{"id":30045,"date":"2010-06-11T10:04:06","date_gmt":"2010-06-11T10:04:06","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3836","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3836\/","title":{"rendered":"Cameroun: d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;\u00e9crivain et ex-ministre Ferdinand Oyono"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE \u2014 L&rsquo;\u00e9crivain et ex-ministre camerounais Ferdinand L\u00e9opold Oyono, auteur notamment du roman \u00ab\u00a0Le vieux N\u00e8gre et la m\u00e9daille\u00a0\u00bb, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 jeudi \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 81 ans, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 victime d&rsquo;un malaise, a appris l&rsquo;AFP de sources concordantes. &#8211; <\/p>\n<p>&quot;Le ministre Oyono est mort  ce jour (jeudi) &agrave; Yaound&eacute;. Il a eu un malaise au palais (pr&eacute;sidentiel)  tout juste apr&egrave;s le d&eacute;jeuner offert au secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU par  le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique&quot; Paul Biya, a d&eacute;clar&eacute; &agrave; l&rsquo;AFP un de ses  proches collaborateurs ayant requis l&rsquo;anonymat.<\/p>\n<p>&quot;Je ne saurais  vous dire s&rsquo;il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; au palais, dans l&rsquo;ambulance ou &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital  mais les choses sont all&eacute;es tr&egrave;s vite&quot;, a-t-on ajout&eacute; de m&ecirc;me source,  sans plus de d&eacute;tails.<\/p>\n<p>Jointe par l&rsquo;AFP, une source &agrave; la pr&eacute;sidence  a &eacute;galement indiqu&eacute; que l&rsquo;&eacute;crivain, un proche du pr&eacute;sident Biya, est  d&eacute;c&eacute;d&eacute; apr&egrave;s &quot;un malaise&quot;.<\/p>\n<p>Dans un communiqu&eacute; publi&eacute; jeudi soir,  la pr&eacute;sidence a d&eacute;plor&eacute; la mort d&rsquo;Oyono, parlant d&rsquo;un &quot;d&eacute;c&egrave;s survenu le  10 juin &agrave; Yaound&eacute;&quot;, sans pr&eacute;cisions sur la cause et les circonstances.<\/p>\n<p>Jeudi  en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi, la famille et les proches du d&eacute;funt &eacute;taient en  larmes &agrave; son domicile au quartier Bastos &agrave; Yaound&eacute;, a constat&eacute; un  journaliste de l&rsquo;AFP.<\/p>\n<p>&quot;Je vous dit combien je suis attrist&eacute; par le  d&eacute;c&egrave;s ce jour m&ecirc;me de Monsieur L&eacute;opold Ferdinand Oyono&quot;, a affirm&eacute; le  secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU, Ban Ki-moon dans une allocution devant le  parlement camerounais.<\/p>\n<p><!-- google_ad_section_end(name=article) -->   <span>Copyright &copy;  2010   AFP.<\/p>\n<p>\n<\/span>Ferdinand Leopold Oyono, ancien ministre camerounais et auteur notamment  du roman &quot;Le vieux N&egrave;gre et la m&eacute;daille&quot;, est d&eacute;c&eacute;d&eacute; jeudi &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de  81 ans. L&rsquo;&eacute;crivain a &eacute;t&eacute; victime d&rsquo;un malaise, a annonc&eacute; la pr&eacute;sidence  jeudi soir. F.Oyono avait notamment &eacute;t&eacute; ambassadeur du Cameroun aupr&egrave;s  de l&rsquo;ONU et dans plusieurs pays. Il avait aussi &eacute;t&eacute; ministre de la  Culture et des Affaires &eacute;trang&egrave;res. En visite au Cameroun, Ban Ki-moon  s&rsquo;est dit tr&egrave;s attrist&eacute;. Avec &quot;Le vieux N&egrave;gre et la m&eacute;daille&quot;, il a  &eacute;crit 3 oeuvres consid&eacute;r&eacute;es comme majeures de la litt&eacute;rature africaine:  &quot;Une vie de boy&quot; et &quot;Chemin d&rsquo;Europe&quot;.<\/p>\n<p>\n<font><strong>Ferdinand L&eacute;opold Oyono<\/strong>, n&eacute; le 14 septembre 1929, est un diplomate  et homme politique camerounais ainsi que l&rsquo;auteur de trois romans  publi&eacute;s &agrave; la fin des ann&eacute;es cinquante.<\/p>\n<p>\n<strong>Biographie <\/strong><\/p>\n<p>N&eacute; en 1929 &agrave; Ebolowa, dans la Province du Sud Cameroun, Ferdinand  L&eacute;opold Oyono poursuit au lyc&eacute;e de Provins, en France, des &eacute;tudes  commenc&eacute;es au lyc&eacute;e de Yaound&eacute;. Il r&eacute;ussit ensuite des &eacute;tudes  sup&eacute;rieures de droit &agrave; la Sorbonne avant d&rsquo;entrer &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole nationale  d&rsquo;administration (ENA) de Paris en section diplomatique.<\/p>\n<p>Il d&eacute;bute en 1959 une brillante carri&egrave;re de haut fonctionnaire avant de  devenir ambassadeur du Cameroun dans divers postes (aupr&egrave;s des Nations  unies &agrave; New York, en Alg&eacute;rie, en Libye, en Grande-Bretagne et en  Scandinavie&hellip;). &Agrave; partir de 1987 il participe &agrave; de nombreux gouvernements  de son pays et assure la charge de diff&eacute;rents minist&egrave;res comme les  Affaires &eacute;trang&egrave;res ou la Culture.<\/p>\n<p>&OElig;uvre <\/p>\n<p>&Agrave; la fin des ann&eacute;es 50, Ferdinand L&eacute;opold Oyono publie en langue  fran&ccedil;aise trois romans qui ont trait &agrave; la vie quotidienne en Afrique &agrave;  l&rsquo;&eacute;poque coloniale et qui, mettant en cause aussi bien l&rsquo;administration  que la police ou l&rsquo;&Eacute;glise des missionnaires, feront scandale dans cette  p&eacute;riode de d&eacute;colonisation.<\/p>\n<p>Une vie de boy, publi&eacute; en 1956, est centr&eacute; sur le personnage de Joseph,  boy instruit plac&eacute; chez le commandant d&rsquo;un district de la colonie  fran&ccedil;aise. Le roman d&eacute;nonce les pratiques autoritaires de la  colonisation et au-del&agrave;, la n&eacute;gation de l&rsquo;humanit&eacute; des colonis&eacute;s &agrave; qui  on ne pardonne pas de quitter leur place en d&eacute;couvrant l&rsquo;envers du d&eacute;cor  des ma&icirc;tres blancs. La place faite &agrave; la frustration sexuelle de Joseph  vis-&agrave;-vis de sa patronne blanche et les turpitudes intimes de celle-ci  offrent par ailleurs une approche renouvel&eacute;e du probl&egrave;me colonial.<\/p>\n<p>Le vieux n&egrave;gre et la m&eacute;daille, publi&eacute; en 1956, se concentre sur la date  symbolique du 14 juillet, f&ecirc;t&eacute;e dans un district &eacute;loign&eacute;. Ce jour-l&agrave;,  Meka, qui a donn&eacute; du terrain aux missionnaires pour leur &eacute;glise et dont  les deux fils sont morts &agrave; la guerre, est d&rsquo;abord heureux d&rsquo;&ecirc;tre honor&eacute;  par une m&eacute;daille de reconnaissance de la France, &agrave; laquelle tous ses  proches applaudissent. En deux jours, apr&egrave;s une c&eacute;r&eacute;monie qui tourne au  grand guignol et une nuit d&rsquo;humiliation, le vieil homme prend conscience  que ce 14 juillet n&rsquo;est en fait qu&rsquo;une mise en sc&egrave;ne hypocrite des  pouvoirs coloniaux qui parlent d&rsquo;amiti&eacute; en maintenant une stricte  exclusion des colonis&eacute;s. La solidarit&eacute; africaine qui l&rsquo;entoure &agrave; la fin  du roman constitue un contrepoint politique et, avec la fiert&eacute; retrouv&eacute;e  du peuple colonis&eacute;, une r&eacute;ponse &agrave; la colonisation des Blancs.<\/p>\n<p>Chemin d&rsquo;Europe, publi&eacute; en 1960, raconte quant &agrave; lui l&rsquo;exploration plus  ou moins chaotique du monde des Blancs dans une bourgade africaine par  un jeune homme qui veut se couper des ses racines et r&ecirc;ve d&rsquo;Europe  malgr&eacute; les mises en garde de son p&egrave;re.<\/p>\n<p>Ces &oelig;uvres qui associent des registres vari&eacute;s, avec des pages dr&ocirc;les ou  grin&ccedil;antes ou &eacute;mouvantes, ont marqu&eacute; les esprits dans cette p&eacute;riode o&ugrave;  s&rsquo;esquisse la d&eacute;colonisation et Ferdinand Oyono n&rsquo;a pas explor&eacute; d&rsquo;autres  sujets en cessant d&rsquo;&eacute;crire des romans depuis 1960.<\/p>\n<p>Extrait<\/p>\n<p>&laquo; Il r&eacute;alisa qu&rsquo;il &eacute;tait dans une situation &eacute;trange. Ni son grand-p&egrave;re,  ni son p&egrave;re, ni aucun membre de son immense famille ne s&rsquo;&eacute;taient trouv&eacute;s  plac&eacute;s, comme lui, dans un cercle de chaux, entre deux mondes, le sien  et celui de ceux qu&rsquo;on avait d&rsquo;abord appel&eacute;s les &ldquo;fant&ocirc;mes&rdquo; quand ils  &eacute;taient arriv&eacute;s au pays. Lui, il ne se trouvait ni avec les siens ni  avec les autres. Il se demanda ce qu&rsquo;il faisait l&agrave;. Il aurait bien pu  attendre avec Kelara qui &eacute;tait s&ucirc;rement dans la foule qui piaillait  derri&egrave;re lui et on l&rsquo;aurait appel&eacute; pour lui donner la m&eacute;daille quand le  Chef des Blancs aurait &eacute;t&eacute; l&agrave;. Mais quelle dr&ocirc;le d&rsquo;id&eacute;e avait eu le Chef  des Blancs de Doum de le placer dans un cercle de chaux ! Voil&agrave; une  heure qu&rsquo;il &eacute;tait l&agrave;, et peut-&ecirc;tre m&ecirc;me plus. Le grand chef des Blancs  n&rsquo;&eacute;tait toujours pas l&agrave;. &raquo;<\/p>\n<p>Ferdinand  L&eacute;opold Oyono Le vieux n&egrave;gre et la m&eacute;daille, &eacute;ditions  Julliard, 1956.  (coll.10\/18, II&deg; partie, ch.1, p. 95)<\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE \u2014 L&rsquo;\u00e9crivain et ex-ministre camerounais Ferdinand L\u00e9opold Oyono, auteur notamment du roman \u00ab\u00a0Le vieux N\u00e8gre et la m\u00e9daille\u00a0\u00bb, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 jeudi&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30045","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30045","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30045"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30045\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30045"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30045"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30045"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}