{"id":29518,"date":"2009-07-16T09:47:03","date_gmt":"2009-07-16T09:47:03","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3305","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3305\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant et la porcelaine*"},"content":{"rendered":"<p>Extrait de Desperate Football House r\u00e9cemment commis par Jean L.&#8200;Nang, ce fragment de texe d\u00e9voile la tonalit\u00e9 et le rythme d\u2019un ouvrage qui charrie d\u00e9j\u00e0 moult interpr\u00e9tations. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Atangana Mballa porte physiquement les stigmates d&rsquo;une sant&eacute; de plus en plus vacillante qui le force, bien malgr&eacute; lui, &agrave; prendre un peu de distance vis-&agrave;-vis des affaires quotidiennes de la F&eacute;cafoot. N&eacute;anmoins, il en a gard&eacute; tous les symboles de puissance : le bureau cossu qu&rsquo;il occupait du temps de sa splendeur de secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, la voiture de service, le cocher. Il a de quoi dormir tranquille dans son palace au sommet du village de Bou&eacute;a, sur les hauteurs de Emana.<br \/>Pour lui, la F&eacute;cafoot c&rsquo;est un peu sa propri&eacute;t&eacute;. Et pour cela, sa cour a l&rsquo;&oelig;il ouvert sur ce qui n&rsquo;est rien moins que sa rente. Elle lui rapporte tout ce qui se dit, se fait ou se trame pendant ses longues absences. De l&agrave;-haut, il dicte la conduite &agrave; tenir &agrave; ses ouailles, distribue les r&ocirc;les tel un parrain. Avec son t&eacute;l&eacute;phone, il est capable de mettre le feu comme de l&rsquo;&eacute;teindre &agrave; Tsinga. Tout est fonction de ses int&eacute;r&ecirc;ts. Reclus &agrave; Garoua, Iya Mohammed n&rsquo;exerce pas la m&ecirc;me influence que JR sur le personnel. <\/p>\n<p>Atangana Mballa est un des seuls administrateurs qui n&rsquo;a pas d&rsquo;activit&eacute; r&eacute;mun&eacute;ratrice en dehors de la F&eacute;cafoot. Durant les rentr&eacute;es scolaires, il mue dans la peau de gestionnaire d&rsquo;un coll&egrave;ge priv&eacute; cr&eacute;&eacute; par son p&egrave;re. Mais cela ne dure que le temps des inscriptions. Ses seuls revenus officiels sont faits de ce que lui rapportent ses indemnit&eacute;s d&rsquo;administrateur et de l&rsquo;usufruit de la F&eacute;cafoot. [&hellip;]<br \/>Aujourd&rsquo;hui, le puissant secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral qui d&eacute;tenait nagu&egrave;re tous les cordons boursiers du football, supporte de plus en plus mal sa semi retraite. Il consid&egrave;re sa fonction actuelle de premier vice-pr&eacute;sident comme une mise &agrave; l&rsquo;&eacute;cart foment&eacute;e par Iya Mohammed et ses proches. Pourtant, &agrave; y regarder de pr&egrave;s, c&rsquo;est un moindre mal, tant l&rsquo;incontournable ex m&eacute;riterait la potence sous d&rsquo;autres cieux, apr&egrave;s sa gestion franchement p&eacute;p&egrave;re et calamiteuse de la F&eacute;cafoot. Il a &eacute;t&eacute; et est encore de tous les coups tordus que l&rsquo;administration du football camerounais conna&icirc;t, en amont ou en aval: &quot; Il tripatouille, d&eacute;tourne, influence et tue notre football &quot;, dit de lui Th&eacute;ophile Awana, &agrave; la une de son mensuel qui porte pour titre: &quot; J.R. Atangana Mballa et Th&eacute;r&egrave;se Mangu&eacute;l&eacute;: assassins du football camerounais.&quot; [&hellip;]<\/p>\n<p>En regardant les choses avec recul et froideur, Atangana Mballa n&rsquo;a pas eu d&rsquo;autre choix que d&rsquo;accepter le strapontin de premier vice-pr&eacute;sident que lui a jet&eacute; Iya, comme un os &agrave; un chien galeux. Il se raconte que lorsque Patrick Pr&ecirc;cheur s&rsquo;en est all&eacute; sans crier gare, l&rsquo;ancien secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, sans barguigner, s&rsquo;est propos&eacute; pour sa succession. Iya a dit un gentillet mais ferme &quot; ka&iuml;\u00a0\u00bb. L&rsquo;&eacute;conduit r&eacute;ussira n&eacute;anmoins son op&eacute;ration de retour aux affaires par le truchement de sa ni&egrave;ce Th&eacute;r&egrave;se Pauline Mangu&eacute;l&eacute;. Bien que ce fut au prix de heurts avec Iya. <br \/>On doit cependant &agrave; la v&eacute;rit&eacute; de reconna&icirc;tre que la conclusion de ce &quot; march&eacute; &quot; ne fut q&rsquo;un juste retour d&rsquo;ascenseur. JR ne compte plus le nombre de lois o&ugrave; il a servi de rempart &agrave; son ami face aux assauts incessants des ministres des Sports betis, Joseph Owona et Philippe Mbarga Mboa en l&rsquo;occurrence, farouchement d&eacute;cid&eacute;s &quot;&agrave; avoir la peau du nordiste. <br \/>Si Joseph Owona mise sur une implosion de la F&eacute;cafoot, en favorisant par mille et un stratag&egrave;mes une opposition en son sein m&ecirc;me, Mbarga Mboa y va droit au but, bille en t&ecirc;te, en exigeant, au nom du gouvernement, la d&eacute;mission du pr&eacute;sident de la F&eacute;cafoot, le 1er juin 2006. C&rsquo;est le pr&eacute;sident qui raconte la rencontre &agrave; la presse : &quot;Le ministre m&rsquo;a dit que le gouvernement a demand&eacute; que je d&eacute;missionne. Je ne lui ai pas r&eacute;pondu sur le champ&#8230;&quot;<br \/>La roublardise bien qu&rsquo;ing&eacute;nieuse, n&rsquo;aboutit point. <\/p>\n<p>Chaque fois qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; sollicit&eacute; pour &quot; l&acirc;cher &quot; Iya Mohammed, JR est rest&eacute; insensible au chantage des ministres et sourd &agrave; leurs oracles tribales. Ce que le pr&eacute;sident a fortement appr&eacute;ci&eacute; en son temps. Cette fid&eacute;lit&eacute; au directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Sod&eacute;coton lui a tout de m&ecirc;me valu une confiance aveugle et entra&icirc;n&eacute; la gabegie qu&rsquo;on lui impute aujourd&rsquo;hui. <br \/>Qu&rsquo;on ne s&rsquo;y trompe gu&egrave;re cependant. Malgr&eacute; les &eacute;preuves qu&rsquo;ils ont travers&eacute;es ensemble et qui font que pour eux la F&eacute;cafoot est leur radeau de sauvetage, Iya et Atangana se supportent aujourd&rsquo;hui plus qu&rsquo;ils ne s&rsquo;aiment r&eacute;ellement. Ils passent le plus clair de leur temps &agrave; sauver les apparences en public mais ne se loupent jamais en apart&eacute;. Usure du temps certes mais aussi abondance des conflits d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts. JR doit regretter aujourd&rsquo;hui de n&rsquo;avoir pas jou&eacute; la carte du putsch que lui propos&egrave;rent ses fr&egrave;res ministres. <\/p>\n<p>Tombi &agrave; Roko r&eacute;sume mieux l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;esprit des deux hommes aujourd&rsquo;hui: &quot; Il fait des sourires &agrave; Iya Mohammed alors qu&rsquo;il r&ecirc;ve de le renverser. Il cr&eacute;e une ambiance d&eacute;l&eacute;t&egrave;re pour montrer que tout va mal&#8230;&quot;<br \/>Toute la strat&eacute;gie de guerre du premier vice-pr&eacute;sident de la F&eacute;cafoot r&eacute;side l&agrave;. Cr&eacute;er le pourrissement pour s&rsquo;offrir ensuite comme le recours, la solution, le sauveur. Il pense que je l&rsquo;ai remplac&eacute; dans le c&oelig;ur de Iya, que je suis son arme pour lui porter le coup fatal. Il va donc me combattre, sans rel&acirc;che. Jamais de front. A travers ses postiches. Il inspire leur r&eacute;bellion. Tapis dans l&rsquo;ombre. [&hellip;]<br \/>Je comprends illico qu&rsquo;il me faudra d&eacute;sormais serrer les fesses dans mon fauteuil. Il n&rsquo;y a plus de doute, la hache de guerre est d&eacute;terr&eacute;e entre le premier vice-pr&eacute;sident et moi. [&hellip;] <\/p>\n<p><em>*Jean Lambert Nang in Desperate Football House, Six mois dans l&rsquo;enfer de la F&eacute;cafoot, PP. 123-129<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait de Desperate Football House r\u00e9cemment commis par Jean L.&#8200;Nang, ce fragment de texe d\u00e9voile la tonalit\u00e9 et le rythme d\u2019un ouvrage&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29518","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29518","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29518"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29518\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29518"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29518"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29518"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}