{"id":29615,"date":"2009-10-17T09:52:30","date_gmt":"2009-10-17T09:52:30","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3402","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3402\/","title":{"rendered":"Olivier Bile : Un film sur Mongo Beti \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Le r\u00e9alisateur de t\u00e9l\u00e9vision parle du documentaire qu\u2019il pr\u00e9pare sur le c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crivain dissident camerounais. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p><strong>Vous &ecirc;tes en train de r&eacute;aliser un documentaire sur l&rsquo;&eacute;crivain Mongo Beti. Quel en est le fil directeur ? <\/strong><br \/>Ce film documentaire s&rsquo;intitule : Mongo Beti, l&rsquo;&eacute;crivain engag&eacute;. Le titre est en g&eacute;n&eacute;ral r&eacute;v&eacute;lateur du contenu de l&rsquo;&oelig;uvre. Il est donc question pour nous de pr&eacute;senter Mongo Beti &agrave; travers l&rsquo;engagement qui a &eacute;t&eacute; le sien. Engagement litt&eacute;raire mais &eacute;galement engagement politique. Telle est l&rsquo;orientation de ce film. On aurait pu choisir une autre posture car Mongo Beti a de multiples casquettes. Il a &eacute;t&eacute; &eacute;diteur de la revue Peuples noirs, peuples africains. Il a &eacute;t&eacute; enseignant pendant de longues ann&eacute;es au lyc&eacute;e Corneille de Rouen en France. <\/p>\n<p><strong>Mais en r&eacute;alisant un documentaire, peut-on parler d&rsquo;autre chose que de son engagement, quand on observe la production audio-visuelle sur ce personnage ? <\/strong><br \/>Les autres postures auraient pu faire l&rsquo;objet d&rsquo;un travail sp&eacute;cifique. En mati&egrave;re de documentaire en g&eacute;n&eacute;ral et sur le plan m&eacute;thodologique, ce qui est fondamental c&rsquo;est l&rsquo;angle que vous choisissez. On aurait pu choisir un autre point de vue. Mais, il faut relever que ce travail s&rsquo;inscrit dans le cadre d&rsquo;une s&eacute;rie qui suit un appel &agrave; propositions du Conseil international des radios et t&eacute;l&eacute;visions d&rsquo;expression fran&ccedil;aise( Cirtef) &agrave; certaines t&eacute;l&eacute;visions africaines. Il &eacute;tait donc question que l&rsquo;on r&eacute;alise une s&eacute;rie sur des figures d&rsquo;avant et apr&egrave;s les ind&eacute;pendances. Cette s&eacute;rie s&rsquo;appelle : les pr&eacute;curseurs. Nous avons donc pens&eacute; que Mongo Beti s&rsquo;est illustr&eacute; dans ce cadre-l&agrave;. <\/p>\n<p><strong>Un appel du Cirtef qui soutient une telle production, cela veut dire que vous n&rsquo;&eacute;prouvez pas de difficult&eacute;s financi&egrave;res. Vous devriez avoir des difficult&eacute;s d&rsquo;un autre ordre&hellip;<\/strong><br \/>Les s&eacute;ries du Cirtef ont un modus operandi assez classique. Un forfait vous est allou&eacute;. Ce n&rsquo;est pas une enveloppe astronomique.<\/p>\n<p><strong>Vous rencontrez donc peut-&ecirc;tre d&rsquo;autres difficult&eacute;s qui pourraient &ecirc;tre li&eacute;es aux personnes et organismes avec lesquels Mongo Beti &eacute;tait en conflit.<\/strong><br \/>C&rsquo;est clair que la vie de Mongo Beti n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; un long fleuve tranquille. Il y a eu beaucoup de conflits et de brouilles. Nous l&rsquo;avons effectivement d&eacute;couvert. La principale difficult&eacute; &agrave; laquelle nous avons &eacute;t&eacute; confront&eacute;s c&rsquo;est la pr&eacute;sence du fil conducteur de ce film, c&rsquo;est-&agrave;-dire de la personne que nous avons choisie pour conduire le documentaire. C&rsquo;est Mme Mongo Beti qui vit en France et qui vient au Cameroun deux fois l&rsquo;an. Il fallait qu&rsquo;elle adh&egrave;re au projet. C&rsquo;est un couple qui a &eacute;t&eacute; victime d&rsquo;espionnage. La premi&egrave;re difficult&eacute; consistait &agrave; la convaincre de ce que ce travail devait restituer la v&eacute;rit&eacute; sur Mongo Beti. Dans la mesure o&ugrave; elle &eacute;tait d&rsquo;accord, nous avions gagn&eacute; 75% de l&rsquo;affaire. Elle est revenue au Cameroun dans le cadre de la comm&eacute;moration du huiti&egrave;me anniversaire de la mort de Mongo Beti. Cette pr&eacute;sence nous a donn&eacute; l&rsquo;opportunit&eacute; de collecter &eacute;norm&eacute;ment lors des interviewes avec des personnalit&eacute;s qui ont connu l&rsquo;homme.<br \/>L&rsquo;autre grande difficult&eacute; dans ce projet est la disponibilit&eacute; des images. Notre ingr&eacute;dient fondamental est l&rsquo;image. Il n&rsquo;y a presque pas d&rsquo;archives audiovisuelles sur Mongo Beti ici chez nous. Nous avons tout de m&ecirc;me pu obtenir du Cirtef qu&rsquo;un travail de collecte soit fait par le coordonnateur de la s&eacute;rie. Il a &eacute;t&eacute; &agrave; l&rsquo;Ina [Institut national de l&rsquo;audiovisuel en France] o&ugrave; il a pu nous obtenir l&rsquo;essentiel de ce qui y existait sur Mongo Beti, ses passages sur les plateaux de t&eacute;l&eacute;vision, ses interviewes. <br \/>Mongo Beti a v&eacute;cu au Cameroun de 1991 &agrave; 2001, ann&eacute;e de sa mort. C&rsquo;est dire que l&rsquo;essentiel de sa vie s&rsquo;est quand m&ecirc;me d&eacute;roul&eacute; en France. Or, le documentaire exige de faire parler ceux qui l&rsquo;ont connu et qui sont en France, c&rsquo;est une difficult&eacute; &agrave; laquelle nous sommes encore confront&eacute;s aujourd&rsquo;hui : retrouver des t&eacute;moignages de personnes identifi&eacute;es par Mongo Beti &agrave; Rouen comme pouvant parler de lui. J&rsquo;ajoute &agrave; cela que ses trois enfants vivent en France. Les avoir au Cameroun s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; impossible, car ils n&rsquo;y viennent pas r&eacute;guli&egrave;rement. Nous esp&eacute;rons pouvoir compl&eacute;ter ce documentaire.<\/p>\n<p><strong>Il n&rsquo;est pas possible de faire faire cela par ceux qui collaborent avec vous au Cirtef ?<\/strong><br \/>Non ce n&rsquo;est pas possible de faire faire cela parce que le travail repose entre les mains des r&eacute;alisateurs. C&rsquo;est &agrave; nous d&rsquo;agir. J&rsquo;ajoute cependant un d&eacute;tail important. La vie d&rsquo;&eacute;crivain de Mongo Beti a &eacute;t&eacute; marqu&eacute;e par la censure de Main basse sur le Cameroun. L&rsquo;&eacute;diteur de ce livre, Fran&ccedil;ois Maspero, vit encore en r&eacute;gion parisienne. C&rsquo;est l&rsquo;une des personnes que nous aimerions approcher et interviewer au sujet de cet &eacute;pisode majeur de la vie d&rsquo;&eacute;crivain de Mongo Beti.<\/p>\n<p><strong>Il est remarquable qu&rsquo;une organisation de la Francophonie finance un documentaire sur Mongo Beti, grand pourfendeur de ce syst&egrave;me de relations. Votre documentaire s&rsquo;int&eacute;resse-t-il &agrave; ces gens et organismes qu&rsquo;il a largement d&eacute;nonc&eacute;s ?<\/strong><br \/>J&rsquo;avais une appr&eacute;hension au d&eacute;part, d&egrave;s l&rsquo;&eacute;laboration du sc&eacute;nario. Je me demandais s&rsquo;ils adh&egrave;reraient au projet qui concerne un homme qui a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; comme un adversaire non pas de la Francophonie mais de la France&hellip;<\/p>\n<p><strong>Il &eacute;tait clairement oppos&eacute; &agrave; la France n&eacute;ocoloniale et &agrave; la Francophonie qui ne serait pas profitable aux Africains, bien qu&rsquo;il revendiquait son amour du fran&ccedil;ais.<\/strong><br \/>Ce sont ses prises de position &agrave; lui, prises hier&hellip;<\/p>\n<p><strong>Ceux qu&rsquo;il accusait dans l&rsquo;intelligentsia francophone sont-ils pr&ecirc;ts &agrave; parler ? <\/strong><br \/>La Francophonie aujourd&rsquo;hui est dirig&eacute;e par un Africain, le S&eacute;n&eacute;galais Abdou Diouf. Pareil pour le Cirtef. On peut comprendre que beaucoup de choses aient chang&eacute; depuis l&rsquo;&eacute;poque de Main basse sur le Cameroun dans les ann&eacute;es. La compr&eacute;hension que Mongo Beti avait de la Francophonie &agrave; cette &eacute;poque n&rsquo;est peut-&ecirc;tre plus &agrave; l&rsquo;ordre du jour. Etant donn&eacute; que le Cirtef s&rsquo;est engag&eacute; &agrave; produire cette s&eacute;rie baptis&eacute;e : les pr&eacute;curseurs ; et qu&rsquo;il a lui-m&ecirc;me &eacute;labor&eacute; cette ligne &eacute;ditoriale, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a des progr&egrave;s qui ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;s.<\/p>\n<p><strong>Pensez-vous que si Mongo Beti avait &eacute;t&eacute; l&agrave;, il aurait accept&eacute; que cela se fasse ainsi, sans l&rsquo;intervention de ceux d&rsquo;en face.<\/strong><br \/>Il est difficile de vous r&eacute;pondre parce que moi-m&ecirc;me je ne l&rsquo;ai pas connu.<br \/>Mais quand on lit ses &oelig;uvres, on devine bien ce qu&rsquo;il aurait pu dire.<br \/>Quand on lit ses &oelig;uvres et qu&rsquo;on arrive &agrave; d&eacute;couvrir l&rsquo;homme, je pense qu&rsquo;il aurait pu accepter ce projet car il ne s&rsquo;agit pas de faire l&rsquo;apologie de ce que lui-m&ecirc;me a critiqu&eacute; et condamn&eacute; pendant de si longues ann&eacute;es. Je pense effectivement que Mongo Beti aurait pu adh&eacute;rer &agrave; un tel projet comme sa femme l&rsquo;a fait d&rsquo;ailleurs. Sa femme qui partage largement ses opinions.<\/p>\n<p><strong>Vous avez des projets similaires, des figures qui m&eacute;riteraient d&rsquo;&ecirc;tre revisit&eacute;es comme Mongo Beti ?<\/strong><br \/>Je travaillais d&eacute;j&agrave; sur une s&eacute;rie locale qui s&rsquo;appelle : Trajectoires. Nous avons eu l&rsquo;occasion de travailler sur le maire de Yaound&eacute;, Andr&eacute; Fouda ; le ministre Vroumsia Tchinaye ; Mohaman Mahonde qui est une grande figure du nord Cameroun et quelques autres dont Victor Kanga qui nous a donn&eacute; l&rsquo;opportunit&eacute; de faire un travail bien re&ccedil;u par le public camerounais. Je peux vous annoncer un projet sur une figure &eacute;galement tr&egrave;s en rupture avec les logiques n&eacute;ocoloniales, mais dans un autre registre, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;conomiste Joseph Tchundjang Pouemi. Nous y travaillerons certainement en 2010 parce que pour l&rsquo;instant il faut que je boucle le projet de Mongo Beti pour lequel je suis encore en train de travailler.<\/p>\n<p><strong>Le film sera donc pr&ecirc;t &agrave; quel moment ?<\/strong><br \/>Il est en cours de post-production. Il sera sans doute disponible d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;ann&eacute;e.<\/p>\n<p><em>Propos recueillis par J.B. Ketchateng<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00e9alisateur de t\u00e9l\u00e9vision parle du documentaire qu\u2019il pr\u00e9pare sur le c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crivain dissident camerounais. &#8211; Vous &ecirc;tes en train de r&eacute;aliser&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29615","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29615","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29615"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29615\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29615"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29615"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29615"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}