{"id":30133,"date":"2010-08-05T12:30:23","date_gmt":"2010-08-05T12:30:23","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3924","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3924\/","title":{"rendered":"Mutualisation : Un feu de paille des artistes camerounais"},"content":{"rendered":"<p>Leurs tentatives de regroupement se sont sold\u00e9es par un \u00e9chec du fait des guerres intestines. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Jeudi  22 juillet dernier, l&rsquo;annonce du d&eacute;c&egrave;s de Jean Bikoko Aladin, le bien  connu chanteur d&rsquo;assiko, a plong&eacute; la communaut&eacute; artistique dans le  d&eacute;sarroi. Des &eacute;lans de c&oelig;ur se multiplient actuellement parmi ses  confr&egrave;res, pour lui garantir des obs&egrave;ques dignes de sa renomm&eacute;e. Un &eacute;lan  qui, visiblement, ne se manifeste chez les artistes que lors du d&eacute;c&egrave;s  de l&rsquo;un des leurs. Certains sont d&rsquo;ailleurs connus pour &ecirc;tre des  initiateurs pl&eacute;nipotentiaires des collectes de fonds en pr&eacute;lude &agrave;  l&rsquo;enterrement. Hormis cette mobilisation sporadique, un regroupement  d&rsquo;envergure des artistes reste probl&eacute;matique malgr&eacute; les initiatives qui  sont prises &ccedil;a et l&agrave;. Les associations ou mutuelles qui ont vu le jour  jusqu&rsquo;ici, n&rsquo;ont pas fait long feu. Parmi elles, l&rsquo;on cite  essentiellement la Mutuelle des artistes camerounais (Mac), le syndicat  des artistes du spectacle (Sap), l&rsquo;association &laquo; Sol&rsquo; art &raquo; et  l&rsquo;association des artistes camerounais (Ada). <\/p>\n<p>La Mac voit le  jour en 1986. L&rsquo;id&eacute;e de cette premi&egrave;re mutuelle d&rsquo;artistes camerounais  fait suite au d&eacute;c&egrave;s tragique du chanteur de makossa Bebey Black (auteur  du titre &laquo;aimer, aimer&raquo;). &laquo;Sa mort des suites d&rsquo;accident de circulation  nous a d&rsquo;autant plus touch&eacute;s qu&rsquo;il revenait de ses fian&ccedil;ailles &agrave;  Nkongsamba&raquo;, confie Joe Mboule (auteur du tube &laquo;malabar&raquo;). Sous le choc  d&rsquo;une si triste fin, les artistes se mobilisent et trouvent bon de  f&eacute;d&eacute;rer leurs &eacute;nergies autour d&rsquo;une association. Sous la houlette Joe  Mboule, la Mac a pour objectif de &laquo;garantir les int&eacute;r&ecirc;ts de ses quelque  2000 membres&raquo;. Outre les chanteurs, la Mac compte parmi ses adh&eacute;rents,  des danseurs, com&eacute;diens et instrumentistes. En dix ans, l&rsquo;association se  d&eacute;ploie sur plusieurs r&eacute;gions du Cameroun. Les r&eacute;unions se tiennent  r&eacute;guli&egrave;rement, notamment au domicile de Beko Sadey &agrave; Douala. &laquo;On  s&rsquo;acheminait vers l&rsquo;assurance maladie des membres&raquo;, mentionne Joe  Mboule. La forte repr&eacute;sentativit&eacute; de l&rsquo;association lui donne le statut  d&rsquo;un interlocuteur s&eacute;rieux aupr&egrave;s du gouvernement. &laquo;C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; nos  revendications que la Soci&eacute;t&eacute; civile nationale de droits d&rsquo;auteurs  (Socinada) est cr&eacute;&eacute;e en 1990&raquo;, argue Joe Mboule. Mais apr&egrave;s ce succ&egrave;s,  le loup entre manifestement dans la bergerie.<\/p>\n<p><b>Pesanteurs<\/b><br \/>\nBien  qu&rsquo;un r&eacute;c&eacute;piss&eacute; lui donne encore le droit d&rsquo;exister, la Mac a cess&eacute; ses  activit&eacute;s en 1992. La d&eacute;mission de Joe Mboule du poste de pr&eacute;sident de  l&rsquo;association laisse &eacute;clater des divergences, apprend-on. &laquo;G&eacute;n&eacute;ralement,  les guerres de leadership constitue la principale pesanteur dans les  associations d&rsquo;artistes&raquo;, constate Th&eacute;odore Kayesse, critique d&rsquo;art, par  ailleurs observateur averti du paysage culturel camerounais. &laquo;Certains  artistes dits confirm&eacute;s ne supportent pas d&rsquo;&ecirc;tre log&eacute;s &agrave; la m&ecirc;me  enseigne que des artistes amateurs ou de l&rsquo;ombre pour parler des  instrumentistes ou des chanteurs de cabarets. C&rsquo;est de ces exclusions  que sont les pommes de discorde&raquo;, d&eacute;plore M. Kayesse. Joe Mboule confie  par ailleurs que l&rsquo;ouverture de la Socinada a suscit&eacute; des guerres de  positionnement entre les membres de la Mac. L&rsquo;artiste a par la suite  initi&eacute; la cr&eacute;ation d&rsquo;un mouvement syndical. Mais les activit&eacute;s du  Syndicat des artistes du spectacle (Sap) ne connaissent pas une  long&eacute;vit&eacute;. <\/p>\n<p>Un &eacute;chec que son initiateur attribue au manque de  culture syndicale et artistique de ses membres. &laquo;Les chanteurs par  ignorance, croyaient qu&rsquo;ils &eacute;taient les seuls artistes&raquo;, affirme Joe  Mboule. Au-del&agrave; de la faute imput&eacute;e aux membres des associations  d&eacute;funtes, des artistes tel, Gaby Shunt, pense plut&ocirc;t que &laquo;le poisson  pourri par la t&ecirc;te&raquo;. &laquo; Il n&rsquo;y a rien de s&eacute;rieux dans toutes ces  initiatives. Chacun ne pense qu&rsquo;&agrave; ses propres int&eacute;r&ecirc;ts &raquo;. Ex membre de  la Mac, Marco Mbella, dit le rassembleur, se risque &agrave; un bilan de la  mutuelle des d&eacute;buts de sa carri&egrave;re. &laquo;On peut imputer la faible  participation de ses membres, le d&eacute;couragement des uns et les  d&eacute;tournement d&rsquo;argent&raquo;. Pourtant le regroupement des artistes semble  toujours pr&eacute;occuper &laquo;Le rassembleur&raquo;. <br \/>\nS&rsquo;inspirant de  son exp&eacute;rience  malheureuse avec la Mac, il cr&eacute;e en 2001, l&rsquo;association &laquo;Sol&rsquo;art&raquo;. Elle  compte 30 membres, essentiellement des musiciens. &laquo;Les adh&eacute;rents  &eacute;taient des artistes en herbe, qui venaient surtout dans le but de  s&rsquo;int&eacute;grer dans le milieu artistique&raquo;, renseigne Marco Mbella. &laquo; Longu&egrave;  Longu&egrave; a d&rsquo;ailleurs fait partie de la Sol&rsquo;art, mais apr&egrave;s le succ&egrave;s de  son premier album, il a d&eacute;sert&eacute; les rangs &raquo;, d&eacute;plore l&rsquo;ex pr&eacute;sident de  la &laquo;Sol&rsquo;art&raquo;. La d&eacute;sertion des uns et des autres, sonne le glas de  l&rsquo;association. <\/p>\n<p>Tel est le destin que conna&icirc;t l&rsquo;Ada, l&rsquo;association fond&eacute;e en 2006 par Devis Mambo, Nadia Ewand&egrave; et compagnie. <br \/>\nLe  seul fait d&rsquo;arme qu&rsquo;on conna&icirc;t &agrave; l&rsquo;Ada reste manifestement la visite  des d&eacute;tenus &agrave; la prison centrale de New bell &agrave; Douala. Malgr&eacute; la  cessation d&rsquo;activit&eacute;s des unes, les associations ou mutuelles d&rsquo;artistes  restent la pr&eacute;occupation de certains artistes. Marco Mbella est r&eacute;solu &agrave;  d&eacute;velopper des synergies. D&rsquo;aucuns cr&eacute;ent des mutuelles d&rsquo;un autre  genre. Des mutuelles ethniques ou r&eacute;gionales. Sur ce point, Mo&iuml;se  Bangt&eacute;k&eacute; confie que la mutuelle des artistes du Nkam (l&rsquo;un des quatre  d&eacute;partements de la r&eacute;gion du Littoral) verra bient&ocirc;t le jour sous le nom  &laquo;Kaba&raquo;. &laquo;Je suis charg&eacute; de la mettre sur pied. Henry Njoh est pressenti  pour &ecirc;tre le pr&eacute;sident&raquo;, r&eacute;v&egrave;le-t-il. Regrouper les artistes sur le  long terme, est visiblement la mer &agrave; boire. La chanteuse Rachel  Tchoungui a manifestement du pain sur la planche, elle qui vient de  lancer la &laquo;Mama&raquo;, la mutuelle des artistes musiciens et associ&eacute;s.<\/p>\n<p><i>Monique Ngo Mayag<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Leurs tentatives de regroupement se sont sold\u00e9es par un \u00e9chec du fait des guerres intestines. &#8211; &nbsp; Jeudi 22 juillet dernier, l&rsquo;annonce&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30133","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30133","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30133"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30133\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30133"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30133"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30133"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}