{"id":29479,"date":"2009-06-29T09:29:25","date_gmt":"2009-06-29T09:29:25","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3264","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3264\/","title":{"rendered":"Distribution : La musique perd le Nord"},"content":{"rendered":"<p>Les \u0153uvres sont presque invisibles alors m\u00eame que la contrefa\u00e7on prosp\u00e8re. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Elles se dansent avec grand plaisir dans les bo&icirc;tes de nuit du Septentrion. Elles font l&rsquo;objet d&rsquo;une attention particuli&egrave;re des jeunes dans les matin&eacute;es de jeunesse &agrave; travers les festivit&eacute;s des &eacute;tablissements scolaires et universitaires. Les musiques camerounaises sont des plus pris&eacute;es dans les r&eacute;gions de l&rsquo;Extr&ecirc;me-Nord, du Nord et de l&rsquo;Adamaoua. Mais les artistes Camerounais peinent &agrave; r&eacute;aliser des chiffres d&rsquo;affaire cons&eacute;quents dans cette partie du pays. Le constat a &eacute;t&eacute; fait au cours du colloque organis&eacute; par le minist&egrave;re de la Culture au cours du dernier festival national des arts et de la culture (Fenac) tenu &agrave; Maroua. Selon Spener Yawaga qui pr&eacute;sentait une communication sur le sujet, la piraterie fait partie des entraves &agrave; la prosp&eacute;rit&eacute; des artistes dont les &oelig;uvres sont pourtant utilis&eacute;es &agrave; profusion.<\/p>\n<p>Sa&iuml;dou Mohamadou animateur culturel et propri&eacute;taire de la discoth&egrave;que Canal Tropical &agrave; Maroua croit savoir pourtant que les &oelig;uvres musicales sont disponibles dans le Septentrion. &quot;Il faut dire que les rapports entre les artistes et nous sont essentiellement informels. Les artistes et parfois les distributeurs nous envoient eux-m&ecirc;mes leurs produits en d&eacute;p&ocirc;t-vente. La promotion &eacute;tant assur&eacute;e par nous. Nous leur retournons les dividendes engrang&eacute;es dans la vente et les Cd invendus.&quot; Une tra&ccedil;abilit&eacute; dans la cha&icirc;ne de distribution des &oelig;uvres musicales qui ne permet malheureusement pas aux albums de se vendre malgr&eacute; le grand int&eacute;r&ecirc;t que leur porte le public. La gangr&egrave;ne &eacute;tant la piraterie. Un ph&eacute;nom&egrave;ne accentu&eacute; par la proximit&eacute; avec le Nigeria. Un pays o&ugrave; c&rsquo;est &agrave; coup de millions que les CD sont produits et destin&eacute;s au march&eacute; camerounais sans qu&rsquo;aucune mesure ne soit prise par les autorit&eacute;s douani&egrave;res.<\/p>\n<p> Pour un des responsables du secteur des douanes du Nord rest&eacute; sous le sceau de l&rsquo;anonymat, &quot;nous pouvons certes effectuer des contr&ocirc;les, mais il y a que les gens qui viennent avec &ccedil;a payent effectivement les droits &agrave; l&rsquo;importation. Ce qui constitue pour certaines localit&eacute;s des ressources substantielles pour l&rsquo;atteinte des objectifs fix&eacute;s par l&rsquo;administration des douanes.&quot;<br \/>Dans cet environnement, m&ecirc;me les artistes locaux n&rsquo;ont pas voix au chapitre. Les titres &agrave; succ&egrave;s d&rsquo;Amina Poulloh, d&rsquo;Isnebo et Fadah Kawtal, d&rsquo;Abba Djaouro, etc. sont certes repris en ch&oelig;ur par les populations. Sans toutefois rapporter grand-chose &agrave; leurs auteurs. Parce que selon Abba Djaouro par exemple, &quot;j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion d&rsquo;aller faire des concerts dans des coins o&ugrave; tout le monde chantait ma musique. Mais je n&rsquo;ai m&ecirc;me pas fait vendre un seul CD original l&agrave; bas. Tout simplement parce que les gens estiment que ces CD sont chers.&quot;<\/p>\n<p><strong>Culture Mboa<\/strong><br \/>Mais nombre de m&eacute;lomanes croient savoir que l&rsquo;une des difficult&eacute;s dans le septentrion r&eacute;side dans l&rsquo;ouverture des points d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; des CD originaux. Ousmanou Binta fait remarquer qu&rsquo;&agrave; Garoua, &quot;il est difficile de trouver une discoth&egrave;que qui dispose de Cd originaux &agrave; des prix abordables. Il n&rsquo;y a que des cassettes &eacute;tiquet&eacute;es par la soci&eacute;t&eacute; des droits d&rsquo;auteur. Mais qui utilise encore les cassettes ? Pour le reste ce sont, en dehors de ce qui vient du Nigeria, les disquaires eux-m&ecirc;mes qui font faire les Cd pirat&eacute;s. Donc il faut de mon point de vue rendre disponible les Cd non pas dans des supermarch&eacute;s, mais dans des discoth&egrave;ques dignes.&quot; C&rsquo;est &agrave; cette solution qu&rsquo;a recouru les cr&eacute;ateurs du concept &quot;Culture Mboa&quot; qui, au lendemain du Fenac 2008, a pris langue avec la discoth&egrave;que Canal Tropical bas&eacute;e &agrave; Maroua. Sa&iuml;dou Mohamadou explique que, &quot;nous avons sign&eacute; un contrat de d&eacute;p&ocirc;t vente des &oelig;uvres musicales tri&eacute;es dans le r&eacute;pertoire des artistes qui sont affili&eacute;s &agrave; leur structure. Les &oelig;uvres mises &agrave; notre disposition sont vendues au m&ecirc;me prix qu&rsquo;&agrave; Douala, Yaound&eacute;&hellip;soit entre 1.500 et 3.500 Fcfa en fonction des albums ou des singles. <\/p>\n<p>De plus en plus, il y a un int&eacute;r&ecirc;t pour les disques originaux. M&ecirc;me s&rsquo;il est timide dans les ventes, les gens comprennent notre d&eacute;marche. C&rsquo;est pourquoi nous avons cr&eacute;&eacute; des points de relais dans les march&eacute;s et autres espaces publics &agrave; Maroua. Avec cette formule, peu &agrave; peu en tout cas, nous sortirons de la piraterie.&quot; Un v&oelig;u que nourrissent nombre d&rsquo;artistes. Mais &agrave; condition que, selon Sa&iuml;dou Mohamadou, &quot;la sensibilisation (soit) accrue. Les municipalit&eacute;s qui g&egrave;rent les march&eacute;s doivent interdire la vente des produits pirat&eacute;s. L&rsquo;importation des Cd doit &ecirc;tre proscrite. La soci&eacute;t&eacute; des droits d&rsquo;auteur doit &ecirc;tre valablement repr&eacute;sent&eacute;e partout et non pas seulement &agrave; Yaound&eacute;.&quot; Des conditions qui pourraient &agrave; terme, si elle sont satisfaites, redonner du poil de la b&ecirc;te aux artistes du cru et d&rsquo;ailleurs dans leur processus de cr&eacute;ation.<\/p>\n<p><em>Dieudonn&eacute; Ga&iuml;ba&iuml;<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u0153uvres sont presque invisibles alors m\u00eame que la contrefa\u00e7on prosp\u00e8re. &#8211; Elles se dansent avec grand plaisir dans les bo&icirc;tes de&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29479","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29479","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29479"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29479\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29479"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29479"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29479"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}