{"id":30128,"date":"2010-08-05T12:22:44","date_gmt":"2010-08-05T12:22:44","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3919","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3919\/","title":{"rendered":"Film d\u2019animation : Le dessin ne s\u2019anime pas encore au Cameroun"},"content":{"rendered":"<p>Les professionnels de ce secteur ont profit\u00e9 du lancement officiel du Fescarhy vendredi dernier pour solliciter l\u2019aide du gouvernement. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>&laquo;Avez-vous  d&eacute;j&agrave; une id&eacute;e de la fa&ccedil;on dont le gouvernement entend accompagner les  projets des dessinateurs-animateurs camerounais pour qu&rsquo;ils arrivent &agrave;  r&eacute;aliser un dessin anim&eacute; camerounais?<br \/>\n-(Sourire presqu&rsquo;embarrass&eacute;).  Je vous prie de lui (Babeni L&eacute;ontine, directrice du Fescarhy, ndlr)  poser votre question &raquo;. C&rsquo;est la substance de la br&egrave;ve conversation que  nous avons eue le vendredi, 30 juillet 2010 dans l&rsquo;arri&egrave;re cour de  l&rsquo;H&ocirc;tel de ville de Yaound&eacute;, avec Ama Tutu Muna, ministre de la Culture,  qui venait d&rsquo;y lancer officiellement les activit&eacute;s marquant la 12&egrave;me  &eacute;dition du Feschary. Aussit&ocirc;t la ministre partie, la r&eacute;ponse de la  directrice du Festival international de la caricature et de l&rsquo;Humour de  Yaound&eacute; (Fescarhy) que Ama Tutu Muna venait de d&eacute;signer comme fond&eacute;e de  pouvoir du gouvernement pour la circonstance, ne s&rsquo;est pas faite  attendre: &laquo;Nous continuons d&rsquo;attendre l&rsquo;aide du gouvernement. Les  animateurs en ont besoin pour r&eacute;aliser leurs projets, qui sont en  l&rsquo;occurrence, tr&egrave;s int&eacute;ressants et tr&egrave;s originaux&raquo;. Avant de poursuivre:  &laquo;A notre niveau, nous faisons ce que nous pouvons. Le th&egrave;me m&ecirc;me de  cette 12&egrave;me &eacute;dition du Feschary (Dessin anim&eacute; et d&eacute;veloppement de  l&rsquo;enfant) t&eacute;moigne de notre engagement aux c&ocirc;t&eacute;s des  dessinateurs-animateurs pour sortir leur secteur de l&rsquo;orni&egrave;re. Il est  imp&eacute;ratif que les films d&rsquo;animation qui sont propos&eacute;s &agrave; nos enfants  puissent v&eacute;hiculer notre culture pour les en impr&eacute;gner d&egrave;s leur plus  jeune &acirc;ge&raquo;.<br \/>\nDe fait, et dans le cadre de ce festival, un projet de  court m&eacute;trage a &eacute;t&eacute; mat&eacute;rialis&eacute; avec les contributions de 11 autres pays  africains. Le film raconte les p&eacute;rip&eacute;ties de la vie d&rsquo;un jeune  Africain, Boyoko, aux prises avec le Sida, le ch&ocirc;mage&#8230; &laquo;Nous avons eu  cette id&eacute;e depuis quelque temps. Mais nous n&rsquo;arrivions pas &agrave; mobiliser  les financements n&eacute;cessaires pour r&eacute;aliser le projet&raquo;, explique Fran&ccedil;ois  Olinga, dessinateur-animateur, co-auteur du court m&eacute;trage. &laquo;Nous avons  eu la chance que notre projet retienne l&rsquo;attention de la Francophonie,  qui nous a sugg&eacute;r&eacute; d&rsquo;associer d&rsquo;autres pays africains&raquo;, ajoute Emmanuel  Eba, l&rsquo;un de ses coll&egrave;gues. <\/p>\n<p>Les deux dessinateurs-animateurs  sont unanimes sur un fait: Lever des fonds &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays pour  r&eacute;aliser un film d&rsquo;animation local, rel&egrave;ve de la gageure. Emmanuel Eba  explique, volubile: &laquo;Le film d&rsquo;animation est beaucoup plus co&ucirc;teux que  les films ordinaires. Car pour faire un dessin anim&eacute;, il faut, en plus  des acteurs qui pr&ecirc;tent leurs voix, avoir des dessinateurs, des  coloristes, des paysagistes, des encreurs&#8230;, alors que pour un film  classique, vous pouvez vous dispenser de certains de ces  professionnels&raquo;. Selon nos interlocuteurs, les dessinateurs camerounais  vont de plus en plus &agrave; la conqu&ecirc;te des fonds sur le plan international,  sans beaucoup de succ&egrave;s. &laquo;Normal, explique, nerveux, Evariste B., un  autre dessinateur-animateur. Quand votre gouvernement ne fait rien pour  vous, qui peut le faire?&raquo;.<\/p>\n<p>&laquo;Le probl&egrave;me serait-il r&eacute;solu si  l&rsquo;Etat consentait &agrave; financer la production de vos &oelig;uvres?&raquo;. &laquo;Pas s&ucirc;r,  r&eacute;pond Emmanuel Eba. Il y a la question de la formation. A ma  connaissance, il n&rsquo;y a que trois centres de formation &agrave; Yaound&eacute;: Le  Centre de formation professionnelle de l&rsquo;Audio visuel d&rsquo;Ekounou, l&rsquo;&eacute;cole  des Beaux arts Cheik Anta Diop et le Centre de formation aux m&eacute;tiers de  l&rsquo;Audio visuel. Il y en a un autre &agrave; Douala, dirig&eacute; par les Canadiens.  Et aucun dans les autres villes du pays. Encore faut-il avoir assez de  moyens pour s&rsquo;inscrire dans les centres de formation qui existent&raquo;. <br \/>\nCons&eacute;quence,  selon lui, l&rsquo;abondance des signatures de caricaturistes ou de  dessinateurs ne traduit pas forc&eacute;ment la vitalit&eacute; de ces m&eacute;tiers, o&ugrave;  pullulent des &laquo;d&eacute;brouillards&raquo;, au talent certain, mais ignorants des  r&egrave;gles &eacute;l&eacute;mentaires de la profession. &laquo;De toutes les fa&ccedil;ons, nuance  Fran&ccedil;ois Olinga, on ne peut pas vraiment &eacute;valuer leurs aptitudes, tant  qu&rsquo;on a pas encore lanc&eacute; le train de la production des films d&rsquo;animation  au Cameroun. Et il en est de m&ecirc;me pour les moyens techniques. Je pense  pour ma part que le Cameroun dispose de moyens autant humains que  logistiques suffisants pour cr&eacute;er une v&eacute;ritable industrie du dessin  anim&eacute;. Ce qui nous manque, c&rsquo;est la volont&eacute;&raquo;. <\/p>\n<p>Au-del&agrave; des  questions li&eacute;es au financement et aux ressources humaines et techniques,  il y a celle, commune &agrave; tout le cin&eacute;ma camerounais, de la consommation  des productions. Jusqu&rsquo;ici, producteurs et r&eacute;alisateurs, n&rsquo;ont eu de  cesse de d&eacute;noncer un environnement globalement dissuasif: Absence de  salles de cin&eacute;ma, baisse du pouvoir d&rsquo;achat&hellip;en plus du fait que, les  t&eacute;l&eacute;visions nationales proposent souvent des prix d&rsquo;achat de ces films  tr&egrave;s en de&ccedil;&agrave; des co&ucirc;ts de production. &laquo;Le film d&rsquo;animation n&rsquo;&eacute;chappe pas  &agrave; ce cercle vicieux. Loin s&rsquo;en faut. Dans un tel contexte, s&rsquo;y  aventurer est raisonnablement inenvisageable&raquo;, commente Emmanuel Eba.  &laquo;Il faut cesser de croire que les t&eacute;l&eacute;visions nationales peuvent amortir  les frais de production. Il faut &eacute;largir la cha&icirc;ne de distribution. Il  faut faire de bons produits qui peuvent s&rsquo;imposer sur le plan  international. Je pense par ailleurs que m&ecirc;me au plan local, la demande  est r&eacute;elle. La preuve c&rsquo;est que nos cha&icirc;nes nationales ach&egrave;tent des  dessins anim&eacute;s r&eacute;alis&eacute;s &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur&raquo;, lui r&eacute;pond Fran&ccedil;ois Olinga.<\/p>\n<p>Dans  sa livraison du 25 au 31 juillet 2010, l&rsquo;hebdomadaire Jeune Afrique  annon&ccedil;ait que Michel Ocelot, le r&eacute;alisateur de &laquo;Kirikou&raquo;, un film anim&eacute;  qui a connu beaucoup de succ&egrave;s sur le continent, et m&ecirc;me au-del&agrave;, est en  train de pr&eacute;parer le troisi&egrave;me &eacute;pisode de la saga kirikouesque. Nul  doute que ces t&eacute;l&eacute;visions auront une attention toute particuli&egrave;re pour  ce troisi&egrave;me &eacute;pisode que l&rsquo;on annonce en version 3D. Seulement, Michel  Ocelot dispose d&rsquo;un budget de 6 millions d&rsquo;Euros, soit 3,9 milliards de  Fcfa pour r&eacute;aliser cette troisi&egrave;me sortie. Quel r&eacute;alisateur camerounais  peut revendiquer une telle aisance financi&egrave;re?<br \/>\nLe 30 juillet dernier,  Ama tutu Muna avait promis &agrave; un styliste, qui partage non seulement le  m&ecirc;me stand d&rsquo;exposition mais aussi la m&ecirc;me table que Emmanuel Eba (et  son personnage Boyoko) une aide substantielle de l&rsquo;Etat, dans le cadre  de l&rsquo;enrichissement de la &laquo;Boutique du mus&eacute;e national&raquo; dont elle annonce  la fin des travaux pour septembre 2010. Sur le projet des  dessinateurs-animateurs que la directrice du Fescarhy venait de lui  pr&eacute;senter longuement, pas un mot. Tout au plus, un sourire franc. M&ecirc;me  si ce n&rsquo;&eacute;tait pas dans l&rsquo;intention du ministre, il y a de quoi faire des  envieux. Au moins.<\/p>\n<p><i>Serge D. Bontsebe<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les professionnels de ce secteur ont profit\u00e9 du lancement officiel du Fescarhy vendredi dernier pour solliciter l\u2019aide du gouvernement. &#8211; &nbsp; &laquo;Avez-vous&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30128","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30128","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30128"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30128\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30128"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30128"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30128"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}