{"id":30175,"date":"2010-08-22T14:19:26","date_gmt":"2010-08-22T14:19:26","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"3966","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/3966\/","title":{"rendered":"Diaspora : quel g\u00e2chis ?"},"content":{"rendered":"<p>Avec plus de trois millions d\u2019individus dispers\u00e9s \u00e0 travers la plan\u00e8te, la diaspora camerounaise est l\u2019\u00e9quivalent de la population d\u2019au moins deux pays de l\u2019Afrique centrale r\u00e9unis ! Et depuis au moins 6 ans,&#8230; &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"cap\" title=\"A\"><span>A<\/span><\/span>vec plus de trois  millions d&rsquo;individus dispers&eacute;s &agrave; travers la plan&egrave;te, la diaspora  camerounaise est l&rsquo;&eacute;quivalent de la population d&rsquo;au moins deux pays de  l&rsquo;Afrique centrale r&eacute;unis&nbsp;! Et depuis au moins 6 ans, on r&eacute;fl&eacute;chit  officiellement dans les sph&egrave;res dirigeantes du pays sur la question de  savoir si elle peut assumer une contribution au d&eacute;veloppement de son  pays d&rsquo;origine. Et dans cette r&eacute;flexion sans coh&eacute;rence malheureusement,  des voix ont d&eacute;j&agrave; propos&eacute; qu&rsquo;elle soit prise en consid&eacute;ration comme la  11&egrave;me Province (ou r&eacute;gion) du Cameroun.<\/p>\n<p>Bien entendu, ce qu&rsquo;on appelle contribution au d&eacute;veloppement du  Cameroun pourrait avoir des consonances politiques, &eacute;conomiques,  culturelles ou religieuses, etc. selon la diversit&eacute; m&ecirc;me de cette  diaspora qui est compos&eacute;e d&rsquo;&eacute;tudiants, des m&eacute;decins, ing&eacute;nieurs,  banquiers, chercheurs scientifiques en toutes disciplines, r&eacute;fugi&eacute;s  politiques, intellectuels en mal d&rsquo;utilisation dans leur pays, t&eacute;moins  de J&eacute;hovah, sportifs, aventuriers, &eacute;migr&eacute;s de la faim,  etc..<\/p>\n<p>Le gouvernement camerounais, lui, semble avoir simplement choisi ce  qu&rsquo;on pourrait appeler une &laquo;&nbsp;implication &eacute;conomique&nbsp;&raquo;, vue sous l&rsquo;angle  de l&rsquo;amplification des flux financiers dans le pays. Il parait confort&eacute;  dans cette option par le fait que, d&rsquo;apr&egrave;s des &eacute;tudes men&eacute;es par un  Observatoire africain bas&eacute; en Europe et aux Etats unis, des Camerounais  en diaspora r&eacute;aliseraient chaque ann&eacute;e dans leurs pays d&rsquo;accueil &laquo;un  chiffre d&rsquo;affaires de l&rsquo;ordre de 550 millions de dollars US&nbsp;&raquo;, soit 275  milliards de Fcfa.<\/p>\n<p>Si ce pactole repr&eacute;sentait des b&eacute;n&eacute;fices r&eacute;investis en terre  &eacute;trang&egrave;re, ce serait un v&eacute;ritable g&acirc;chis en tant que opportunit&eacute;s  financi&egrave;res vendang&eacute;es par le gouvernement camerounais, qui d&eacute;daigne &agrave;  faciliter le retour de ces capitaux par une politique idoine, alors que  ce montant est sup&eacute;rieur d&rsquo;au moins 25 milliards &agrave; celui que l&rsquo;Assembl&eacute;e  nationale l&rsquo;autorise tous les ans &agrave; emprunter &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, comme pour  alourdir l&rsquo;endettement du pays.<\/p>\n<p>On peut par ailleurs signaler que dans le m&ecirc;me temps, le Cameroun  partage avec les autres pays Acp les 359 milliards d&rsquo;euros que la  diaspora africaine en Union europ&eacute;enne transf&egrave;re &agrave; ses familles  d&rsquo;origines, et que les m&eacute;nages investissent dans les d&eacute;penses  alimentaires. L&rsquo;importation des aliments dans la plupart de ces pays  faisant d&rsquo;ailleurs en sorte que cet argent reparte du pays plus vite  qu&rsquo;il n&rsquo;est venu. Ces flux financiers, mobilis&eacute;s avec comp&eacute;tence et  coh&eacute;rence, pourraient &ecirc;tre transform&eacute;s en facteur de d&eacute;veloppement et de  croissance &eacute;conomique, si les conditions ad&eacute;quates &eacute;taient cr&eacute;&eacute;es pour  que ces  &laquo;&nbsp;camerE&nbsp;&raquo; puissent les investir en toute s&eacute;curit&eacute; dans le  pays.<br \/>\nLa probl&eacute;matique pour le gouvernement est alors&nbsp;: l&rsquo;identification des  flux et de leurs sources&nbsp;; l&rsquo;inventaire des obstacles internes au retour  de ces fonds &ndash; comme d&rsquo;ailleurs de ceux qui ont fui du pays  par le  pillage &ndash;  et la recherche politique des solutions.<br \/>\nLa grande question est&nbsp;: cette diaspora de trois millions de personnes  est-elle partie int&eacute;grante de la nation camerounaise&nbsp;? Si oui, pourquoi  est-il apparemment impossible de leur accorder la double nationalit&eacute; et  le droit de vote qui leur &ocirc;teraient le sentiment d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;trangers dans  leur pays&nbsp;? Qu&rsquo;il nous soit permis de faire ici n&ocirc;tre, le point de vue  du Pr constitutionnaliste Joseph Owona, selon lequel &nbsp;la diaspora  camerounaise, toutes diversit&eacute;s, devrait disposer d&rsquo;une repr&eacute;sentation &agrave;  l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, au S&eacute;nat et aux Conseils r&eacute;gionaux gr&acirc;ce &agrave; un  coll&egrave;ge &eacute;lectoral particulier&nbsp;(rentr&eacute;e acad&eacute;mique 2010, Fac de Droit,  Univers. Douala). Et pourquoi au demeurant ne cr&eacute;erait-on pas une  Commission nationale de la diaspora dont la mission serait d&rsquo;&eacute;couter et  de s&rsquo;occuper de tous les probl&egrave;mes des Camerounais de l&rsquo;&eacute;tranger&nbsp;?<br \/>\nIl est &eacute;vident qu&rsquo;une diaspora camerounaise mise en condition peut et  doit assumer une contribution au d&eacute;veloppement &eacute;conomique, social et  culturel de son pays, loin au-del&agrave; des aides alimentaires aux familles.  Et nous sommes bien plac&eacute;s pour citer au minimum le cas de l&rsquo;Universit&eacute;  des Montagnes dont les laboratoires, biblioth&egrave;ques et autres &eacute;quipements  ont &eacute;t&eacute; fournis par la diaspora camerounaise dont certains viennent  encore y dispenser des cours gratuits.<br \/>\nDepuis cinq ans par contre, le gouvernement camerounais pr&eacute;parait un  Forum &eacute;conomique et commercial avec la diaspora dont le th&egrave;me pr&eacute;vu  &eacute;tait&nbsp;: &laquo;&nbsp;La diaspora, un v&eacute;ritable acteur de d&eacute;veloppement&nbsp;&raquo;. Apr&egrave;s  d&rsquo;ultimes pr&eacute;paratifs commenc&eacute;s en 2009, la date retenue &eacute;tait la 11  ao&ucirc;t 2010.  Ce jour-l&agrave; pourtant, il n&rsquo;y a rien eu, alors que tous les  invit&eacute;s &eacute;taient l&agrave;. Deux membres du gouvernement qui s&rsquo;en disputaient la  paternit&eacute; n&rsquo;ont pas pu s&rsquo;entendre, parce que le Premier ministre n&rsquo;a  pas su les d&eacute;partager. Et le chef de l&rsquo;Etat &laquo;&nbsp;sous le haut patronage&nbsp;&raquo;  duquel &eacute;tait plac&eacute; l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement ne s&rsquo;est pas signal&eacute;. On peut donc  comprendre pourquoi nous avons beaucoup insist&eacute; plus haut sur la  coh&eacute;rence.<br \/>\nUn ministre du Commerce et un ministre des Relations ext&eacute;rieures n&rsquo;ont  pourtant pas &agrave; se battre pour s&rsquo;occuper de la diaspora, puisque dans le  cadre de leurs comp&eacute;tences respectives, l&rsquo;un peut organiser &agrave;  l&rsquo;int&eacute;rieur les activit&eacute;s &eacute;conomiques de la diaspora, tandis que l&rsquo;autre  peut en assumer &agrave; l&rsquo;Ext&eacute;rieur les bonnes relations du gouvernement avec  la m&ecirc;me diaspora, et m&ecirc;me l&rsquo;aider &agrave; s&rsquo;organiser en force de  proposition. Mais, qu&rsquo;aurions-nous eu &agrave; nous mettre sous la dent si pour  une fois des &laquo;&nbsp;cr&eacute;atures de M. Biya&nbsp;&raquo; se montraient capables de donner  de notre pays une autre image que celle des contradictions alimentaires  internes du syst&egrave;me, et de l&rsquo;improvisation gouvernante&nbsp;?<\/p>\n<p><span>lemessager<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec plus de trois millions d\u2019individus dispers\u00e9s \u00e0 travers la plan\u00e8te, la diaspora camerounaise est l\u2019\u00e9quivalent de la population d\u2019au moins deux&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30175","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30175","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30175"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30175\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30175"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30175"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30175"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}