{"id":29864,"date":"2010-03-16T13:31:58","date_gmt":"2010-03-16T13:31:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3654","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3654\/","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma : Un \u00ab\u00a0Tcheupte\u00a0\u00bb de malheur"},"content":{"rendered":"<p>Ce docu-fiction de 52 min est une plong\u00e9e dans un rite de l&rsquo;Ouest Cameroun qui gagnerait \u00e0 conna\u00eetre une profonde mue. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Sous les arbres et aux flancs des montagnes de la r&eacute;gion de l&rsquo;Ouest du Cameroun, se nouent souvent des drames personnels loin des regards du plus grand nombre. Au nom de la tradition en effet, des rites y continuent de r&eacute;gner en ma&icirc;tre au grand dam d&rsquo;une population parfois inoffensive devant les &quot;secrets&quot; de cette tradition. Dans le village Bangoulap log&eacute; dans le d&eacute;partement du Nd&eacute;, l&rsquo;un des rites auxquels doit prendre part toute femme qui a pour mari un ressortissant du coin s&rsquo;appelle &quot;Tcheupte&quot;. Et qui a donn&eacute; son titre &agrave; une docu-fiction de la jeune r&eacute;alisatrice Hortense Fanou Nyamen. Un moment &quot;incontournable&quot; dans le processus de cooptation par la communaut&eacute; d&rsquo;un nouveau membre et pour lequel aucun argument n&rsquo;est de trop pour convaincre tout scepticisme. Car, pense-t-on ici, force doit rester &agrave; la tradition. Soit, sauf que ce sentiment n&rsquo;est pas partag&eacute; par les victimes qui y voient plus un assujettissement et un m&eacute;pris de leur personnalit&eacute; qu&rsquo;autre chose. Pour l&rsquo;histoire, on retiendra qu&rsquo;il s&rsquo;agit du r&eacute;cit de la longue marche de la femme vers l&rsquo;accomplissement d&rsquo;une &quot;recommandation de notre tradition&quot;, comme l&rsquo;avoue un personnage, par une jeune m&egrave;re d&rsquo;enfant qui pourtant ne veut pas d&rsquo;un rite qu&rsquo;elle d&eacute;couvre au milieu du gai du mariage. C&rsquo;est du moins ce que laisse croire la voix off qui raconte l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>Une histoire dont la narratologie cin&eacute;matographique est &agrave; saluer. La cin&eacute;aste a en effet r&eacute;ussi le pari de tenir le spectateur dans le suspens de ce qui va se passer. En plus de cela, la cam&eacute;ra d&rsquo;Honor&eacute; Noumabeu a su capter les instants parlant d&rsquo;une mont&eacute;e lente vers un climax finalement moins poignant. Ce parce que &agrave; la fin, l&rsquo;on a comme l&rsquo;impression que si la cin&eacute;aste avait pris le parti de filmer le &quot;Tcheupte&quot; en plein march&eacute; comme cela &eacute;tait le cas jusqu&rsquo;&agrave; une date r&eacute;cente et non de se limiter &agrave; sa version actuelle qui se passe la nuit, on aurait mieux senti l&rsquo;humiliation, d&rsquo;une femme oblig&eacute;e de partager sa nudit&eacute; avec un public de curieux, dont ne cesse de se r&eacute;clamer la principale protagoniste. Au passage, le film soul&egrave;ve des questions existentielles comme celle des meurtrissures inflig&eacute;es &agrave; la femme par la femme. Une &quot;incompr&eacute;hension&quot; que le film n&rsquo;&eacute;lucide pas tant l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne n&rsquo;en finit pas de demander &quot;comment peut-on &ecirc;tre victime d&rsquo;une telle atrocit&eacute; et vouloir sa p&eacute;rennisation ?&quot; Toujours est-il que pour sacrifier au rite, l&rsquo;imp&eacute;trante va &ecirc;tre oblig&eacute;e d&rsquo;ingurgiter des restes de souris s&eacute;ch&eacute;e crue, boire des d&eacute;coctions &agrave; la composition douteuse ou encore accepter d&rsquo;&ecirc;tre recluse pendant quelques jours. Le tout loin d&rsquo;un mari qu&rsquo;elle aime de tout son coeur et pour qui elle a accept&eacute; de sacrifier au rite. <\/p>\n<p>Une solitude qui rend la blessure ainsi incrust&eacute;e en elle plus &quot;ingu&eacute;rissable&quot; encore et qui lui fait croire que les hommes feraient mieux de chercher &agrave; en savoir un peu plus sur un rite pour lequel elle ne voit plus la pertinence. Un avis discutable comme l&rsquo;a laiss&eacute; entendre les discussions au sortir de sa projection vendredi dernier au lancement du festival de films de femmes Mis me Binga au Goethe Institut. Discussions qui t&eacute;moignent d&rsquo;ailleurs de la justesse de cette &oelig;uvre parue chez Malo Pictures en 2008 et qui a un avenir certain. A condition que les producteurs se d&eacute;cident &agrave; rendre &agrave; C&eacute;sar ce qui lui appartient. Le g&eacute;n&eacute;rique de fin a en effet oubli&eacute; le chanteur de jazz bien connu Gino Sitson, pourtant originaire du coin, alors que sa chanson Remember qui figure dans son premier album Vocal Deleiria a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; plus d&rsquo;une fois dans ce 52 minutes. Oubli qui n&rsquo;enl&egrave;ve rien &agrave; la qualit&eacute; des plans, des images et de l&rsquo;&eacute;criture du sc&eacute;nario qui transpire de l&rsquo;&oelig;uvre.<\/p>\n<p><i>Parfait Tabapsi<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce docu-fiction de 52 min est une plong\u00e9e dans un rite de l&rsquo;Ouest Cameroun qui gagnerait \u00e0 conna\u00eetre une profonde mue. &#8211;&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29864","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29864","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29864"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29864\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29864"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29864"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29864"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}