{"id":30300,"date":"2010-11-01T14:52:25","date_gmt":"2010-11-01T14:52:25","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4091","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4091\/","title":{"rendered":"La nouvelle litt\u00e9rature camerounaise"},"content":{"rendered":"<p>VOUNDA ETOA, Marcelin, (sous la direction de), Cameroun nouveau paysage litt\u00e9raire\/new literary landscape (1990-2008), Yaound\u00e9, Editions CLE, 2009, 453 p. \u2013 ISBN 9956-0-9151-0 &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Synopsis d&rsquo;une litt&eacute;rature qui refl&egrave;te une soci&eacute;t&eacute; &eacute;cartel&eacute;e entre traditions perdues, legs colonial et errements contemporains.<br \/>\nLes  &eacute;ditions CLE signent ici un tr&egrave;s int&eacute;ressant ouvrage. Cameroun, nouveau  paysage litt&eacute;raire\/new literary landscape (1990-2008) est un projet  collectif dirig&eacute; par Marcelin Vounda Etoa.<br \/>\nOn notera que cette  publication bilingue (de belle facture) entend s&rsquo;opposer &laquo;&agrave; une absurde  tradition de cloisonnement des &eacute;tudes sur la litt&eacute;rature camerounaise  [en mettant] c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te des chercheurs anglophones et francophones&raquo; (M.  Vounda Etoa, p.10). Ce &laquo;synopsis g&eacute;n&eacute;ral&raquo; (p.10), se divise en trois  parties li&eacute;es aux probl&eacute;matiques du genre et des th&egrave;mes, du style et de  la r&eacute;ception critique. <br \/>\nAinsi s&rsquo;esquisse un &eacute;tat des lieux retra&ccedil;ant  dix-huit ann&eacute;es de cr&eacute;ation litt&eacute;raire au Cameroun. On ne peut que  saluer la pluralit&eacute; de ce panorama abordant les questions de langue (par  exemple E. Biloa et &laquo;la linguodiversit&eacute; de la camfrancographie  litt&eacute;raire&raquo; chez P. Nganang, p.311), de style (P. Bidjocka Fumba et &laquo;Le  discours pol&eacute;mique dans La Croix du Sud de Joseph Ngou&eacute;&raquo;, p.441), de  genre (la premi&egrave;re partie consacr&eacute;e aux romanciers camerounais, la  seconde partie abordant d&rsquo;autres genres : th&eacute;&acirc;tre, po&eacute;sie, biographie,  nouvelle), ou encore de r&eacute;ception (A. Owono Kouma et &laquo;La r&eacute;ception  critique de la litt&eacute;rature camerounaise dans le mensuel Patrimoine&raquo;,  p.207).<\/p>\n<p>Diverses postures d&rsquo;auteurs &eacute;mergent de ces quelques 29  expos&eacute;s. On identifie un corpus de romanciers (anglophones et  francophones) dont les romans &laquo;charged with a socio-political and  economic consciousness of the Cameroonian\/African landscape&raquo; (E.  Ngongkum, p.37) mettent en sc&egrave;ne l&rsquo;antagonisme de la soci&eacute;t&eacute;  traditionnelle confront&eacute;e aux changements issus des univers  postcoloniaux.<br \/>\nChez ces derniers, le parti pris de l&rsquo;auteur peut  osciller entre &laquo;tradition&raquo; et &laquo;modernit&eacute;&raquo;, en atteste le contraste li&eacute;  au traitement des personnages f&eacute;minins chez J. Nkemngong Nkengasong et  C. Alobwed&rsquo;Epie : &laquo;traditional enduring, self sacrificing women toward  conflicted female characters searching for identity&raquo;, ou &laquo;dependable,  lackluster and weak females changed to independent, purposeful and  fearless women&raquo; (S. Anyang Agbor, p.42).<\/p>\n<p>Cette position m&eacute;diane  est aussi occup&eacute;e par C.-G. Mbock, dont les romans mettent en lumi&egrave;re  des soci&eacute;t&eacute;s africaines ayant perdu une &laquo;puret&eacute; originelle&raquo; (J. Dong  Aroga, p.55) apr&egrave;s leur rencontre avec &laquo;une force &eacute;trang&egrave;re : celle du  blanc&raquo; (p.59). Le choix d&rsquo;un compromis s&rsquo;av&egrave;re alors n&eacute;cessaire pour  r&eacute;soudre le conflit culturel engendr&eacute; par cette rencontre, pour  permettre une survie du &laquo;terroir&raquo;. Chez C.-G. Mbock &laquo;la rencontre avec  l&rsquo;occident chr&eacute;tien [devient alors] point de d&eacute;part de l&rsquo;imagination  cr&eacute;atrice&raquo; (Makany, p.70).<br \/>\nL&rsquo;hybridit&eacute; de ces soci&eacute;t&eacute;s camerounaises,  boulevers&eacute;es et amput&eacute;es de leurs rep&egrave;res ancestraux se fait  constructrice de sens, syncr&eacute;tiste, si ce n&rsquo;est noyau de r&eacute;silience. Il  suffit d&rsquo;observer la passion footballistique: &laquo;exutoire &agrave; toutes sortes  de frustrations [&hellip;] en m&ecirc;me temps qu&rsquo;elle se nourrit de pratiques  magico-religieuses d&rsquo;un autre &acirc;ge&raquo; d&eacute;crite par E. Ebode  (L.-B. Amougou,  p.93), pour comprendre que ces &eacute;critures &laquo;ancr&eacute;e[s] dans le r&eacute;el&raquo; (P.  Daouda, p.146) d&eacute;terminent leur propre &laquo;tableau&raquo; contemporain, que l&rsquo;on  exprime la perte de ce Cameroun du &laquo;Mbock Bassa&raquo; (A.-D. Tang, p.13) ou  l&rsquo;av&egrave;nement b&acirc;tard du &laquo;made in France&raquo; (S.-A. Mforteh, p.403).<\/p>\n<p>Tiraill&eacute;s  entre deux univers, le roman peut s&rsquo;approprier un style, un th&egrave;me, pour  ensuite l&rsquo;adapter &agrave; un univers camerounais, sinon africain. C&rsquo;est le  cas de J.-R. Essomba, qui &laquo;d&eacute;porte l&rsquo;enqu&ecirc;te polici&egrave;re dans l&rsquo;espace du  mysticisme africain&raquo; (P. Bissa- Enama, p.181), ou de C. Beyala et sa  &laquo;litt&eacute;rature de l&rsquo;immigration&raquo; (N. Ambena, p.118) prenant en charge &laquo;une  histoire [&hellip;] devenue [&hellip;] propri&eacute;t&eacute; universelle&raquo; (p.119) : dans les  romans de Beyala, c&rsquo;est la croisade f&eacute;minine (et f&eacute;ministe) de La  bicyclette bleue, replac&eacute;e dans un contexte zimbabw&eacute;en.<br \/>\nLa question  de l&rsquo;identit&eacute;, qui refait sans cesse surface dans ces romans  camerounais, donne lieu, chez G.-P. Effa, &agrave; l&rsquo;expression d&rsquo;une  probl&eacute;matique du &laquo;non lieu [qui] permet une relativisation des notions  de centre et de p&eacute;riph&eacute;rie&raquo; (R. Fosting Mangoua, p.149), quand bien m&ecirc;me  l&rsquo;auteur d&eacute;finit l&rsquo;identit&eacute; r&eacute;elle comme &laquo;celle que conf&egrave;re [&hellip;] le  centre affectif, la terre natale&raquo; (p.158).<\/p>\n<p>Et lorsque, dans A la  recherche du cannibale amour, Y. Karone met en sc&egrave;ne un auteur  camerounais en phase d&rsquo;&eacute;criture, c&rsquo;est l&rsquo;acte de cr&eacute;ation litt&eacute;raire qui  devient sujet romanesque. Pour pouvoir &eacute;crire et face &agrave; diff&eacute;rents  obstacles &laquo; qui l&rsquo;emp&ecirc;chent de se r&eacute;aliser sur le plan de l&rsquo;&eacute;criture &raquo;  (J. Ndinda, p.161), l&rsquo;&eacute;crivain se trouve confront&eacute; &agrave; &laquo; l&rsquo;obligation  d&rsquo;&ecirc;tre un transgresseur, au risque de perdre d&eacute;finitivement la raison &raquo;  (P. Bissa Enama, p.174).<br \/>\nDans la dramaturgie camerounaise anglophone,  cette question de la transgression se confond avec l&rsquo;engagement,  consid&eacute;ration faite du traitement r&eacute;serv&eacute; aux leaders politiques par des  &eacute;crivains comme B. Besong, B. Butake ou N. Hansel Eyoh. Chez ces  derniers, on remarque que &laquo; just as theatre activists using theatre to  criticize colonialists, so are contemporary theatre activists using  theatre to criticize contemporary African leaders who do not consider  transforming Africa into an industrial continent as a priority but are  more concerned with their own personal interests &raquo; (A. Tanyi-Tang,  p.271).<br \/>\nPris dans un perp&eacute;tuel antagonisme, l&rsquo;&eacute;crivain camerounais  semble jongler avec la part &agrave; accorder au r&eacute;el, cela se v&eacute;rifiant  jusqu&rsquo;au genre biographique allant de l&rsquo;hagiographie &agrave; la &laquo;  monumentalisation de vies v&eacute;cues &raquo; (D.-A. Noah Mb&eacute;d&eacute;, p. 233).<br \/>\nAu  fond, c&rsquo;est peut &ecirc;tre l&rsquo;humour qui laisse entrevoir une porte de sortie &agrave;  cette litt&eacute;rature se faisant reflet d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; &eacute;cartel&eacute;e entre  traditions perdues, legs colonial et errements contemporains. Les  nouvelles de S.-C. Abega apportent alors l&rsquo;image d&rsquo;un &laquo; bal des  cam&eacute;l&eacute;ons &raquo; (C. Bonono, p.281), un carnaval contemporain o&ugrave; &laquo; tout le  monde [est] complice &raquo; (p.276) et dont seule une &laquo; esth&eacute;tique de la  d&eacute;rision &raquo; (p.283) peut v&eacute;ritablement rendre compte.<\/p>\n<p><i>Rapha&euml;l THIERRY, Doctorant<br \/>\nUniversit&eacute; Paul Verlaine, Metz \/ Universit&eacute; de Yaound&eacute; I<\/i> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>VOUNDA ETOA, Marcelin, (sous la direction de), Cameroun nouveau paysage litt\u00e9raire\/new literary landscape (1990-2008), Yaound\u00e9, Editions CLE, 2009, 453 p. \u2013 ISBN&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30300","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30300","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30300"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30300\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30300"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30300"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30300"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}