{"id":30124,"date":"2010-07-28T11:42:31","date_gmt":"2010-07-28T11:42:31","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3915","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3915\/","title":{"rendered":"Impasse : Le cin\u00e9ma camerounais ne tourne pas rond"},"content":{"rendered":"<p>Les productions locales cherchent encore leur voie du petit \u00e9cran national. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>G&eacute;rard  D&eacute;sir&eacute; Nguele, producteur de documentaires et fictions, raconte avec  d&eacute;pit sa malheureuse exp&eacute;rience avec deux cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;visions  camerounaises, notamment Spectrum Television (Stv) et Cameroon radio  television (Crtv). L&rsquo;une lui aurait propos&eacute; 30.000 Fcfa pour diffuser  son film et l&rsquo;autre 150.000Fcfa. Une somme que le r&eacute;alisateur juge  d&eacute;risoire, au regard des co&ucirc;ts de production que le film a n&eacute;cessit&eacute;s.  M. Nguele d&eacute;crit ainsi la relation cahoteuse qui existe entre les  r&eacute;alisateurs et producteurs camerounais et les responsables des cha&icirc;nes  de t&eacute;l&eacute;visions locales. Un autre qui a du mal &agrave; taire son antipathie  envers les cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;visions camerounaises, est Jean Jacques  Etoundi. Le jeune r&eacute;alisateur serait pr&ecirc;t &agrave; s&rsquo;auto interviewer pour  relater le parcours du combattant qu&rsquo;il effectue depuis cinq ans pour  esp&eacute;rer voir son film appara&icirc;tre sur le petit &eacute;cran. <\/p>\n<p>&laquo;Je me suis  rendu &agrave; Canal 2 International&raquo;, dit-il. &laquo;L&agrave;-bas, la premi&egrave;re question  qu&rsquo;on m&rsquo;a pos&eacute;e &eacute;tait de savoir ce que mon film va rapporter &agrave; la  cha&icirc;ne. Une fa&ccedil;on pour ces personnes de  traduire leur volont&eacute; pour que  l&rsquo;&oelig;uvre leur soit donn&eacute;e gratuitement&raquo;, d&eacute;clare-t-il, le front rid&eacute;. A  la Crtv, poursuit M. Etoundi, &laquo;il faut &ecirc;tre connu pour que l&rsquo;on accepte  m&ecirc;me de te recevoir&raquo;, ironise-t-il. Et le chapelet de r&eacute;alisateurs  m&eacute;contents est loin d&rsquo;&ecirc;tre exhaustif. Ces derniers citent avec envie les  sitcoms et t&eacute;l&eacute;films ivoiriens, nig&eacute;rians, occidentaux, br&eacute;siliens, et  indiens qui comblent la grille de programmes des cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;visions.  Un choix que Mireille Mumba, responsable de programmes &agrave; Stv explique  avec entrain. &laquo;Primo, les t&eacute;l&eacute;visions ont peu de moyens. Nous pr&eacute;f&eacute;rons  ainsi acheter une s&eacute;rie br&eacute;silienne dont les &eacute;pisodes (environ 200) vont  combler notre grille de programmes sur une longue p&eacute;riode, &agrave; un film  tout aussi co&ucirc;teux, mais dont la diffusion va se faire sur un court  terme, sinon deux fois&raquo;, rajoute-elle. <\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, confie  Th&eacute;odore Kayesse, responsable des programmes &agrave; la Ltm tv et critique  d&rsquo;art, &laquo;les cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;visions qui sont d&rsquo;abord des maisons de  diffusion, ont la mission d&rsquo;informer, former puis distraire. Les n&ocirc;tres  ont d&eacute;j&agrave; du mal &agrave; informer &agrave; plus forte raison de distraire. Et  lorsqu&rsquo;elles font dans du divertissement, elles empruntent la voie  facile, celle de l&rsquo;humour pince sans rire&raquo;, d&eacute;crie-t-il. Une id&eacute;e que  semble partager Mme Mumba. &laquo;L&rsquo;autre probl&egrave;me des r&eacute;alisateurs  camerounais est celui de la qualit&eacute; de leurs films&raquo;, dit-elle, faisant  allusion aux sc&eacute;narii, son, image, &eacute;clairage qui, constate-t-elle, sont  tr&egrave;s souvent de qualit&eacute; douteuse. &laquo;Certains sont faits &agrave; la va vite. On  dirait du th&eacute;&acirc;tre pourtant on parle de film&raquo;, tranche Mireille Mumba.  Jean Jacques Etoundi pense plut&ocirc;t que &laquo;les cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision  camerounaises n&rsquo;ont pas encore foi au cin&eacute;ma camerounais&raquo;. <\/p>\n<p><b>Financements<\/b><br \/>\nL&rsquo;on  se souvient n&eacute;anmoins que les sitcoms &laquo;Just for fun&raquo; et &laquo;Retrouvailles  bar de Bonendal&egrave;&raquo; de Vincent Ndoumb&egrave; ont fait les beaux jours de la  Crtv. C&rsquo;est donc avec raison que ses jeunes confr&egrave;res lui ont demand&eacute;  des conseils en mai dernier, lors du festival &laquo;la nuit du court m&eacute;trage&raquo;  &agrave; Douala. A la question de savoir comment il a r&eacute;ussi &agrave; diffuser ses  productions sur la Crtv, embarrass&eacute;, le r&eacute;alisateur chevronn&eacute; (30 ans  d&rsquo;exp&eacute;rience) a simplement r&eacute;pondu qu&rsquo;il a eu la chance d&rsquo;&ecirc;tre employ&eacute;  de la maison. Sans plus. Pour raviver l&rsquo;espoir des jeunes cin&eacute;astes,  notamment r&eacute;alisateurs, Henry Toukam, chroniqueur culturel, planche sur  la solidarit&eacute; et le professionnalisme. &laquo;Au moment o&ugrave; les valeurs humaine  s&rsquo;effritent, le cin&eacute;ma est le moyen le plus efficace pour les  restaurer. Il vous faut surtout travailler en association. Pour ce,  prenez attache avec le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; de la Culture&raquo;, dit-il, s&rsquo;adressant &agrave; des  jeunes r&eacute;alisateurs.  <\/p>\n<p>&laquo;Les t&eacute;l&eacute;visions d&eacute;pensent environ 16  millions Fcfa pour les s&eacute;ries br&eacute;siliennes. Je pense sinc&egrave;rement que si  l&rsquo;on travaillait plus s&eacute;rieusement nos films, on les vendrait  facilement. Il faudrait am&eacute;liorer la qualit&eacute; des sc&eacute;narii pour &ecirc;tre  rentable&raquo;, rajoute M. Toukam. Mais pour l&rsquo;heure, remarque Mireille  Mumba, les r&eacute;alisateurs camerounais semblent aimer les productions  lourdes et on&eacute;reuses. Tout le contraire des Ivoiriens ou des productions  d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, qui sont moins co&ucirc;teuses et de bonne qualit&eacute;.  C&rsquo;est le cas par exemple, du sitcom &laquo;Ma famille&raquo;. Les Nig&eacute;rians, ainsi  que les Indiens, en font &eacute;galement &agrave; la pelle et c&rsquo;est moins co&ucirc;teux&raquo;,  analyse-t-elle. Toutefois, la &laquo;Nuit du court m&eacute;trage&raquo; r&eacute;cente depuis  trois ans, une cinquantaine de films camerounais aussi captivants les  uns que les autres. Aucun n&rsquo;est encore diffus&eacute; sur les cha&icirc;nes locales.  M&ecirc;me pas les meilleurs. &laquo;Nom de code negro&raquo;, d&rsquo;Alphonse Ongolo (qui a  rafl&eacute; trois prix en 2009) est visiblement rentr&eacute; dans les tiroirs apr&egrave;s  le festival. <\/p>\n<p>Michel Kuat&eacute;, promoteur de la &laquo; Nuit du Court  m&eacute;trage &raquo;, d&eacute;clare n&eacute;anmoins que la diffusion  sur des cha&icirc;nes locales,  de quelques films prim&eacute;s &agrave; son festival, est sur la bonne voie. &laquo;Des  accords attendent d&rsquo;&ecirc;tre finalis&eacute;s&raquo;, dit-il. En attendant la diffusion,  il faut manifestement assurer la production. A cela, Mireille Mumba  propose l&rsquo;option de la coproduction. Celle-ci suppose qu&rsquo;une Tv mette &agrave;  la disposition des producteurs, toute la logistique n&eacute;cessaire. &laquo;Par la  suite, ils ont la libert&eacute; de vendre le film ailleurs, mais on se partage  les b&eacute;n&eacute;fices que la production engendre. Par ailleurs, sugg&egrave;re Mme  Mumba, &laquo;les producteurs camerounais doivent rechercher des m&eacute;c&egrave;nes  (sponsors). L&rsquo;Union europ&eacute;enne (Ue) propose &agrave; ce sujet des financements.  Il en est de m&ecirc;me pour la coop&eacute;ration fran&ccedil;aise et plusieurs autres  organisations. Ces associations se m&eacute;fient n&eacute;anmoins du Cameroun. Car,  ceux &agrave; qui on octroie des fonds, pr&eacute;f&egrave;rent construire des villas,  acheter des voitures etc. Bref, tout sauf, ce pourquoi ils ont b&eacute;n&eacute;fici&eacute;  de ces fonds&raquo;, d&eacute;plore-t-elle. <\/p>\n<p><i>Monique Ngo Mayag<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les productions locales cherchent encore leur voie du petit \u00e9cran national. &#8211; &nbsp; G&eacute;rard D&eacute;sir&eacute; Nguele, producteur de documentaires et fictions, raconte&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30124","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30124","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30124"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30124\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30124"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30124"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30124"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}