{"id":30115,"date":"2010-07-28T11:29:47","date_gmt":"2010-07-28T11:29:47","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3906","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3906\/","title":{"rendered":"N\u00e9crologie : Le p\u00e8re de l\u2019Assiko"},"content":{"rendered":"<p>Jean Bikoko Aladin s\u2019est \u00e9teint \u00e0 l\u2019h\u00f4pital central de Yaound\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 76 ans. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"><br \/>\nL&rsquo;on  savait le &laquo; sorcier de la guitare &raquo; tr&egrave;s malade. Jean Bikoko Aladin  s&rsquo;est &eacute;teint le jeudi 22 juillet &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital central de Yaound&eacute; &agrave; la suite  d&rsquo;une  op&eacute;ration chirurgicale. Auteur, compositeur et interpr&egrave;te, il a  largement contribu&eacute; &agrave; la popularisation de l&rsquo;assiko par sa virtuosit&eacute; et  sa technique de jeu de guitare. D&rsquo;ailleurs, la pr&eacute;sidente du conseil  d&rsquo;administration de la soci&eacute;t&eacute; camerounaise de l&rsquo;art musical (Socam) est  toute &eacute;plor&eacute;e. &laquo; Le monde musical vient de perdre un millier. Son &oelig;uvre  lui survivra et salut l&rsquo;artiste &raquo;, a d&eacute;clar&eacute; Odile Ngaska, approch&eacute;e en  fin de matin&eacute;e, apr&egrave;s l&rsquo;annonce du d&eacute;c&egrave;s de l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p>N&eacute; &agrave;  Es&eacute;ka, une petite ville de la r&eacute;gion du Centre, Jean Bikoko Aladin tombe  amoureux de la guitare en &eacute;coutant des virtuoses de la commune de  Bonepoupa comme Henri Hiag, Massing et surtout Albert Dikoum&eacute; consid&eacute;r&eacute;  comme l&rsquo;un des pr&eacute;curseurs de l&rsquo;assiko contemporain. D&egrave;s lors, il  commence &agrave; gratter sur des guitares de fortune en ronce ou en bambou  qu&rsquo;il fabrique lui-m&ecirc;me. Install&eacute; plus tard &agrave; Song-Mbengue, la commune  cosmopolite du c&eacute;l&egrave;bre footballeur Samuel Eto&rsquo;o Fils, Jean Bikoko Aladin  travaille comme ouvrier le jour. La nuit, muni de sa guitare, il anime  les cabarets et bars du village sans jamais percevoir son cachet per&ccedil;u  par son manager. <\/p>\n<p>Jean Bikoko Aladin rejoint Douala, ville  portuaire et capitale &eacute;conomique du Cameroun. L&agrave;, il exercera de petits  boulots de blanchisseur et de cuisinier&hellip;sans jamais perdre de vue la  musique. Sa rencontre avec le virtuose de la guitare Alexandre Ekong,  une grande vedette qui passe souvent &agrave; Radio Douala, va changer sa vie.  Ce dernier lui explique les ficelles du showbiz et qu&rsquo;il fallait &ecirc;tre  pr&ecirc;t &agrave; &laquo; remplir deux grands barils d&rsquo;eau de puits &raquo; pour &ecirc;tre invit&eacute; &agrave;  la radio. Aussit&ocirc;t dit, l&rsquo;ex cuisinier du forestier Bienes &agrave; Bonepoupa,  se met &agrave; la t&acirc;che et va pour la premi&egrave;re fois interpr&eacute;ter sur les ondes  deux compositions aux lignes de guitare tournoyantes et chant&eacute;es en  bassa (sa langue) : &laquo; Mbimba &raquo; (l&rsquo;aura) et &laquo; Koo wada a man lolo &raquo; (les  petits pas du caneton). C&rsquo;est le succ&egrave;s imm&eacute;diat et le d&eacute;but d&rsquo;une  renomm&eacute;e nationale.<\/p>\n<p>Bient&ocirc;t, le producteur Joseph Tamla du label  Afrique Ambiance et l&rsquo;ing&eacute;nieur du son Samuel Mpoual le prennent sous  leurs coupes. Quelques mois plus tard, ils produisent son premier 45  tours Mbimba \/ Koo wada a man lolo &agrave; la fin des ann&eacute;es 1950 et Jean  Bikoko Aladin per&ccedil;oit ses premiers droits d&rsquo;auteur s&rsquo;&eacute;levant &agrave; 300.000  Fcfa&hellip;Une fortune &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. A cette &eacute;poque o&ugrave; l&rsquo;assiko est jou&eacute; en  acoustique (guitare, bouteille, fourchette), Jean Bikoko Aladin innove  en acc&eacute;l&eacute;rant la rythmique avec l&rsquo;introduction de la guitare &eacute;lectrique,  la contrebasse et les tambours. Il y ajoute aussi la danse. Encadr&eacute; par  ses producteurs qui voient en lui une future grande vedette, il  commence &agrave; tourner dans les divers clubs du littoral, partageant m&ecirc;me la  sc&egrave;ne avec Manu Dibango.<\/p>\n<p><b>Ma&icirc;tre Jean Bikoko Aladin<\/b><br \/>\nDevenu  la vedette de l&rsquo;assiko, Jean Bikoko Aladin &amp; ses Hetlers sont  invit&eacute;s dans plusieurs pays d&rsquo;Afrique et participent &agrave; nombre de  manifestations officielles dont le Festival Culturel Panafricain d&rsquo;Alger  en 1969, l&rsquo;ann&eacute;e de la sortie de son 33T Wanda ntet, et le Festival des  Arts N&egrave;gres de Lagos en 1977. Entre-temps, Jean Bikoko Aladin ouvre  dans sa ville natale d&rsquo;Es&eacute;ka un bar restaurant auberge (1972), mais ce  projet ne durera pas longtemps. Il assurera les premi&egrave;res parties de  Tino Rossy et de Claude Fran&ccedil;ois en tourn&eacute;e au Cameroun et sera invit&eacute; &agrave;  d&icirc;ner chez le couple Johnny Hallyday \/ Sylvie Vartan lors de sa venue  en France. <\/p>\n<p>Auteur de nombreux titres dont les populaires &laquo; Di  yanna &raquo;, &laquo; Hiki djam ligwe nguen &raquo;, &laquo; Makabo Maoo &raquo;, &laquo; Sa&iuml; mbog &raquo;, &laquo; A  yiga tjo me &raquo;, &laquo; Wanda ntet &raquo;, &laquo; Ndutu bakeke &raquo; ou encore &laquo; Jolie Yem &raquo;,  Jean Bikoko Aladin r&eacute;alise en 2003 Um Nyobo, un album hommage &agrave; Ruben  Um Nyobe, leader nationaliste camerounais et un des pionniers des  ind&eacute;pendances en Afrique francophone n&eacute; en 1913. Il sera assassin&eacute; le 13  septembre 1958. Suivra en 2008 Assiko Story (CD\/DVD). Consid&eacute;r&eacute; au  Cameroun comme le &laquo; sorcier de la guitare &raquo;, cet immense compositeur de  l&rsquo;assiko moderne est bien le ma&icirc;tre de nombreux artistes dont Asta  Djimb&eacute; Ngo-Oum Touk, Sam Babe, Samson Chaus Gars, Anny Gold, Anathole  Duro, D&eacute;fense, Mongo Mbea, Viviane Etienne, Paul Balomog, Fleur Devault,  Kilama, Kon MBogol, Nella, Kristo Numpuby et bien d&rsquo;autres encore&hellip;<\/p>\n<p><i>Justin Blaise Akono et Afrisson.com<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean Bikoko Aladin s\u2019est \u00e9teint \u00e0 l\u2019h\u00f4pital central de Yaound\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 76 ans. &#8211; L&rsquo;on savait le &laquo; sorcier de&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30115","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30115","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30115"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30115\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30115"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30115"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30115"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}