{"id":30231,"date":"2010-09-17T00:12:24","date_gmt":"2010-09-17T00:12:24","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4022\/","title":{"rendered":"Arts vivants : Le th\u00e9\u00e2tre ne fait pas courir"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s des ann\u00e9es de grandes productions le manque d\u2019infrastructures a progressivement plomb\u00e9 cette activit\u00e9. &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>La  rentr&eacute;e culturelle est effective, depuis quelques semaines &agrave; Yaound&eacute;. A  travers les diff&eacute;rents espaces culturels que compte la capitale, les  programmations battent leur plein. Malheureusement, malgr&eacute; leur  enthousiasme, les responsables des diff&eacute;rentes troupes et compagnies  th&eacute;&acirc;trales ne se leurrent point. Le public ne sera pas toujours au  rendez-vous. <br \/>\n&laquo;Le th&eacute;&acirc;tre a perdu son public depuis de longues  ann&eacute;es. Nous n&rsquo;avons pas les moyens de communication qui nous  permettraient de le ramener dans les salles ce qui passe par une bonne  action de communication malheureusement, combien de compagnies peuvent  r&eacute;aliser des affiches&raquo;, explique Tony Mefe, le pr&eacute;sident de  l&rsquo;association Sc&egrave;ne d&rsquo;&eacute;b&egrave;ne et promoteur des sc&egrave;nes du th&eacute;&acirc;tre  francophone. Et m&ecirc;me si Jacobin Yarro, metteur en sc&egrave;ne reconnu et dont  les spectacles font courir les amateurs de th&eacute;&acirc;tre dans les salles  abonde dans le m&ecirc;me sens, il estime pour sa part que la faute revient  aux hommes de th&eacute;&acirc;tre.<\/p>\n<p>C&ocirc;t&eacute; public, on se d&eacute;sole de la qualit&eacute;  des spectacles qui, au fil des ann&eacute;es perd en saveur. Eux qui, de son  avis, ont &laquo;d&eacute;sert&eacute; les salles ; la qualit&eacute; des sc&egrave;nes pr&eacute;sent&eacute;es au  public n&rsquo;est pas toujours la meilleure. Lorsque j&rsquo;organise une  repr&eacute;sentation et que je fixe le prix d&rsquo;entr&eacute;e &agrave; 2000 Fcfa, il y aura  toujours des personnes qui viendront me demander de leur faire un prix  pour qu&rsquo;ils aient acc&egrave;s &agrave; la salle de spectacle &agrave; moindre co&ucirc;t ! Nous  sommes bien oblig&eacute;s de laisser faire car, nous souhaitons que notre  travail soit connu&raquo;, se d&eacute;sole-t-il. <br \/>\nEt si le th&eacute;&acirc;tre classique est  le compartiment artistique qui souffre le plus de cette braderie  g&eacute;n&eacute;rale, l&rsquo;humour, lui s&rsquo;en sort plus ou moins bien. La qualit&eacute; des  spectacles est d&eacute;sormais tr&egrave;s loin de ce que proposaient des metteurs en  sc&egrave;ne comme Emmanuel Keki Manyo, de regrett&eacute;e m&eacute;moire. &laquo;On a  l&rsquo;impression que pour la plupart, les productions sont d&eacute;sormais mont&eacute;es  &agrave; la va vite. Il leur manque beaucoup de profondeur&raquo;, estime Christiane  Ze, amateur de th&eacute;&acirc;tre.<\/p>\n<p>Seulement, comme le rappelait d&eacute;j&agrave; il y a  quelques ann&eacute;es Marcelin Vounda Etoa, directeur des Editions Cl&eacute;, dans  ces colonnes, la faute n&rsquo;est pas seulement aux hommes de th&eacute;&acirc;tre. &laquo;Ni  les com&eacute;diens ni les metteurs en sc&egrave;ne, encore moins les op&eacute;rateurs  culturels ne sont &agrave; bl&acirc;mer. La culture est un domaine o&ugrave; on ne peut pas  moissonner autre chose que ce que l&rsquo;on a sem&eacute;. Une programmation des  spectacles ne peut se faire sans que, sur le plan infrastructurel le  minimum ne soit disponible. Sans absorber autant de ressources  financi&egrave;res que le cin&eacute;ma, certaines pi&egrave;ces ne peuvent &ecirc;tre repr&eacute;sent&eacute;es  sans un investissement minimal. Le statut m&ecirc;me du th&eacute;&acirc;tre dans notre  pays ne peut permettre d&rsquo;escompter des prestations de grande qualit&eacute;.  Chez nous en effet, le th&eacute;&acirc;tre est un &quot;semi-loisir&quot; au sens o&ugrave; Joffre  Dumazedier entend cette expression, c&rsquo;est-&agrave;-dire une activit&eacute; qui, &quot;tout  en ayant une dimension utilitaire et tout en conservant un lien avec le  travail professionnel ou la production domestique, [est] d&rsquo;abord et  avant tout [con&ccedil;u] comme [activit&eacute;] d&rsquo;expression de soi dans le temps  libre&raquo;.<\/p>\n<p>Un avis que confirme Andr&eacute; Majors Akoa, pr&eacute;sident de  l&rsquo;association &laquo;Culture spectacles&raquo;. Alors qu&rsquo;il d&eacute;nonce l&rsquo;existence au  Cameroun de ce qu&rsquo;il appelle la &laquo;tiers-culture&raquo;, cette culture  &laquo;inorganis&eacute;e qui ne se reconna&icirc;t pas, ou mal et se transmet souvent hors  des institutions&raquo;, il propose une culture &laquo;ouverte sur le r&eacute;el&raquo;. Et  bien que depuis quelques ann&eacute;es, les troupes camerounaises essaient tant  bien que mal de s&rsquo;assurer une visibilit&eacute;, tout au moins, continentale,  c&rsquo;est au plan local que les choses devraient &ecirc;tre faites. Les promoteurs  culturels qui, pour la plupart, pr&eacute;sentent leur travail dans les locaux  du centre culturel fran&ccedil;ais Fran&ccedil;ois Villon de Yaound&eacute;, militent pour  des investissements dans la cr&eacute;ation des salles de spectacles et la mise  sur pieds d&rsquo;infrastructures de qualit&eacute; qui, seules, sont susceptibles  d&rsquo;am&eacute;liorer la qualit&eacute; des spectacles pr&eacute;sent&eacute;s et d&rsquo;attirer le public  dans les salles. Ce d&rsquo;autant que, marqu&eacute;e par de profonds et continus  bouleversements dans les diff&eacute;rentes domaines politiques, &eacute;conomiques et  social, entre autres, contribuent &agrave; la naissance d&rsquo;une crise de la  question culturelle. <\/p>\n<p><b>Le th&eacute;&acirc;tre se meurt-il ? <\/b><br \/>\nMalgr&eacute;  l&rsquo;accroissement des compagnies et autres troupes d&eacute;di&eacute;es au th&eacute;&acirc;tre et  aux arts vivants de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, l&rsquo;on ressent, sur les sc&egrave;nes  camerounaises et dans les couloirs de ces lieux d&eacute;di&eacute;s &agrave; la culture  comme un malaise. Com&eacute;diens, metteurs en sc&egrave;ne et autres managers de  troupes et\/ou promoteurs de spectacles redisent, &agrave; la longueur de  journ&eacute;e leur mal &ecirc;tre dans ce milieu qu&rsquo;ils ont d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;investir malgr&eacute;  tout.<br \/>\nCertains de fa&ccedil;on permanente et pour d&rsquo;autres, au gr&eacute; des  cr&eacute;ations et des opportunit&eacute;s. Ceci sans que les choses ne s&rsquo;am&eacute;liorent  vraiment. C&ocirc;t&eacute; public, c&rsquo;est une sorte de lassitude que l&rsquo;on per&ccedil;oit. <\/p>\n<p>Ce  dernier se d&eacute;sole de la qualit&eacute; des spectacles offerts ces derniers  ann&eacute;es et se fait nostalgique de cette &eacute;poque ou, le th&eacute;&acirc;tre, tr&egrave;s couru  animait de fa&ccedil;on permanente la vie culturelle locale. Face &agrave; toutes ces  r&eacute;criminations, Mutations s&rsquo;est propos&eacute; d&rsquo;explorer cet univers pleins  d&rsquo;ombres. Le probl&egrave;me des infrastructures qui a une incidence forte sur  la qualit&eacute; des spectacles, les financements de ces spectacles, les choix  des acteurs de cette fili&egrave;re sont autant d&rsquo;univers que nous explorons  dans les pages qui suivent. Il s&rsquo;agira donc de pr&eacute;senter ce th&eacute;&acirc;tre qui a  quitt&eacute; l&rsquo;aire burlesque pour r&eacute;fl&eacute;chir sur les questions de l&rsquo;heure  telles que la corruption et les probl&egrave;mes politiques les plus pointus.  Ceci alors m&ecirc;me que les troupes ont de plus en plus de mal &agrave; se frayer  un chemin sur la sc&egrave;ne internationale.<\/p>\n<p><i>Dorine Ekw&egrave;<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s des ann\u00e9es de grandes productions le manque d\u2019infrastructures a progressivement plomb\u00e9 cette activit\u00e9. &#8211; &nbsp; La rentr&eacute;e culturelle est effective, depuis&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30231","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30231","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30231"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30231\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30231"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30231"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30231"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}