{"id":29685,"date":"2009-11-06T18:06:23","date_gmt":"2009-11-06T18:06:23","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3472","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3472\/","title":{"rendered":"Abui Mama : Y a t- il des salles de r\u00e9daction l\u00e0-bas ?"},"content":{"rendered":"<p>Hommage au directeur de la r\u00e9daction de Cameroon-Tribune, d\u00e9c\u00e9d\u00e9  \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 56 ans.<br \/>\n &#8211; <\/p>\n<h4 align=\"justify\"><\/h4>\n<p align=\"justify\">C&rsquo;est le genre d&rsquo;exercice qu&rsquo;Abui Mama aurait confi&eacute; &agrave; un jeune confr&egrave;re avec son petit sourire en coin, en lui disant : &laquo; c&rsquo;est aussi &ccedil;a le journalisme &raquo;&hellip; Rendre hommage &agrave; un (grand) confr&egrave;re d&eacute;funt. C&rsquo;est l&rsquo;auteur d&eacute;j&agrave; aur&eacute;ol&eacute; du succ&egrave;s de la rubrique &laquo; Autant le dire &raquo; qui me re&ccedil;oit &agrave; Cameroon-Tribune, un jour de 1989, en sa qualit&eacute; de directeur des r&eacute;dactions. J&rsquo;engage le vouvoiement. Abui Mama me stoppe net : &laquo;Entre confr&egrave;res on ne se vouvoie pas &raquo;. Nous en resterons &agrave; tu et &agrave; toi.<br \/>Lui, le directeur des r&eacute;dactions, moi le jeune secr&eacute;taire de r&eacute;daction, partions souvent les derniers de la r&eacute;daction de Cameroon-Tribune.&nbsp;<\/p>\n<p align=\"justify\">J&rsquo;appr&eacute;ciais alors la franche camaraderie de l&rsquo;homme et pourquoi ne pas le souligner, sa grande sobri&eacute;t&eacute;. Un jour que je commandais une deuxi&egrave;me bi&egrave;re dans le caf&eacute; o&ugrave; il m&rsquo;avait fait l&rsquo;honneur de m&rsquo;emmener, afin qu&rsquo;on souffle apr&egrave;s une dure journ&eacute;e de Cameroon-Tribune, il s&rsquo;&eacute;tonna : &laquo;Comment quelqu&rsquo;un peut-il boire plus d&rsquo;une bi&egrave;re ? &raquo; Cela ne l&rsquo;emp&ecirc;chait pourtant pas de mettre de l&rsquo;ambiance dans sa r&eacute;daction, qu&rsquo;il dirigeait d&rsquo;un ton badin, mais avec une fermet&eacute; sans faille. N&rsquo;avait-il pas institu&eacute; &laquo; le godet du mois&raquo;, ce petit verre sympathique que les journalistes se partageaient chaque fin de mois ? (Les mauvais gar&ccedil;ons de la r&eacute;daction transform&egrave;rent cette initiative en &laquo; la nuit des longs godets &raquo;). En ces ann&eacute;es-l&agrave;, celui que tout le monde appelait tranquillement &laquo;Abui &raquo; a essay&eacute; de maintenir un climat de travail enjou&eacute;, o&ugrave; le journalisme a pu s&rsquo;exprimer, malgr&eacute; l&rsquo;&acirc;pret&eacute; du contexte politique et la lourdeur de l&rsquo;environnement manag&eacute;rial.<br \/>Il y a quelque temps, je lui ai demand&eacute; pourquoi il avait quitt&eacute; une confortable &laquo;planque&raquo; au minist&egrave;re de l&rsquo;Economie et des Finances, pour retourner dans une salle de r&eacute;daction, dans ce bureau dont on l&rsquo;avait &eacute;ject&eacute; 13 ann&eacute;es auparavant, c&rsquo;est peu dire, sans &eacute;l&eacute;gance. Il ma r&eacute;pondu : &laquo;Je suis d&rsquo;abord journaliste. Et &ccedil;a peut manquer, une salle de r&eacute;daction&hellip;&raquo;<br \/>Je revois cette salle de r&eacute;daction o&ugrave;, Abui Mama, directeur de la r&eacute;daction, quittait son bureau douillet pour venir dans la salle de r&eacute;daction, &agrave; une heure quelconque de la journ&eacute;e, &eacute;couter les histoires sal&eacute;es que racontait Eyoum Ndoumb&egrave; de sa voix rocailleuse, que pimentait Andr&eacute; Vincent Ekani de petites relances bien senties et que Go&rsquo;Away reprenait souvent dans une caricature. David Ndachi Tagne, de retour d&rsquo;une &eacute;ni&egrave;me p&eacute;r&eacute;grination, se moquait de tout ce beau monde&hellip;Y a t-il des salles de r&eacute;daction l&agrave;- bas ?<\/p>\n<h2 align=\"justify\">T&eacute;moignages<\/h2>\n<h4 align=\"justify\">Badjang Ba Nken, r&eacute;dacteur en chef : &laquo; Il avait une grande id&eacute;e de la profession &raquo; <br \/><\/h4>\n<p align=\"justify\">Brutalement, ce matin, on a appris le d&eacute;c&egrave;s de Abui Mama. Cela a &eacute;t&eacute; un choc. Je garde de lui le souvenir d&rsquo;un professionnel exemplaire. Il avait une grande id&eacute;e de la profession. Il estimait qu&rsquo;on devait reconna&icirc;tre aux journalistes aussi le droit &agrave; l&rsquo;erreur. C&rsquo;est l&rsquo;un des combats qu&rsquo;il a men&eacute;. Abui Mama &eacute;tait un patron qui essayait toujours de prot&eacute;ger ses collaborateurs. C&rsquo;est une grosse perte pour nous, il laisse un vide qu&rsquo;il va &ecirc;tre difficile de combler, compte tenu de son anciennet&eacute; et de son talent. On avait beaucoup de projets, notamment le relookage du journal. <\/p>\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\n<h4 align=\"justify\">Augustin Fogang, r&eacute;dacteur en chef technique : &laquo; C&rsquo;&eacute;tait un excellent journaliste &raquo;<br \/><\/h4>\n<p align=\"justify\">Abui Mama et moi, on s&rsquo;est connu &agrave; l&rsquo;Ecole de journalisme (Esijy, ndlr). Il &eacute;tait de la 6&egrave;me promotion et moi de la 5&egrave;me. Puis je l&rsquo;ai retrouv&eacute; ici &agrave; Cameroon Tribune en 1981 Pendant les ann&eacute;es o&ugrave; il a exerc&eacute; au minist&egrave;re de l&rsquo;Economie et des Finances, qui est devenu minist&egrave;re des Finances, on a eu &agrave; travailler ensemble, notamment dans la mise en place du magazine Finances Infos. Je peux me pr&eacute;valoir de l&rsquo;avoir eu comme ami. On a toujours travaill&eacute; dans un bel esprit d&rsquo;&eacute;quipe, en tr&egrave;s bonne entente. C&rsquo;&eacute;tait une personne simple, r&eacute;serv&eacute;e mais plut&ocirc;t ouverte. C&rsquo;&eacute;tait surtout un travailleur acharn&eacute; et un excellent journaliste. A la t&ecirc;te de l&rsquo;&eacute;quipe de r&eacute;daction de Cameroon Tribune, il a su tenir haut le flambeau. <\/p>\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\n<h4 align=\"justify\">Patrice Etoundi Mballa, ancien coll&egrave;gue et ami : &laquo; C&rsquo;est une esp&egrave;ce de sosie &agrave; moi qui a disparu &raquo;<br \/><\/h4>\n<p align=\"justify\">Quand on nous a chass&eacute;s de Cameroon Tribune en 1992, on &eacute;tait ensemble. Ensemble nous avons anim&eacute; &laquo; Autant le dire &raquo;. J&rsquo;&eacute;tais r&eacute;dacteur en chef et lui directeur de la R&eacute;daction. Il m&rsquo;appelait toujours grand-fr&egrave;re. Parfois, pour l&rsquo;emb&ecirc;ter, je l&rsquo;appelais Jean-Marie. Il n&rsquo;aimait pas son pr&eacute;nom, je ne sais pas pourquoi. Il s&rsquo;amusait parfois &agrave; dire qu&rsquo;il n&rsquo;a pas d&rsquo;anniversaire, parce que sur son acte de naissance, quelqu&rsquo;un s&rsquo;&eacute;tait amus&eacute; &agrave; &eacute;crire n&eacute; le 32 janvier. Abui Mama savait rire aux &eacute;clats mais ce n&rsquo;&eacute;tait pas un homme expansif. Il &eacute;tait plut&ocirc;t discret. C&rsquo;est une esp&egrave;ce de sosie &agrave; moi qui a disparu. <\/p>\n<p align=\"justify\">&nbsp;<\/p>\n<h4 align=\"justify\">Yves Atanga, chef du service Soci&eacute;t&eacute; : &laquo; Sa plume et ses conseils vont nous manquer &raquo;<br \/><\/h4>\n<p align=\"justify\">Lorsque Abui Mama est revenu apr&egrave;s son &eacute;vacuation en France, il &eacute;tait physiquement diminu&eacute; mais il avait gard&eacute; sa bonne humeur. C&rsquo;&eacute;tait m&ecirc;me lui qui vous consolait ! Il fait partie des gens auxquels je voulais ressembler, un mod&egrave;le en quelque sorte. Je voulais essayer d&rsquo;&eacute;crire comme lui. En travaillant &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, je me suis rendu compte qu&rsquo;il avait gard&eacute; un esprit jeune. Il &eacute;tait un conciliateur et essayait de r&eacute;soudre les probl&egrave;mes qui se posaient. Sa plume et son encadrement vont nous manquer, de m&ecirc;me que ses conseils. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hommage au directeur de la r\u00e9daction de Cameroon-Tribune, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 56 ans. &#8211; C&rsquo;est le genre d&rsquo;exercice qu&rsquo;Abui Mama aurait&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29685","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29685","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29685"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29685\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":50958,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29685\/revisions\/50958"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29685"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29685"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29685"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}