{"id":29366,"date":"2009-06-02T17:45:36","date_gmt":"2009-06-02T17:45:36","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3150","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3150\/","title":{"rendered":"Tradition : Le Nekang c\u00e9l\u00e9br\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Bamougoum a accueilli le site ancestral le week-end dernier dans la ferveur. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Un air de f&ecirc;te a souffl&eacute; sur le village, renforc&eacute; par le port &eacute;l&eacute;gant, dans des milieux culturels de Bamougoum, de tenues z&eacute;br&eacute;es. Une image attrayante de la derni&egrave;re sortie du \u00a0\u00bbNekang\u00a0\u00bb, c&eacute;r&eacute;monie d&rsquo;initiation qui a uni environ de milliers d&rsquo;&acirc;mes, ressortissants ou non de ce groupement peupl&eacute; d&rsquo;environ 80.000 personnes. Et dont l&rsquo;une des &eacute;ditions s&rsquo;est cl&ocirc;tur&eacute;e le 30 mai dernier &agrave; la place des f&ecirc;tes de la chefferie dudit village dans une sorte de symbiose. Rien n&rsquo;a d&eacute;natur&eacute; les bases d&rsquo;une culture qui puise ses racines dans les profondeurs d&rsquo;une histoire qui date de 1403. Bamougoum a creus&eacute; dans son pass&eacute; pour revivre les moments forts d&rsquo;un rite qui n&rsquo;a d&rsquo;&eacute;gal que la puissance de sa mystique.<\/p>\n<p> Le geste, le regard ou le sourire, tout cela compte. Parce que les initi&eacute;s, pr&egrave;s un millier de gar&ccedil;ons &acirc;g&eacute;s de six &agrave; quinze ans, et m&ecirc;me plus -quand on n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; initi&eacute; au d&eacute;part-, glissent dans la chanson comme dans l&rsquo;espace : &quot;Rite d&rsquo;initiation des jeunes et de purification du royaume, le Nekang devient de plus en plus un symbole de b&eacute;n&eacute;diction, de r&eacute;conciliation et d&rsquo;ouverture sur l&rsquo;ext&eacute;rieur&quot;, explique le chef sup&eacute;rieur Bamougoum, S.M. Jacques Fotso Kankeu, gardien de ce patrimoine s&eacute;culaire. On ne tarde donc pas &agrave; comprendre que c&rsquo;est l&rsquo;apoth&eacute;ose d&rsquo;un long stade bloqu&eacute; de neuf semaines, au cours duquel jeunes et adultes sont entr&eacute;s en communion avec leurs anc&ecirc;tres. Entre-temps, toutes les activit&eacute;s sont suspendues dans le village. Pas un cri de deuil, pas un son de balafon, pas une trace de houe. Il faut attendre quelques semaines pour secouer la grosse calebasse emplie de vin de raphia. C&rsquo;est aussi le moment pour la vieille garde de remettre son fusil traditionnel &agrave; l&rsquo;&eacute;paule, pour la conqu&ecirc;te d&rsquo;autres espaces. Etant donn&eacute; entendu que le village vient d&rsquo;&ecirc;tre purifi&eacute; par l&rsquo;immolation d&rsquo;une ch&egrave;vre. <\/p>\n<p><strong>Purification <\/strong><br \/>La sc&egrave;ne se d&eacute;roule devant le gouverneur de la r&eacute;gion de l&rsquo;Ouest, o&ugrave; le sang qui en sort est asperg&eacute; dans les alentours pour chasser un &eacute;ventuel d&eacute;mon. Bamougoum se s&eacute;pare des habitants diaboliques, causes de tous les maux : mauvaises r&eacute;coltes, d&eacute;c&egrave;s suspects, banditisme etc. le sentiment de solidarit&eacute; refait surface dans les c&oelig;urs qui commen&ccedil;aient d&eacute;j&agrave; &agrave; en manquer. &quot;Nous constatons effectivement que la culture est l&rsquo;&acirc;me d&rsquo;un peuple. Je comprends donc que c&rsquo;est important d&rsquo;initier les enfants et les plus grands pour assurer la rel&egrave;ve. Le peuple Bamougoum et les autres l&rsquo;ont d&eacute;montr&eacute; &agrave; plusieurs occasions pour des besoins de conservation de leur culture&quot;, appr&eacute;cie Calvin Foinding, d&eacute;put&eacute; et vice-pr&eacute;sident &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale. <\/p>\n<p>Le son de tam-tam retentit d&rsquo;une case traditionnelle. Le moment tant attendu arrive. Il y a un monde fou. La m&eacute;ditation s&rsquo;arr&ecirc;te, d&egrave;s lors que qu&rsquo;on amorce la phase cruciale de la parade. Les danseurs du \u00a0\u00bbNekang\u00a0\u00bb sortent de leur cachette, pour exhiber leurs parures. Il n&rsquo;y a que des notables et autres dignitaires pour l&rsquo;ex&eacute;cuter. Des gens qui partent d&rsquo;un bout &agrave; l&rsquo;autre, dans un rang qui se perd dans l&rsquo;autre extr&eacute;mit&eacute;, sans que l&rsquo;on sache o&ugrave; il commence. Le chef sup&eacute;rieur Bamougoum conduit lui-m&ecirc;me les troupes. Le pied gauche doit &ecirc;tre lev&eacute; ace dext&eacute;rit&eacute;. Afin de traduire tout le sens qu&rsquo;on veut donner au \u00a0\u00bbNekang\u00a0\u00bb. Une trentaine de ses pairs, chefs traditionnels, appr&eacute;cient le geste. Ils sont venus de tous les autres villages : Bandjoun, Bafou, Bafoussam, Bamendjou, Bameka, Bapa, Baham etc. <\/p>\n<p>Les reines, une trentaine identifi&eacute;e, n&rsquo;ont pas trahi le secret dans une vaste cour color&eacute;e, o&ugrave; elles exposent des chefs-d&rsquo;&oelig;uvre architecturaux tels que des statues bard&eacute;es de perles. Le festival du Nekang qui se veut biennal offre aux visiteurs une culture riche et vari&eacute;e. Ceux qui y &eacute;taient reviendront sans doute en 2011 pour perp&eacute;trer ce que les anc&ecirc;tres Bamougoum ont expos&eacute; en leur temps. La participation au Nekang est obligatoire pour les natifs Bamougoum. Surtout que celui qui ne s&rsquo;initie pas ne re&ccedil;oit aucun honneur. D&rsquo;o&ugrave; le souci des jeunes, pour acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle socio-traditionnelle sup&eacute;rieure, de se prendre en charge, d&rsquo;&ecirc;tre courageux devant les &eacute;preuves. Et de devenir des hommes. <\/p>\n<p><em>Michel Ferdinand <\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bamougoum a accueilli le site ancestral le week-end dernier dans la ferveur. &#8211; Un air de f&ecirc;te a souffl&eacute; sur le village,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29366","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29366","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29366"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29366\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}