{"id":27838,"date":"2007-10-18T02:14:22","date_gmt":"2007-10-18T02:14:22","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"745","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/745\/","title":{"rendered":"Charles Binam Biko\u00ef"},"content":{"rendered":"<p>\u201cNous ne voulons pas donner un statut d\u2019officialit\u00e9 concurrent sur le plan id\u00e9ologique avec les langues dites officielles\u201d  &#8211; <\/p>\n<p class=\"titre3\" align=\"left\">Le secr&eacute;taire ex&eacute;cutif du Centre de recherche et de documentation sur les traditions orales et pour le d&eacute;veloppement des langues africaines (Cerdotola), parle des t&acirc;ches qui incombent aux gouvernements africains et &agrave; l&rsquo;institution qu&rsquo;il dirige. En rapport au colloque sur les langues transfrontali&egrave;res qui s&rsquo;est tenu la semaine derni&egrave;re, &agrave; Yaound&eacute;. <\/p>\n<p class=\"texte\"><strong>L&rsquo;un des objectifs du colloque qui vient de s&rsquo;achever &eacute;tait de faire l&rsquo;&eacute;tat des lieux de l&rsquo;utilisation des langues nationales dans tous les domaines de la vie. Qu&rsquo;en est-il du Cameroun ?<\/strong><br \/>Les langues transfrontali&egrave;res sont effectivement utilis&eacute;es. On en a identifi&eacute; une bonne douzaine pour le seul Cameroun, et ce qui est int&eacute;ressant c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;est encore affich&eacute; comme l&rsquo;Afrique en miniature. Puisque les langues transfrontali&egrave;res retenues dans le viseur des sp&eacute;cialistes comme &eacute;tant porteuses de v&eacute;hicularit&eacute;, se trouvent &ecirc;tre plac&eacute;es dans les fronti&egrave;res de plusieurs Etats de la sous-r&eacute;gion. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la langue Ecan de la Guin&eacute;e &eacute;quatoriale, du Gabon, du Congo ; ou bien des autres langues qui touchent la R&eacute;publique Centrafricaine, le Baya, le Sango ; ou des langues Tchabiques qui sont parl&eacute;es au Tchad et aussi au Nigeria. L&rsquo;&eacute;ventail est large et cela est une r&eacute;alit&eacute;. Les langues sont utilis&eacute;es par les peuples au m&eacute;pris des fronti&egrave;res h&eacute;rit&eacute;es de la colonisation. Et c&rsquo;est cela qui est int&eacute;ressant dans la perspective de l&rsquo;Union africaine qui montre bien que l&rsquo;Afrique vit ses propres r&eacute;alit&eacute;s en se moquant des poncifs, des carcans ou des camisoles de force qu&rsquo;on a pu lui imposer dans les temps historiques.<\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;est-ce que vous proposez comme solutions aux diff&eacute;rents gouvernements de l&rsquo;Afrique centrale, pour combattre la mort de ces langues ?<\/strong><br \/>D&rsquo;une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, ce qui est propos&eacute; aux Etats c&rsquo;est de prendre en compte ce que eux-m&ecirc;mes ont d&eacute;j&agrave; mis en perspective. A savoir l&rsquo;int&eacute;gration africaine dans les processus des strat&eacute;gies de d&eacute;veloppement de l&rsquo;Afrique, l&rsquo;int&eacute;gration africaine par les langues. Cela suppose un certain nombre de choses. Il faut pouvoir instrumenter les langues et les instrumentaliser. Ce qui veut dire donner des outils aux langues pour qu&rsquo;elles soient utiles et utilisables dans le quotidien des peuples et des hommes. Pour cela, des actions strat&eacute;giques pr&eacute;cises doivent &ecirc;tre men&eacute;es dans le secteur de l&rsquo;&eacute;ducation, qu&rsquo;on mette en place des outils didactiques, des manuels et que ces derniers soient utilis&eacute;s. Il faut d&eacute;complexer, les langues africaines, en d&eacute;complexant d&egrave;s le berceau, l&rsquo;enfant africain qui serait face au choix entre les langues dites officielles qui sont langues de colonisation, mais maintenant langues de l&rsquo;Afrique, et les langues officielles d&rsquo;origine qui sont celles de ses parents, c&rsquo;est-&agrave;-dire notre patrimoine &agrave; d&eacute;fendre. Naturellement, cela suppose des moyens &eacute;normes et une volont&eacute; politique assur&eacute;e. Nous ne doutons pas un seul instant que les Etats vont suivre les recommandations faites. D&eacute;j&agrave;, la participation au colloque de Yaound&eacute; a &eacute;t&eacute; massive, les gouvernements ont d&eacute;sign&eacute; leurs repr&eacute;sentants. On a bien vu que les d&eacute;partements du Cameroun invit&eacute;s au colloque ont d&eacute;sign&eacute; des experts de bon niveau. En tout cas, la prise de conscience est l&agrave;. Et nous sommes persuad&eacute;s que nos conclusions seront suivies d&rsquo;effets. Tous nos Etats sont confront&eacute;s &agrave; des urgences, si bien que chacune appara&icirc;t prioritaire. Il va donc falloir que la volont&eacute; politique mette l&rsquo;accent aussi sur la culture qui est souvent le parent pauvre des d&eacute;cisions politiques, et que dans la culture, on sache que la langue est l&rsquo;expression achev&eacute;e de l&rsquo;identit&eacute; humaine dans une communaut&eacute;. <\/p>\n<p><strong>Avez-vous pens&eacute; au fait que l&rsquo;officialisation de certaines langues transfrontali&egrave;res va frustrer les habitants de certaines zones qui ne se sentiront l&eacute;s&eacute;es ?<br \/><\/strong>D&rsquo;abord, l&rsquo;officialisation des langues transfrontali&egrave;res n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; un objectif de notre colloque. Si vous avez pu lire cela dans un document, &ccedil;a ne peut &ecirc;tre qu&rsquo;un document de cuisine entre sp&eacute;cialistes avant d&rsquo;arr&ecirc;ter le format et les objectifs d&eacute;finitifs. Bien s&ucirc;r que l&rsquo;officialisation est une chose, mais nous, les scientifiques, nous ne nous pr&eacute;occupons pas de cela. Puisque les langues sont l&agrave;, et dans la constitution des Etats, nous savons bien distinguer nos langues qui sont notre patrimoine et les langues officielles qui sont langues de travail au niveau international et reconnues comme tel. Nous n&rsquo;avons pas voulu donner un statut d&rsquo;officialit&eacute; concurrent sur le plan id&eacute;ologique avec les langues dites officielles. Nous avons nos langues africaines qui existent et sont dynamiques, nous devons les promouvoir. Le colloque s&rsquo;est plut&ocirc;t attach&eacute; &agrave; regarder, &agrave; viser les langues comme facteur d&rsquo;int&eacute;gration l&agrave; o&ugrave; elles transfrontali&egrave;res, c&rsquo;est-&agrave;-dire partag&eacute;es par au moins deux Etats. Et &agrave; ce niveau l&agrave;, les crit&egrave;res d&rsquo;&eacute;valuation de leur impact, de leur port&eacute;e en terme d&rsquo;extension g&eacute;ographique, d&rsquo;utilisation par la masse des utilisateurs, peuvent &ecirc;tre pris en consid&eacute;ration pour accompagner les d&eacute;cideurs politiques. <\/p>\n<p><strong>Que va faire le Cerdotola afin que les r&eacute;solutions prises ne restent pas dans les tiroirs ?<\/strong><br \/>Le Cerdotola va tout simplement poursuivre sa mission. Au terme de ce colloque, le principe a &eacute;t&eacute; retenu que le Cerdotola devienne le point focal de l&rsquo;Acad&eacute;mie africaine des langues (Acalan, ndlr) pour la sous-r&eacute;gion Afrique centrale qui est la zone Ceeac, couvrant l&rsquo;ensemble des neuf pays qui font partie de cette zone l&agrave;. Cela nous donne une capacit&eacute; en mati&egrave;re de langues pour continuer de porter le projet institutionnel de l&rsquo;Acalan dans notre sous-r&eacute;gion. Le Cerdotola va en outre accompagner l&rsquo;Acalan dans la mise en place des structures nationales qui sont pr&eacute;vues dans la sous-r&eacute;gion. Le Cerdotola lui-m&ecirc;me avait d&eacute;j&agrave; mandat pour faire des langues de la r&eacute;gion des langues de d&eacute;veloppement. Entendu que ces langues doivent cesser d&rsquo;&ecirc;tre regard&eacute;es avec condescendance, mais &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;es comme langues humaines et langues vivantes &agrave; part enti&egrave;re. L&rsquo;un des projets de l&rsquo;Acalan est l&rsquo;Atlas linguistique de l&rsquo;Afrique. Le Cerdotola a une longueur d&rsquo;avance sur ce point puisqu&rsquo;il a d&eacute;j&agrave;, depuis longtemps, engag&eacute; un processus de r&eacute;alisation de l&rsquo;Atlas linguistique de l&rsquo;Afrique centrale, on va &eacute;tendre ce qui est d&eacute;j&agrave; fait dans d&rsquo;autres pays. Nous esp&eacute;rons trouver les moyens. A ce jour, le travail de r&eacute;vision de l&rsquo;Atlas linguistique du Cameroun est pratiquement achev&eacute;, nous allons proposer tr&egrave;s bient&ocirc;t l&rsquo;Atlas administratif des langues du Cameroun, nous sommes au Cerdotola en train de boucler ce dossier. Lors d&rsquo;un voyage effectu&eacute; aupr&egrave;s des autorit&eacute;s tchadiennes, nous avons &eacute;voqu&eacute; le probl&egrave;me de l&rsquo;Atlas linguistique du Tchad, nous sommes naturellement en discussion avec d&rsquo;autres pays pour que des &eacute;quipes d&rsquo;experts se reconstituent sur la question et qu&rsquo;on puisse avancer. Mais, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;Atlas linguistique, il y a tous les probl&egrave;mes de ce que nous appelons instrumentation, c&rsquo;est-&agrave;-dire par exemple nous avons un projet sur les terminologies de lexique th&eacute;matique dans les diff&eacute;rents domaines de la vie, de sorte qu&rsquo;on puisse disposer de dictionnaires qui permettent l&rsquo;utilisation efficiente, pr&eacute;cise, scientifique de nos langues &agrave; bon niveau dans l&rsquo;ensemble des pays de la sous r&eacute;gion Afrique centrale.<\/p>\n<p>Propos recueillis P&eacute;lagie Ng&rsquo;onana<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cNous ne voulons pas donner un statut d\u2019officialit\u00e9 concurrent sur le plan id\u00e9ologique avec les langues dites officielles\u201d &#8211; Le secr&eacute;taire ex&eacute;cutif du Centre de recherche et de documentation sur les traditions orales et pour le d&eacute;veloppement des langues africaines (Cerdotola), parle des t&acirc;ches qui incombent aux gouvernements africains et &agrave; l&rsquo;institution qu&rsquo;il dirige. 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