{"id":27825,"date":"2007-10-12T16:50:18","date_gmt":"2007-10-12T16:50:18","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"732","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/732\/","title":{"rendered":"MINCULT-SOCIETE DE GESTION DES DROITS D&rsquo;AUTEUR"},"content":{"rendered":"<p>La ministre Ama Tutu Muna, s\u2019est montr\u00e9e tr\u00e8s active. Depuis son arriv\u00e9e \u00e0 la t\u00eate du minist\u00e8re de la Culture Une semaine apr\u00e8s son installation, elle a organis\u00e9 des s\u00e9ances de travail au Palais des congr\u00e8s. On y a vu d\u00e9filer des prestidigitateurs, des agitateurs de foule, des artistes, des imposteurs, des inquisiteurs de conscience, des pseudo producteurs de musique et des spectacles, des affairistes et des marchands d\u2019illusion. Beaucoup n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 verser dans l\u2019injure et l\u2019invective. Cibles pris\u00e9es : certains dirigeants des organismes de gestion collective et ceux de la commission permanente de m\u00e9diation et de contr\u00f4le (Cpmc). M\u00eames certains affid\u00e9s, proches collaborateurs du ministre d\u2019Etat L\u00e9opold Ferdinand Oyono (Thomas Fozem Kwamke le Sg, en l\u2019occurrence), en ont eu pour leur compte.  &#8211; <span class=\"surtitre\"><a class=\"titre\">Le malaise <\/a><\/span><span class=\"Style3\"><\/p>\n<p>Plusieurs factions et clans rivaux en ont profit&eacute; pour se truander, pour r&eacute;gler des comptes, et tourner le fer dans les vieilles plaies qu&rsquo;on croyait cicatris&eacute;es. D&rsquo;autres ont ressuscit&eacute; les ranc&oelig;urs du pass&eacute;, vers&eacute; du venin sur leurs confr&egrave;res et coll&egrave;gues. Le temps d&rsquo;une semaine de concertation, le Palais des congr&egrave;s s&rsquo;est vu transform&eacute; en un ring de catch. Ama Tutu, a mesur&eacute; l&rsquo;ampleur des engueulades. Par moment, on l&rsquo;a vue, le regard fuyant, l&rsquo;air d&eacute;pit&eacute;, regrettant d&rsquo;&ecirc;tre le metteur en sc&egrave;ne, la r&eacute;alisatrice et l&rsquo;actrice principale d&rsquo;un piteux show cin&eacute;matographique. <br \/>La ministre de la Culture a par la suite opt&eacute; pour la cr&eacute;ation des comit&eacute;s de r&eacute;flexion sur le fonctionnement des organismes de gestion collective. Le travail ne manquera pas &agrave; madame la ministre. La fourmili&egrave;re du Mincult attend un v&eacute;ritable coup de pied. L&rsquo;organigramme interne, la nomination des responsables dans des directions strat&eacute;giques, l&rsquo;Ensemble national, le compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale, la lutte contre la piraterie, l&rsquo;organisation du festival national des arts et de la culture (Fenac), dont la derni&egrave;re &eacute;dition remonte en 2002, &agrave; Bafoussam&#8230; Le Messager fait un tour d&rsquo;horizon du tonneau de dana&iuml;des. <\/p>\n<p><strong>Malaise au Mincult <\/strong><\/p>\n<p><strong>I- Les douze travaux de Ama Tutu Muna <\/strong><br \/>Le 10 septembre 2007, lorsque la nouvelle ministre de la Culture prend fonction &agrave; la t&ecirc;te dudit minist&egrave;re, l&rsquo;&eacute;tat des lieux n&rsquo;est gu&egrave;re reluisant. Le d&eacute;partement minist&eacute;riel conna&icirc;t des difficult&eacute;s et des dysfonctionnements au niveau des strat&eacute;gies de d&eacute;veloppement culturel. L&rsquo;absence d&rsquo;un organigramme viable et l&rsquo;inexistence d&rsquo;une feuille de route sont perceptibles. Il manque &eacute;galement de la ressource humaine charg&eacute;e d&rsquo;animer les directions strat&eacute;giques. Seul le secteur du droit d&rsquo;auteur est un domaine stabilis&eacute; et pacifi&eacute;. Et d&eacute;j&agrave; les grands chantiers, ayant r&eacute;sist&eacute; &agrave; son pr&eacute;d&eacute;cesseur se pr&eacute;sentent. Le plus gros est la lutte contre la piraterie. Malgr&eacute; de nombreux efforts, rien ne bouge. On vend les Cd pirat&eacute;s, m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du minist&egrave;re. La gestion des fonds (1 milliard de Fcfa par an) d&eacute;bloqu&eacute;s pour approvisionner le compte d&rsquo;affectation sp&eacute;ciale pour le soutien de la culture, cr&eacute;&eacute; par d&eacute;cret du chef de l&rsquo;Etat en 2001, est un v&eacute;ritable serpent de mer. <br \/>A peine deux milliards distribu&eacute;s (sur les six re&ccedil;us) aux nombreux auteurs des &oelig;uvres de l&rsquo;esprit et autres auxiliaires de la cr&eacute;ation artistique. De nombreuses autres pr&eacute;occupations majeures sugg&egrave;rent l&rsquo;action imm&eacute;diate de Ama Tutu Muna. L&rsquo;administration de son minist&egrave;re est d&eacute;liquescente. La centrale de lecture publique est dans un &eacute;tat de d&eacute;labrement d&eacute;concertant, le th&eacute;&acirc;tre national, le ballet national, l&rsquo;orchestre national sont sur la paille. Cet Ensemble national court toujours apr&egrave;s son statut, malgr&eacute; ses trente ann&eacute;es d&rsquo;existence. Les artistes recrut&eacute;s sont pay&eacute;s &agrave; la pige et tombent comme des mouches en sursis. Le mus&eacute;e national n&rsquo;est pas &agrave; la mesure des attentes plac&eacute;es en lui. L&rsquo;inventaire du patrimoine est statique. Les archives nationales attendent d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;nov&eacute;es. <\/p>\n<p><strong>II- Les droits d&rsquo;auteur : patate chaude<\/strong><br \/>Lorsque &ldquo; Le vieux n&egrave;gre &rdquo; est d&eacute;barqu&eacute;, le 7 septembre 2007, le domaine du droit d&rsquo;auteur a &eacute;volu&eacute; ; &agrave; la grande satisfaction des artistes et des op&eacute;rateurs culturels. Les grands &eacute;quilibres ne font certes pas l&rsquo;unanimit&eacute;, mais ils rassemblent l&rsquo;adh&eacute;sion des auteurs des &oelig;uvres de l&rsquo;esprit et autres auxiliaires de la cr&eacute;ation artistique, dans leur tr&egrave;s grande majorit&eacute;. Moins d&rsquo;un mois apr&egrave;s sa prise de fonction, on constate que l&rsquo;une des priorit&eacute;s du nouveau ministre, semble s&rsquo;orienter vers le contr&ocirc;le et la ma&icirc;trise des comptes financiers des soci&eacute;t&eacute;s civiles de gestion collective du droit d&rsquo;auteur et la Cpmc. <br \/>Il y a quelques jours, la ministre a en effet saisi par &eacute;crit les quatre organismes de gestion collective et la Cpmc. Elle exige, sous huitaine, tous les comptes financiers assortis des relev&eacute;s bancaires de toutes les op&eacute;rations effectu&eacute;es ; m&ecirc;me ceux du temps de son pr&eacute;d&eacute;cesseur ayant re&ccedil;u un quitus. Conforment &agrave; l&rsquo;article 79 de la loi 2000, sur le droit d&rsquo;auteur, la d&eacute;marche minist&eacute;rielle se comprend sur un d&eacute;tail. Le texte invite tout organisme de gestion collective &ldquo; &agrave; communiquer ses comptes annuels, les r&egrave;gles des perceptions des droits, les accords de coop&eacute;ration et conventions sign&eacute;s avec les tiers&hellip; &rdquo;. Mais, du c&ocirc;t&eacute; des dirigeants de soci&eacute;t&eacute;s civiles des droits d&rsquo;auteur, on estime que le ministre va au-del&agrave; de son r&ocirc;le de police administrative. &ldquo; Le ministre donne les agr&eacute;ments ; s&rsquo;occupe du contr&ocirc;le de la r&eacute;gularit&eacute; et la conformit&eacute; &agrave; la loi. Mais, ce r&ocirc;le ne doit pas g&eacute;n&eacute;rer des confusions, de mani&egrave;re &agrave; transformer les organismes de gestion collective en des annexes du minist&egrave;re de la Culture &rdquo;, commente un Pca.<\/p>\n<p><strong>III- Poudri&egrave;re <\/strong><br \/>L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du ministre Ama Tutu Muna, pour le secteur du droit d&rsquo;auteur effarouche et braque les soci&eacute;t&eacute;s de gestion collective. &ldquo; Nous peinons &agrave; supporter les charges et demandons &agrave; &ecirc;tre aid&eacute;s par le nouveau ministre, dans le travail de recouvrement de la redevance du droit d&rsquo;auteur aupr&egrave;s des grandes entreprises et les soci&eacute;t&eacute;s brassicoles &rdquo;, explique un administrateur &agrave; la Cmc. Les intrusions r&eacute;p&eacute;t&eacute;es du ministre dans le secteur du droit d&rsquo;auteur sont interpr&eacute;t&eacute;es comme une op&eacute;ration de d&eacute;stabilisation ou de remplacement du syst&egrave;me actuel. &ldquo; Il y a dans la d&eacute;marche du ministre, une intention volontaire ou non, de jeter un pav&eacute; dans la marre. Les ennemis et adversaires du syst&egrave;me actuel pourraient exploiter cette maladresse. Le risque est grand et m&ecirc;me certain que les grands usagers et les soci&eacute;t&eacute;s brassicoles se r&eacute;tractent. Au point de refuser, sinon de diff&eacute;rer le payement des droits. Le ministre leur offre un pr&eacute;texte pour recommencer d&rsquo;autres n&eacute;gociations &rdquo;, se plaint un pr&eacute;sident de conseil. &ldquo; Si tel est le cas, il est fort &agrave; parier que non seulement les artistes ne recevront pas leurs droits en fin d&rsquo;ann&eacute;e, mais les soci&eacute;t&eacute;s de gestion collective seront menac&eacute;es de fermeture. Jusqu&rsquo;ici, leur dernier espoir repose sur le payement de la redevance par les grands usagers et les soci&eacute;t&eacute;s brassicoles &rdquo;, se plaint un autre. Et d&eacute;j&agrave;, des marches de protestation sont envisag&eacute;es dans le milieu des artistes.<\/p>\n<p><strong>Apr&egrave;s les assises du Palais des congr&egrave;s <br \/>Un comit&eacute; souterrain pour quoi faire ?<\/strong><\/p>\n<p>La ministre de la Culture a sign&eacute; le 24 septembre 2007, aux lendemains des rencontres au Palais des congr&egrave;s, la d&eacute;cision n&deg;003\/Mincult\/Cab, portant d&eacute;signation des membres du comit&eacute; de synth&egrave;se, d&rsquo;analyse et de propositions. Dirig&eacute; par Marcelin Mvounda Etoa, directeur des &eacute;ditions cl&eacute;, le comit&eacute; est compos&eacute; de dix personnes. Tikum Mbah Azonga et Mal Njam, en sont les rapporteurs. Parmi les membres, on retrouve : Simone Edzoa, Bassek ba Kobhio, Anne Tangny Tang, Bol&eacute; Boutak&eacute;, Blaise K&eacute;n&eacute;, Fran&ccedil;ois Bingono Bingono et Kini. Selon les d&eacute;lais fix&eacute;s par la ministre, l&rsquo;&eacute;quipe avait dix jours pour remettre sa copie. L&rsquo;article 3, stipule que &ldquo; la participation au comit&eacute; est gratuite. Toutefois, les d&eacute;penses de fonctionnement dudit comit&eacute; sont imputables au budget du minist&egrave;re de la Culture, au titre de l&rsquo;exercice 2007 &rdquo;. Mais, &agrave; bien y regarder, l&rsquo;expertise des membres, n&rsquo;est pas gratuite. Chaque membre va empocher une rondelette somme de 500.000 Fcfa. Le co&ucirc;t de l&rsquo;op&eacute;ration s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; cinq millions. <br \/>Dans le fond et sur la forme, le comit&eacute; cr&eacute;&eacute; par la ministre Ama Tutu Muna a l&rsquo;intention d&rsquo;&ecirc;tre une op&eacute;ration de charme, au plan strat&eacute;gique. Il est compos&eacute; des gens qui, pour la plupart, n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; m&ecirc;l&eacute;s dans les guerres de clan, ni jou&eacute; un r&ocirc;le trouble dans les batailles de leadership du minist&egrave;re de la Culture. Ce sont des personnes neutres, qui ne sont pas connues pour se battre &agrave; occuper une position confortable dans la proximit&eacute; de la ministre. On leur reconna&icirc;t, la dignit&eacute; et l&rsquo;honneur. Ils ont toujours &eacute;t&eacute; absents dans les luttes d&rsquo;influences, pour le contr&ocirc;le des soci&eacute;t&eacute;s civiles de gestion collective. Ils sont, chacun, expert dans son domaine. Leur exp&eacute;rience dans les secteurs de l&rsquo;&eacute;dition, l&rsquo;organisation des festivals, la production culturelle et l&rsquo;industrie du spectacle, la mise en sc&egrave;ne et la dramaturgie &hellip; plaide en leur faveur <\/p>\n<p><strong>La charrue avant les b&oelig;ufs <\/strong><br \/>Le comit&eacute; est cr&eacute;&eacute;, apr&egrave;s &ldquo; le grand spectacle &rdquo; du Palais des congr&egrave;s. Les meilleures contributions &agrave; ce &ldquo; show &rdquo; ont &eacute;t&eacute; plus orales qu&rsquo;&eacute;crites. Ce qui pose l&rsquo;&eacute;norme probl&egrave;me de synth&egrave;se et d&rsquo;analyse. Rien n&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute; sur le sort qui sera r&eacute;serv&eacute; aux r&eacute;solutions du comit&eacute;. &ldquo; Notre r&ocirc;le se limite &agrave; faire la synth&egrave;se des contributions &eacute;crites et orales, analyser la pile des documents adress&eacute;s au ministre ; et &agrave; proposer des solutions sur ce qui m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre pris en consid&eacute;ration &rdquo;, commente un membre du comit&eacute;. En r&eacute;alit&eacute;, les missions du comit&eacute; vont au-del&agrave; de cette &ldquo; fa&ccedil;ade &rdquo;. Apr&egrave;s avoir exorciser les dol&eacute;ances, le comit&eacute; aurait demand&eacute; aux responsables des Cpmc et des organismes de la gestion collective, de d&eacute;poser les bilans.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;op&eacute;ration Epervier de Ama T. Muna<\/strong><br \/>Apr&egrave;s le comit&eacute; de synth&egrave;se, d&rsquo;analyse et de propositions, le ministre de la Culture s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; mettre en place, un autre comit&eacute; pour proc&eacute;der &agrave; la r&eacute;&eacute;valuation des textes sur le droit d&rsquo;auteur, sign&eacute;s du ministre d&rsquo;Etat, Ferdinand L&eacute;opold Oyono. Dans les coulisses, il se murmure qu&rsquo;on va convoquer, &agrave; nouveau, tous ceux qui ont travaill&eacute; dans l&rsquo;&eacute;laboration de la loi du 19 d&eacute;cembre 2000, sur le droit d&rsquo;auteur. Certains parlent d&rsquo;un s&eacute;isme, qui va balayer toutes les fondations mises en place depuis sept (7) ans. D&rsquo;autres parlent de la deuxi&egrave;me d&eacute;b&acirc;cle du &ldquo; Vieux n&egrave;gre &rdquo;. Le plus gros de l&rsquo;h&eacute;ritage de Ferdinand L. Oyono, repose sur la r&eacute;forme institutionnelle de la culture ; particuli&egrave;rement du droit d&rsquo;auteur. Moins de dix ans apr&egrave;s sa mise en route d&eacute;finitive, la r&eacute;&eacute;valuation de cette loi, pourrait s&rsquo;assimiler au reniement des neuf ann&eacute;es (de 1998 &agrave; 2007) de bataille d&rsquo;Oyono, au minist&egrave;re de la Culture&hellip;<br \/>Selon certaines sources, l&rsquo;envie de r&eacute;&eacute;valuer est li&eacute;e aux deux cent (200) recours re&ccedil;us au Mincult. Mais, derri&egrave;re cette raison &ldquo; officielle &rdquo;, il y a une autre. Les grands usagers et les soci&eacute;t&eacute;s brassicoles tra&icirc;nent le pas &agrave; payer la redevance aux artistes. Le d&eacute;part de Ferdinand Oyono, qui n&rsquo;a pas voulu c&eacute;der au chantage, est un bon d&eacute;barras.<br \/><\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par Dossier r&eacute;alis&eacute; par Souley ONOHIOLO <br \/>Le Messager<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La ministre Ama Tutu Muna, s\u2019est montr\u00e9e tr\u00e8s active. Depuis son arriv\u00e9e \u00e0 la t\u00eate du minist\u00e8re de la Culture Une semaine apr\u00e8s son installation, elle a organis\u00e9 des s\u00e9ances de travail au Palais des congr\u00e8s. 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