{"id":30288,"date":"2011-06-06T16:42:50","date_gmt":"2011-06-06T16:42:50","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4079","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4079\/","title":{"rendered":"FRANCIS BEBEY"},"content":{"rendered":"<p>Po\u00e8te, \u00e9crivain, compagnon du verbe, le chanteur et guitariste auteur-compositeur camerounais Francis Bebey fait partie des pr\u00e9curseurs dont le r\u00f4le dans la reconnaissance des musiques africaines s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 primordial. &#8211; <\/p>\n<p>N&eacute; en 1929 &agrave; Douala, Francis Bebey est initi&eacute; au chant par son p&egrave;re,  pasteur protestant, joueur d&rsquo;harmonium et d&rsquo;accord&eacute;on, et &eacute;lev&eacute; au son  de la musique classique occidentale (Bach, Haendel), tout en gardant une  oreille tendue vers les musiques enracin&eacute;es sur le sol africain. Ces  musiques, qu&rsquo;il d&eacute;couvre d&rsquo;abord en cachette de ses parents, chez un  voisin, passant ses nuits &agrave; jouer de l&rsquo;arc &agrave; bouche et de la harpe  traditionnelle, vont devenir pour lui une passion absolue, un enjeu, un  engagement.<\/p>\n<p>Francis Bebey se met &agrave; la musique en jouant d&rsquo;abord du banjo, puis il  passe &agrave; la guitare en 1947. Trois ans plus tard, il quitte le Cameroun  pour Paris o&ugrave; il s&rsquo;inscrit &agrave; la Sorbonne pour pr&eacute;parer une licence  d&rsquo;anglais. Il forme &agrave; cette &eacute;poque un trio avec son compatriote Manu  Dibango. Il d&eacute;cide ensuite de partir pour les &Eacute;tats-Unis en vue  d&rsquo;&eacute;tudier la communication et le journalisme. Il compose alors sa  premi&egrave;re pi&egrave;ce pour guitare, &quot;L&rsquo;&Eacute;t&eacute; du Lac Michigan&quot;.<\/p>\n<p><b>Journaliste et &eacute;crivain<\/b><\/p>\n<p>Journaliste, reporter radio, il travaille aussi en Afrique, notamment  au Ghana, o&ugrave; il participe &agrave; la cr&eacute;ation d&rsquo;une station fran&ccedil;aise de  radio, puis regagne la France o&ugrave; il entre comme reporter &agrave; la Sorafom  (Soci&eacute;t&eacute; de Radiodiffusion de la France d&rsquo;Outre-mer), la future RFI  (Radio France Internationale).<\/p>\n<p>Pendant quinze ans, il est ensuite responsable du d&eacute;partement musique  de l&rsquo;Unesco. Tout en publiant parall&egrave;lement articles de presse,  nouvelles, po&egrave;mes, romans, dont &quot;Le Fils d&rsquo;Agatha Moundio&quot;. L&rsquo;ouvrage  est r&eacute;compens&eacute; par le Grand Prix litt&eacute;raire de l&rsquo;Afrique noire, une  distinction qu&rsquo;il obtient en 1968. C&rsquo;est aussi l&rsquo;ann&eacute;e de son premier  concert parisien, au Centre Am&eacute;ricain, o&ugrave; il pr&eacute;sente un r&eacute;pertoire  chant&eacute; en douala, en fran&ccedil;ais et en anglais, inspir&eacute; des chants bantous  et des polyphonies pygm&eacute;es.<\/p>\n<p>Il publie l&rsquo;ann&eacute;e suivante une &eacute;tude qui fait r&eacute;f&eacute;rence, &quot;Musique&quot;,  disponible aujourd&rsquo;hui dans sa traduction anglaise, &quot;African Music &ndash; A  People&rsquo;s Art&quot;. Outre cet essai, parmi d&rsquo;autres, il invente aussi des  contes (&quot;L&rsquo;Enfant pluie&quot;) et &eacute;crit des po&egrave;mes (&quot;Concert pour un vieux  masque&quot;).<\/p>\n<p><b>Chanteur malicieux<\/b><\/p>\n<p>En 1972, il sort son premier album, &quot;Idiba&quot;. &Agrave; partir de 1974, il  d&eacute;cide de se consacrer uniquement &agrave; la composition musicale et &agrave;  l&rsquo;&eacute;criture. Toujours attentif &agrave; pr&eacute;server l&rsquo;essence de la tradition, il  n&rsquo;utilise les instruments &eacute;lectriques qu&rsquo;avec parcimonie, pr&eacute;f&eacute;rant  faire oeuvre de sobri&eacute;t&eacute; en mettant en avant les instruments  traditionnels comme la fl&ucirc;te pygm&eacute;e ou la sanza (lamellophone &agrave; pouce).  Sans pour autant s&rsquo;interdire l&rsquo;audace et l&rsquo;aventure.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; entra&icirc;ner parfois ses instruments f&eacute;tiches vers des  univers qui leur sont totalement &eacute;trangers. Ainsi compose-t-il  &quot;Kasilane&quot;, une commande du Kronos Quartet pour quatuor &agrave; cordes et  fl&ucirc;te pygm&eacute;e ou encore, &agrave; la demande de la jeune violoncelliste  fran&ccedil;aise Sonia Wieder-Atherton, une pi&egrave;ce pour sanza et violoncelle.<\/p>\n<p>C&rsquo;est surtout en 1980 qu&rsquo;il rencontre le succ&egrave;s avec &quot;Le Rire  africain&quot; qui contient &quot;Agatha&quot;, une chanson pour rire, mais pas  seulement. Cette histoire d&rsquo;enfant <i>&quot;caf&eacute; au lait, qui n&rsquo;est pas tout &agrave; fait comme les autres enfants du village&quot;<\/i>,  c&rsquo;&eacute;tait aussi, d&eacute;clare-t-il plus tard, sa fa&ccedil;on &agrave; lui de lutter contre  le racisme. D&rsquo;&quot;Agatha&quot; &agrave; &quot;Si les Gaulois avaient su&quot;, en passant par &quot;La  Condition masculine&quot;, Francis Bebey pratique l&rsquo;humour avec une  savoureuse malice.<\/p>\n<p><b>Concertiste international<\/b><\/p>\n<p>Si c&rsquo;est d&rsquo;abord &agrave; travers ses chansons humoristiques qu&rsquo;il attire  sur lui l&rsquo;attention du public francophone &agrave; travers le monde (Prix Sacem  de la chanson fran&ccedil;aise en 1977), on d&eacute;couvre bient&ocirc;t &eacute;galement &agrave; la  fois le compositeur et le concertiste international.<\/p>\n<p>Il se produit partout &agrave; travers les continents, dans des lieux  d&rsquo;importance, voire prestigieux (Maison de Radio-France &agrave; Paris,  Carnegie Hall &agrave; New York, Radio Deutschland &agrave; Berlin, mus&eacute;e Edvard Munch  &agrave; Oslo, Masonic Auditorium &agrave; San Francisco&hellip;). On le voit si&eacute;ger dans  les ann&eacute;es 80 avec L&eacute;opold Senghor au Haut Conseil de la francophonie,  cr&eacute;&eacute; par Fran&ccedil;ois Mitterrand. Il signe la musique du deuxi&egrave;me long  m&eacute;trage du r&eacute;alisateur burkinab&eacute; Idrissa Ouedraogo, &quot;Yaaba&quot;, r&eacute;alis&eacute; en  1989 et prim&eacute; au Festival de Cannes.<\/p>\n<p>Au cours de l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2000, ann&eacute;e o&ugrave; il publie l&rsquo;album &quot;M&rsquo;Bira Dance&quot;, il  fait l&rsquo;une de ses derni&egrave;res apparitions publiques au festival Les Suds &agrave;  Arles. Le 28 mai 2001, il succombe &agrave; une attaque cardiaque &agrave; son  domicile parisien.<\/p>\n<p><b>In&eacute;dits<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;ann&eacute;e suivante, l&rsquo;association Francis Bebey annonce sa cr&eacute;ation.  Avec pour but de pr&eacute;server la m&eacute;moire du musicien, elle souhaite, outre  la publication d&rsquo;in&eacute;dits de Francis Bebey, s&rsquo;attacher &agrave; l&rsquo;organisation  de concerts de musique africaine et soutenir des programmes de recherche  portant sur la litt&eacute;rature et la musique.<\/p>\n<p>Approcher Francis Bebey, c&rsquo;&eacute;tait go&ucirc;ter au charme de la l&eacute;g&egrave;ret&eacute;  intelligente, prendre une le&ccedil;on d&rsquo;humilit&eacute;, d&rsquo;humanisme, de courtoisie.  Une le&ccedil;on de vie.<\/p>\n<p>&copy; RFI Musique<\/p>\n<p>\nhttp:\/\/www.bebey.com<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Po\u00e8te, \u00e9crivain, compagnon du verbe, le chanteur et guitariste auteur-compositeur camerounais Francis Bebey fait partie des pr\u00e9curseurs dont le r\u00f4le dans la&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30288","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30288"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30288\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}