p>Le premier &agrave; se lancer dans cette voie c&rsquo;est Francis Jo&euml;l Atangana plus connu sous le nom de Dj Bilik, et qui, en 1994, avait mont&eacute; avec Jo&euml;l Teek et Tom Sepha devenu Rasyn le groupe Umar Cvm. Pour ce pr&eacute;curseur, la cr&eacute;ation de son label est intervenue apr&egrave;s la dislocation de Umar Cvm. &quot;Je me suis concentr&eacute; sur mon propre label, Zomloa recordz, qui a vu le jour en mars 1996. Dans le m&ecirc;me &eacute;lan, Paul Edouard Etoundi alias Krotal, qui cr&eacute;e Ndabott productions en mai 2007 apr&egrave;s son d&eacute;part de Mapane Records, revendique une exp&eacute;rience d&rsquo;ing&eacute;nieur du son et de producteur puisque j&rsquo;&eacute;tais propri&eacute;taire au tiers de Mapane. Il me semblait &eacute;vident de cr&eacute;er mon label pour partager mon exp&eacute;rience avec les plus jeunes&quot;. Pour Guy d&rsquo;X, les raisons de la naissance de son label se trouvent dans &quot;le souci de vouloir vulgariser le hip hop camerounais car ce style de musique est universel et c&rsquo;est un lien tr&egrave;s fort de communication entre les jeunes du monde entier. J&rsquo;ai &eacute;galement remarqu&eacute; que beaucoup de jeunes rappeurs talentueux n&rsquo;avaient pas d&rsquo;albums mais une seule chanson avec le clip qu&rsquo;il faisait diffuser dans les m&eacute;dias. Face &agrave; ses lacunes, il fallait donc r&eacute;agir&quot;. <\/p>\n<p><strong>D&eacute;couvrir des talents<\/strong><br \/>Devant cette interpellation &agrave; plus de responsabilit&eacute;, les anciens rappeurs, sans v&eacute;ritable formation en management, d&eacute;cident de prendre aussi bien leur destin en mains que celui des artistes avec lesquels ils vont signer des contrats. Pour ainsi b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une libert&eacute; artistique sans limites, d&rsquo;une plus grande souplesse au niveau des strat&eacute;gies, tant sur le plan de la promotion, du marketing, que de la distribution pour g&eacute;rer au mieux la direction et l&rsquo;image du label et de ses artistes.<br \/>Ces nouveaux labels veulent pouvoir sortir leurs projets musicaux en temps et en heure, ne pas attendre des semaines voire des mois pour obtenir une r&eacute;ponse qui ne viendrait peut-&ecirc;tre jamais des labels sollicit&eacute;s. Apr&egrave;s quelques ann&eacute;es de t&acirc;tonnements dues &agrave; une absence d&rsquo;&eacute;cole de formation pour les managers de labels, mais aussi des structures d&rsquo;encadrements, les labels camerounais commencent en 2000 &agrave; se faire conna&icirc;tre et permettent aux Camerounais et au reste du monde de d&eacute;couvrir des jeunes bourr&eacute;s de talents, qui ont des messages forts &agrave; faire passer.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 2002, Zomloa Records sort la compil &quot;Au pays de kush&quot;. L&rsquo;album est vendu &agrave; 3.000 exemplaires en cassettes et environ 1000 Cd. Y participent, Elokk, Moonkoutchou, Rasyn, Ikuru Nam, Sangoa Mboa, Karamel, Boby Shaman, Sultan Oshimin, etc. Dans lequel figurent des morceaux tels que &quot;A nous la victoire&quot;, &quot;Ongola town&quot;, une reprise de &quot;Je vais &agrave; Yaound&eacute;&quot; du chanteur Andr&eacute; Marie Talla. Le m&ecirc;me label a permis &agrave; Kriss Bad, en 2003, d&rsquo;enregistrer son album dont le single &quot;No sida&quot; a &eacute;t&eacute; choisi par les organismes comme Onusida, la Banque Mondiale, le Cnls, Synergies Africaines, etc., comme l&rsquo;hymne &agrave; la lutte contre le sida au cameroun. L&rsquo;album a &eacute;t&eacute; tir&eacute; &agrave; 30.000 exemplaires ! Gr&acirc;ce &agrave; Mapane Records on a par ailleurs d&eacute;couvert les rappeurs matures, &agrave; l&rsquo;instar de Ak&rsquo;sang Grave, Krotal, Funkis, Parol&hellip;, pratiquant un musique engag&eacute; et d&eacute;nonciatrice des travers de la soci&eacute;t&eacute; dans laquelle ils vivent.<br \/>Le label So Sound Record a mis sur le march&eacute; en 2005 une compil des artistes de son &eacute;curie Vbh, Lemir Vana, Ursula, qui ont plusieurs fois enflamm&eacute;s les spectateurs qui se retrouvaient sur les berges du Wouri ou dans d&rsquo;autres plateaux consacr&eacute;s au rap. Tout comme Big Boss a produit le premier album de Holokost intitul&eacute; &quot;1er Sacrifice&quot;, qui marche plut&ocirc;t bien en ce moment. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;essentiel des albums de rap au Cameroun, environ une vingtaine par an, sont produits par ces labels qui sont pour la majorit&eacute; ind&eacute;pendants, parce que n&rsquo;ayant pas les moyens de fonctionnement d&rsquo;un major comme Jps Productions, par exemple.<\/p>\n<p>Cependant diriger un label n&rsquo;est pas chose ais&eacute;e. Car en plus de demander des capacit&eacute;s manag&eacute;riales et techniques et poss&eacute;der son studio d&rsquo;enregistrement, il faut &eacute;galement avoir de l&rsquo;argent. Le talon d&rsquo;Achille de ces labels est l&rsquo;absence de financements pour faire fonctionner la structure et la strat&eacute;gie, au niveau du plan de carri&egrave;re des artistes avec lesquels ils ont des contrats.<br \/>Pour le patron de Ndabott Productions, qui a d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;avoir une d&eacute;marche professionnelle et r&eacute;aliste : &quot;Je propose des contrat de deux ans aux artistes comme Le Reflet, &OElig;il de Faucon, Sandrine ou encore Danielle Eog, avec qui je suis encore en n&eacute;gociation. C&rsquo;est un contrat qui fait dans le d&eacute;veloppement de carri&egrave;re, car ils ont un cachet &agrave; la signature et re&ccedil;oivent les 15% de la vente de leurs albums que je fais en &eacute;dition limit&eacute;e de 2000 exemplaires, et b&eacute;n&eacute;ficie de la m&ecirc;me exposition m&eacute;diatique que moi et des plateaux de spectacles. Lib&eacute;r&eacute;s des soucis de survie, ils peuvent enti&egrave;rement se consacrer au travail de musicien pour faire un bon album, rentable&quot;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019absence de formation et le manque de financements plombent l\u2019\u00e9volution de ces structures. Marion Obam &#8211; Le 15 septembre 2007, l&rsquo;artiste rappeur Guy d&rsquo;X, Guy Bokally de son vrai nom, pr&eacute;sentait son premier album solo, &quot;Prenons Conscience&quot; &agrave; la presse &agrave; Douala. 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