{"id":29732,"date":"2009-12-15T14:35:21","date_gmt":"2009-12-15T14:35:21","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3519","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3519\/","title":{"rendered":"Patrice Nganang : Pamphlet contre&#8230; les faux-monnayeurs*"},"content":{"rendered":"<p>Le franc tireur des lettres malgaches, Jean-Luc Raharimanana, vient de faire para\u00eetre dans la nouvelle collection Fragments qu\u2019il dirige aux \u00e9ditions Vents d\u2019Ailleurs, en France, La r\u00e9publique de l\u2019imagination. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\">&nbsp; Le texte sign&eacute; de l&rsquo;&eacute;crivain, pol&eacute;miste et universitaire Patrice Nganang est un livre hybride. Con&ccedil;u comme une s&eacute;rie de lettres &agrave; un &laquo;petit fr&egrave;re&raquo;, il est surtout une charge contre la fausse monnaie en litt&eacute;rature. Gide e&ucirc;t appr&eacute;ci&eacute; !<br \/>Consid&eacute;rant que la soumission au clinquant et l&rsquo;&eacute;limination de toute opposition sont les dangers majeurs qui guettent le monde en g&eacute;n&eacute;ral et l&rsquo;Afrique en particulier, Patrice Nganang en d&eacute;signe les porte-drapeaux : les &eacute;crivains imposteurs. Ecrivant &agrave; un jeune d&eacute;sireux de quitter la terre africaine r&eacute;put&eacute;e &laquo;sans futur&raquo;, l&rsquo;&eacute;crivain admet d&rsquo;abord que toute id&eacute;e de voyage n&rsquo;est pas &agrave; proscrire. Il soutient, pour mieux &eacute;nerver les promoteurs fran&ccedil;ais du concept d&rsquo;immigration choisie, que pour les Africains, traverser la M&eacute;diterran&eacute;e est &laquo;aussi n&eacute;cessaire aujourd&rsquo;hui que le fut le voyage en Egypte ancienne des Grecs, les inventeurs de l&rsquo;Occident !&raquo; <\/p>\n<p><strong>Effacements<\/strong><br \/>En d&eacute;saccord avec l&rsquo;&eacute;crivain Togolais Sami Tchak sur les r&ecirc;ves africains, il souligne &agrave; quel point le d&eacute;sarroi ressenti par la jeunesse africaine repose sur l&rsquo;occultation de la m&eacute;moire. Frantz Fanon l&rsquo;a dit avec davantage de force ; mais Nganang, d&eacute;routant et mordant, dans un style peu orthodoxe, revient sur quelques h&eacute;ritages de son continent d&rsquo;origine. Le shu-mom, l&rsquo;&eacute;criture invent&eacute;e par Ibrahim Njoya, au Cameroun, vers la fin du dix-neuvi&egrave;me si&egrave;cle lui sert d&rsquo;argument. Des effacements ont abouti &agrave; &laquo;l&rsquo;interruption du temps de l&rsquo;espoir&raquo;. L&rsquo;&egrave;re des derniers ravages, sous la colonisation, a alors achev&eacute; le programme d&rsquo;&eacute;crasement des &laquo;voix rebelles&raquo; en Afrique. <\/p>\n<p>Elle perdure, grince le pamphl&eacute;taire, &agrave; travers la qu&ecirc;te de respectabilit&eacute; des auteurs adeptes du faux-monnayage litt&eacute;raire. Les critiques les plus f&eacute;roces de Nganang, d&eacute;non&ccedil;ant une litt&eacute;rature de coton ou &laquo;ricanante&raquo;, sont adress&eacute;es &agrave; Fernando d&rsquo;Almeida et &agrave; Alain Mabanckou. Ce dernier se compla&icirc;t-il &agrave; &laquo;ouvrir les portes de l&rsquo;hilarit&eacute; collective&raquo; derri&egrave;re lesquelles on moque l&rsquo;Afrique plus qu&rsquo;on ne lui rend sa juste place dans la biblioth&egrave;que universelle ? Nganang le pense et r&eacute;clame la lib&eacute;ration des imaginations ; mais son h&eacute;sitation entre pamphlet et essai reste perceptible. Les faux-monnayeurs lui r&eacute;pondront-ils ? Ils pr&eacute;f&egrave;reront peut-&ecirc;tre faire l&rsquo;autruche et enfouir prestement leurs t&ecirc;tes dans le sable. <\/p>\n<p><em>Eug&egrave;ne Ebod&eacute;<br \/>(*)Publi&eacute; au Courrier de Gen&egrave;ve du samedi 17 octobre 2009.<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le franc tireur des lettres malgaches, Jean-Luc Raharimanana, vient de faire para\u00eetre dans la nouvelle collection Fragments qu\u2019il dirige aux \u00e9ditions Vents&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29732","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29732","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29732"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29732\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29732"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29732"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29732"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}