{"id":30226,"date":"2010-09-17T00:04:48","date_gmt":"2010-09-17T00:04:48","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4017\/","title":{"rendered":"Jacobin Yarro : Notre march\u00e9 de produit th\u00e9\u00e2tral s\u2019est appauvri"},"content":{"rendered":"<p>Le metteur en sc\u00e8ne met la d\u00e9saffection du public pour les spectacles sur le compte de la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble. &#8211; <\/p>\n<p>\n<span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Comment va le th&eacute;&acirc;tre camerounais aujourd&rsquo;hui de votre point de vue?<br \/>\nLe  th&eacute;&acirc;tre camerounais va du mieux qu&rsquo;il peut. Avec ses hommes, ses moyens  et son public. C&rsquo;est &eacute;vident que tout observateur avis&eacute; comprendra  qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un enfant ch&eacute;ri ni du grand public, ni des m&eacute;c&egrave;nes,  encore moins des pouvoirs publics. Il faut pourtant louer le courage et  la foi de ces &laquo; Sisyphe &raquo; contemporains et les imaginer heureux,  pourquoi pas ?  Car, leur acharnement &agrave; faire vivre un art orphelin est  davantage une question de passion et de foi, bien plus que des  contingences socio-&eacute;conomique et politiques.<\/p>\n<p><b>Les  repr&eacute;sentations se font de plus en plus dans des salles pratiquement  vides et d&rsquo;aucuns en viennent &agrave; expliquer cela par le manque d&rsquo;&eacute;ducation  du public. &Ecirc;tes-vous du m&ecirc;me avis?<\/b><br \/>\n2\/3 Je ne partage que  partiellement cet avis. S&rsquo;il faut d&eacute;plorer l&rsquo;absence d&rsquo;un marketing  appropri&eacute; autour de l&rsquo;art th&eacute;&acirc;tral comme l&rsquo;impose la r&eacute;alit&eacute;  contemporaine, il n&rsquo;en demeure pas moins vrai que le public a &eacute;t&eacute; abus&eacute;  par un affairisme qui s&rsquo;est empar&eacute; du milieu th&eacute;&acirc;tral et &agrave; contribu&eacute; &agrave;  sa  descente aux enfers. Il ne faut pas perdre de vue que le public,  quel qu&rsquo;il soit, sait choisir ce qui est  &agrave; son go&ucirc;t. Surtout en ce qui  concerne l&rsquo;offre du produit artistique. La &laquo;th&eacute;&acirc;tre business&raquo; n&rsquo;a pas  toujours &eacute;t&eacute; port&eacute; par des spectacles de qualit&eacute;. Le public s&rsquo;est senti  flou&eacute;. La plupart des grandes figures de notre th&eacute;&acirc;tre ont abandonn&eacute; la  sc&egrave;ne  pour la &laquo;th&eacute;&acirc;tre business&raquo;. En effet, sous l&rsquo;impulsion des  partenaires internationaux, le march&eacute; local du produit th&eacute;&acirc;tral s&rsquo;est  appauvri au profit du march&eacute; international plus port&eacute; sur l&rsquo;&eacute;v&eacute;nementiel   (les festivals notamment) et des spectacles format&eacute;s selon des  exigences qui n&rsquo;&eacute;taient pas toujours celles du consommateur local :  professionnalisation et configuration des troupes, pr&eacute;pond&eacute;rance du  th&eacute;&acirc;tre contemporain sur  le th&eacute;&acirc;tre de masse, subventions  providentielles etc.   La d&eacute;mission des pouvoirs publics n&rsquo;a pas permis  d&rsquo;entretenir  une permanence de la pratique th&eacute;&acirc;trale au quotidien qui  aurait de toute &eacute;vidence fid&eacute;lis&eacute; le public &agrave; la fr&eacute;quentation du  th&eacute;&acirc;tre. <\/p>\n<p><b>Que faut-il faire selon vous pour renouer avec cette  belle &eacute;poque de notre th&eacute;&acirc;tre qui voyait le public courir les  repr&eacute;sentations?<\/b><br \/>\nChercher  &agrave; renouer avec la &laquo;belle &eacute;poque&raquo; me  semble entretenir un nostalgisme qui ne se pr&ecirc;terait  plus aux exigences  contemporaines. Certes, des nostalgiques aimeraient toujours venir voir  jouer &laquo;Trois pr&eacute;tendants&hellip;un mari&raquo;, &laquo; Les parasites&raquo;, &laquo;L&rsquo;homme femme&raquo;   &laquo;Un amour adult&egrave;re&raquo; &laquo;Arr&ecirc;tez Madame Boganto&raquo; ou &laquo;Politicos&raquo; etc. en  esp&eacute;rant revivre les sensations qu&rsquo;ils v&eacute;curent un jour devant tel ou  tel com&eacute;dien interpr&eacute;tant tel ou tel personnage. <\/p>\n<p><b>Mais, que sont devenues  les grandes gueules du th&eacute;&acirc;tre ? D&eacute;pit&eacute;s, aigris, d&eacute;froqu&eacute;s, reconvertis ou tr&eacute;pass&eacute;s.<\/b><br \/>\nUn   th&eacute;&acirc;tre qui se veut dynamique, &eacute;manant  de la soci&eacute;t&eacute; et  l&rsquo;accompagnant  dans son historicit&eacute; ne peut se permettre d&rsquo;en rester  l&agrave;. Le th&eacute;&acirc;tre est une pratique artistique qui a un code et des  exigences. Le public viendra toujours au th&eacute;&acirc;tre pour  voir de bons  com&eacute;diens, de &laquo;grandes gueules&raquo; comme on dit ;  pour vivre une belle  histoire bien mise en sc&egrave;ne. Voil&agrave; pour les donn&eacute;es fondamentales. Le  th&eacute;&acirc;tre restera toujours un art d&rsquo;avant-garde dans les loisirs, d&rsquo;o&ugrave; la  n&eacute;cessit&eacute; de le regarder &agrave; travers le prisme des contingences  contemporaines. La fr&eacute;quentation des salles de th&eacute;&acirc;tre est une affaire  d&rsquo;un public avis&eacute;.<br \/>\nNous voulons parler ici du th&eacute;&acirc;tre d&rsquo;art, et non  du th&eacute;&acirc;tre populaire ou th&eacute;&acirc;tre forum. Il n&eacute;cessite une production  litt&eacute;raire de qualit&eacute; en amont, du personnel artistique et technique  form&eacute; : com&eacute;diens, metteurs en sc&egrave;ne, sc&eacute;nographes, r&eacute;gisseurs  etc,  &hellip;&hellip;des espaces pour offrir au public le produit th&eacute;&acirc;tral &agrave; appr&eacute;cier et ,  last but not least, un marketing, oui, un marketing appropri&eacute;. Tout  cela appara&icirc;t comme une cha&icirc;ne qui ne devra comporter aucun maillon  faible ou ventre mou. Je suis de plus en convaincu qu&rsquo;il existe un  public &eacute;pris et assoiff&eacute; de consommer  du bon th&eacute;&acirc;tre. Il ne tient qu&rsquo;&agrave;  nous, cr&eacute;ateurs, m&eacute;c&egrave;nes  et pouvoirs publics &agrave; le produire et &agrave; le lui  porter.<\/p>\n<p><i>Propos recueillis par Parfait Tabapsi<\/i><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le metteur en sc\u00e8ne met la d\u00e9saffection du public pour les spectacles sur le compte de la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble. &#8211;&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30226","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30226","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30226"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30226\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30226"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30226"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30226"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}