{"id":30305,"date":"2010-11-06T13:10:32","date_gmt":"2010-11-06T13:10:32","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4096","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4096\/","title":{"rendered":"Il y a 28 ans : Ahmadou Ahidjo d\u00e9missionnait"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019\u00e9tait exactement le jeudi 4 novembre 1982 au journal de 20 heures. Il d\u00e9cidait de quitter ses fonctions de pr\u00e9sident de la R\u00e9publique pour les confier \u00e0 Paul Biya, son \u00ab successeur constitutionnel \u00bb. Evocations.    &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\"><img decoding=\"async\" height=\"175\" border=\"1\" align=\"left\" width=\"175\" src=\"http:\/\/www.lanouvelleexpression.info\/images\/stories\/Ahmadou-Ahidjo.jpg\" alt=\"\" \/>Ce fameux jeudi 4 novembre 1982, un long<span style=\"\">&nbsp; <\/span>g&eacute;n&eacute;rique  avait pr&eacute;c&eacute;d&eacute; le journal de 20 heures. La d&eacute;mission du pr&eacute;sident  Ahmadou Ahidjo fut mise en sc&egrave;ne par ses propres soins. Un acte d&rsquo;une si  grande port&eacute;e politique et historique, car si rare sur le continent  africain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">Un an plus t&ocirc;t, le  pr&eacute;sident L&eacute;opold S&eacute;dar Senghor du S&eacute;n&eacute;gal, alors &acirc;g&eacute; de 74 ans, avait  d&eacute;missionn&eacute; de ses fonctions et pass&eacute; le t&eacute;moin &agrave; Abdou Diouf. Le  pr&eacute;sident Ahmadou Ahidjo alors &acirc;g&eacute; de 58 ans devenait ainsi le deuxi&egrave;me  pr&eacute;sident africain &agrave; quitter volontairement le pouvoir par la d&eacute;mission.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">A propos des raisons  qui auraient motiv&eacute; le tout premier pr&eacute;sident du Cameroun ind&eacute;pendant &agrave;  se retirer et &agrave; choisir Paul Biya qui &eacute;tait alors Premier ministre,  beaucoup de choses ont &eacute;t&eacute; dites &agrave; cette &eacute;poque.<span style=\"\">&nbsp; <\/span>Germaine  Ahidjo, la veuve de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident d&eacute;c&eacute;d&eacute; des suites de maladies le  30 novembre 1989 &agrave; Dakar, au S&eacute;n&eacute;gal, o&ugrave; sa d&eacute;pouille repose au  cimeti&egrave;re jusqu&rsquo;&agrave; ce jour, n&rsquo;a pas vari&eacute; ses propos.<span style=\"\">&nbsp; <\/span>Elle estime que personne n&rsquo;a influenc&eacute; la d&eacute;cision du pr&eacute;sident Ahmadou Ahidjo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\"><strong><\/p>\n<p>Histoire d&rsquo;une d&eacute;mission<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">A la question d&rsquo;un  confr&egrave;re de savoir si le pr&eacute;sident Senghor l&rsquo;avait influenc&eacute; dans sa  d&eacute;cision de quitter le pouvoir, Germaine Ahidjo a r&eacute;pondu : &laquo;<span style=\"\">&nbsp; <\/span>Non  pas du tout. Senghor avait m&ecirc;me envoy&eacute; &agrave; Ahidjo son directeur de  cabinet, Moustapha Niasse, pour lui dire de ne pas d&eacute;missionner en lui  expliquant que le Cameroun, ce n&rsquo;est pas le S&eacute;n&eacute;gal. Ajoutant que le  Cameroun avait encore besoin de lui &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">Germaine Ahidjo a m&ecirc;me  tenu &agrave; pr&eacute;ciser dans un entretien accord&eacute; en avril 2010 &agrave; &laquo; Mutations &raquo;  que son &eacute;poux avait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;intention de d&eacute;missionner<span style=\"\">&nbsp; <\/span>&agrave;  la fois de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique et de la pr&eacute;sidence de  l&rsquo;Union nationale camerounaise (Unc, l&rsquo;ancien parti unique) : &laquo;<span style=\"\">&nbsp; <\/span>Il  avait d&eacute;missionn&eacute; de toutes ses fonctions, y compris de celles du  parti. Mais le soir, avant que la circulaire ne soit envoy&eacute;e &agrave; la radio  pour rendre publique sa d&eacute;mission, il y a le gouverneur Ousmane Mey de  la province du nord et une d&eacute;l&eacute;gation du bureau politique du parti qui  sont venus le voir. Ahidjo a d&rsquo;abord refus&eacute; de les recevoir. Il ne  voulait voir personne. Moi je lui ai dit &ldquo; Mais re&ccedil;ois les &ldquo;. Et lui me  disait &ldquo; je sais ce qu&rsquo;ils veulent &ldquo;. Poursuivant son t&eacute;moignage,  Germaine Ahidjo ajoute qu&rsquo; &laquo;<span style=\"\">&nbsp; <\/span>En effet, plusieurs  ministres essayaient de le convaincre de prendre juste des vacances pour  se reposer et reprendre les affaires plus tard. Mais &ccedil;a, il n&rsquo;en &eacute;tait  pas question pour lui. J&rsquo;ai insist&eacute; pour qu&rsquo;il les re&ccedil;oive. Il a donc  accept&eacute; et les membres de cette d&eacute;l&eacute;gation lui ont expliqu&eacute; qu&rsquo;il valait  mieux, pour &eacute;viter le chaos, qu&rsquo;il garde au moins le contr&ocirc;le du parti,  le temps que les Camerounais s&rsquo;habituent &agrave; son d&eacute;part. Je ne sais pas  exactement quels arguments ils ont avanc&eacute; pour le convaincre, peut-&ecirc;tre  l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un possible chaos, finalement il a accept&eacute; de rester &agrave; la t&ecirc;te  du parti. Et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il a t&eacute;l&eacute;phon&eacute; &agrave; Biya pour lui dire qu&rsquo;il  avait re&ccedil;u les camarades du parti et qu&rsquo;il pense qu&rsquo;il vaut mieux qu&rsquo;on  attende d&rsquo;abord pour sa d&eacute;mission du parti &raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">On peut enfin  comprendre pourquoi le jeudi 4 novembre 1982, le journal de 20 heures a  d&eacute;marr&eacute; avec plusieurs dizaines de minutes de retard : &laquo;<span style=\"\">&nbsp; <\/span>Dans  l&rsquo;esprit d&rsquo;Ahidjo, il fallait envisager un congr&egrave;s extraordinaire pour  transmettre les responsabilit&eacute;s du parti &agrave; Biya. Mais pendant tout ce  temps, &agrave; la radio, il y avait la musique qui pr&eacute;c&egrave;de le journal qui  jouait et &ccedil;a a dur&eacute; longtemps. Car entre-temps il a fallu r&eacute;&eacute;crire le  communiqu&eacute; pour enlever l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment concernant sa d&eacute;mission de la  pr&eacute;sidence du parti<span style=\"\">&nbsp; <\/span>&raquo;, a soulign&eacute; Germaine Ahidjo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">Apr&egrave;s la d&eacute;mission du  pr&eacute;sident Ahmadou Ahidjo, l&rsquo;ancien couple pr&eacute;sidentiel s&rsquo;&eacute;tait rendu en  France : &laquo; Ahidjo &eacute;tait fatigu&eacute;, surmen&eacute; et il avait des pertes de  m&eacute;moire. Il a &eacute;t&eacute; hospitalis&eacute; en clinique. Je me souviens que c&rsquo;&eacute;tait le  jour de la finale de Roland Garos avec Yannick Noah. Il m&rsquo;avait dit &ldquo;  m&ecirc;me si je dors tu me r&eacute;veilles, je ne veux pas rater ce match &ldquo;. Ce  jour l&agrave;, un &eacute;missaire de Biya, un attach&eacute; de la pr&eacute;sidence, est arriv&eacute;  avec un courrier pour Ahidjo. Dans cette lettre, Biya ne se souciait  m&ecirc;me pas de sa sant&eacute;. Tout ce qu&rsquo;il disait c&rsquo;&eacute;tait : &laquo; Vous m&rsquo;aviez dit  que vous me donneriez le parti dans 6 ou 8 mois. Je crois que le moment  est venu &raquo;. Ahidjo &eacute;tait choqu&eacute;. Il estimait qu&rsquo;&agrave; son retour au Cameroun  pr&eacute;vu en septembre, cette ann&eacute;e l&agrave; (en 1983, ndlr), il lui c&egrave;derait la  pr&eacute;sidence &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un Congr&egrave;s extraordinaire. Il a r&eacute;pondu qu&rsquo;il  ne donne pas le parti (&hellip;) Il n&rsquo;y a aucune urgence. Il pr&eacute;cisait qu&rsquo;il  allait rentrer en septembre et qu&rsquo;ils verraient les commodit&eacute;s pour le  transfert. Et en attendant, Biya avait les pleins pouvoirs. C&rsquo;est moi  qui ai post&eacute; la lettre. D&egrave;s qu&rsquo;ils ont re&ccedil;u la lettre, alors on a sorti  les complots, toute sorte de choses (&hellip;) Ahidjo a dirig&eacute; le pays avec des  gens qu&rsquo;il croyait connaitre, mais il les connaissait tr&egrave;s mal &raquo;, a  conclu Germaine Ahidjo<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\"><strong>Ahmadou Ahidjo<span style=\"\">&nbsp; <\/span>&laquo;J&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de d&eacute;missionner de mes fonctions de pr&eacute;sident de la  R&eacute;publique &hellip; &raquo; <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">Discours<span style=\"\">&nbsp; <\/span>prononc&eacute;  par le pr&eacute;sident Ahmadou Ahidjo le jeudi 4 novembre 1982. Message  d&rsquo;adieu du &laquo; p&egrave;re de la nation &raquo; &agrave; ses chers compatriotes.<span style=\"\">&nbsp; <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">&laquo;Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">J&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de  d&eacute;missionner de mes fonctions de Pr&eacute;sident de la  R&eacute;publique du  Cameroun. Cette d&eacute;cision prendra effet le samedi 6 novembre &agrave; 10 h. En  cette circonstance capitale, je voudrais du fond du coeur remercier  toutes celles et tous ceux qui, depuis bient&ocirc;t 25 ans, m&rsquo;ont accord&eacute;  leur confiance et apport&eacute; leur aide dans l&rsquo;accomplissement de mes  lourdes t&acirc;ches &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Etat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">Je voudrais tout  particuli&egrave;rement remercier les militantes et les militants de notre  grand Parti national, l&rsquo;U.N.C. de leur soutien total, constant et  in&eacute;branlable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">S&rsquo;il reste beaucoup &agrave;  faire dans la grande et longue oeuvre de construction de notre cher et  beau pays, nous avons ensemble accompli apr&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance, la  R&eacute;unification et l&rsquo;Unification, des progr&egrave;s consid&eacute;rables dans tous les  domaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" class=\"MsoNormal\">Notre pays dispose  d&rsquo;atouts importants. L&rsquo;unit&eacute; nationale consolid&eacute;e, des ressources  nombreuses, vari&eacute;es et compl&eacute;mentaires, une &eacute;conomie en expansion  continue, des finances saines, une justice sociale en am&eacute;lioration, une  population laborieuse et une jeunesse dynamique, de solides et  fructueuses relations d&rsquo;amiti&eacute; et de coop&eacute;ration en Afrique et dans le  monde.<\/p>\n<p>J&rsquo;invite toutes les  Camerounaises et tous les Camerounais &agrave; accorder, sans r&eacute;serve, leur  confiance et &agrave; apporter leur concours &agrave; mon successeur constitutionnel  M. Paul Biya. Il m&eacute;rite la confiance de tous, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur et &agrave;  l&rsquo;ext&eacute;rieur. Je vous exhorte &agrave; demeurer un peuple uni, patriote,  travailleur, digne et respect&eacute;.<\/p>\n<p><span style=\"\">&nbsp; <\/span><\/p>\n<p>Je prie Dieu  Tout-puissant afin qu&rsquo;il continue &agrave; assurer au peuple camerounais la  protection et l&rsquo;aide n&eacute;cessaires &agrave; son d&eacute;veloppement dans la paix,  l&rsquo;unit&eacute; et la Justice.<\/p>\n<p><span style=\"\">&nbsp; <\/span><\/p>\n<p>Vive le Cameroun &raquo;.<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"small\">&Eacute;crit par Edmond Kamguia K.\t\t<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019\u00e9tait exactement le jeudi 4 novembre 1982 au journal de 20 heures. 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