{"id":29375,"date":"2009-06-04T10:55:49","date_gmt":"2009-06-04T10:55:49","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3159","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3159\/","title":{"rendered":"Guillaume Oyono Mbia*"},"content":{"rendered":"<p>Cet \u00e9crivain aujourd&rsquo;hui notoirement connu \u00e0 travers le monde a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre qui a fait le tour du monde et qui, \u00e0 ce jour, a \u00e9t\u00e9 traduite en au moins cinq langues : Trois pr\u00e9tendants \u2026un mari. &#8211; <strong><font color=\"#000000\">    <\/font><\/strong><\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> Guillaume Oyono Mbia f&ecirc;te ses 70 ans le 2 mars prochain. Cet &eacute;crivain aujourd&rsquo;hui notoirement connu &agrave; travers le monde a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute; par une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre qui a fait le tour du monde et qui, &agrave; ce jour, a &eacute;t&eacute; traduite en au moins cinq langues : Trois pr&eacute;tendants &hellip;un mari. Depuis sa premi&egrave;re &eacute;dition en 1964, cette pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre n&rsquo;a cess&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;&eacute;dit&eacute;e. Elle a fait et continue de faire l&rsquo;objet de travaux de recherche dans les universit&eacute;s ; elle a &eacute;t&eacute; jou&eacute;e dans presque tous les pays francophones du continent. La pi&egrave;ce est inscrite dans les programmes de l&rsquo;enseignement secondaire de plusieurs pays d&rsquo;Afrique au nombre desquels figurent le S&eacute;n&eacute;gal, le Mali, le Niger, le Cameroun&hellip;<\/p>\n<p>Pourtant, ce chef-d&rsquo;&oelig;uvre qui r&eacute;siste admirablement &agrave; l&rsquo;usure du temps aurait pu ne pas &ecirc;tre publi&eacute;. Trois pr&eacute;tendants&hellip;un mari est en effet, au d&eacute;part, la somme des observations personnelles du jeune Oyono Mbia qui a assist&eacute; &agrave; une c&eacute;r&eacute;monie de dot, augment&eacute;e du fruit de son imagination personnelle et consign&eacute;es dans un cahier d&rsquo;&eacute;colier. Ce cahier d&rsquo;&eacute;colier sera remis par &eacute;tourderie &agrave; son professeur de fran&ccedil;ais, en lieu et place du devoir &agrave; faire &agrave; la maison que ce dernier avait donn&eacute;. S&rsquo;attendant &agrave; &ecirc;tre gourmand&eacute;, le jeune auteur fut plut&ocirc;t encourag&eacute; &agrave; mener &agrave; son terme son projet d&rsquo;&eacute;criture. Ce qui fut fait, admirablement ! Depuis lors, quel destin pour cette pi&egrave;ce ! Trois pr&eacute;tendants&hellip;un mari est la premi&egrave;re &oelig;uvre de fiction parue aux &eacute;ditions CLE ? la premi&egrave;re &eacute;dition est une simple version dactylographi&eacute;e sur papier au format A4, agraf&eacute;e au dos. Malgr&eacute; cette forme originelle modeste, la pi&egrave;ce a d&egrave;s sa parution frapp&eacute; les esprits et retenu l&rsquo;attention &agrave; la fois des lecteurs anonymes et des responsables et acteurs culturels divers.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;invitation &agrave; l&rsquo;ambassade de France &agrave; Yaound&eacute;<\/strong><br \/>Cr&eacute;&eacute;e &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;une visite d&rsquo;officiels camerounais et fran&ccedil;ais dans le R&eacute;gion du Sud Cameroun, c&rsquo;est par la pi&egrave;ce de Guillaume Oyono Mbia que fut inaugur&eacute; le Centre Culturel Fran&ccedil;ais de Yaound&eacute;, en l&rsquo;absence de l&rsquo;auteur qui n&rsquo;en fut m&ecirc;me pas inform&eacute;. Apr&egrave;s le succ&egrave;s de la repr&eacute;sentation de Yaound&eacute; l&rsquo;ambassadeur de France &agrave; Yaound&eacute; demanda &agrave; recevoir l&rsquo;auteur de la pi&egrave;ce. On retrouva ainsi le jeune &eacute;l&egrave;ve nomm&eacute; Guillaume Oyono Mbia &agrave; qui on donna pour seule information que l&rsquo;Ambassadeur de France &agrave; Yaound&eacute; voulait le voir. Ne sachant pas &agrave; l&rsquo;avance l&rsquo;objet de cette invitation in&eacute;dite, Oyono Mbia confesse qu&rsquo;il s&rsquo;y rendit, la peur au ventre, convaincu qu&rsquo;il n&rsquo;en sortirait pas libre ; si ses parents et autres connaissances de Mvoutessi et des environs incarc&eacute;r&eacute;s &eacute;taient arr&ecirc;t&eacute;s directement dans leurs villages et conduits dans les ge&ocirc;les sans autre forme de proc&egrave;s, sa faute &agrave; lui, se disait-il, devait &ecirc;tre bien grave pour que le &quot; chef des blancs &quot; exige de le rencontrer avant de l&rsquo;envoyer au gnouf. Assis devant l&rsquo;Ambassadeur de France, dans son bureau, il en &eacute;tait encore &agrave; essayer de comprendre le pourquoi de sa pr&eacute;sence l&agrave; que l&rsquo;ouverture du champagne qu&rsquo;il prit pour l&rsquo;explosion d&rsquo;une arme ajouta &agrave; sa confusion de jeune &eacute;l&egrave;ve de campagne. L&rsquo;auteur des Chroniques de Mvoutessi avoue que le champagne qui lui fut servi dans cette atmosph&egrave;re &eacute;trange n&rsquo;envo&ucirc;ta pas son palais ; c&rsquo;est peut-&ecirc;tre pourquoi il n&rsquo;en est pas devenu un amateur. <\/p>\n<p><strong>L&rsquo;oral du baccalaur&eacute;at. <\/strong><br \/>Apr&egrave;s l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;Ambassade de France, une autre m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre cont&eacute;e : c&rsquo;est le passage de l&rsquo;auteur de Trois pr&eacute;tendants&hellip;un mari &agrave; l&rsquo;oral du Baccalaur&eacute;at. Le professeur fran&ccedil;ais qui le re&ccedil;ut ne fit pas particuli&egrave;rement attention au nom du petit africain dont il devait jauger les connaissances de la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise. Apr&egrave;s les questions sur les classiques fran&ccedil;ais qui figuraient au programme du baccalaur&eacute;at auquel se pr&eacute;sentait Guillaume Oyono Mbia, l&rsquo;examinateur qui avait pris part &agrave; l&rsquo;inauguration du CCF de Yaound&eacute; voulu tester la connaissance que le jeune camerounais avait de la litt&eacute;rature naissante de son propre pays. Il lui proposa alors l&rsquo;analyse d&rsquo;un extrait de Trois pr&eacute;tendants&hellip;un mari. Guillaume Oyono Mbia fut ainsi amen&eacute; &agrave; commenter sa propre pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre. Il se garda bien de r&eacute;v&eacute;ler pr&eacute;alablement son identit&eacute; &agrave; son examinateur qui se serait attendu &agrave; tout, sauf &agrave; ce que le jeune homme en culotte courte qui &eacute;tait assis en face de lui soit l&rsquo;auteur de la pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre dont tout le monde dans la ville parlait d&eacute;j&agrave;. <\/p>\n<p>Insatisfait des explications du candidat l&rsquo;examinateur ne se fit pas prier pour se lancer dans de longs d&eacute;veloppements. Commen&ccedil;ant par la biographie, il confondit Guillaume Oyono Mbia et Ferdinand Oyono. Il d&eacute;clara que l&rsquo;auteur de Trois pr&eacute;tendants&hellip;un mari, apr&egrave;s de brillantes &eacute;tudes secondaires au Cameroun &eacute;tait en train de poursuivre son cycle sup&eacute;rieur en France &hellip;.Au sujet de l&rsquo;extrait de la pi&egrave;ce qu&rsquo;il avait propos&eacute; au candidat, rien ne l&rsquo;arr&ecirc;ta dans ses extrapolations, sinon l&rsquo;exclamation du candidat qui d&eacute;clara &agrave; haute voix : &quot;Je ne croyais pas avoir tant dit dans ma pi&egrave;ce&quot;. Le candidat aida par la suite son examinateur, revenu de sa surprise et de son &eacute;tonnement d&rsquo;&ecirc;tre en pr&eacute;sence de l&rsquo;auteur de Trois pr&eacute;tendants&hellip;un mari, &agrave; corriger la confusion d&rsquo;identit&eacute; entre les cousins Guillaume Oyono Mbia et Ferdiand Oyono, tous &eacute;crivains de talent et &agrave; s&rsquo;enqu&eacute;rir des &eacute;l&eacute;ments ethnostylistiques s&rsquo;interpr&eacute;tation de la pi&egrave;ce devenue depuis lors fameuse.<br \/><em>Par Marcelin Vounda Etoa*<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet \u00e9crivain aujourd&rsquo;hui notoirement connu \u00e0 travers le monde a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre qui a fait le tour&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29375","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29375","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29375"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29375\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29375"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29375"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29375"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}