{"id":27831,"date":"2007-10-18T01:46:30","date_gmt":"2007-10-18T01:46:30","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"738","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/738\/","title":{"rendered":"Cameroun : Pourquoi le taux de pr\u00e9valence ne baisse pas"},"content":{"rendered":"<p>Dans une analyse, S\u00e9verin C\u00e9cile Abega lie les causes de la pand\u00e9mie au syst\u00e8me \u00e9tatique du pays.<br \/>\nDorine Ekw\u00e8  &#8211; Chercheur, enseignant et anthropologue, S&eacute;verin C&eacute;cile Abega est &eacute;galement un auteur qui a souvent offert aux lecteurs camerounais de bons instants de lecture avec ses contes et romans. Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, il s&rsquo;est &eacute;galement illustr&eacute; par ses recherches en sciences sociales. La sant&eacute;, la sexualit&eacute;, le genre et la relation &agrave; la nature sont, entre autres, les principaux th&egrave;mes qu&rsquo;il a souvent abord&eacute;s.<br \/>Il n&rsquo;a pas d&eacute;rog&eacute; &agrave; cette r&egrave;gle avec sa derni&egrave;re publication : &quot;Les violences sexuelles et l&rsquo;Etat au Cameroun&quot;. Publi&eacute; aux &eacute;ditions Karthala, ce livre analyse la situation de la s&eacute;ropr&eacute;valence au Cameroun. A travers des tableaux r&eacute;capitulatifs &eacute;labor&eacute;s en introduction, le lecteur se rend vite compte que le taux de pr&eacute;valence au Cameroun n&rsquo;a cess&eacute; de grimper au fil des ann&eacute;es, ce malgr&eacute; les diff&eacute;rentes campagnes de pr&eacute;vention organis&eacute;es &agrave; travers le territoire. Il est ainsi pass&eacute; de 0.5 % en 1987 &agrave; 11 % en 2000 et la tendance, semble-t-il, est graduelle. Pour montrer les ravages de cette maladie sur le continent africain, S&eacute;verin C&eacute;cile Abega fait un parall&egrave;le avec la traite n&eacute;gri&egrave;re. &quot;Le d&eacute;peuplement de l&rsquo;Afrique pendant la traite n&eacute;gri&egrave;re (20 &agrave; 25 millions selon certaines sources, 80 &agrave; 220 millions selon les plus pessimistes), &eacute;crit-il, a pris quatre si&egrave;cles. En quelques ann&eacute;es, la population atteinte par le Vih a atteint 24 millions&quot;.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;anthropologue, cette situation a une cause principale : l&rsquo;Etat. De ce fait, &eacute;crit-il, cette tendance s&rsquo;explique par la mauvaise constitution de l&rsquo;Etat camerounais, qui, d&rsquo;apr&egrave;s l&rsquo;auteur, s&rsquo;est, au fil des ann&eacute;es, align&eacute; sur le chemin de l&rsquo;Etat colonial. D&rsquo;o&ugrave; la violence qui guide, dans la plupart des cas, les relations humaines et sexuelles entre les citoyens. Et M. Abega de pr&eacute;ciser : &quot;Je ne m&rsquo;int&eacute;resse &agrave; l&rsquo;Etat qu&rsquo;&agrave; cause du lien de causalit&eacute; qui conduit le regard de la violence de certains faits de sexualit&eacute; &agrave; l&rsquo;Etat&quot;.<br \/>Contrainte physique<br \/>De fait, cette sourde violence li&eacute;e au syst&egrave;me &eacute;tatique guide les rapports et est &agrave; l&rsquo;origine du niveau &eacute;lev&eacute; du taux d&rsquo;infection chez les jeunes femmes. De m&ecirc;me que les conditions dans lesquelles les rapports sexuels ont lieu, souvent sous la contrainte physique ou bien en &eacute;change de lib&eacute;ralit&eacute;s. S&eacute;verin C&eacute;cile Abega rappelle, en effet, que la vuln&eacute;rabilit&eacute; sexuelle des femmes et des jeunes est manifeste au Cameroun. &quot; Ici, les in&eacute;galit&eacute;s jouent dans le sens d&rsquo;une forte exposition au risque. La violence est moins manifeste, elle est cependant l&agrave; &quot;. Cette violence qui sert &agrave; &quot; cr&eacute;er l&rsquo;autre &quot;. Comme cela avait &eacute;t&eacute; le cas sous la colonisation et dans les pays d&rsquo;apartheid.<\/p>\n<p>La pr&eacute;carit&eacute; &eacute;conomique et la forte verticalit&eacute; dans les rapports soumettent le corps des individus et leur sexualit&eacute; &agrave; de fortes pressions, qui placent l&rsquo;individu dans des situations de choix extr&ecirc;mes. S&eacute;verin C&eacute;cile Abega part de ce postulat pour affirmer qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;infl&eacute;chir les courbes d&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;infection. Cela permet, d&rsquo;apr&egrave;s lui, de montrer l&rsquo;importance des conditions dans lesquelles se nouent les relations. Des exemples tir&eacute;s du v&eacute;cu des populations dans la r&eacute;gion Est du pays, notamment chez le peuple Maka, permettent de mieux comprendre la th&egrave;se de l&rsquo;auteur, qui part de l&rsquo;asservissement des femmes par les colons puis par les hommes nantis de la communaut&eacute; et les fonctionnaires en service dans la province. Lesquels profitent de leur position dominante pour avoir le dessus sur leurs &quot; proies &quot;.<br \/>Bien que l&rsquo;&eacute;tude soit int&eacute;ressante, la pointe de pessimisme de l&rsquo;auteur que l&rsquo;on peut deviner &agrave; travers les lignes, n&rsquo;est pas pour rassurer le lecteur quant aux mesures de pr&eacute;vention engag&eacute;es par l&rsquo;Etat. De m&ecirc;me, on peut lui faire le reproche de l&rsquo;usage abusif des termes techniques, ainsi que les multiples renvois du lecteur &agrave; des pages suivantes, qui ont tendance &agrave; le perdre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une analyse, S\u00e9verin C\u00e9cile Abega lie les causes de la pand\u00e9mie au syst\u00e8me \u00e9tatique du pays. 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