{"id":30279,"date":"2010-10-22T09:07:46","date_gmt":"2010-10-22T09:07:46","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4070","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4070\/","title":{"rendered":"La soif de grandeurs mise en sc\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<p>Joseph Ndzomo Mol\u00e9 vient d\u2019adapter son essai y relatif en tragi-com\u00e9die. &#8211; <\/p>\n<p><b><font color=\"#000000\">&nbsp;<\/font><\/b><\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Dans  son format livre de poche, la pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre de cet enseignant de  l&rsquo;Ecole normale sup&eacute;rieure (Ens) de Yaound&eacute;, se veut un moment de  confession publique pour la soci&eacute;t&eacute; camerounaise &laquo;mang&eacute;e&raquo; par une  bourgeoisie avide d&rsquo;accumulation de richesses. L&rsquo;onomastique des  acteurs, le champ lexical de l&rsquo;auteur et le genre litt&eacute;raire utilis&eacute;s  dans cet ouvrage de 146 pages, en font bouquet r&eacute;aliste de la  repr&eacute;sentation du Cameroun d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. <br \/>\nLa sc&egrave;ne se d&eacute;roule dans  un village, Bilikbekassa, quelque part au Cameroun. Au regard de  l&rsquo;onomastique, dans le Centre et plus pr&eacute;cis&eacute;ment au c&oelig;ur de la L&eacute;ki&eacute;.  Adingakuma, directeur g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;une des nombreuses entreprises  d&rsquo;Etat, ancien d&eacute;put&eacute; et ministre, meurt en prison victime des rudesses  du milieu carc&eacute;ral pour avoir voulu ex&eacute;cuter son fils, Robertin sur les  recommandations d&rsquo;un charlatan lui ayant promis son retour prochain au  gouvernement. Obs&eacute;d&eacute; par le pouvoir, Adingakuma se rend chez Ngambi, le  sorcier qui lui demande de lui c&eacute;der son &eacute;pouse, M&eacute;lanissia. En effet,  dans son app&acirc;t du gain d&rsquo;argent facile, Ngambi s&rsquo;est jur&eacute; d&rsquo;infliger  diff&eacute;rentes formes d&rsquo;humiliations aux &laquo;grands&raquo;. <\/p>\n<p>Au rang de ses  fais d&rsquo;armes, il allie l&rsquo;extorsion de fonds et paiement en nature pour  ses prestations. Limog&eacute; de ses fonctions de directeur g&eacute;n&eacute;ral,  Adingakuma tente de convaincre son &eacute;pouse (arrach&eacute;e &agrave; son neveu) qu&rsquo;il  c&acirc;line, de c&eacute;der &agrave; Ngambi. D&eacute;go&ucirc;t&eacute;e, celle-ci le couvre d&rsquo;invectives,  jure comme un palefrenier et finit par le rouer de coup. A son retour  chez le charlatan, l&rsquo;ancien directeur g&eacute;n&eacute;ral de qui se joue Ngambi est  re&ccedil;u &agrave; genoux et les mains tendues vers l&rsquo;avant. Apr&egrave;s avoir fait part  de sa d&eacute;confiture vis-&agrave;-vis de son &eacute;pouse, son sorcier lui exigera pr&egrave;s  de sept millions pour son traitement. <br \/>\nAu bout de l&rsquo;op&eacute;ration, au  pr&eacute;texte que ce sont les exigences des esprits, Ngambi lui demandera de  remplacer son &eacute;pouse par un sacrifice humain. Apr&egrave;s avoir aff&ucirc;t&eacute; la  machette devant servir &agrave; la sale besogne, Adingakuma r&eacute;ussira &agrave; droguer  son fils avant de le ligoter et enfermer dans une caisse. Transport&eacute;  dans un taxi en course chez Ngambi, le cas Robertin embarrasse le  charlatan qui se rend &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence que son client a perdu la t&ecirc;te et est  pr&ecirc;t &agrave; retourner au gouvernement &agrave; tous les prix. C&rsquo;est alors que  Ngambi le remet &agrave; genoux dos tourn&eacute;, les mains tendues vers l&rsquo;avant et  les yeux ferm&eacute;s. <\/p>\n<p>Pendant ce temps Ngambi a lib&eacute;r&eacute; Robertin de  ses liens. Il a par ailleurs appel&eacute; la gendarmerie pour l&rsquo;interpellation  du ministre qui par ailleurs a voulu en finir rapidement avec son fils  a&icirc;n&eacute; au nom du &laquo;bonheur familial&raquo;. Incarc&eacute;r&eacute; &agrave; la prison centrale,  Adingakuma est soumis au bizutage. Une rude &eacute;tape au cours de laquelle  il se montrera arrogant comme &agrave; son habitude. Une &eacute;tape au terme de  laquelle il trouve la mort. Adingakuma sera inhum&eacute; sans obs&egrave;ques au  risque d&rsquo;&ecirc;tre la ris&eacute;e de toute la contr&eacute;e. <br \/>\nLa tragi-com&eacute;die de  Joseph Ndjomo Mol&eacute; est donc riche d&rsquo;enseignements. Si la pi&egrave;ce de  th&eacute;&acirc;tre est &eacute;crite dans un style qui varie au gr&eacute; des acteurs, le niveau  de langue est globalement soutenu. Riche en figures de style, les cinq  actes sont la repr&eacute;sentation de pr&eacute;tention et de l&rsquo;illusion de  domination des d&eacute;tenteurs du pouvoir contemporain chez nous. Comme  Adingakuma, nombreux d&rsquo;entre eux ont du m&eacute;pris pour tout le monde et se  font tout petits, &agrave; la limite perdent leur sang froid d&egrave;s qu&rsquo;ils n&rsquo;y  sont plus. <br \/>\nJouisseurs, m&eacute;galomanes, gourmands, avides des honneurs,  ils sont des d&eacute;linquants imp&eacute;nitents. D&rsquo;o&ugrave; leur fin tragique. Celle de  Adingakuma r&eacute;sume la tragique fin de cette bourgeoisie &eacute;puis&eacute;e de  jouissance. Un d&eacute;mon que le sang neuf doit exorciser. <\/p>\n<p><i>L&eacute;ger Ntiga<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Joseph Ndzomo Mol\u00e9 vient d\u2019adapter son essai y relatif en tragi-com\u00e9die. &#8211; &nbsp; Dans son format livre de poche, la pi&egrave;ce de&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30279","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30279","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30279"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30279\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30279"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30279"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30279"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}