{"id":29401,"date":"2009-06-10T13:52:37","date_gmt":"2009-06-10T13:52:37","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3185","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3185\/","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma : Les neuf de B\u00e9panda \u00e0 l&rsquo;affiche"},"content":{"rendered":"<p>Le documentaire d&rsquo;Osvalde Lewat est un ensemble de t\u00e9moignages des victimes et m\u00eame de certains acteurs du commandement op\u00e9rationnel. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Apr&egrave;s le proc&egrave;s de certains officiers et soldats de l&rsquo;Etat major du commandement op&eacute;rationnel, accus&eacute;s dans l&rsquo;affaire de disparition de neuf jeunes gens &agrave; B&eacute;panda, trois &eacute;l&eacute;ments de nos forces de d&eacute;fense sont nomm&eacute;ment accus&eacute;s dans le documentaire, &quot; Une affaire de n&egrave;gres &quot;, de la cin&eacute;aste Osvalde Lewat. Le capitaine Atangana, mis en accusation par un certain Richard, p&egrave;re de Cyrille, l&rsquo;une des victimes, pour corruption autour de la lib&eacute;ration des personnes interpell&eacute;es. &quot; Chaque jour pass&eacute; dans les cellules &eacute;quivaut &agrave; 25.000 francs Cfa. Puisque mon fils avait d&eacute;j&agrave; pass&eacute; quatre jours, le commandant Atangana m&rsquo;a demand&eacute; 100.000 francs Cfa pour le lib&eacute;rer&quot;, dit-il. Dans la suite de son t&eacute;moignage, il soutient que le m&ecirc;me officier le lui a r&eacute;p&eacute;t&eacute;, au moment d&rsquo;achever son fils sous ses yeux, &agrave; bout portant. &quot; On t&rsquo;a demand&eacute; &agrave; la brigade d&rsquo;arranger sa situation. C&rsquo;est maintenant que tu veux venir le faire, lorsque tout est fini &quot;, poursuit Richard en d&eacute;monstration sur le site o&ugrave; son fils et un autre jeune ont &eacute;t&eacute; assassin&eacute;s. Son fils, dit-il, a &eacute;t&eacute; d&eacute;nonc&eacute; par un indic, un certain Djacko, son voisin, qui continue d&rsquo;ailleurs &agrave; vivre dans le m&ecirc;me quartier. Un autre officier, le capitaine Onana Amabassa, est aussi point&eacute; du doigt dans ce film. <\/p>\n<p>Olivier, un ancien prisonnier du &quot; Kosovo &quot;-appellation du lieu de d&eacute;tention des interpell&eacute;s du commandement op&eacute;rationnel- indique que cet officier a ordonn&eacute; qu&rsquo;on tire sur ceux qui &eacute;taient parqu&eacute;s dans les cellules. Les r&eacute;serves port&eacute;es &agrave; l&rsquo;encontre de ce documentaire de 1h24 min et co- produit par Amip et Waza Images en 2007, pour interdire sa diffusion au cours de la 13 &egrave;me &eacute;dition du festival Ecrans noirs qui vient de s&rsquo;achever &agrave; Yaound&eacute; r&eacute;sident-elles dans ces t&eacute;moignages? Le reste du film est pourtant un ramassis de ce qui avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; dit pendant le proc&egrave;s des 9 de B&eacute;panda au tribunal militaire de Yaound&eacute;. On y revoit, Me Momo, avocat au barreau du Cameroun, qui a &eacute;t&eacute; au cours de ce proc&egrave;s l&rsquo;un des avocats des familles des disparus. Avec le gestuel et la fougue qu&rsquo;on lui conna&icirc;t, l&rsquo;avocat indique, sans prendre des gants, que plus de 1.000 personnes ont &eacute;t&eacute; assassin&eacute;es par les forces de l&rsquo;ordre qui, souligne t-il au Cameroun, ont pour mission essentielle de &quot;terroriser le peuple &quot;. <\/p>\n<p><strong>Paradoxe<\/strong><br \/>C&rsquo;est presque le m&ecirc;me chiffre de 1.000 que d&eacute;fend l&rsquo;ancien prisonnier, Olivier, qui a r&eacute;ussi &agrave; &ecirc;tre lib&eacute;r&eacute; apr&egrave;s 40 jours de d&eacute;tention. Le bilan &eacute;tabli par un ancien militaire, Kouyang, qu&rsquo;on est all&eacute; rencontrer dans un village de la r&eacute;gion de l&rsquo;Extr&ecirc;me Nord, n&rsquo;est pas non plus loin de cette r&eacute;alit&eacute;. &quot; Il y a eu environ 400 personnes qui ont &eacute;t&eacute; ex&eacute;cut&eacute;es. On allait les tuer vers Bonab&eacute;ri ou sur la route qui m&egrave;ne &agrave; Mutengene &quot;, explique t-il, apr&egrave;s avoir d&eacute;crit de mani&egrave;re pr&eacute;cise comment les op&eacute;rations militaires &eacute;taient men&eacute;es sur le terrain. <br \/>&quot; Apr&egrave;s avoir ex&eacute;cut&eacute; les d&eacute;tenus, on &eacute;tait content, on chantait, on se congratulait et les chefs nous f&eacute;licitaient &quot;, affirme t-il. &quot; Ils nous disaient de ne pas avoir peur et de toujours faire notre travail comme ils le demandaient &quot;, poursuit-il. <\/p>\n<p>Le deuil de Fabrice Romain Kuete et des huit autres jeunes port&eacute;s disparus apr&egrave;s la plainte contre X de Mlle Annick Souki (qui s&rsquo;est plainte du vol de sa bobonne de gaz) au quartier Bepanda a donc &eacute;t&eacute; fait dans les diff&eacute;rentes familles. Et ce sont des sc&egrave;nes path&eacute;tiques qui les accompagnent. Un tronc de bananier enterr&eacute;. Des veuves qui sont oblig&eacute;es de se reconvertir dans le commerce des beignets. Un enfant qui veut savoir la date de retour de son p&egrave;re (assassin&eacute;). Certains parents inconsolables. En larmes. Alors que le fil conducteur &eacute;tait apparemment orient&eacute; vers la d&eacute;nonciation des d&eacute;rapages observ&eacute;s pendant le d&eacute;roulement de cet &eacute;tat d&rsquo;exception, la fin du film est plut&ocirc;t un paradoxe : &agrave; l&rsquo;exception d&rsquo;une seule personne, qui ne voudrait plus jamais entendre parler du commandement op&eacute;rationnel, les autres, une dizaine de personnes interrog&eacute;es, sont d&rsquo;accord pour le retour &agrave; Douala du commandement op&eacute;rationnel qui avait &eacute;t&eacute; institu&eacute; le 20 f&eacute;vrier 2000 par un texte du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique pour lutter contre le grand banditisme. <\/p>\n<p><em>Lazare Kolyang<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le documentaire d&rsquo;Osvalde Lewat est un ensemble de t\u00e9moignages des victimes et m\u00eame de certains acteurs du commandement op\u00e9rationnel. &#8211; Apr&egrave;s le&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29401","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29401","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29401"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29401\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29401"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}