{"id":29380,"date":"2009-06-04T11:01:24","date_gmt":"2009-06-04T11:01:24","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3164","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3164\/","title":{"rendered":"Peinture : Le pinceau tourne en rond"},"content":{"rendered":"<p>Les galeristes \u00e9voquent la s\u00e9cheresse cr\u00e9ative pour justifier la r\u00e9duction du nombre d&rsquo;expositions. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Dans la ville de Douala, capitale &eacute;conomique &agrave; la diversit&eacute; culturelle assise, on d&eacute;compte &agrave; peine une vingtaine d&rsquo;expositions pr&eacute;sent&eacute;es par les plasticiens camerounais en ce d&eacute;but de juin. Un chiffre qui n&rsquo;a cess&eacute; de d&eacute;cro&icirc;tre depuis 2005, o&ugrave; &agrave; la m&ecirc;me date le cap de 40 vernissages &eacute;tait largement d&eacute;pass&eacute;. Surtout que c&rsquo;est &agrave; cette p&eacute;riode qu&rsquo;il y&rsquo;a eu l&rsquo;ouverture de plusieurs galeries comme celle de Keuko, le Carr&eacute; des artistes, le Bonapriso Centers of arts et, la confirmation du talent des artistes comme Herv&eacute; Youmbi, Blaise Mbang, Herv&eacute; Yamguem, Salifou Lindou, Alioum Moussa, Joe Kessy, Mboko Lagriffe, Louis Ep&eacute;e, Kant&eacute;, etc. Le foisonnement d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements comme The last pictures show, Barbecuexpo, Le Ngondo show ont contribu&eacute; &agrave; entretenir le besoin chez les artistes de toujours faire mieux, en m&ucirc;rissant leur d&eacute;marche artistique ou en questionnant de nouveaux horizons. Force est de constater que six mois apr&egrave;s le lancement de l&rsquo;ann&eacute;e culturelle 2009 beaucoup de galeries n&rsquo;ont pas encore accueilli une exposition. Comment Douala qui est un vivier d&rsquo;artistes et qui regorge 60% des plasticiens camerounais est arriv&eacute;e &agrave; un tel essoufflement du bouillonnement cr&eacute;atif et de leurs relais de visibilit&eacute; ?<\/p>\n<p>C&rsquo;est une question centrale qui d&rsquo;apr&egrave;s Lionel Manga, critique d&rsquo;art, &quot;nous am&egrave;ne &agrave; nous interroger sur l&rsquo;&eacute;tat de ce que Nathalie Heinich appelle le triple jeu. Pour qu&rsquo;une action s&rsquo;enclenche, il faut que les artistes produisent, les galeries exposent avec les commissaires et le public o&ugrave; on retrouve les journalistes. Le principe de l&rsquo;absence de l&rsquo;un de ces maillons entra&icirc;ne la claudication que nous observons en ce moment, qui malheureusement ne permet pas que le triple jeu se poursuive&quot;. Les deux leviers importants ici sont les galeries d&rsquo;art et les plasticiens semblent &ecirc;tre &agrave; bout de souffle. Si certaines galeries, lieux d&rsquo;art et d&rsquo;exposition semblent &eacute;voquer &quot;la crise financi&egrave;re et l&rsquo;absence de budget&quot;, comme c&rsquo;est le cas pour le Centre culturel fran&ccedil;ais Blaise Cendrars de Douala, pour justifier l&rsquo;amaigrissement du nombre d&rsquo;expositions, d&rsquo;autres &eacute;voquent &quot;l&rsquo;ass&egrave;chement de la cr&eacute;ativit&eacute; et la prolif&eacute;ration des copieurs en mauvais de ce qui existe d&eacute;j&agrave;&quot;, livre le responsable du Carr&eacute; des artistes. Cette stagnation dans la f&eacute;condit&eacute; d&rsquo;id&eacute;es et de propositions artistiques a fini par d&eacute;courager la galerie Mam, l&rsquo;une des plus grande galerie de Cameroun. Elle s&rsquo;est recentr&eacute;e sur elle-m&ecirc;me en accompagnant quelques projets artistiques de recherche avec la Fondation Mtn. Toute comme l&rsquo;espace Doual&rsquo;art qui continue &agrave; montrer &agrave; un rythme moins r&eacute;gulier qu&rsquo;auparavant le travail des plasticiens, a adopt&eacute; une d&eacute;marche plus &quot;art public&quot; comme une institution avec son concept du Salon urbain de Douala (Sud).<\/p>\n<p><strong>Tricherie mortelle<\/strong><br \/>La galerie d&rsquo;art est un lieu d&rsquo;exposition dans lequel se trouvent r&eacute;unis des collections de meubles, de tableaux, de sculptures ou de photographies. Les &oelig;uvres qui y sont pr&eacute;sent&eacute;es peuvent &ecirc;tre mise en vente ou simplement expos&eacute;es pour le plus grand plaisir du visiteur. La galerie d&rsquo;art permet de rendre l&rsquo;art accessible &agrave; tous ceux qui peuvent se rendre dans ce lieu. Sauf que pour beaucoup de lieux d&rsquo;exposition qui ouvrent &agrave; Douala, &quot;sont abusivement appel&eacute;s galerie d&rsquo;art. Il y manque du curateur et de commissaires. Ce sont des bazars qui manquent de v&eacute;ritable parti pris esth&eacute;tique comme pour Mam et Doual&rsquo;art ou par exemple l&rsquo;expression artistique contemporaine est d&eacute;sir&eacute;e avec une orientation pour le questionnement urbain&quot; Ici, un accent particulier est mis sur l&rsquo;art d&eacute;coratif qui rapporte beaucoup plus d&rsquo;argent et non celui de la recherche qui permet aux plasticiens de d&eacute;velopper sa d&eacute;marche artistique et de la faire &eacute;voluer vers une reconnaissance internationale.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ce manque de &quot;respect pour leur travail&quot; qui a conduit certains artistes &agrave; se d&eacute;tourner des galerie et cr&eacute;er leur espace de travail et de visibilit&eacute; dans leurs domicile. Pour Jo&euml;l Keuko, plasticien &quot;l&rsquo;artiste, bien souvent, n&rsquo;est pas consid&eacute;r&eacute; par le curateur d&rsquo;exposition comme il conviendrait. Il est trait&eacute; sans &eacute;gard, instrumentalis&eacute;, mis au service d&rsquo;une &quot;vision&quot; de l&rsquo;art qui est moins la sienne que celle, s&eacute;rieuse, fantasque ou tactique, des metteurs en sc&egrave;ne de son &oelig;uvre. Parfois, il passe des commandes pour des expositions, en demandant de retoucher avec tel ton pour que cela aille avec les rideaux d&rsquo;un tel&quot;. <\/p>\n<p>Un avis qui n&rsquo;est pas partag&eacute; par Didier Schaub de Doual&rsquo;art&quot; Nous montrons dans notre espace des travaux qui nous ont convaincu, qui ont une bonne qualit&eacute; d&rsquo;ex&eacute;cution, qui est cr&eacute;atif avec quelque chose de nouveau coll&eacute;s &agrave; nos th&eacute;matiques urbaines. Les artistes qui d&eacute;clinent ce qui a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; pendant deux d&eacute;cennies ne nous int&eacute;ressent pas&quot;. Les plasticiens qui ont une renomm&eacute;e qui d&eacute;passe nos fronti&egrave;res se retrouvent aujourd&rsquo;hui &agrave; &quot;g&eacute;rer leur carri&egrave;re &agrave; l&rsquo;international&quot; et se constitue un r&eacute;seau de collectionneurs qui ach&egrave;tent r&eacute;guli&egrave;rement &agrave; domicile. Quand ils ne se d&eacute;placent pas pour des r&eacute;sidences hors du Cameroun. Les plus jeunes n&rsquo;ont plus que les halls d&rsquo;h&ocirc;tels, les chefferies ou la D&eacute;l&eacute;gation r&eacute;gionale de la Culture pour exister. <\/p>\n<p>Pour certains acteurs de la sc&egrave;ne plastique camerounaise, nous assistons &agrave; une fin de cycle. Les plasticiens qui ont &eacute;merveill&eacute;, &eacute;tonn&eacute; et conquis hier, sont revenus &agrave; des pr&eacute;occupations situ&eacute;es sur les deux premiers paliers de la pyramide des besoins de Maslow (Physiologique et s&eacute;curit&eacute;). Ils repositionnent dans la litt&eacute;rature, infographie, ing&eacute;nierie culturelle, vid&eacute;o, etc. Il y&rsquo;a eu Koko Komegne, Viking et puis sont arriv&eacute;s Herv&eacute; Youmbi, Blaise Mbang, Herv&eacute; Yamguem, Alioum Moussa, Joe Kessy, Mboko Lagriffe, Salifou Lindou, Louis Ep&eacute;e, Kant&eacute;, etc. Cependant, tout ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas avec la reconversion ou la r&eacute;orientation artistique de certains plasticiens. En ce moment, l&rsquo;espace Doual&rsquo;art accueille une exposition d&rsquo;&oelig;uvres d&rsquo;arts des plasticiens Man Faust, Landry Mbassi et Boris Nzebo baptis&eacute;e &quot;Regards urbains&quot;. <\/p>\n<p>Leur peinture est nouvelle, fra&icirc;che avec une force d&rsquo;expression singuli&egrave;re. &quot;Cette exposition est un bain de jouvence pour moi car ce sont des jeunes artistes qui ont une excellente &eacute;criture artistique et dont il faut encourager&quot; Marilyn Douala Bell. C&rsquo;est la m&ecirc;me impression qui s&rsquo;est d&eacute;gag&eacute; lors de la derni&egrave;re &eacute;dition du Barbecuexpo avec les tableaux de T. Williams, Rostand Pokam et Rodrigue Fotso. Depuis le mois de f&eacute;vrier 2009, les galeries Carlad et Mujart ont &eacute;t&eacute; inaugur&eacute;es &agrave; Bonanjo, venant s&rsquo;ajouter &agrave; la dizaine d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sentes. Ceci est r&eacute;v&eacute;lateur d&rsquo;un fr&eacute;missement qui traduit une demande qui pourra rencontrer d&rsquo;autres formes d&rsquo;expressions artistiques dans un sas de vacuit&eacute; dans lequel va s&rsquo;introduire ces jeunes pour f&eacute;conder un nouveau cycle de vie pour les plasticiens camerounais. <\/p>\n<p><em>Marion Obam<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les galeristes \u00e9voquent la s\u00e9cheresse cr\u00e9ative pour justifier la r\u00e9duction du nombre d&rsquo;expositions. &#8211; Dans la ville de Douala, capitale &eacute;conomique &agrave;&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29380","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29380","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29380"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29380\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29380"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29380"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}