{"id":29476,"date":"2009-06-29T09:26:56","date_gmt":"2009-06-29T09:26:56","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3261","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3261\/","title":{"rendered":"Espace livres : Peut-on responsabiliser les Africains ?"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9conomiste \u00e9crivain indique les voies \u00e0 suivre pour cr\u00e9er les conditions d&rsquo;un d\u00e9collage \u00e9conomique du continent noir. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Ceux qui ont l&rsquo;habitude de se fier au nombre impressionnant de pages pour appr&eacute;cier la qualit&eacute; d&rsquo;un ouvrage pourraient bien ne pas s&rsquo;int&eacute;resser &agrave; la derni&egrave;re production de Daniel Etounga Manguelle. Avec ses 94 pages, dans un format d&eacute;j&agrave; r&eacute;duit, Vers une soci&eacute;t&eacute; responsable : le cas de l&rsquo;Afrique, risque fort de passer inaper&ccedil;u pour les plus tol&eacute;rants, ou pour quantit&eacute; n&eacute;gligeable pour les plus exigeants. D&rsquo;aucuns croiront qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une longue dissertation pendant que d&rsquo;autres penseront &agrave; un court essai, avec tout ce que cela peut comporter de p&eacute;joratif.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;un et l&rsquo;autre cas, ce serait une grosse perte pour cette prose qui, en r&eacute;alit&eacute;, vient compl&eacute;ter une trilogie entam&eacute;e en 1985 avec Cent ans d&rsquo;ali&eacute;nation, admirable r&eacute;flexion sur les causes profondes et historiques du mal africain, et poursuivie en 1990 avec L&rsquo;Afrique a-t-elle besoin d&rsquo;un programme d&rsquo;ajustement culturel ? Dans ce dernier ouvrage, l&rsquo;auteur est parti de la conviction profonde que &quot;la notion de responsabilit&eacute; est l&rsquo;une des valeurs structurantes des soci&eacute;t&eacute;s modernes. Elle ne renvoie pas seulement &agrave; la solidarit&eacute; sociale, indispensable entre individus d&rsquo;un m&ecirc;me pays ou &agrave; la responsabilit&eacute; politique des dirigeants auxquels le peuple conc&egrave;de son pouvoir.&quot; Il en a d&eacute;duit que la responsabilit&eacute;,en partant d&rsquo;une d&eacute;finition aussi acad&eacute;mique qu&rsquo;op&eacute;rationnelle, est la capacit&eacute; &agrave; accepter et &agrave; subir les cons&eacute;quences de ses actes et &agrave; en r&eacute;pondre. Ce qui est loin d&rsquo;&ecirc;tre la chose la plus partag&eacute;e en Afrique.<\/p>\n<p>Voil&agrave; qui justifie le questionnement central de l&rsquo;ouvrage : c&rsquo;est quoi, &ecirc;tre responsable ? De quoi les Africains se sentent-ils responsables ? Pourquoi, dans une soci&eacute;t&eacute; organis&eacute;e, doit-on assumer ses responsabilit&eacute;s ? Pourquoi l&rsquo;Europe continue d&rsquo;&ecirc;tre un paradis alors que l&rsquo;Afrique d&eacute;sesp&egrave;re ses enfants ? Et enfin que faut-il faire pour que l&rsquo;espoir renaisse en Afrique et chez les Africains ? <br \/>Tout au long de l&rsquo;ouvrage et dans fran&ccedil;ais de qualit&eacute; qu&rsquo;on lui conna&icirc;t, Daniel Etounga Manguelle s&rsquo;appuie sur des r&eacute;flexions d&rsquo;Africains de renom pour interroger cette soci&eacute;t&eacute; qui refuse de s&rsquo;arrimer aux normes de la modernit&eacute; et de la mondialisation qui ont fait leurs preuves ailleurs. Rien d&rsquo;&eacute;tonnant, poursuit l&rsquo;auteur, que les Africains ne se sentent responsables de rien. Pas m&ecirc;me des trag&eacute;dies de l&rsquo;histoire comme la traite n&eacute;gri&egrave;re, la colonisation ou l&rsquo;av&egrave;nement des ind&eacute;pendances formelles mais factices d&eacute;bouchant sur ce qu&rsquo;on a appel&eacute; la d&eacute;t&eacute;rioration des termes de l&rsquo;&eacute;change. Au contraire, ils semblent justifier leur irresponsabilit&eacute; par ces &eacute;l&eacute;ments historiques, refusant toute remise en cause et toute possibilit&eacute; de concertation sinc&egrave;re pour avancer.<\/p>\n<p><strong>Dysfonctionnements<\/strong><br \/>Or, &eacute;crit-il, &quot;une soci&eacute;t&eacute; dans laquelle la responsabilit&eacute; des actes individuels ou collectifs n&rsquo;est pas recherch&eacute;e, &eacute;tablie et assum&eacute;e est condamn&eacute;e non seulement &agrave; &ecirc;tre une jungle o&ugrave; le fort &eacute;crase irr&eacute;m&eacute;diablement le faible, mais elle est &eacute;galement condamn&eacute;e au sous d&eacute;veloppement&quot;. Dans le cas particulier du Cameroun, les exemples ne manquent pas : &quot;du caract&egrave;re th&eacute;orique des contr&ocirc;les techniques des v&eacute;hicules qui, pour seul objet, que l&rsquo;obtention d&rsquo;une attestation sign&eacute;e, en &eacute;change du paiement des frais exig&eacute;es par le pr&eacute;pos&eacute; ; de l&rsquo;h&eacute;catombe enregistr&eacute;e sur les routes, notamment les axes Yaound&eacute;-Douala, Douala-Bafoussam et Yaound&eacute;-Bafoussam pour des motifs aussi incroyables que l&rsquo;abandon la nuit tomb&eacute;e d&rsquo;un grumier, tous feux &eacute;teints en plein milieu de la chauss&eacute;e par un chauffeur assoiff&eacute;, un d&eacute;passement hasardeux effectu&eacute; dans un virage en t&ecirc;te d&rsquo;&eacute;pingle, l&rsquo;absence totale ou la d&eacute;fectuosit&eacute; du syst&egrave;me d&rsquo;&eacute;clairage nocturne&quot;&hellip;<br \/>Il poursuit : &quot;dans un pays o&ugrave; l&rsquo;enrichissement illicite et l&rsquo;abus de biens sociaux ne sont pas p&eacute;nalis&eacute;s, tout devient permis&quot;. D&rsquo;autant qu&rsquo;on y constate l&rsquo;effondrement moral de la soci&eacute;t&eacute; et la perte des rep&egrave;res, l&rsquo;affaiblissement de l&rsquo;Etat et de ses institutions int&eacute;grationnistes comme l&rsquo;&eacute;ducation, la justice et la sant&eacute; qui connaissent d&eacute;j&agrave; des dysfonctionnements innombrables, le d&eacute;ficit de d&eacute;mocratie au sein de soci&eacute;t&eacute;s sous &eacute;duqu&eacute;es, peu tol&eacute;rantes et peu enclines au dialogue.<\/p>\n<p>La cons&eacute;quence logique sera toujours l&rsquo;attrait des pays occidentaux. &quot;Oui, l&rsquo;Europe reste un paradis non parce qu&rsquo;elle est plus belle ou plus riche en ressources naturelles, mais parce qu&rsquo;elle est, par son organisation et sa bonne gouvernance, une terre d&rsquo;opportunit&eacute;s qui offre plus de chances d&rsquo;&eacute;panouissement &agrave; l&rsquo;individu et le prot&egrave;ge mieux face aux multiples incertitudes de la vie quotidienne.&quot;<br \/>Que reste-t-il &agrave; faire ? Sans doute signer le Manifeste de l&rsquo;Homme Africain que Daniel Etounga Manguelle publie en annexe de son ouvrage et qui invite &quot; &agrave; ne plus accepter d&rsquo;&ecirc;tre des objets de l&rsquo;Histoire. &quot; Il faudrait surtout faire sienne ces r&eacute;flexions s&eacute;lectionn&eacute;es par l&rsquo;auteur, en particulier celle de la romanci&egrave;re camerounaise L&eacute;onora Miano : &quot;La seule fa&ccedil;on de se venger, c&rsquo;est de se reconstruire. Comment faire pour que les gens qui se sont assoupis se tiennent debout si on ne leur donne pas un coup de pied au derri&egrave;re ?&quot;<\/p>\n<p><em>Alain B. Batongu&eacute;<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9conomiste \u00e9crivain indique les voies \u00e0 suivre pour cr\u00e9er les conditions d&rsquo;un d\u00e9collage \u00e9conomique du continent noir. &#8211; Ceux qui ont l&rsquo;habitude&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29476","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29476","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29476"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29476\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29476"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29476"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29476"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}