{"id":27828,"date":"2007-10-18T01:38:49","date_gmt":"2007-10-18T01:38:49","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"735","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/735\/","title":{"rendered":"Douala : Emeutes au coll\u00e8gue bilingue la Maturit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s que des \u00e9l\u00e8ves soient entr\u00e9s en transe, des jeunes du quartier B\u00e9panda ont mis l\u2019\u00e9tablissement scolaire \u00e0 sac. <br \/>\nLazare Kolyang et Eric Roland Kongou  &#8211; <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/emeutes.gif\" align=\"left\" border=\"1\" alt=\"\" \/>La nouvelle a vite couru et s&rsquo;est r&eacute;pandue comme une tra&icirc;n&eacute;e de poudre. D&rsquo;abord &agrave; B&eacute;panda, ensuite dans toute la ville ce mercredi 17 septembre aux environs de 8heures. Des parents et curieux courent vers le coll&egrave;ge bilingue de la Maturit&eacute; situ&eacute; dans le prolongement du lieu dit &quot;Fin Goudron Defosso&quot;. Dans un autre sens, des &eacute;l&egrave;ves quittent les lieux. Les premiers taxis sortent de l&rsquo;&eacute;tablissement, avec &agrave; leurs bords des enfants ayant vraisemblablement perdu connaissance. Le mouvement s&rsquo;intensifie et touche de plus en plus d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves. Leur &eacute;vacuation soul&egrave;ve des cris de compassion, et de col&egrave;re. De loin, on aper&ccedil;oit divers objets sortis des b&acirc;timents du Coll&egrave;ge. Au troisi&egrave;me niveau de l&rsquo;immeuble qui abrite quelques bureaux administratifs, une &eacute;paisse fum&eacute;e assombrit l&rsquo;atmosph&egrave;re. Ce qui n&rsquo;emp&ecirc;che pas quelques jeunes du quartier B&eacute;panda de d&eacute;foncer les portes &agrave; coup de gourdins.<\/p>\n<p>Dans la foul&eacute;e, ordinateurs, ventilateurs, mat&eacute;riel bureautique sont &eacute;ventr&eacute;s et balanc&eacute;s dans la cour. Les portes et les fen&ecirc;tres en fer forg&eacute; des salles sont arrach&eacute;es tels des feuilles de papier par de gros bras. Trois foyers d&rsquo;incendies sont allum&eacute;s. Un amas du mat&eacute;riel bureautique calcine sous un feu ardent. Dans un coin de la cour, deux v&eacute;hicules que certains t&eacute;moins disent appartenir au principal et &agrave; l&rsquo;&eacute;conome du coll&egrave;ge, br&ucirc;lent sous les regards des badauds, mais aussi ceux des premiers policiers et gendarmes arriv&eacute;s sur les lieux. Une barricade constitu&eacute;e de tables bancs est dress&eacute;e devant l&rsquo;entr&eacute;e principale du coll&egrave;ge. Dans la cour, un badaud invite &agrave; changer de cap: &quot;Tous les &eacute;l&egrave;ves qui veulent aller br&ucirc;ler la maison de Waffo [le fondateur du coll&egrave;ge, ndlr], venez avec moi. C&rsquo;est trop! D&eacute;j&agrave; deux morts&quot;, mentionne une pancarte port&eacute;e par ce jeune homme. Au quartier Grand Moulin, situ&eacute; non loin de l&agrave;, un groupe de jeunes qui mena&ccedil;aient d&rsquo;incendier le domicile de Pierre Waffo est dissuad&eacute; de justesse. <\/p>\n<p><strong>Odeur<\/strong><br \/><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/emeutes2.gif\" align=\"left\" border=\"1\" alt=\"\" \/>Vers 10h, soit pr&egrave;s de deux heures apr&egrave;s le d&eacute;but des &eacute;v&eacute;nements, arrive un impressionnant d&eacute;ploiement des forces de l&rsquo;ordre, un contingent de policiers anti-&eacute;meutes du Gmi n&deg;2. Les sapeurs pompiers, quant &agrave; eux, vont &eacute;teindre les foyers d&rsquo;incendies. Le pr&eacute;fet du Wouri, Bernard Atebede, le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; d&eacute;partemental des Enseignements secondaires du Wouri, Jean Jules Ebongue Ngoh, et d&rsquo;autres personnalit&eacute;s de Douala, vont arriver quelques instants plus tard. Voil&agrave; pour les faits. Sur l&rsquo;origine de cette &eacute;meute survenue dans ce quartier populaire de Douala, les sources ne sont pas avares en d&eacute;clarations. <br \/>&quot; Le fondateur est arriv&eacute; ce matin, chose qui n&rsquo;&eacute;tait jamais arriv&eacute;e depuis le d&eacute;but de cette ann&eacute;e scolaire. Il a trouv&eacute; des &eacute;l&egrave;ves qui n&rsquo;avaient pas pay&eacute; les cartes d&rsquo;acc&egrave;s bloqu&eacute;s dehors. Il a ouvert le portail et les enfants sont entr&eacute;s. Aussit&ocirc;t il a referm&eacute; la porte. D&egrave;s qu&rsquo;il est ressorti, on a senti une forte odeur qui se d&eacute;gageait, c&rsquo;&eacute;tait comme une odeur de vidange de Wc&quot;, explique un &eacute;l&egrave;ve qui &eacute;tablit une relation de cause &agrave; effet. C&rsquo;est pratiquement la m&ecirc;me version des faits qui est narr&eacute;e par la majorit&eacute; des &eacute;l&egrave;ves interrog&eacute;s. <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/emeutes4.gif\" align=\"left\" border=\"1\" alt=\"\" \/>Certains enseignants corroborent cette th&egrave;se d&rsquo;une mauvaise odeur qui serait &quot;sortie du v&eacute;hicule du fondateur M. Waffo&quot;, selon les r&eacute;v&eacute;lations de Dany Kegne, &eacute;l&egrave;ve en classe de 1&egrave;re A4. M&ecirc;me si certains enseignants, qui ont requis l&rsquo;anonymat, ne croient pas &agrave; la version ainsi r&eacute;pandue, celle d&rsquo;un gaz qui aurait &eacute;t&eacute; distill&eacute;, (de quelle mani&egrave;re?) par le fondateur de l&rsquo;&eacute;tablissement, M. Waffo, par ailleurs pr&eacute;sident de &quot;Enfance joyeuse du Cameroun&quot;. &quot;C&rsquo;est vrai que nous avons tous ressenti une mauvaise odeur&quot;, reconna&icirc;t un enseignant qui dispensait des cours dans l&rsquo;une des Secondes G. Ce dernier entreprend aussit&ocirc;t de d&eacute;monter ce qu&rsquo;il consid&egrave;re d&eacute;j&agrave; comme une machination bien orchestr&eacute;e. &quot;Le fondateur est arriv&eacute; ce matin. Il a eu une s&eacute;ance de travail avec le staff administratif, je ne sais pas de quoi il &eacute;tait question au cours de cette rencontre. Mais bien avant, j&rsquo;avais d&eacute;j&agrave; aper&ccedil;u certains &eacute;l&egrave;ves de l&rsquo;une des classes de Premi&egrave;re G dans la cour, avec des sifflets, qui s&rsquo;agitaient. Ce sont les m&ecirc;mes, d&eacute;j&agrave; arm&eacute;s d&rsquo;appareils photos, qui sont rentr&eacute;s dans les salles de classes demander aux enfants de sortir. J&rsquo;ai m&ecirc;me &eacute;t&eacute; empoign&eacute; par l&rsquo;un d&rsquo;eux qui m&rsquo;a intim&eacute; l&rsquo;ordre d&rsquo;arr&ecirc;ter les cours&quot;, t&eacute;moigne un enseignant sous les regards de certains de ses coll&egrave;gues. <\/p>\n<p>Parmi ces derniers, une enseignante penche d&eacute;j&agrave; pour des cas d&rsquo;asthme. &quot;Parmi les filles qui sont tomb&eacute;es, il y a trois qui font souvent de crise d&rsquo;asthme. Nous avons souvent demand&eacute; les contacts de leurs parents, elles n&rsquo;ont jamais donn&eacute;&quot;, indique t-elle. A peine a-t-elle fini de s&rsquo;exprimer qu&rsquo;un autre enseignant arrive en annon&ccedil;ant trois autres cas, des filles, en classe de Terminale D1. <br \/>Le bilan de la chaude matin&eacute;e d&rsquo;hier fait &eacute;tat d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves qui sont &quot;tomb&eacute;s&quot;. Pas seulement des filles, mais aussi de gar&ccedil;ons. Certains ont subi des s&eacute;ances d&rsquo;exorcisme dans la cour de la paroisse Saint Jean de Deido. Une demi-douzaine a aussi &eacute;t&eacute; &eacute;vacu&eacute;e &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital de district du m&ecirc;me quartier, avant d&rsquo;&ecirc;tre conduits vers l&rsquo;h&ocirc;pital Laquintinie. Vers midi, un calme pr&eacute;caire r&eacute;gnait sur B&eacute;panda. Alors que les parents des quelque 2000 &eacute;l&egrave;ves du coll&egrave;ge bilingue la Maturit&eacute; sont encore &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir sur le sort de leurs enfants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s que des \u00e9l\u00e8ves soient entr\u00e9s en transe, des jeunes du quartier B\u00e9panda ont mis l\u2019\u00e9tablissement scolaire \u00e0 sac. 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