{"id":27832,"date":"2007-10-18T01:47:34","date_gmt":"2007-10-18T01:47:34","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"739","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/739\/","title":{"rendered":"Renaissance : Les marionnettes font leur show"},"content":{"rendered":"<p>La tenue \u00e0 Yaound\u00e9 de la 4\u00e8me \u00e9dition du festival d\u00e9di\u00e9 \u00e0 cet art permet de mesurer l&rsquo;\u00e9tendue du potentiel des artistes. <br \/>\nEug\u00e8ne Dipanda  &#8211; <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/mutations\/images\/mario.gif\" align=\"left\" border=\"1\" alt=\"\" \/> A l&rsquo;entr&eacute;e du hall du Centre culturel fran&ccedil;ais (Ccf) de Yaound&eacute;, une silhouette d&eacute;gingand&eacute;e se tr&eacute;mousse inlassablement. Juste &agrave; c&ocirc;t&eacute;, avec de longues ficelles rattach&eacute;es &agrave; un bout de bois, Coco, un jeune homme d&rsquo;&agrave; peine 20 ans, joue au manipulateur de la marionnette. En fond sonore, un rythme local est distill&eacute; par une voiture publicitaire en stationnement. Le pantin laisse &eacute;clore son talent. Le public accoure. En guise de r&eacute;compense, quelques pi&egrave;ces de monnaie sont jet&eacute;es dans une vieille casquette consciencieusement entrepos&eacute;e &agrave; m&ecirc;me le sol par le marionnettiste. <br \/>Dans les grandes villes camerounaises, ils sont ainsi nombreux, ces jeunes gens qui semblent avoir fait de l&rsquo;activit&eacute; leur gagne-pain. A longueur de journ&eacute;e, ils sillonnent les bars et les places publiques diverses, question d&rsquo;accrocher le regard des personnes int&eacute;ress&eacute;es par le spectacles qu&rsquo;ils offrent ; mais, davantage pour susciter d&rsquo;elles &quot; un geste &quot; en esp&egrave;ces sonnantes.<\/p>\n<p>D&rsquo;aucuns ne le savent pourtant pas, mais le spectacle des marionnettes rel&egrave;ve purement de l&rsquo;art. Quoique, pour de nombreux peuples du monde, les marionnettes sont sacr&eacute;es et ont d&rsquo;&eacute;normes pouvoirs. Certains peuples d&rsquo;Afrique leur attribuent d&rsquo;ailleurs des origines divines. D&rsquo;o&ugrave; ces nombreuses l&eacute;gendes qui se racontent ici et l&agrave;. Il en est ainsi de cette histoire venant du Mali, qui indique qu&rsquo;&quot; Il y a bien longtemps un p&ecirc;cheur Bozo du nom de Toboji Canta, fut enlev&eacute; par les g&eacute;nies de la brousse. Pendant sa d&eacute;tention un autre g&eacute;nie, Wkloni, g&eacute;nie des buissons, vit le voir et lui apprit l&rsquo;art des marionnettes. Lorsqu&rsquo;il fut enfin libre Toboji retourna dans son village, Gamitogo, qui se trouve au bord du fleuve Niger dans le territoire de Sara. Toboji Canta raconta alors son histoire et enseigna aux forgerons de son village la construction des marionnettes. Ils fabriqu&egrave;rent deux genres de marionnettes : les sogow (ou animaux) et les Manin (ou petites gens). Depuis les marionnettes sont devenues une tradition du Mali&hellip; &quot;.<\/p>\n<p><strong>Expansion <\/strong><br \/>Au d&eacute;part, le masque &eacute;tait donc un objet rituel. La marionnette est venue progressivement suppl&eacute;er au masque, question de mieux assurer un r&ocirc;le communicationnel. Cette derni&egrave;re parle donc en lieu et place de l&rsquo;acteur qu&rsquo;est le marionnettiste, pour que celui-ci cesse de vivre. En ce qui concerne l&rsquo;homme de th&eacute;&acirc;tre, l&rsquo;utilisation des marionnettes comme accessoires vise &agrave; faire mieux passer son discours aupr&egrave;s du public cible.<br \/>Cons&eacute;quence, partout en Afrique, la tradition des marionnettes a connu une expansion graduelle, au point de susciter des vocations. Ici, les artistes mettent g&eacute;n&eacute;ralement en avant un langage muet, une communication dite objectale, qui s&rsquo;exprime principalement par le geste. Selon divers t&eacute;moignages, l&rsquo;activit&eacute; puise ses origines dans la tradition des masques. Lesquels d&eacute;guisements ont un effet d&rsquo;&eacute;pouvante, qui conf&egrave;re une sorte de neutralit&eacute; &agrave; l&rsquo;&ecirc;tre.<br \/>A en croire Fran&ccedil;ois Bingono Bingono, critique d&rsquo;art, &quot;On a transf&eacute;r&eacute; le pouvoir de dire et de faire au masque et &agrave; la marionnette.<\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;on est convaincu de ce que le masque qui s&rsquo;adresse aux anc&ecirc;tres, et la marionnette qui en est la formule achev&eacute;e, sont des &eacute;l&eacute;ments qui, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de sang, n&rsquo;ont pas de faute. On voudrait donc pouvoir parler au peuple en restant neutre. Un homme ne peut pas tenir un discours de sensibilisation sur les m&eacute;faits de l&rsquo;alcool, par exemple, alors qu&rsquo;on l&rsquo;a aper&ccedil;u lui-m&ecirc;me saoul la veille. C&rsquo;est un discours moralisateur qui manquerait de cr&eacute;dibilit&eacute;. Le masque et la marionnette, eux, n&rsquo;ont pas de comportements. Ils n&rsquo;ont pas l&rsquo;intelligence de faire la part entre le bien et le mal&hellip;&quot;. <br \/>En Afrique comme ailleurs, les festivals de marionnettes sont organis&eacute;s depuis lors, pour p&eacute;renniser la tradition. Il en est ainsi du Festival international de th&eacute;&acirc;tre et de marionnettes de Ouagadougou (Fitmo) au Burkina Faso ; du Festival international des masques et marionnettes de Markala au Mali (Fesmamas) ; ainsi que du Festival international des arts et du d&eacute;veloppement de la marionnette et de la sculpture (Fiadems), dont la quatri&egrave;me &eacute;dition bat son plein depuis le 15 octobre dernier &agrave; Yaound&eacute; au Cameroun. L&rsquo;objectif de ce dernier projet, selon Elisabeth Ngo Bassock, administrateur g&eacute;n&eacute;ral du Fiadems, est de &quot; promouvoir, de d&eacute;velopper et de vulgariser l&rsquo;art de la marionnette et de la sculpture dans le contexte culturel et artistique camerounais et africain &quot;.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;&eacute;dition 2007 du Fiadems, les marionnettistes sont venus de divers pays africains et m&ecirc;me d&rsquo;Europe. Le Togo, le Congo, la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, le Burkina Faso, le Tchad, le Cameroun et la France, rivalisent ainsi de talents &agrave; travers des spectacles itin&eacute;rants d&eacute;livr&eacute;s dans certains &eacute;tablissements scolaires de Yaound&eacute; et au Ccf, et qui auront eu la particularit&eacute; d&rsquo;attirer davantage des adolescents. Lesquels, manifestement, semblent tirer un certain int&eacute;r&ecirc;t &agrave; suivre l&rsquo;histoire rocambolesque de &quot; Kirikou et la sorci&egrave;re &quot;, celle monstrueuse de &quot;Mho et le secret de la petite for&ecirc;t &quot;, ou encore le conte fabuleux des &quot;Orphelins du paradis&quot;. Toutes des repr&eacute;sentations vari&eacute;es de marionnettes &agrave; fil, &agrave; gaine ou &agrave; tige ; et souvent m&ecirc;me de marionnettes g&eacute;antes, qui d&eacute;voilent de la part des compagnies, &quot; une v&eacute;ritable opportunit&eacute; d&rsquo;int&eacute;gration sociale, &eacute;conomique et artistique des jeunes artistes, &agrave; travers la pratique d&rsquo;un m&eacute;tier des arts du spectacle &agrave; variance pluridisciplinaire &quot;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La tenue \u00e0 Yaound\u00e9 de la 4\u00e8me \u00e9dition du festival d\u00e9di\u00e9 \u00e0 cet art permet de mesurer l&rsquo;\u00e9tendue du potentiel des artistes.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-27832","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27832","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27832"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27832\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27832"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27832"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27832"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}