{"id":27856,"date":"2007-11-01T00:21:11","date_gmt":"2007-11-01T00:21:11","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"765","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/765\/","title":{"rendered":"Paul Biya, pr\u00e9sident du Cameroun"},"content":{"rendered":"<p>Paul Biya, qui n&rsquo;a pas accord\u00e9 d\u2019interview \u00e0 une t\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aise depuis vingt ans, s&rsquo;exprime pour FRANCE 24 sur les relations de la France avec l&rsquo;Afrique et avec le Cameroun en particulier. &#8211; Ulysse Gosset interviewe une personnalit&eacute; fran&ccedil;aise ou internationale du monde &eacute;conomique, politique, culturel ou diplomatique. Tous les vendredi &agrave; 19h15 (GMT+2). <br \/><!-- intro --><\/p>\n<div class=\"\" id=\"main\">\n<div id=\"text\"><!-- Subtitle --><!-- Text --><\/p>\n<div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Bienvenue sur France 24, pour cette nouvelle &eacute;dition du Talk de Paris. Une &eacute;mission exceptionnelle, consacr&eacute;e aux relations entre la France et le Cameroun. Entre la France et le Cameroun, c&rsquo;est une longue histoire, mais c&rsquo;est aussi une longue histoire entre la France et notre invit&eacute;, le pr&eacute;sident Paul Biya, que je salue. Monsieur le pr&eacute;sident, je dois dire que votre parole est rare car vous n&rsquo;avez pas accord&eacute; d&rsquo;interview &agrave; une t&eacute;l&eacute;vision fran&ccedil;aise depuis vingt ans, je vous remercie donc d&rsquo;avoir choisi le Talk de Paris. Je dois rappeler aussi que l&rsquo;on vous a surnomm&eacute; le Sphinx, puisque vous &ecirc;tes un homme qui parle peu et donc quand vous parlez, on vous &eacute;coute avec attention. Je voudrais tout d&rsquo;abord vous demander, puisque vous &ecirc;tes &agrave; Paris et que vous avez rencontr&eacute; le pr&eacute;sident Sarkozy, comment l&rsquo;on pourrait qualifier ces nouvelles relations aujourd&rsquo;hui, cette nouvelle page qui s&rsquo;ouvre des relations franco-camerounaises et d&rsquo;abord comment &ccedil;a se passe, personnellement, avec le pr&eacute;sident Sarkozy ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Eh bien je vous remercie. Mes premiers mots seront de remercier le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour l&rsquo;invitation qu&rsquo;il m&rsquo;a adress&eacute;e &agrave; visiter Paris et &agrave; visiter la France. (&hellip;) Je dois dire que le premier contact que j&rsquo;ai eu avec lui &eacute;tait chaleureux, cordial, profond. C&rsquo;est un politicien chevronn&eacute; donc il conna&icirc;t les probl&egrave;mes, il conna&icirc;t l&rsquo;Afrique et je suis tout &agrave; fait heureux de noter cette continuit&eacute; dans la relation entre la France et le Cameroun. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Alors, vous dites &laquo; continuit&eacute; &raquo;, et en m&ecirc;me temps Nicolas Sarkozy incarne une certaine rupture, un nouveau ton, un nouveau style : alors est-ce qu&rsquo;il y a rupture, nouveau ton, nouveau style entre la France et le Cameroun aussi, et ou est-ce qu&rsquo;on a tourn&eacute; la page de ce qu&rsquo;on a appel&eacute; la &laquo; France-Afrique &raquo; ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>A vrai dire, de mon point de vue je pense qu&rsquo;il y a plus rupture dans la forme et continuit&eacute; dans le fond (&hellip;) maintenant la nouvelle politique africaine de la France est en cours d&rsquo;&eacute;laboration et il y a peut-&ecirc;tre des changements, mais je crois que la rupture est surtout formelle. Nous pensons qu&rsquo;il y a une certaine continuit&eacute;. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Qu&rsquo;est-ce que vous attendez de la France et de Nicolas Sarkozy en particulier ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA <br \/><\/strong>Ce que nous attendons de la France c&rsquo;est qu&rsquo;elle continue &agrave; accorder sa coop&eacute;ration et son amiti&eacute; &agrave; l&rsquo;Afrique. Nous avons des liens anciens, des liens culturels, au moment o&ugrave; nous assistons &agrave; l&rsquo;imp&eacute;rialisme linguistique de certaines langues, il n&rsquo;est pas inutile de pr&eacute;server un espace o&ugrave; l&rsquo;on parle fran&ccedil;ais. Et je crois que la France est un grand pays, membre permanent du Conseil de s&eacute;curit&eacute; et quelquefois dans les affaires du monde, ces grands pays peuvent avoir besoin des voix des pays africains. Nous attendons qu&rsquo;on continue cette relation &eacute;conomique, culturelle, financi&egrave;re qui a toujours exist&eacute;. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Je l&rsquo;ai dit en commen&ccedil;ant cette &eacute;mission, vous &ecirc;tes l&rsquo;un des doyens du continent, vous &ecirc;tes au pouvoir depuis maintenant pr&egrave;s qu&rsquo;un quart de si&egrave;cle et donc vous &ecirc;tes l&rsquo;un des symboles de cette &laquo; France-Afrique &raquo; d&rsquo;avant. Est-ce que la page est tourn&eacute;e ? Est-ce qu&rsquo;elle est en train de se tourner ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Elle est en train de se tourner&hellip; Je crois que c&rsquo;est la relation avec la France, les formes ext&eacute;rieures qui vont changer. Je crois que la concertation va continuer et je pense que le pr&eacute;sident Sarkozy va mettre l&rsquo;accent sur le partenariat. Il veut que les Africains eux-m&ecirc;mes disent ce qu&rsquo;ils attendent de la France, il ne veut pas que ce soient des actes unilat&eacute;raux disant &laquo; On vous fait ceci, on vous fait cela &raquo; mais plut&ocirc;t &laquo; Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire ensemble ? &raquo; et je pense qu&rsquo;il y a d&eacute;j&agrave; l&agrave; un d&eacute;but de changement. Tout &agrave; l&rsquo;heure, et je ne crois pas d&eacute;voiler un secret, j&rsquo;ai invit&eacute; le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &agrave; faire une visite au Cameroun et il a accept&eacute; imm&eacute;diatement et avec joie. J&rsquo;observe donc qu&rsquo;il veut maintenir une continuit&eacute;, une discussion ouverte, il veut savoir ce que les Africains veulent et la France verra ce qu&rsquo;elle peut faire. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Et, geste important, la France a contribu&eacute; &agrave; annuler une grande partie de la dette, ce qui vous permets &agrave; vous de partir d&rsquo;un bon pied. <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Oui, bien s&ucirc;r, et j&rsquo;ai profit&eacute; de l&rsquo;occasion pour remercier le Pr&eacute;sident Sarkozy pour ce geste que la France a fait. La France a annul&eacute; une bonne partie de notre dette et en langage cod&eacute; on parle de C2D et non seulement cette dette a &eacute;t&eacute; annul&eacute;e mais on est en train de transformer cette annulation en projets concrets dans des secteurs pr&eacute;cis : agriculture, sant&eacute;, &eacute;ducation, infrastructures, en liaison &eacute;troite avec la France. <br \/>&nbsp;<br \/><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Monsieur le pr&eacute;sident, comme le veut la tradition de cette &eacute;mission, je vous propose de revenir sur votre parcours politique, qui est assez impressionnant, en regardant ce portrait, qui a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; par l&rsquo;un des journalistes de France 24, Guillaume Couderc.&nbsp; <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Monsieur le pr&eacute;sident, vous avez vu ce portrait. On a not&eacute; le r&ocirc;le que joue maintenant votre &eacute;pouse aupr&egrave;s de vous et on a vu surtout cette longue carri&egrave;re tumultueuse avec beaucoup d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements. Vous vous &ecirc;tes retrouv&eacute;, dans ce portrait ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA <br \/><\/strong>Dans ses grandes lignes, ce portrait correspond &agrave; la r&eacute;alit&eacute;. Bien s&ucirc;r, il ne m&rsquo;arrive pas souvent d&rsquo;accorder des interviews mais j&rsquo;ai fait beaucoup de discours, j&rsquo;en ai trois tomes. Je crois d&rsquo;ailleurs que le portrait est bon, de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, &eacute;videmment pour ce qui est de mon &eacute;pouse. Elle m&egrave;ne une activit&eacute; sociale et le fait savoir, donc elle est un peu plus moderne que moi. J&rsquo;&eacute;tais parti de l&rsquo;id&eacute;e que ce qui compte, ce n&rsquo;est pas tellement ce que les gens disent, mais ce qu&rsquo;ils pensent. Mais aujourd&rsquo;hui, faire des interviews c&rsquo;est aussi faire : les temps on chang&eacute;. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Il y a une urgence pour l&rsquo;Afrique, c&rsquo;est la question du SIDA, et je sais que votre &eacute;pouse y est largement impliqu&eacute;e, notamment avec la cr&eacute;ation de cet institut de recherche &agrave; Yaound&eacute; avec deux grandes personnalit&eacute;s du monde m&eacute;dical, les professeurs Gallo et Montagnier. C&rsquo;est extr&ecirc;mement important. Pourquoi avoir fait &ccedil;a et quelle est l&rsquo;importance de ce projet pour vous ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Oui, c&rsquo;est extr&ecirc;mement important. Vous savez que l&rsquo;Afrique est frapp&eacute;e par des pand&eacute;mies : paludisme, tuberculose et surtout le SIDA. Ce centre joue vraiment un r&ocirc;le important dans la pr&eacute;vention contre le SIDA et le professeur Gallo, que j&rsquo;ai vu tout &agrave; l&rsquo;heure, et aussi le professeur Montagnier ont bien voulu s&rsquo;associer &agrave; mon &eacute;pouse et &agrave; d&rsquo;autres. Je dois dire aussi que c&rsquo;est au cours d&rsquo;un sommet de l&rsquo;OUA, l&rsquo;Union africaine en 1996 que mon &eacute;pouse avait pris l&rsquo;initiative de r&eacute;unir des &eacute;pouses de chefs d&rsquo;Etat qui &eacute;taient pr&eacute;sentes pour faire quelque chose ensemble. <br \/>&nbsp;<br \/>(&hellip;) Nous n&rsquo;avons pas de structures de recherche aussi sophistiqu&eacute;es et aussi d&eacute;velopp&eacute;es qu&rsquo;en Europe, mais il est bon tout de m&ecirc;me que nous apportions notre contribution &agrave; la recherche des moyens d&rsquo;&eacute;radiquer cette maladie. J&rsquo;ai discut&eacute; avec le professeur Montagnier. Il m&rsquo;a dit qu&rsquo;ils utilisaient la pharmacop&eacute;e traditionnelle, ils essaient &#8211; il y a de petites structures de recherche chez nous, il y a m&ecirc;me des personnes qui pr&eacute;tendent gu&eacute;rir le SIDA. On acceuille tout cela, encadr&eacute; par des chercheurs de renom comme les professeurs Gallo et Montagnier. Nous pensons que nous pouvons apporter notre contribution au lieu d&rsquo;&ecirc;tre l&agrave; &agrave; attendre et &agrave; pleurer. J&rsquo;ai &eacute;galement parl&eacute; &agrave; l&rsquo;Unesco et j&rsquo;ai remerci&eacute; l&rsquo;Unesco, qui nous aide &agrave; faire des actions de pr&eacute;vention contre le SIDA en milieu scolaire et pour tout cela mon &eacute;pouse est pr&eacute;sente, dans le cadre de ses activit&eacute;s. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>L&rsquo;un des &eacute;v&eacute;nements majeurs de l&rsquo;ann&eacute;e au Cameroun, &ccedil;a a &eacute;t&eacute; l&rsquo;action que vous avez lanc&eacute;e contre la corruption. L&rsquo;image &agrave; ce propos n&rsquo;est pas tr&egrave;s bonne dans le monde, au classement mondial vous &ecirc;tes l&rsquo;un des pays les plus corrompus et l&agrave;, vous avez fait mettre en prison des ministres et une vingtaine d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires qui &eacute;taient accus&eacute;s ou condamn&eacute;s pour certains d&eacute;j&agrave;, de corruption. Est-ce que vous &ecirc;tes d&eacute;termin&eacute; &agrave; mettre fin &agrave; la corruption au Cameroun et est-ce que c&rsquo;est possible ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA <br \/><\/strong>Vous savez, la corruption est un vice qui n&rsquo;est pas sp&eacute;cifique au Cameroun, c&rsquo;est un ph&eacute;nom&egrave;ne mondial, mais nous avons pens&eacute; qu&rsquo;un pays comme le n&ocirc;tre, qui ne dispose pas de ressources &eacute;normes, a int&eacute;r&ecirc;t &agrave; limiter les d&eacute;perditions d&rsquo;argent et de fonds. Nous sommes d&eacute;termin&eacute;s &agrave; aller de l&rsquo;avant et nous avons non seulement proc&eacute;d&eacute; &agrave; des arrestations avec des traductions de responsables devant les tribunaux, mais nous avons aussi mis en place un certain nombre de structures : une commission nationale de lutte contre la corruption, une agence pour lutter contre le blanchiment d&rsquo;argent, on a cr&eacute;&eacute; une cour des comptes etc. Nous avons un certain nombre de structures permanentes qui ont pour finalit&eacute; de chercher &agrave; &eacute;radiquer la corruption et tout un service de bonne gouvernance. Nous pensons arriver &agrave; de bons r&eacute;sultats. Tenez, je peux donner quelques r&eacute;sultats : les recettes du port de Douala, qui atteignaient un certain niveau mais qui, d&egrave;s qu&rsquo;on a commenc&eacute; &agrave; appliquer la lutte contre la corruption, ces recettes ont augment&eacute; de 30 ou 40 %, donc c&rsquo;est int&eacute;ressant. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Et qu&rsquo;est-ce que vous dites &agrave; ceux qui n&rsquo;y croient pas, qui disent que c&rsquo;est de la poudre aux yeux ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA <br \/><\/strong>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;avec le temps, qu&rsquo;ils verront que ce n&rsquo;est pas de la poudre aux yeux. Je peux donner encore un r&eacute;sultat : prenez par exemple les salaires que l&rsquo;Etat paie aux fonctionnaires. Nous avons not&eacute; qu&rsquo;il y avait des agents qui touchaient deux, trois, voire quatre salaires, et gr&acirc;ce aux mesures d&rsquo;assainissement du fichier de soldes, nous avons pu &eacute;conomiser quelques milliards par mois. Les gens qui croient que c&rsquo;est une mode se trompent. C&rsquo;est vraiment un axe majeur dans la politique de redressement de notre &eacute;conomie. Nous avons poursuivi ces actions dans les march&eacute;s publics, dans les produits pharmaceutiques&hellip; C&rsquo;est une lutte absolument capitale pour le redressement des finances publiques et pour les m&oelig;urs. Egalement, quand les investisseurs viennent au Cameroun, c&rsquo;est absurde qu&rsquo;on dise &agrave; un investisseur &laquo; C&rsquo;est bien, vous voulez faire une usine, mais moi vous me donnez combien ? &raquo;. C&rsquo;est quelque chose qui d&eacute;go&ucirc;te et d&eacute;courage les investisseurs donc on a cr&eacute;&eacute; un bureau charg&eacute; de l&rsquo;accueil des investisseurs o&ugrave; tout est centralis&eacute;.<\/div>\n<div>&nbsp;<br \/><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Cela veut dire que vous allez avoir une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de dirigeants au Cameroun qui va venir et que vous esp&eacute;rez voir d&eacute;barrass&eacute; de ce fl&eacute;au.<\/div>\n<div>&nbsp;<br \/><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>C&rsquo;est &ccedil;a et je dois dire que cette lutte est tr&egrave;s populaire. La population m&rsquo;&eacute;crit tous les jours, pour me dire &laquo; Attention, tel acte est un d&eacute;tournement &raquo;, mais &eacute;videmment je fais des recherches, car si je les prenais au mot peut-&ecirc;tre que les prisons ne seraient pas assez grandes. C&rsquo;est une lutte qui est tr&egrave;s soutenue par la population, par les bailleurs de fonds, par la population europ&eacute;enne, par la France, par tous les pays avec qui nous sommes en coop&eacute;ration. Je ne suis pas na&iuml;f, je ne pense pas qu&rsquo;on ram&egrave;ne la corruption &agrave; z&eacute;ro mais il faut la ramener &agrave; des niveaux insignifiants, qui ne perturbent pas le d&eacute;veloppement. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>&Ccedil;a va prendre combien de temps ? Jusqu&rsquo;&agrave; la fin de votre mandat ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>M&ecirc;me avant la fin de mon mandat, on verra d&eacute;j&agrave; des r&eacute;sultats. Nous commencerons bient&ocirc;t &agrave; noter de bons r&eacute;sultats. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Eh bien nous allons suivre avec beaucoup d&rsquo;attention, car en &eacute;change de cette lutte contre la corruption vous obtenez un all&egrave;gement de la dette de la part des pays europ&eacute;ens et occidentaux donc c&rsquo;est tr&egrave;s important pour le Cameroun en g&eacute;n&eacute;ral. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Monsieur le pr&eacute;sident, comme le veut la tradition de cette &eacute;mission, je vous propose d&rsquo;&eacute;couter une question d&rsquo;un &eacute;crivain, d&rsquo;une &eacute;crivain connue, talentueuse, Calixthe Beyala, qui s&rsquo;adresse &agrave; vous. <\/div>\n<div><strong>Diffusion de la question de Calixte Beyala <br \/>Calixthe BEYALA <br \/>ECRIVAIN<\/strong> <br \/>Mes hommages Monsieur le pr&eacute;sident, <br \/>&laquo; Ma question porte sur l&rsquo;international. Il y a 20 ans on avait l&rsquo;impression qu&rsquo;il y avait plus de Camerounais occupant des postes importants dans les institutions internationales. Nous remarquons aujourd&rsquo;hui un recul de cette pr&eacute;sence camerounaise. Comment expliquez-vous cette situation ? Que comptez-vous faire pour y rem&eacute;dier ? La deuxi&egrave;me question porte &eacute;galement sur l&rsquo;international. Les artistes et intellectuels camerounais sont des v&eacute;ritables ambassadeurs de sa culture, de son &eacute;conomie, de sa diversit&eacute;. Or il s&rsquo;av&egrave;re que nous avons l&rsquo;impression que l&rsquo;Etat camerounais les n&eacute;glige et qu&rsquo;il estime peut-&ecirc;tre que le travail fait par ces intellectuels n&rsquo;est pas digne d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. Comment expliquez-vous cela ? Que comptez-vous faire pour rem&eacute;dier &agrave; ce malaise ? &raquo; <\/p>\n<p><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Monsieur le pr&eacute;sident, malaise intellectuel et recul de l&rsquo;influence camerounaise &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Je commencerais par les artistes. J&rsquo;ai nomm&eacute; &agrave; la t&ecirc;te du minist&egrave;re des Arts et de la culture un &eacute;crivain de talent, Oyono Ferdinand. Il a mis sur pieds un statut absolument r&eacute;volutionnaire qui permet aux artistes d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s (peintres, sculpteurs), jusque l&agrave;, c&rsquo;&eacute;tait presque du bricolage. Nous sommes en train de r&eacute;habiliter la fonction artistique. (&hellip;) J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; tr&egrave;s impressionn&eacute;, l&rsquo;autre jour, en visitant l&rsquo;exposition de peinture moderne camerounaise. C&rsquo;&eacute;tait absolument remarquable et &agrave; partir de produits camerounais. J&rsquo;ai demand&eacute; &agrave; l&rsquo;ambassadeur et &agrave; ceux qui &eacute;taient l&agrave; de me rappeler la n&eacute;cessit&eacute; de revoir les moyens de dynamiser encore plus le secteur artistique et culturel. Cet &eacute;crivain n&rsquo;est plus en mesure de s&rsquo;occuper de cette mission et j&rsquo;ai nomm&eacute; une dame, la nouvelle ministre de la Culture, qui prend cette affaire tr&egrave;s &agrave; c&oelig;ur et je pense que nous pourrons encore am&eacute;liorer la position des artistes dans le pays. Les hommes politiques passent mais les artistes et leurs &oelig;uvres restent. J&rsquo;ai dit &agrave; ma compatriote que nous allions accorder plus d&rsquo;importance encore &agrave; ce secteur. <br \/>Sur le probl&egrave;me des postes internationaux, je ne serais pas aussi affirmatif, parce que la nomination dans les organisations internationales ob&eacute;it &agrave; une certaine rotation entre les pays. Prenons par exemple l&rsquo;Unesco. Nous avons eu successivement quatre camerounais, chacun pendant quatre ans, comme membres du Conseil ex&eacute;cutif. Il y a quelques jours on a d&eacute;cid&eacute; de mettre quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre mais c&rsquo;est normal, c&rsquo;est la r&egrave;gle du jeu. Mais nous continuons &agrave; lutter pour que des Camerounais acc&egrave;dent &agrave; des postes importants. Nous venons d&rsquo;obtenir qu&rsquo;un Camerounais devienne Directeur g&eacute;n&eacute;ral des bois tropicaux, ce qui a &eacute;t&eacute; une lutte gigantesque. Il a fallu l&rsquo;appui de la Chine, du Br&eacute;sil et de la France pour gagner ce poste. Nous venons &eacute;galement de faire &eacute;lire un camerounais &agrave; un organe important &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle mondiale : les douanes. Donc, s&rsquo;il y a des gens qui perdent leur poste, il y en a d&rsquo;autres qui arrivent. Et ne soyons pas &eacute;go&iuml;stes, nous ne sommes pas seuls. Tous les pays veulent avoir leurs repr&eacute;sentants dans des organisations internationales. Nous nous battons. Quelquefois nous gagnons, et quelquefois nous perdons.<br \/>&nbsp; <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Je vous propose, Monsieur le pr&eacute;sident, de revenir sur cette nouvelle page qui s&rsquo;ouvre entre le Cameroun et la France en &eacute;coutant le discours du Pr&eacute;sident Sarkozy &agrave; Dakar. C&rsquo;est un discours qui a suscit&eacute; une v&eacute;ritable pol&eacute;mique, regardons cela ensemble. <\/p>\n<p><strong>Diffusion d&rsquo;un extrait du discours : <\/strong><br \/>Le drame de l&rsquo;Afrique, c&rsquo;est que l&rsquo;homme africain n&rsquo;est pas assez entr&eacute; dans l&rsquo;histoire. Le paysan africain, qui depuis des mill&eacute;naires, vit avec les saisons, dont l&rsquo;id&eacute;al de vie est d&rsquo;&ecirc;tre en harmonie avec la nature, ne conna&icirc;t que l&rsquo;&eacute;ternel recommencement du temps rythm&eacute; par la r&eacute;p&eacute;tition sans fin des m&ecirc;mes gestes et des m&ecirc;mes paroles. <br \/>Dans cet imaginaire o&ugrave; tout recommence toujours, il n&rsquo;y a de place ni pour l&rsquo;aventure humaine, ni pour l&rsquo;id&eacute;e de progr&egrave;s. <br \/>Dans cet univers o&ugrave; la nature commande tout, l&rsquo;homme &eacute;chappe &agrave; l&rsquo;angoisse de l&rsquo;histoire qui tenaille l&rsquo;homme moderne mais l&rsquo;homme reste immobile au milieu d&rsquo;un ordre immuable o&ugrave; tout semble &ecirc;tre &eacute;crit d&rsquo;avance. <br \/>Jamais l&rsquo;homme ne s&rsquo;&eacute;lance vers l&rsquo;avenir. Jamais il ne lui vient &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de sortir de la r&eacute;p&eacute;tition pour s&rsquo;inventer un destin. <\/p>\n<p><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Monsieur le pr&eacute;sident, votre commentaire ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>J&rsquo;ai &eacute;cout&eacute; ce discours. Je crois qu&rsquo;il m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre lu et relu&hellip; <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Certains l&rsquo;ont jug&eacute; colonialiste, d&rsquo;autres racistes et le pr&eacute;sident sud-africain a dit &laquo; Pas du tout, c&rsquo;est un bon discours &raquo;. <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Si vous voulez mon avis, je suis plus proche du point de vue du pr&eacute;sident sud-africain. (&hellip;) Il me semble que ce discours pose les jalons d&rsquo;une nouvelle &egrave;re de coop&eacute;ration entre la France et l&rsquo;Afrique. C&rsquo;est un discours qui s&rsquo;adressait aux adultes. Ce que moi j&rsquo;ai surtout retenu, c&rsquo;est qu&rsquo;il fallait que les africains cessent de se plaindre du pass&eacute; colonial, de l&rsquo;ali&eacute;nation coloniale et qu&rsquo;ils assument le double h&eacute;ritage : l&rsquo;h&eacute;ritage africain &#8211; qui est le leur, qui est inn&eacute; &#8211; et ce qu&rsquo;ils ont pu acqu&eacute;rir au contact avec les milieux occidentaux, et qu&rsquo;ils se tournent vers l&rsquo;avenir. Je crois que c&rsquo;est ce qu&rsquo;il faut faire. Beaucoup de pays ont &eacute;t&eacute; colonis&eacute;, par les Romains, par exemple. Ou le Japon qui, &agrave; l&rsquo;&egrave;re du Meiji, &eacute;tait plus ou moins colonis&eacute;. Ils ont acquis la technologie et une certaine culture occidentale et aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est une grande puissance. Je crois que c&rsquo;est cet appel qui est lanc&eacute; &agrave; la jeunesse. Voil&agrave;, je crois, ce qu&rsquo;on doit avoir compris de ce discours. Il y a &eacute;galement de tr&egrave;s beaux passages o&ugrave; il cite l&rsquo;apport de notre culture n&egrave;gre &agrave; l&rsquo;&acirc;me moderne. Nous allons vers une civilisation de m&eacute;tissage, on ne peut pas aller &agrave; l&rsquo;universel en se repliant sur un &acirc;ge d&rsquo;or pr&eacute;colonial. Nous sommes un peu tout &ccedil;a : nous sommes africains, il y a eu l&rsquo;apport de l&rsquo;Occident, il y a eu l&rsquo;apport des religions chr&eacute;tiennes, musulmanes, nous sommes fait de tout cela. Mais l&rsquo;important est de se projeter vers l&rsquo;avenir et d&rsquo;entrer dans la modernit&eacute;. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Le pr&eacute;sident Sarkozy parle aussi d&rsquo;immigration choisie, est-ce que vous &ecirc;tes d&rsquo;accord ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>En ce qui concerne l&rsquo;immigration, je m&rsquo;abstiendrais de donner un accord. L&rsquo;immigration est un domaine de politique int&eacute;rieure. La France est un pays amen&eacute; &agrave; d&eacute;finir souverainement sa politique d&rsquo;immigration. Ce que nous avons &agrave; faire, c&rsquo;est nous adapter et, peut-&ecirc;tre, faire quelques suggestions et des souhaits, dire que cette nouvelle politique d&rsquo;immigration, nous souhaitons qu&rsquo;elle soit appliqu&eacute;e avec humanit&eacute; et avec souplesse. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Mais certains de vos coll&egrave;gues africains ont dit &laquo; Chez nous, il n&rsquo;y a pas de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; ou d&rsquo;hospitalit&eacute; choisie, on accepte tout le monde, on invite tout le monde et tout le monde est le bienvenu &raquo;. <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Chez nous, c&rsquo;est chez nous, et ici c&rsquo;est la France. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Et le test ADN. Vous savez que la France vient de passer une loi qui l&rsquo;autorise, dans certaines conditions, avec un contr&ocirc;le, les tests ADN pour voir quelles sont les filiations, par exemple pour les enfants qui veulent venir en France. Est-ce que cela vous a choqu&eacute;, comme cela a choqu&eacute;, d&rsquo;ailleurs, certains ministres fran&ccedil;ais du gouvernement de Nicolas Sarkozy. <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>C&rsquo;est un d&eacute;bat int&eacute;ressant, qui oppose les moralistes, les politiciens, les juristes. L&agrave;, comme c&rsquo;est un aspect d&rsquo;une r&eacute;glementation g&eacute;n&eacute;rale sur laquelle je me refuse de m&rsquo;exprimer, s&rsquo;agissant d&rsquo;une loi d&rsquo;un autre pays. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Mais au Cameroun, est-ce que &ccedil;a a &eacute;t&eacute; bien pris, ce test ADN ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Au Cameroun, je crois que la plupart ont rejet&eacute; ce test ADN. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Et vous ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA <br \/><\/strong>Je m&rsquo;abstiens de porter un jugement &hellip;<\/div>\n<div>&nbsp;<br \/><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>On sent une petite critique dans l&rsquo;absentions, quand m&ecirc;me.<\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Je m&rsquo;abstiens de porter un jugement car je crois que ce sont des d&eacute;cisions qui ont &eacute;t&eacute; prises en toute souverainet&eacute;. Il m&rsquo;est revenu d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il y a d&rsquo;autres pays qui recourent &agrave; ces tests, d&rsquo;autre pays europ&eacute;ens et peut-&ecirc;tre qu&rsquo;il y en a d&rsquo;autres. Il me semble que l&rsquo;Afrique doit faire tout ce qu&rsquo;elle peut pour essayer de rendre acceptable ou supportables les lois qui se font et qui les concernent. Mais quand ces lois sont vot&eacute;es, notre devoir est de les respecter, par respect pour la souverainet&eacute; des pays. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Parlons un peu de vous personnellement, vous &ecirc;tes au pouvoir depuis un quart de si&egrave;cle. Vous avez &eacute;t&eacute; confront&eacute; &agrave; une tentative de coup d&rsquo;Etat contre vous et tout le monde se demande jusqu&rsquo;&agrave; quand vous allez rester en politique. Je vous propose d&rsquo;&eacute;couter une question qui nous est venue de l&rsquo;un de nos t&eacute;l&eacute;spectateurs. Regardons ensemble. <\/div>\n<div><strong>Diffusion de la question <br \/>Louis KEUMAYOU<\/strong> <br \/>Pr&eacute;sident de l&rsquo;Association de la presse panafricaine (APPE) <br \/>Correspondant du quotidien camerounais &laquo; Le Messager &raquo; <br \/>Monsieur le Pr&eacute;sident, <br \/>&laquo; Certaines mauvaises langues vous pr&ecirc;tent la volont&eacute; de changer la constitution en 2011 pour vous repr&eacute;senter &agrave; la pr&eacute;sidence du Cameroun. Est-ce que vous pouvez nous dire aujourd&rsquo;hui si oui ou non vous serez candidat &agrave; votre propre succession en 2011 ? &raquo; <\/p>\n<p><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Alors c&rsquo;est la grande question au Cameroun. Vous &ecirc;tes effectivement &eacute;lu jusqu&rsquo;en 2011, et apr&egrave;s ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Ce que je peux d&eacute;j&agrave; dire, c&rsquo;est que les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles camerounaises en 2011 sont certaines mais je les consid&egrave;re comme lointaines. J&rsquo;ai un mandat de sept ans et j&rsquo;ai fait la moiti&eacute; de ce mandat. A l&rsquo;heure actuelle nous avons d&rsquo;autres priorit&eacute;s et la constitution telle qu&rsquo;elle est aujourd&rsquo;hui ne me permet pas de briguer un troisi&egrave;me mandat. Cela &eacute;tant, nous avons d&rsquo;autres urgences : lutte contre la corruption, contre le SIDA, contre la pauvret&eacute;. Il faut assurer la stabilit&eacute; dans l&rsquo;Afrique centrale et j&rsquo;estime que ces probl&egrave;mes d&rsquo;&eacute;lections sont pos&eacute;s pr&eacute;matur&eacute;ment. Il y a d&rsquo;autres urgences en ce moment. La constitution &agrave; l&rsquo;heure actuelle ne me permet pas d&rsquo;envisager un autre mandat. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Mais est-ce que vous pourriez faire comme d&rsquo;autres chefs d&rsquo;Etat africains qui transmettent le pouvoir, en disant par exemple, &laquo; Je ne me pr&eacute;sente plus &raquo;, dans une grande tradition d&eacute;mocratique ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA <br \/><\/strong>Nous avons fait tous ces efforts pour b&acirc;tir une d&eacute;mocratie. Le moment venu, il y aura des candidats et je crois que l&rsquo;id&eacute;e de pr&eacute;parer quelqu&rsquo;un, cela rel&egrave;ve de m&eacute;thodes proches de la monarchie ou de l&rsquo;oligarchie. Les Camerounais sont assez m&ucirc;rs, ils pourront choisir, le moment venu. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Il n&rsquo;y a pas de dauphin, alors ?<\/div>\n<div>&nbsp;<br \/><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Je crois que dans une r&eacute;publique, le mot &laquo; dauphin &raquo; r&eacute;sonne mal. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Mais vous, vous auriez envie de vous repr&eacute;senter ou pourrez-vous, &eacute;ventuellement, ne pas le faire ? Quel est votre sentiment aujourd&rsquo;hui ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Le Cameroun a vraiment d&rsquo;autres probl&egrave;mes &agrave; r&eacute;soudre que celui-l&agrave; mais je laisse ceux qui veulent ouvrir ce d&eacute;bat. Parce qu&rsquo;il y a aussi des gens qui disent que pour assurer la continuit&eacute; il faut que le pr&eacute;sident se repr&eacute;sente. Je laisse le d&eacute;bat se d&eacute;rouler mais pour le moment, la constitution ne me permet pas un troisi&egrave;me mandat et je sais aussi que les constitutions ne sont pas faites ne varietur, le peuple lui-m&ecirc;me d&eacute;termine ce qui est bon pour lui, alors nous sommes &agrave; l&rsquo;&eacute;coute, mais je somme mes compatriotes de s&rsquo;atteler &agrave; des t&acirc;ches plus urgentes. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Il y a aussi des Camerounais, sans attendre 2011, qui vous demandent d&rsquo;aller dans le sens de plus de d&eacute;mocratie. Ecoutons cette autre question de l&rsquo;un de vos compatriotes. <\/div>\n<div><strong>Diffusion de la question Jean Paul Tchakote. <br \/>Question Jean-Paul TCHAKOTE <br \/>Pr&eacute;sident de la section du Front Social D&eacute;mocrate (SDF) de France <\/p>\n<p><\/strong>Bonjour monsieur le Pr&eacute;sident, <\/p>\n<p>&laquo; Nous venons de vivre des &eacute;lections coupl&eacute;es municipales et l&eacute;gislatives, le 22 juillet dernier, et les partielles le 30 septembre. Au cours de ces &eacute;lections nous avons not&eacute; une importante abstention, moins de 15% d&rsquo;&eacute;lecteurs inscrits dans certaines circonscriptions, ce qui correspond &agrave; moins de 7% du potentiel &eacute;lectoral, voire beaucoup moins compte tenu du fait que les chiffres issus du dernier recensement ne sont toujours pas publi&eacute;s. Monsieur le Pr&eacute;sident, admettez-vous l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un dialogue national bas&eacute; sur une r&eacute;conciliation v&eacute;ritable avec le retour de la d&eacute;pouille du Pr&eacute;sident Ahidjo, un dialogue avec vos opposants y compris monsieur John Fru Ndi que vous n&rsquo;avez toujours pas rencontr&eacute; en 17 ann&eacute;es de multipartisme ? &raquo; <\/p>\n<p><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>C&rsquo;est la question fondamentale du dialogue entre un Pr&eacute;sident et son opposition. Est-ce que c&rsquo;est possible au Cameroun ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>D&rsquo;abord les statistiques qu&rsquo;il donne sont sujettes &agrave; contestation. L&rsquo;abstention n&rsquo;&eacute;tait pas aussi importante. Et je note aussi qu&rsquo;ailleurs dans le monde il y a une tendance &agrave; l&rsquo;abstention au moment des votes. Les &eacute;lections ont enregistr&eacute; une participation au moins &eacute;gale &agrave; la moyenne de 60 % et il y a eu des r&eacute;gions o&ugrave; l&rsquo;on a vot&eacute; &agrave; 90 %. Voil&agrave; pour les statistiques. <br \/>Quant au dialogue, nous sommes pour le dialogue. Je prends les &eacute;lections du 22 juillet dernier, les &eacute;lections l&eacute;gislatives et municipales. Nous les avons gagn&eacute;es. Nous avons gagn&eacute; 140 d&eacute;put&eacute;s contre 13 pendant les partielles. Nous pouvions occuper tous les postes. Qu&rsquo;est-ce que nous avons fait ? Nous avons ouvert un dialogue avec les partis politiques pour leur dire &laquo; Il faut partager, nous vous demandons de vous associer &agrave; nous dans la gestion du parti. &raquo; On l&rsquo;a fait &agrave; l&rsquo;assembl&eacute;e nationale. Le bureau de l&rsquo;assembl&eacute;e nationale comprend les membres de mon parti mais aussi les membres des partis de l&rsquo;opposition. Les commissions &agrave; l&rsquo;assembl&eacute;e, le poste de vice-pr&eacute;sident, on s&rsquo;est r&eacute;parti cela. Apr&egrave;s, le dialogue est difficile avec une opposition qui, malgr&eacute; sa d&eacute;faite, demande &agrave; pr&eacute;sider l&rsquo;assembl&eacute;e nationale, vous vous rendez compte ? Ils ont fini par accepter la vice-pr&eacute;sidence. Il a cit&eacute; le cas du leader de l&rsquo;opposition, Monsieur Fru Ndi. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;on ne s&rsquo;est pas rencontr&eacute;s et il ne me d&eacute;mentira pas : on avait pris rendez-vous pour discuter et il a choisi le village, mon village, qui n&rsquo;est pas tr&egrave;s loin de Yaound&eacute;. J&rsquo;&eacute;tais d&rsquo;accord mais au dernier moment c&rsquo;est lui qui n&rsquo;est pas venu. Nous dialoguons avec les leaders de l&rsquo;opposition, je m&rsquo;inscris en faux contre cette remarque. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Donc vous seriez d&rsquo;accord pour le revoir ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Mais je suis pr&ecirc;t &agrave; le rencontrer, je n&rsquo;ai pas de probl&egrave;mes, nous avons encore un S&eacute;nat &agrave; &eacute;lire, nous avons des assembl&eacute;es r&eacute;gionales &agrave; &eacute;lire, nous voulons qu&rsquo;il y ait de la monnaie dans la gestion des affaires de l&rsquo;Etat. Mais je n&rsquo;ai aucune esp&egrave;ce de m&eacute;pris contre qui que ce soit, une bonne partie des membres de mon gouvernement viennent de l&rsquo;opposition. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Donc vous &ecirc;tes comme Nicolas Sarkozy, en France&hellip; ?<\/div>\n<div>&nbsp;<br \/><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Voil&agrave; ! Et les membres de mon parti sont un peu r&eacute;ticents mais je leur dis qu&rsquo;il faut partager. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <br \/><\/strong>Donc le Cameroun est en train de changer, c&rsquo;est &ccedil;a votre message ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Le Cameroun est en train de changer, je le fais depuis m&ecirc;me avant ces &eacute;lections, nous &eacute;tions majoritaires mais j&rsquo;ai donn&eacute; des portefeuilles aux partis de l&rsquo;opposition. Il en est de m&ecirc;me pour les fonctions &agrave; l&rsquo;assembl&eacute;e nationale, je n&rsquo;ai fait que reconduire une politique d&rsquo;ouverture qui est ancienne et qui est, je crois, utile dans nos pays jeunes comme le n&ocirc;tre, pour faire en sorte que la loi de participation &agrave; la gestion de la chose publique soit forte. J&rsquo;ai cru comprendre qu&rsquo;il y avait un probl&egrave;me pour ce qui est de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Oui, la d&eacute;pouille du Pr&eacute;sident Ahmadou Ahidjo&hellip; <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Oui, il y a eu des &eacute;v&eacute;nements malheureux, sur lesquels je ne reviendrai pas, en 1984, et l&rsquo;assembl&eacute;e nationale, sur ma proposition, a vot&eacute; une loi d&rsquo;amnistie. Ceux qui ont v&eacute;cu ces tristes &eacute;v&eacute;nements ont retrouv&eacute; leurs droits, il y en a m&ecirc;me qui sont au gouvernement. Le probl&egrave;me du rapatriement de la d&eacute;pouille de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident est, selon moi, un probl&egrave;me d&rsquo;ordre familial. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Et vous seriez d&rsquo;accord ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA <br \/><\/strong>Je n&rsquo;ai pas d&rsquo;objection, et je dois dire que le fils de mon pr&eacute;d&eacute;cesseur est d&eacute;put&eacute;. Je n&rsquo;ai pas de probl&egrave;me avec la famille de mon pr&eacute;d&eacute;cesseur, ses filles et ses fils vont et viennent et personne ne les a jamais inqui&eacute;t&eacute;s. Si la famille de mon pr&eacute;d&eacute;cesseur d&eacute;cide de faire transf&eacute;rer les restes du Pr&eacute;sident rapatrier Ahidjo, c&rsquo;est une d&eacute;cision qui ne d&eacute;pend que d&rsquo;eux, je n&rsquo;ai pas d&rsquo;objections ni d&rsquo;observation &agrave; faire. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Dernier chapitre de cette &eacute;mission sp&eacute;ciale, Monsieur le Pr&eacute;sident, le Cameroun va jouer un r&ocirc;le essentiel dans la mise en place de la force europ&eacute;enne au Darfour, au Tchad et en Centrafrique, puisqu&rsquo;il va accueillir le passage des soldats qui iront vers les zones concern&eacute;es et que vous allez former, pr&egrave;s de Yaound&eacute;, un certain nombre d&rsquo;officiels qui vont participer au maintien de l&rsquo;ordre. Alors c&rsquo;est important d&rsquo;avoir un Cameroun stable, qui accepte cette contribution, vous confirmez ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Je peux vous confirmer que c&rsquo;est un acte de confiance vis-&agrave;-vis du Cameroun et nous pensons aussi que c&rsquo;est dans l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du Cameroun. Nous avons une position assez centrale, assez strat&eacute;gique. Il se trouve qu&rsquo;il y a des zones assez perturb&eacute;es non loin du Cameroun. Nous avons demand&eacute; &agrave; l&rsquo;OUA, &agrave; l&rsquo;ONU et &agrave; l&rsquo;Union europ&eacute;enne de nous aider &agrave; stabiliser la r&eacute;gion. Je viens encore de remercier le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise pour l&rsquo;action tr&egrave;s d&eacute;cisive qu&rsquo;il a conduite dans ce domaine. Donc il faut aussi que nous apportions notre contribution, nous sommes pr&ecirc;ts &agrave; accueillir d&rsquo;abord ces &eacute;coles de formation et nous avons donn&eacute; notre accord pour aider au convoyage de mat&eacute;riel, notamment pour ce qui est du Tchad et de la RCA et &agrave; partir du territoire camerounais ce sont nos forces qui vont&hellip; <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Et vous allez &eacute;galement contribuer &agrave; la force elle-m&ecirc;me, la force hybride ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Nous sommes d&eacute;j&agrave; en train de contribuer, nous avons des policiers en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, au Darfour, au Tchad, en R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo, &agrave; Ha&iuml;ti. Maintenant que le conflit avec le Nigeria est presque r&eacute;solu, nous allons pouvoir apporter une contribution plus significative en termes de contingent militaire. Nous le faisons avec joie pour participer &agrave; la remise en ordre des &eacute;conomies et des Etats de la r&eacute;gion. C&rsquo;est notre int&eacute;r&ecirc;t aussi. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Effectivement, car c&rsquo;est une crise grave qui a d&eacute;j&agrave; fait plusieurs centaines de milliers de morts, 200 000 morts au Darfour. On va r&eacute;ussir &agrave; r&eacute;gler la crise du Darfour &agrave; votre avis ? <\/div>\n<div><strong>Paul BIYA <br \/><\/strong>Je pense qu&rsquo;il faut essayer. Il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire d&rsquo;esp&eacute;rer pour entreprendre. Ni de r&eacute;ussir pour pers&eacute;v&eacute;rer. Il faut commencer. Mais je crois qu&rsquo;avec l&rsquo;intervention de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, de l&rsquo;ONU et de l&rsquo;Union africaine. Et si y ajoute un dialogue sinc&egrave;re entre les parties en pr&eacute;sence, il ne fait pas de doute qu&rsquo;on va r&eacute;soudre ce probl&egrave;me. <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>Enfin, derni&egrave;re question, Monsieur le Pr&eacute;sident. Le sommet Europe-Afrique &agrave; Lisbonne, au Portugal, vous allez y aller ? Faut-il inviter Mugabe ?<\/div>\n<div><strong>&nbsp;<br \/>Paul BIYA<\/strong> <br \/>Je peux vous dire que je suis heureux d&rsquo;y aller et que j&rsquo;y serai. Je consid&egrave;re simplement qu&rsquo;&eacute;tant donn&eacute; l&rsquo;importance des enjeux il me semble insignifiant de s&rsquo;arr&ecirc;ter sur le cas d&rsquo;une personne en particulier. Mugabe dirige un Etat, nous voulons un dialogue global entre l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique. Je souhaiterais que nos amis europ&eacute;ens et notamment la Grande-Bretagne accepte que toute l&rsquo;Afrique qui veut y participer y participe. En tout cas en ce qui me concerne, je peux vous donner l&rsquo;assurance que j&rsquo;y serai ! <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET <\/strong><br \/>Tr&egrave;s bien, Monsieur le Pr&eacute;sident Paul Biya je vous remercie de nous avoir accord&eacute; cette interview, je le rappelle, la premi&egrave;re depuis vingt ans &agrave; une t&eacute;l&eacute;vision fran&ccedil;aise. Merci de l&rsquo;avoir accord&eacute; &agrave; France 24<\/div>\n<div>&nbsp;<br \/><strong>Paul BIYA<\/strong> <br \/>C&rsquo;est moi qui vous remercie et j&rsquo;esp&egrave;re que nous n&rsquo;attendrons pas vingt ans pour recommencer. (rires) <\/div>\n<div><strong>Ulysse GOSSET<\/strong> <br \/>et bien entendu je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle &eacute;mission sp&eacute;ciale du Talk de Paris. 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