{"id":29817,"date":"2010-02-21T18:11:29","date_gmt":"2010-02-21T18:11:29","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3606","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3606\/","title":{"rendered":"Danse : Aux profondeurs de l&rsquo;Afrique"},"content":{"rendered":"<p>Le public du Goethe Institute s&rsquo;est laiss\u00e9 balader dans cet univers lors d&rsquo;un spectacle \u00e0 Yaound\u00e9. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>La danse, comme aime &agrave;  le dire ses amateurs, est chevill&eacute;e en chacun de nous. Pour eux, nous  sommes, humains, tous des danseurs potentiels ou en puissance. Mais  entre le solo que nous fabriquons devant notre glace, les danses qui  closent les r&eacute;unions de femmes ou celles qui &eacute;maillent les c&eacute;r&eacute;monies  fun&eacute;raires ou de bonheur dans les villages, et la danse dite  contemporaine, il y a un pas. Un pas que chacun peut franchir, &agrave;  condition d&rsquo;en avoir envie et de suivre la trajectoire indiqu&eacute;e.  Mercredi dernier, le Goethe Institut &agrave; Yaound&eacute; a &eacute;t&eacute; le th&eacute;&acirc;tre d&rsquo;une  restitution de travail d&rsquo;atelier de danse. C&rsquo;&eacute;tait dans le cadre du  Goethe-Caf&eacute;, un espace qui se veut une interface d&rsquo;artistes avec le  public au travers d&rsquo;une &oelig;uvre. Et pour l&rsquo;occasion, ce sont de jeunes  loups au talent &agrave; ciseler qui se sont d&eacute;ploy&eacute;s sur la piste devenue  &eacute;troite de cet espace culturel. Sc&egrave;ne qu&rsquo;ils ont occup&eacute;e pendant plus  d&rsquo;une heure pour un spectacle qui, au finish, valait bien le d&eacute;tour.<\/p>\n<p>Tout  a commenc&eacute; par un solo de danse contemporaine ex&eacute;cut&eacute; avec dext&eacute;rit&eacute; et  qui a replong&eacute; le spectateur dans cette Afrique profonde de la for&ecirc;t.  Au-del&agrave; des contorsions, d&rsquo;ailleurs fort int&eacute;ressantes, la performance  exhalait plut&ocirc;t un parfum de mal-&ecirc;tre dans un espace en proie &agrave; des  catastrophes, dont celle provoqu&eacute;e par l&rsquo;Homme n&rsquo;est pas la moindre.  Cela se sentait aussi &agrave; travers le choix musical qui a fait la part  belle &agrave; des sonorit&eacute;s enregistr&eacute;es en live dans les for&ecirc;ts, comme le  d&eacute;montraient les cris d&rsquo;oiseau. Et aux sceptiques qui ne parvenaient pas  &agrave; saisir la port&eacute;e d&rsquo;un tel message, la suite allait les convaincre. Au  moyen d&rsquo;abord des costumes &agrave; deux tons : le vert pour la for&ecirc;t et le  noir pour la tristesse. Un choix judicieux qui fit na&icirc;tre chez le  spectateur, un sentiment d&rsquo;abandon d&rsquo;un espace forestier pourtant  porteur de valeurs comme la solidarit&eacute; ou le partage. Des valeurs qui  disparaissent lentement &agrave; cause de l&rsquo;exploitation sauvage impos&eacute;e par un  capitalisme lui-m&ecirc;me de plus en plus probl&eacute;matique.<\/p>\n<p>Mais il n&rsquo;y  eut pas que la question existentielle du rapport de l&rsquo;Homme &agrave; la nature.  Moukam Fonkam qui a goupill&eacute; pendant neuf jours ce travail, n&rsquo;a pas en  effet oubli&eacute; que son esth&eacute;tique progressiste devait, pour &ecirc;tre port&eacute;e  jusque tr&egrave;s loin, se laisser choir dans une performance artistique de  qualit&eacute;. C&rsquo;est sans doute pourquoi il a recouru aux services de  musiciens du terroir qui ont jou&eacute; des instruments familiers, mais  souvent ignor&eacute;s, pour le plus grand plaisir des m&eacute;lomanes. Etaient ainsi  mis &agrave; contribution le balafon (madjan), les grelots, le tam-tam  d&rsquo;appel, le &quot;djemb&eacute;&quot;, les castagnettes et autres objets de percussion.  Les m&eacute;lomanes avertis ont aussi pu reconna&icirc;tre entre les morceaux des  th&egrave;mes comme Gombo, sauce contenue dans l&rsquo;album Afrijazzy du  saxophoniste Manu Dibango ou encore Samedi soir de l&rsquo;assikoman Martin  Kon Bogol. <\/p>\n<p>Mais avant que ce dernier ne cl&ocirc;ture le show, on a  remarqu&eacute; les prestations sc&eacute;niques int&eacute;ressantes, mais qui souffraient  par &agrave; coup du manque d&rsquo;harmonie ou encore de la bonne occupation de  l&rsquo;espace. A la d&eacute;charge du groupe cependant, la bri&egrave;vet&eacute; du temps de  cr&eacute;ation et la pr&eacute;sence au sein de ce groupe d&rsquo;une vingtaine de danseurs  d&rsquo;amateurs, qui gagneraient &agrave; se performer tant ils ont montr&eacute; une  volont&eacute; ind&eacute;niable. Nul doute qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;occasion des rendez-vous  sp&eacute;cialis&eacute;s comme le festival Abok i Ngoma d&rsquo;Elise Mballa Meka ou encore  Corps et gestes d&rsquo;Annie Tchawack, ils pourront c&ocirc;toyer des confr&egrave;res  plus aguerris et s&rsquo;enqu&eacute;rir de ce qui leur reste &agrave; faire.  Mais en  attendant, le plus heureux aura sans doute &eacute;t&eacute; Moukam Fonkam qui, au  cours des &eacute;changes qui ont suivi, s&rsquo;est bien rendu compte de ce que son  but &quot;de sensibiliser la jeunesse camerounaise &agrave; la culture de la danse  et &agrave; la chor&eacute;graphie, de favoriser l&rsquo;appropriation et le partage de ce  tr&eacute;sor culturel&quot;, a trouv&eacute; un terreau favorable devant un public pour le  moins subjugu&eacute;.<\/p>\n<p><i>Parfait Tabapsi<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le public du Goethe Institute s&rsquo;est laiss\u00e9 balader dans cet univers lors d&rsquo;un spectacle \u00e0 Yaound\u00e9. &#8211; &nbsp; La danse, comme aime&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29817","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29817","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29817"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29817\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29817"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29817"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29817"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}