{"id":29483,"date":"2009-06-29T16:37:23","date_gmt":"2009-06-29T16:37:23","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3269","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3269\/","title":{"rendered":"Michael Jackson est mort, un ange est pass\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Mon Dieu, la nouvelle est tomb\u00e9e comme un couperet sur le Net, dans la nuit de jeudi \u00e0 vendredi, Michael Jackson est mort jeudi 25 juin 2009, \u00e0 Los Angeles, apr\u00e8s un arr\u00eat cardiaque : il a \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de UCLA \u00e0 12h26 (21h26 \u00e0 Paris) et n\u2019a pas pu \u00eatre r\u00e9anim\u00e9. N\u00e9 en 1958 \u00e0 Gary (Indiana), Michael Jackson \u00e9tait un mythe moderne. &#8211; <\/p>\n<h1><span class=\"spip_surligne\"><br \/><\/span><\/h1>\n<div class=\"cadretexte\"> \t\t \t\t \t\t \t\t\t<img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"http:\/\/www.agoravox.fr\/local\/cache-vignettes\/L300xH241\/Michael_Jackson_20-fa06d.jpg\" class=\"topimage\" \/><\/p>\n<div>\n<div><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt; font-family: Arial;\"><\/span><\/font><\/strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Arial;\"><strong><span style=\"font-weight: bold;\"><o:p><\/o:p><\/span><\/strong><\/span><\/font><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Arial;\"><strong><span style=\"font-weight: bold;\">&laquo;&nbsp;<em><span style=\"font-style: italic;\"><span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> est mort<\/span><\/em>&nbsp;&raquo;,<\/span><\/strong> on a d&rsquo;abord du mal &agrave; y croire, il tra&icirc;ne tellement derri&egrave;re lui, depuis des ann&eacute;es, des rumeurs de toutes sortes qu&rsquo;on s&rsquo;imagine, un temps, qu&rsquo;il s&rsquo;agit encore d&rsquo;une intox des m&eacute;dias <em><span style=\"font-style: italic;\">mainstream<\/span><\/em>, avides de scoops &agrave; l&rsquo;emporte-pi&egrave;ce, ou bien d&rsquo;un canular provenant du King of Pop lui-m&ecirc;me, puis non, il faut bel et bien se rendre &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence, h&eacute;las, et trois fois h&eacute;las, &laquo;&nbsp;<em><span style=\"font-style: italic;\"><span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> est mort<\/span><\/em>&nbsp;&raquo; &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 50 ans &agrave; Los <span class=\"spip_surligne\">Angeles<\/span>, la Cit&eacute; des <span class=\"spip_surligne\">Anges<\/span>, des suites d&rsquo;une crise cardiaque. Un <span class=\"spip_surligne\">ange<\/span> passe. Alors que cet artiste controvers&eacute; (cf. son proc&egrave;s retentissant pour p&eacute;dophilie) tentait de relancer sa carri&egrave;re en remontant sur sc&egrave;ne cet &eacute;t&eacute; &agrave; Londres &ndash; il pr&eacute;parait son come back pour le 13 juillet au &laquo;&nbsp;O2&nbsp;&raquo;&nbsp;-, il meurt soudainement, nous laissant tous en quelque sorte orphelins de sa musique g&eacute;niale, et de ses pas de danse l&eacute;gendaires.&nbsp;D&rsquo;apr&egrave;s <em><span style=\"font-style: italic;\">Le Figaro<\/span><\/em>, cela pourrait &ecirc;tre d&ucirc; &agrave; un exc&egrave;s de m&eacute;dicaments. Selon Brian Oxman, avocat de la famille <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> interrog&eacute; sur CNN, l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement &laquo;&nbsp;<em><span style=\"font-style: italic;\">n&rsquo;est pas quelque chose d&rsquo;inattendu<\/span><\/em> (&hellip;) <em><span style=\"font-style: italic;\">&agrave; cause des m&eacute;dicaments qu&rsquo;il prenait. <\/span><\/em>(&hellip;) <em><span style=\"font-style: italic;\">Je ne connais pas l&rsquo;&eacute;tendue des m&eacute;dicaments qu&rsquo;il prenait mais ce que j&rsquo;ai entendu de la famille est que c&rsquo;&eacute;tait tr&egrave;s important.<\/span><\/em>&nbsp;&raquo; <\/span><\/font><\/font><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt; font-family: Arial;\">D&rsquo;aussi loin que je m&rsquo;en souvienne,<\/span><\/font><\/strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Arial;\"> j&rsquo;ai toujours ador&eacute; <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span>, tant le chanteur que le personnage <em><span style=\"font-style: italic;\">Black &amp; White<\/span><\/em> et ses mille et une facettes, entre <span class=\"spip_surligne\">ange<\/span> et d&eacute;mon, trimballant avec lui non seulement des tubes tr&eacute;pidants en pagaille (de <em><span style=\"font-style: italic;\">I want You Back<\/span><\/em> &agrave; <em><span style=\"font-style: italic;\">You Rock My World<\/span><\/em> via <em><span style=\"font-style: italic;\">Bad<\/span><\/em>) mais aussi ses d&eacute;lires de doux excentrique, tels que, pour les plus connus, son fameux caisson &agrave; oxyg&egrave;ne, son achat des ossements de l&rsquo;Homme El&eacute;phant ou encore sa fascination pour Peter Pan. D&rsquo;ailleurs, victime du syndrome &eacute;ponyme, c&rsquo;&eacute;tait &eacute;crit qu&rsquo;il allait mourir assez jeune. Franchement, perso, je ne le voyais pas faire de vieux os et, peut-&ecirc;tre que pour sa l&eacute;gende, c&rsquo;est bien qu&rsquo;il parte ainsi&nbsp;: en plein espoir de reconqu&ecirc;te de son titre perdu (King of Pop),&nbsp;il laisse, avec sa mort subite, trois points de suspension derri&egrave;re lui, derri&egrave;re lesquels on pourra mettre un peu ce qu&rsquo;on veut&nbsp;: le trop-plein de m&eacute;dicaments, la presse et la justice vachardes adeptes du <em><span style=\"font-style: italic;\">Plus dure sera la chute<\/span><\/em>, un suicide masqu&eacute;, et que sais-je encore. Parfois beau comme un Dieu (le d&eacute;but des <em><span style=\"font-style: italic;\">eighties <\/span><\/em>avec <em><span style=\"font-style: italic;\">Billie Jean<\/span><\/em> et <em><span style=\"font-style: italic;\">Beat It<\/span><\/em>) et par moments, et surtout ces derniers temps h&eacute;las, effrayant, avec un visage-masque &agrave; la <em><span style=\"font-style: italic;\">Scream<\/span><\/em> si d&eacute;structur&eacute; qu&rsquo;il &eacute;tait oblig&eacute; de le cacher sous l&rsquo;ombre d&eacute;vorante d&rsquo;un panama dans le clip avec Brando (un autre monstre sacr&eacute; virant &agrave; l&rsquo;<span class=\"spip_surligne\">ange<\/span> d&eacute;chu), <em><span style=\"font-style: italic;\">You Rock My World<\/span><\/em> (2001). <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span>, alias &laquo;&nbsp;Bambi&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;Jacko&nbsp;&raquo; pour ses d&eacute;tracteurs, et autres tablo&iuml;ds anglais charognards, me rappelle et me rappellera toujours ma jeunesse&hellip; perdue&nbsp;?, maintenant qu&rsquo;il a d&eacute;finitivement disparu. En 1983, j&rsquo;avais 10 ans, je me souviens encore de moi &eacute;coutant en boucle sur mon petit Radio K7 <em><span style=\"font-style: italic;\">Billie Jean<\/span><\/em> et essayant, en vain&nbsp;!, d&rsquo;imiter dans le salon de mes parents le fameux <em><span style=\"font-style: italic;\">moonwalk<\/span><\/em> de <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> &agrave; la main gant&eacute;e d&rsquo;argent. Je crois que je regarde et que je regarderais toujours la m&eacute;ga-star <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> avec mes yeux &eacute;merveill&eacute;s de gamin de 10 ans. Pour moi, il reste &ndash; tiens tiens, excusez-moi, je me surprends encore &agrave; en parler au pr&eacute;sent&nbsp;-, il restera, plut&ocirc;t, la plus grosse star vivante de notre &eacute;poque&nbsp;: la Superstar par excellence. C&rsquo;&eacute;tait un Las Vegas ou un Broadway &agrave; lui tout seul&nbsp;! Si on me demandait, et si on me demande encore &#8211; quelle est la plus grande star de notre temps question myst&egrave;re et aura&nbsp;? Eh bien je r&eacute;pondrais sans h&eacute;sitation&nbsp;: <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span>. Il est unique. Il a du g&eacute;nie en ce sens qu&rsquo;il a amen&eacute; un son nouveau (merci au Motown Sound de Quincy Jones et de James Brown, soit dit en passant&nbsp;!) et une danse nouvelle&nbsp;; il avait m&ecirc;me &eacute;t&eacute; adoub&eacute; par Fred Astaire, c&rsquo;est dire la puissance de feu de Dieu du bonhomme <em><span style=\"font-style: italic;\">On The Dance Floor<\/span><\/em>. Pour moi, <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span>, tel les plus grands artistes, c&rsquo;&eacute;tait un &laquo;&nbsp;voleur de feu&nbsp;&raquo;. Prince, <em><span style=\"font-style: italic;\">funky<\/span><\/em> &agrave; souhait, est tr&egrave;s fort mais <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> a, selon moi, un <em><span style=\"font-style: italic;\">je-ne-sais-quoi<\/span><\/em> dans le tempo en plus qui le rend encore plus puissant, plus magique, plus excitant. C&rsquo;&eacute;tait pour moi le plus grand <em><span style=\"font-style: italic;\">showman<\/span><\/em>. <\/span><\/font><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt; font-family: Arial;\">N&rsquo;ayons pas peur des mots,<\/span><\/font><\/strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Arial;\"> j&rsquo;&eacute;tais fan de ce type. Il m&rsquo;&eacute;patait. Il me donnait la chair de poule. A 10 ans. A 20 ans. A 36 ans. Ses pas de danse m&rsquo;&eacute;lectrisaient, me fascinaient, me bouleversaient. Je me souviens, ado, l&rsquo;avoir vu en concert au Parc des Princes &agrave; Paris en 1988, un certain lundi 27 juin &agrave; 20H, tenant &agrave; la main mon billet d&rsquo;entr&eacute;e N&deg;005466. J&rsquo;&eacute;tais sur la grande pelouse avec un ami et je me rappelle que, d&egrave;s 17h, les organisateurs avaient ouvert les portes, on s&rsquo;&eacute;tait alors ru&eacute;s comme des malades devant le podium pour voir de pr&egrave;s la b&ecirc;te de C&egrave;ne sur sc&egrave;ne&nbsp;! Il &eacute;tait funk. Il &eacute;tait <em><span style=\"font-style: italic;\">groovy<\/span><\/em>. Il &eacute;tait barr&eacute;. Infiniment g&eacute;n&eacute;reux. C&rsquo;&eacute;tait le meilleur. Le Presley ou le Beatles des ann&eacute;es 80. Il &eacute;tait &laquo;&nbsp;sexe&nbsp;&raquo; quand il dansait, &agrave; l&rsquo;instar d&rsquo;un Elvis &#8211; ce qui n&rsquo;est pas rien. Ce mec, sur sc&egrave;ne, c&rsquo;&eacute;tait du <em><span style=\"font-style: italic;\">mojo<\/span><\/em> &agrave; l&rsquo;&eacute;tat pur, une m&eacute;canique plaqu&eacute;e sur du vivant. Quelque chose d&rsquo;extra-terrestre. D&rsquo;ailleurs, selon moi, ce n&rsquo;est pas pour rien que, dans ses chor&eacute;graphies virtuoses, sur fond de cris suraigus, il se touchait <em><span style=\"font-style: italic;\">ad libitum<\/span><\/em> l&rsquo;entre-jambe, c&rsquo;&eacute;tait certainement pour se rappeler qu&rsquo;il &eacute;tait, avant d&rsquo;&ecirc;tre un Dieu, <em><span style=\"font-style: italic;\">humain trop humain<\/span><\/em> &#8211; et certainement&hellip; h&eacute;las pour lui au vu de sa sexualit&eacute;&nbsp;! Oui, comment ne pas le trouver g&eacute;nial quand, pour les 25 ans de la Tamla Motown (<em><span style=\"font-style: italic;\">yesterday, today and forever<\/span><\/em>), il balance en 83 &agrave; la face du monde <em><span style=\"font-style: italic;\">United Colors of Benetton<\/span><\/em> son extra-ordinaire <em><span style=\"font-style: italic;\">moonwalk<\/span><\/em>, laissant tous ses rivaux des 80&rsquo;s mille coud&eacute;es en dessous de lui&nbsp;? Ce coup-ci, la machine de guerre <span class=\"spip_surligne\">jacksonienne<\/span> est en marche et elle ne s&rsquo;arr&ecirc;tera pas de si t&ocirc;t. Et que dire de sa performance en 1995 pour les MTV Music Awards&nbsp;? Il arrive avec ses danseurs Blacks gant&eacute;s de rouge mais c&rsquo;est lui qu&rsquo;on regarde avant tout sur (s)C&egrave;ne. C&rsquo;est lui qui semble, comme toutes les stars, avoir une lumi&egrave;re qui irradie de l&rsquo;int&eacute;rieur et qui rel&egrave;ve d&rsquo;un don vraiment hors norme &#8211; ce qu&rsquo;on appelle, je crois, la gr&acirc;ce, tout simplement. <\/span><\/font><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt; font-family: Arial;\">Ne l&rsquo;oublions pas,<\/span><\/font><\/strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Arial;\"> &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; des Usher et autres Justin Timberlake le pillent &agrave; tire-larigot, des <em><span style=\"font-style: italic;\">Thriller-Billie Jean-Beat It<\/span><\/em>, trinit&eacute; funk parfaite, c&rsquo;&eacute;tait des bombes tonitruantes et hyper putassi&egrave;res dans les ann&eacute;es 80, et le tout s&rsquo;accompagnait d&rsquo;un travail cr&eacute;atif de l&rsquo;image puissance 1000 qui participait &agrave; l&rsquo;aspect d&eacute;miurgique du personnage <em><span style=\"font-style: italic;\">bigger than life<\/span><\/em>&nbsp;: une ic&ocirc;ne vivante, voil&agrave; ce qu&rsquo;&eacute;tait <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span>, et un g&eacute;nie musical. Il y a quelque chose d&rsquo;<em><span style=\"font-style: italic;\">h&eacute;naurme<\/span><\/em> aussi dans sa trajectoire fa&ccedil;on chute d&rsquo;Icare devant l&rsquo;Eternel. Etre all&eacute; si haut ne pouvait qu&rsquo;entra&icirc;ner un <em><span style=\"font-style: italic;\">P<\/span>lus dure sera la chute<\/em>&nbsp;: les affaires de m&oelig;urs, les accusations de p&eacute;dophilie, les faillites financi&egrave;res, voire artistiques, le look de zombie cach&eacute; &agrave; Bahre&iuml;n. En fait, j&rsquo;aimais <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> dans tous ses exc&egrave;s et son g&eacute;nie de la m&eacute;tamorphose&nbsp;: sa voix &agrave; la fois sensuelle et plaintive (un c&ocirc;t&eacute; chat &eacute;corch&eacute;), ses pas de danse f&eacute;lins, sa volont&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre plus blanc que blanc, son amiti&eacute; avec Liz Taylor, ses multiples op&eacute;rations chirurgicales, ses enfants zarbis, sa folie des grandeurs, son aspect Peter Pan, sa face double (Bambi\/Jacko), son look Pop &amp; <em><span style=\"font-style: italic;\">bling bling<\/span><\/em> &agrave; la fois, son Neverland courant d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment apr&egrave;s l&rsquo;enfance qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais eue, son c&ocirc;t&eacute; Willy Wonka, son ambigu&iuml;t&eacute; sexuelle, son c&ocirc;t&eacute; <em><span style=\"font-style: italic;\">Bad<\/span><\/em>, son aspect <em><span style=\"font-style: italic;\"><span class=\"spip_surligne\">Dangerous<\/span><\/span><\/em>, sa venue au proc&egrave;s en pyjama ray&eacute; de bagnard renoi, ses chansons guimauve, ses cheveux de Belle Andalouse, son nez qui tombe &agrave; pic et j&rsquo;en passe &ndash; oui, tout &ccedil;a participe &agrave; la grandeur et &agrave; la d&eacute;cadence du personnage, alimentant aussi bien les <em><span style=\"font-style: italic;\">charts<\/span><\/em> de ses hits que la chronique des faits divers, souvent pour le meilleur et parfois pour le pire. Souvenez-vous, dans <em><span style=\"font-style: italic;\">Persepolis,<\/span><\/em> il est tout de m&ecirc;me &laquo;&nbsp;le symbole de la d&eacute;cadence occidentale&nbsp;&raquo;, diantre&nbsp;! <\/span><\/font><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt; font-family: Arial;\">Bien s&ucirc;r, son visage d&eacute;truit me faisait mal au c&oelig;ur,<\/span><\/font><\/strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Arial;\"> c&rsquo;&eacute;tait triste &agrave; voir, path&eacute;tique m&ecirc;me. Avoir &eacute;t&eacute; aussi beau pour finir si laid mais, apr&egrave;s tout, c&rsquo;est peut-&ecirc;tre &ccedil;a la ran&ccedil;on de la gloire&nbsp;: &ecirc;tre une star-monstre mondiale finit par vous transformer en <em><span style=\"font-style: italic;\">freak<\/span><\/em>. Ainsi, au-del&agrave; de sa musique et de toutes ses inventions g&eacute;niales (il a invent&eacute; &agrave; la fois le clip vid&eacute;o et le <em><span style=\"font-style: italic;\">making of<\/span><\/em> avec <em><span style=\"font-style: italic;\">Thriller<\/span><\/em>), <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> a aussi &eacute;t&eacute; la caisse de r&eacute;sonance de notre &eacute;poque, avide du Tout-&agrave;-l&rsquo;image &#8211; &laquo;&nbsp;<em><span style=\"font-style: italic;\">Je suis visible, je suis image<\/span><\/em>&nbsp;&raquo; &eacute;crivait Baudrillard pour parler de la soci&eacute;t&eacute; actuelle ayant un refus obsessionnel de la perte. Il s&rsquo;agit, via la chirurgie esth&eacute;tique, d&rsquo;avoir un visage &eacute;ternellement jeune, et <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span>, jusque dans sa mort pr&eacute;matur&eacute;e, &laquo;&nbsp;se veut&nbsp;&raquo; &eacute;ternellement jeune, tel un personnage de cire. Il &eacute;tait une construction artificielle assum&eacute;e, entre Bambi et Frankenstein, un <em><span style=\"font-style: italic;\">self-made-man<\/span><\/em>&nbsp;au sens litt&eacute;ral du terme. Comme l&rsquo;&eacute;crivent pertinemment P. Blouin &amp; J-M.&nbsp;Colard dans <em><span style=\"font-style: italic;\">Les Inrocks<\/span><\/em> n&deg;479 (f&eacute;v. 2005), &laquo;&nbsp;<em><span style=\"font-style: italic;\">On ne na&icirc;t pas <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span>, on le devient.<\/span><\/em>&nbsp;&raquo; C&rsquo;est une figure h&eacute;ro&iuml;que parce qu&rsquo;il incarne, via ses multiples incarnations, notre temps chaotique, jusque dans ses &eacute;checs cuisants et sa frustration toute houellebecquienne. Cet enfant Dieu bulle <em><span style=\"font-style: italic;\">ad libitum<\/span><\/em> dans un temps suspendu, au royaume cotonneux de Neverland. C&rsquo;est un <em><span style=\"font-style: italic;\">jet-lag<\/span><\/em> permanent. Il a grandi trop vite, c&rsquo;est un corps d&rsquo;adulte dans un &eacute;tat d&rsquo;esprit enfantin, r&ecirc;vant <em><span style=\"font-style: italic;\">non stop<\/span><\/em> de chantilly flottante, de Peter Pan, de Fred Astaire, de miroirs rococo, de verres de lait &agrave; Demy pleins et de Mickeys kitschissimes. <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span>, quelque chose finissait toujours par clocher dans ses images. <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> &eacute;tait, &agrave; l&rsquo;&egrave;re du corps format&eacute; et du visage botox&eacute;, une copie d&rsquo;un Eldorado r&ecirc;v&eacute;, un double, un masque-media, une &laquo;&nbsp;Vache qui rit&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est pour cela que des artistes contemporains (McCarthy, Koons, Marclay, Horowitz, Belin et consorts), travaillant la surface de l&rsquo;image m&eacute;diatique, fa&ccedil;on le dandy Warhol, ne cessent de se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; ce corps-ic&ocirc;ne, &agrave; ce corps-blason, mannequin fig&eacute; de vitrine <em><span style=\"font-style: italic;\">bling bling<\/span><\/em> qu&rsquo;est le Jacko des <em><span style=\"font-style: italic;\">charts <\/span><\/em>et des tablo&iuml;ds britanniques&nbsp;: pensons aux sosies d&eacute;sincarn&eacute;s de Val&eacute;rie Belin, portraits d&rsquo;illusions qui sont comme autant de surfaces r&eacute;fl&eacute;chissantes de la star-system et de sa fabrique d&rsquo;images-leurres&nbsp;; on peut aussi &eacute;voquer la c&eacute;ramique <em><span style=\"font-style: italic;\">barok&rsquo;n&rsquo;roll<\/span><\/em> de <em><span style=\"font-style: italic;\"><span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> &amp; Bubbles<\/span><\/em>, expos&eacute;e l&rsquo;an dernier au ch&acirc;teau de Versailles et sign&eacute;e par le n&eacute;opop Jeff Koons. Hop hop pop, la boucle est boucl&eacute;e&nbsp;!&nbsp;: mettre le Roi de la Pop chez le Roi Soleil, c&rsquo;est mettre un miroir en face d&rsquo;un autre miroir, mise en abyme propice &agrave; la question suivante&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em><span style=\"font-style: italic;\">Quand un miroir se regarde dans la glace, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y a &agrave; voir&nbsp;?<\/span><\/em>&nbsp;&raquo; (Warhol). En faisant de son corps de star fabriqu&eacute; un <em><span style=\"font-style: italic;\">work in progress<\/span><\/em> ouvert aux mutations biologiques dernier cri, <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> s&rsquo;inscrit de plain-pied dans l&rsquo;art contemporain&nbsp;: n&rsquo;en d&eacute;plaise &agrave; certains, c&rsquo;est lui le plasticien hors pair, le King of Pop&hellip; Art, cultivant &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me un art des surfaces et des miroirs, pour le meilleur et pour le pire. <\/span><\/font><\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-weight: bold; font-size: 10pt; font-family: Arial;\">Au fond, quelque part, je reste le gamin de 10 ans &eacute;merveill&eacute; par cette superstar chantant <em><span style=\"font-style: italic;\">The Way You Make Me Feel<\/span><\/em>. <\/span><\/font><\/strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Arial;\">Ouais, <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span>, <em><span style=\"font-style: italic;\">You Rock My World<\/span><\/em>, ton &eacute;nergie nous boostait au centuple. Bon, je pr&eacute;f&egrave;re en rester l&agrave;. J&rsquo;ai toujours du mal &agrave; &eacute;crire sur <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span>, l&rsquo;idole de mon enfance, il m&rsquo;&eacute;meut trop, et ce d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il est mort. &laquo;&nbsp;<em><span style=\"font-style: italic;\"><span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span> est mort<\/span><\/em>&nbsp;&raquo;, quel cauchemar, je pleure. Dehors, c&rsquo;est l&rsquo;orage, le tonnerre gronde, la pluie tombe, et je me dis que le ciel pleure lui aussi. Et que le monde entier pleure la mort de <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span> <span class=\"spip_surligne\">Jackson<\/span>, <em><span style=\"font-style: italic;\">all over the world<\/span><\/em>. Je sens que je vais passer une sale nuit blanche. Cher <span class=\"spip_surligne\">Michael<\/span>, on te passe le coucou d&rsquo;ici-bas. Et, l&agrave;-haut, salue les &eacute;toiles de notre part car, &agrave; coup s&ucirc;r, tu en &eacute;tais une, alors je me console en me disant que tu as pr&eacute;f&eacute;r&eacute; les rejoindre afin de faire ton ultime show l&agrave;-haut, parmi le Sacr&eacute;. <o:p><\/o:p><\/span><\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Arial;\">Ciao l&rsquo;artiste, on t&rsquo;adorait. <o:p><\/o:p><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><!-- ISI_LISTEN_STOP_1 --><\/p>\n<div class=\"keywords\">\n<h4><\/h4>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"Michael Jackson est mort, un ange est pass\u00e9\" src=\"http:\/\/www.agoravox.fr\/local\/cache-vignettes\/L398xH345\/Michael_Jackson_25-ee3a0.jpg\" \/> \t\t \t\t<\/div>\n<p><a title=\"Yahoo Actualit\u00e9s\" href=\"http:\/\/fr.news.yahoo.com\/blogs.html\" class=\"yahoo\"><br \/><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mon Dieu, la nouvelle est tomb\u00e9e comme un couperet sur le Net, dans la nuit de jeudi \u00e0 vendredi, Michael Jackson est&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29483","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29483","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29483"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29483\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29483"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29483"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29483"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}