{"id":29871,"date":"2010-03-16T13:57:49","date_gmt":"2010-03-16T13:57:49","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3661","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3661\/","title":{"rendered":"Litt\u00e9rature : Les best-sellers retournent \u00e0 l\u2019imprimerie"},"content":{"rendered":"<p>Les r\u00e9\u00e9ditions se succ\u00e8dent \u00e0 un rythme soutenu malgr\u00e9 les pesanteurs diverses. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Dans une recension d&rsquo;ouvrage parue dans ces m&ecirc;mes colonnes dans l&rsquo;&eacute;dition du jeudi 14 avril 2005, voici ce qu&rsquo;&eacute;crivait Haman Mana au sujet du Cimeti&egrave;re des bacheliers de Fran&ccedil;ois Nk&eacute;m&eacute; : &quot;Pris entre els mains d&rsquo;un &eacute;ventuel lecteur, l&rsquo;ouvrage ne paye pas franchement de mine : une couverture &agrave; l&rsquo;iconographie minimaliste, dans un papier qui laisse baver les encres, des contours dont on ne sait s&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute; faits au massicot ou au couteau de cuisine. Bref un ensemble de d&eacute;tails qui laissent &agrave; penser que ce livre, pour les questions d&rsquo;&eacute;dition, a &eacute;t&eacute; abandonn&eacute; entre les mains d son auteur-&eacute;diteur, et de ses modestes moyens&quot;. Un point de vue qui frappait avec d&rsquo;autant plus de justesse que ce livre paru initialement en 2001 allait conna&icirc;tre en 2008, puis en 2009 de nouvelles r&eacute;&eacute;ditions avec plus de professionnalisme. Histoire de dire que la le&ccedil;on avait &eacute;t&eacute; retenu et que cet ouvrage par ailleurs de qualit&eacute; quant au sujet et &agrave; la mani&egrave;re de le rendre m&eacute;ritait d&rsquo;&ecirc;tre lu par le lecteur le plus exigeant.<\/p>\n<p>M&ecirc;me si l&rsquo;auteur ne l&rsquo;avoue pas, le r&eacute;sultat de l&rsquo;&eacute;dition 2009 parue &agrave; Ifrikiya t&eacute;moigne de son souci d&rsquo;am&eacute;liorer la bouteille qui porte le liquide enivrant. Une raison qui n&rsquo;est pas la seule pour les &eacute;diteurs camerounais qui sont dans la br&egrave;che des r&eacute;&eacute;ditions depuis des lustres. A tel point qu&rsquo;il n&rsquo;est pas rare aujourd&rsquo;hui de s&rsquo;apercevoir que les r&eacute;&eacute;ditions figurent au rang des produits d&rsquo;appel &agrave; la client&egrave;le lors des rentr&eacute;es litt&eacute;raires au Cameroun. Ce f&ucirc;t par exemple le cas en octobre dernier avec Tribaliques d&rsquo;Henri Lopes chez Cl&eacute;. Une r&eacute;&eacute;dition qui tire sa source, selon le directeur Marcelin Vounda Etoa, du fait que ce livre &quot;est et demeure l&rsquo;&oelig;uvre la plus lue de Henri Lopes&quot;. C&rsquo;est pourquoi il a &eacute;t&eacute; &agrave; nouveau propos&eacute; au lecteur &quot;en en modifiant l&rsquo;illustration de couverture et en corrigeant au passage les rares coquilles qui y avaient subsist&eacute;&quot;.<\/p>\n<p><b>Pesanteurs<\/b><br \/>\nUne n&eacute;cessit&eacute; donc qui rejoint une autre &agrave; en croire les responsables de Ifrikiya qui ont r&eacute;cemment ressuscit&eacute; Jazz et vin de palme d&rsquo;un autre Congolais. Joseph Fumtim explique : &quot;On ne peut pas fonctionner sans asseoir une v&eacute;ritable tradition litt&eacute;raire sur le continent, &agrave; partir de laquelle on peut d&eacute;gager des th&egrave;mes forts et des axiomes orientateurs pour les nouvelles g&eacute;n&eacute;rations. Et pour ce faire, il faut bien identifier quelques classiques, non pas parce qu&rsquo;ils auront &eacute;t&eacute; des best-sellers, mais parce qu&rsquo;ils auront r&eacute;ussi &agrave; b&acirc;tir tout une d&eacute;marche esth&eacute;tique propre &agrave; eux&quot;. Une raison philosophique donc et pour laquelle l&rsquo;Alliance des &eacute;diteurs ind&eacute;pendant (Aei) a &eacute;t&eacute; mis &agrave; contribution &agrave; travers une dizaine d&rsquo;autres &eacute;diteurs africains qui ont ensemble port&eacute; le projet.<\/p>\n<p>A Cl&eacute; o&ugrave; l&rsquo;on pratique la r&eacute;&eacute;dition depuis longtemps, M. Vounda ne cache pas sa satisfaction devant le sort que r&eacute;serve &agrave; cette op&eacute;ration le lectorat. Ainsi peut-il dire que &quot;Les classiques que nous r&eacute;&eacute;ditons font g&eacute;n&eacute;ralement le plaisir des amoureux des lettres; ce sont des gens qui ont d&eacute;j&agrave; lu ces oeuvres, qui ne les retrouvent pas toujours dans leurs biblioth&egrave;ques, peut-&ecirc;tre pour avoir voulu partager le plaisir qu&rsquo;ils y ont trouv&eacute; en les pr&ecirc;tant. Majoritairement voil&agrave; le profil de ceux qui ach&egrave;tent les r&eacute;&eacute;ditions. Mais ces r&eacute;&eacute;ditions sont &eacute;galement demand&eacute;es par des chercheurs et des centres de recherche.&quot; <\/p>\n<p>Un lectorat qui est loin d&rsquo;imaginer les difficult&eacute;s qui peuvent entamer la r&eacute;alisation de pareille initiative ; du moins pour les jeunes maisons. S&rsquo;agissant de Jazz et vin de palme, Joseph Fumtim fait savoir que &quot;Le probl&egrave;me que nous avons eu &eacute;tait avec la douane, pourtant les accords de Florence et le protocole de Bangui en mati&egrave;re de circulation des biens culturels auraient pu &ecirc;tre appliqu&eacute;s.&quot; <br \/>\nUne ritournelle pourrait-on dire tant on ne compte plus les tracasseries li&eacute;es &agrave; l&rsquo;importation du livre, ce bien culturel, comme l&rsquo;avait en son temps d&eacute;cri&eacute; Mongo B&eacute;ti dans sa posture de libraire. Aux presses universitaires de Yaound&eacute; (Puy), c&rsquo;est l&rsquo;argent qui manque le plus. Surtout que, selon Th&eacute;odore Mayene, &quot;la plupart de nos titres sont des ouvrages g&eacute;n&eacute;raux et &agrave; caract&egrave;re universitaire. Ils sont produits en quantit&eacute; restreinte et tr&egrave;s vite le stock est &eacute;puis&eacute;.&quot; <br \/>\nPour M. Vounda Etoa, la r&eacute;&eacute;dition doit tenir compte du droit. &quot;Selon les cas, il faut obligatoirement satisfaire &agrave; des exigences pr&eacute;cises. Si vous &ecirc;tes le premier &eacute;diteur, tout d&eacute;pend du contrat de d&eacute;part. G&eacute;n&eacute;ralement, il n&rsquo;y a pas de probl&egrave;me majeur quand on r&eacute;&eacute;dite son propre auteur; s&rsquo;il n&rsquo;est plus vivant, c&rsquo;est avec les ayant-droits d&ucirc;ment d&eacute;sign&eacute;s que les n&eacute;gociations se font; nous pr&eacute;parons par exemple l&rsquo;&eacute;dition d&rsquo;un texte de Hamp&acirc;t&eacute; B&acirc; paru dans Abbia jadis et que nous voulons faire para&icirc;tre sous la forme de livre; nous en avons n&eacute;goci&eacute; la publication avec la fondation Hamp&acirc;t&eacute; B&acirc;.&quot; <\/p>\n<p><b>Avenir<\/b><br \/>\nDes pr&eacute;cautions d&rsquo;usage qui permettent d&rsquo;&eacute;viter les tribunaux et qui conf&egrave;rent &agrave; l&rsquo;&eacute;diteur le cachet professionnel qui ne doit jamais lui &eacute;chapper. Surtout qu&rsquo;une r&eacute;&eacute;dition bien faite a ceci qu&rsquo;elle peut para&icirc;tre aux yeux du lectorat comme un in&eacute;dit car &quot;la r&eacute;vision de l&rsquo;infographique et l&rsquo;introduction de nouveaux &eacute;l&eacute;ments paratextuels&quot; conf&egrave;rent souvent &agrave; cet ouvrage une magie qui fait le bonheur de l&rsquo;&eacute;diteur. <br \/>\nCe d&rsquo;autant plus que l&rsquo;investissement engag&eacute; ici est double &agrave; savoir le c&oelig;ur et l&rsquo;&eacute;conomie selon M. Vounda qui ajoute que &quot;Cl&eacute; ne r&eacute;&eacute;dite pr&eacute;cis&eacute;ment que ses classiques; il s&rsquo;agit de chef-d&rsquo;oeuvres que le temps n&rsquo;a pas us&eacute;s et qui font l&rsquo;objet de demandes diverses.&quot;<\/p>\n<p>Pour ce qui est de l&rsquo;avenir, les &eacute;diteurs estiment qu&rsquo;il existe &agrave; condition de &quot;b&eacute;n&eacute;ficier du soutien des institutions en charge de la promotion de la culture au niveau de l&rsquo;Etat puisqu&rsquo;elles constituent des anneaux par lesquels nous maintenons li&eacute;s les diff&eacute;rents cha&icirc;nons de notre litt&eacute;rature.&quot; selon Marcelin Vounda. Surtout que, ajoute M. Fumtim, &quot;&agrave; titre patrimonial, certaines &oelig;uvres devraient faire l&rsquo;objet de r&eacute;&eacute;dition. Je citerai &quot;Tante Bella&quot; de Joseph Awono, le livre de Joseph Ekolo autour des ann&eacute;es 30 parlant de la vision du monde blanc par un noir, les livres de Njoya et bien entendu des romans de Ren&eacute; Philombe.&quot;<br \/>\nUn souhait qui pourrait se r&eacute;aliser d&rsquo;ici peu puisque &agrave; Cl&eacute;, on ne perd pas de vue que &quot;La r&eacute;&eacute;dition a un avenir d&rsquo;autant radieux que nous avons un tr&egrave;s mauvais rapport &agrave; la m&eacute;moire, au pass&eacute;. Tr&egrave;s peu de Camerounais, d&rsquo;Africains en g&eacute;n&eacute;ral, ont dans leurs fonds personnels les premi&egrave;res &oelig;uvres de notre litt&eacute;rature. Les r&eacute;&eacute;ditions sont donc une opportunit&eacute; offerte &agrave; ceux qui ont des &quot;trous&quot; dans leurs biblioth&egrave;ques et &agrave; ceux qui souhaitent d&eacute;couvrir des &oelig;uvres du pass&eacute; dont ils ne disposent parfois que d&rsquo;extraits dans les anthologies.&quot; <\/p>\n<p><i>Parfait Tabapsi<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les r\u00e9\u00e9ditions se succ\u00e8dent \u00e0 un rythme soutenu malgr\u00e9 les pesanteurs diverses. &#8211; &nbsp; Dans une recension d&rsquo;ouvrage parue dans ces m&ecirc;mes&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-29871","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29871","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29871"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29871\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29871"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29871"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29871"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}