{"id":30306,"date":"2010-11-06T13:15:23","date_gmt":"2010-11-06T13:15:23","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4097","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4097\/","title":{"rendered":"Emploi des jeunes : un enjeu pour les protagonistes de la pr\u00e9sidentielle 2011"},"content":{"rendered":"<p>A l\u2019approche de chaque consultation \u00e9lectorale importante au Cameroun, les Camerounais se laissent toujours distraire par des d\u00e9bats futiles et querelles anesth\u00e9siantes. A qui profite ces diversions peut-on se demander ? Qui a peur du d\u00e9bat sur les sujets qui pr\u00e9occupent nos compatriotes? Ou des propositions \u00e0 \u00e9noncer apr\u00e8s un bilan n\u00e9gatif des uns et les critiques des autres? &#8211; <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"article-content\">L&rsquo;absence de confiance dans les  institutions (Elecam notamment), dans certains partis et dirigeants  politiques plaident en faveur      de la force des arguments pour convaincre nos compatriotes face au  scepticisme d&rsquo;une part et vaincre l&rsquo;argument de la force qui pourrait  &ecirc;tre utilis&eacute; d&rsquo;autre part.<br \/>\nL&rsquo;emploi des jeunes constitue un des  champs mobilisateurs pour ce prochain rendez-vous. Il est d&eacute;sormais  temps que les diff&eacute;rents acteurs s&rsquo;y mettent.<br \/>\nLe comice agro-pastoral  d&rsquo;Ebolowa aura bien lieu apr&egrave;s plus de 20 ans d&rsquo;attente. Il &eacute;talera  sans doute les faiblesses actuelles de notre agriculture financi&egrave;re des  premiers attributs de notre Etat ind&eacute;pendant.&nbsp; Pourra t-il enfin jeter  les jalons de l&rsquo;ultime d&eacute;collage &eacute;conomique de notre pays malgr&eacute; les  mirages annonc&eacute;s de l&rsquo;exploitation de nos ressources mini&egrave;res?<br \/>\nComme  une fus&eacute;e &agrave; plusieurs &eacute;tages, le d&eacute;veloppement de nombreux pays  industrialis&eacute;s s&rsquo;est appuy&eacute; sur le premier &eacute;tage qu&rsquo;est l&rsquo;agriculture  avant leur industrialisation.&nbsp; C&rsquo;est le cas des Etats-Unis et de la  France.<br \/>\nL&rsquo;exploitation de l&rsquo;or noir a suscit&eacute; chez nous comme  ailleurs, de nombreux espoirs chim&eacute;riques en termes d&rsquo;emplois. Il en  sera de m&ecirc;me demain avec la r&eacute;alisation des projets structurants  qu&rsquo;entend mettre en &oelig;uvre le gouvernement actuel dans le cadre de sa  politique dite des &laquo; grandes ambitions &raquo;.<br \/>\nL&rsquo;agriculture, l&rsquo;&eacute;levage et  la p&ecirc;che tout comme le tourisme constituent et demeureront encore  pendant de nombreuses ann&eacute;es dans notre pays, nos principaux gisements  d&rsquo;emploi jusqu&rsquo;ici inexplor&eacute;s, malgr&eacute; les intentions affich&eacute;es.<br \/>\nLe  r&eacute;cent r&eacute;sultat du recensement de la population a mis en exergue une  tr&egrave;s forte population jeune. Des jeunes peu form&eacute;s aux m&eacute;tiers dont  notre &eacute;conomie a besoin et aura besoin &agrave; l&rsquo;aune des nouvelles  perspectives.<br \/>\nDes jeunes qui &eacute;voluent par ailleurs dans un  environnement o&ugrave; l&rsquo;ascenseur social a cess&eacute; de fonctionner depuis les  premiers signes de la crise &eacute;conomique des ann&eacute;es 90, o&ugrave; le second  &eacute;l&eacute;ment de notre devise, le travail, n&rsquo;est plus le gage d&rsquo;une r&eacute;ussite  sociale.<br \/>\nDes pays comme l&rsquo;Alg&eacute;rie ont pris l&rsquo;option de fonder leur  d&eacute;veloppement sur &laquo; l&rsquo;industrie industrialisante &raquo;, &agrave; travers des grands  projets structurants. Les r&eacute;sultats, 30 ans plus tard, sont mitig&eacute;s.<br \/>\nUne  politique efficace de l&rsquo;emploi doit faire de la formation des jeunes la  rampe de lancement de la politique agricole comme porte d&rsquo;entr&eacute;e au  d&eacute;veloppement du pays. Elle doit &eacute;galement s&rsquo;appuyer sur une politique  de croissance forte et r&eacute;guli&egrave;re. <br \/>\n<strong><br \/>\nLa formation qualifiante des jeunes<\/strong><br \/>\nLe  Cameroun doit se d&eacute;velopper en s&rsquo;appuyant sur son &laquo; or vert &raquo;,  l&rsquo;agriculture et sur sa jeunesse. La &laquo; R&eacute;volution verte &raquo; qu&rsquo;appelle  aujourd&rsquo;hui de ses v&oelig;ux, Jacques Diouf, le pr&eacute;sident de la Fao, doit  prendre corps rapidement dans notre pays. Ce dernier dispose, en  quantit&eacute; suffisante, de bras jeunes, de terres arables, de ressources  hydriques. Il faudrait tout simplement donner &agrave; cette jeunesse une  vision claire, lui fournir des moyens incitateurs pour la mettre au  travail.<br \/>\nPour cela un inventaire exhaustif des fili&egrave;res agricoles &agrave;  exploiter et &agrave; d&eacute;velopper doit &ecirc;tre effectu&eacute; afin d&rsquo;orienter nos jeunes.  Nos diff&eacute;rents minist&egrave;res : Economie, Plan, Am&eacute;nagement du territoire,  Emploi sans oublier notre Fonds National pour l&rsquo;emploi doivent conjuguer  leurs efforts dans ce sens.<br \/>\nEnsuite ces jeunes doivent &ecirc;tre incit&eacute;s &agrave;  quitter les villes pour les campagnes, dans le cadre d&rsquo;une politique  &eacute;conomique et d&rsquo;am&eacute;nagement du territoire qui inverserait les flux  migratoires des zones urbaines vers les zones rurales. Pour cela ils  doivent avoir re&ccedil;u ou b&eacute;n&eacute;fici&eacute;: <br \/>\n&bull; D&rsquo;une formation ad&eacute;quate dans des  lyc&eacute;es agricoles et\/ou d&rsquo;&eacute;levages sp&eacute;cialis&eacute;s &agrave; cr&eacute;er dans chaque  d&eacute;partement en fonction de leurs particularit&eacute;s locales. Y favoriser le  t&eacute;l&eacute;enseignement des techniques agricoles avec le concours de nos  partenaires &eacute;trangers. R&eacute;habiliter le service national de participation  au d&eacute;veloppement d&rsquo;antan en l&rsquo;adaptant aux r&eacute;alit&eacute;s d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<br \/>\n&bull;  D&rsquo;un lopin de terre dans le cadre d&rsquo;un contrat de bail emphyt&eacute;otique  (bail de longue dur&eacute;e) qui permettrait au laur&eacute;at d&rsquo;exercer son m&eacute;tier  aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;autres jeunes dans une m&ecirc;me coop&eacute;rative ou Gie (Groupement  d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &eacute;conomique) ou Gic (groupement d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t commercial).<br \/>\n&bull; De  plants et d&rsquo;intrants produits suffisamment par nos instituts de  recherche, en contrepartie d&rsquo;un quota de leur production qui  alimenterait les stocks de soudure en cas de saisonnalit&eacute; difficile.<br \/>\n&bull;  D&rsquo;un encadrement et d&rsquo;un suivi de la part de nombreux ing&eacute;nieurs  agronomes que notre pays a form&eacute;s ces derni&egrave;res ann&eacute;es et qui peuplent  nos minist&egrave;res parfois de fa&ccedil;on oisive.<br \/>\n&bull; D&rsquo;une aide via la location  de mat&eacute;riels agricoles et non une donation comme cela se fait  aujourd&rsquo;hui de la part des d&eacute;membrements de la chambre d&rsquo;agriculture  qu&rsquo;il faudrait &eacute;galement cr&eacute;er dans le cadre de ce vent de  d&eacute;centralisation appel&eacute; &agrave; souffler sur notre pays.<br \/>\nCes formations  qualifiantes s&rsquo;imposent &eacute;galement &agrave; d&rsquo;autres secteurs de notre &eacute;conomie.  En effet, nos rues sont peupl&eacute;es de jeunes dipl&ocirc;m&eacute;s tant&ocirc;t d&eacute;s&oelig;uvr&eacute;s  tant&ocirc;t travaillant dans des secteurs d&rsquo;activit&eacute;s pour lesquels ils n&rsquo;ont  point &eacute;t&eacute; form&eacute;s. Pour le contribuable et la collectivit&eacute;&nbsp; il s&rsquo;agit  d&rsquo;un g&acirc;chis et d&rsquo;une perte d&rsquo;opportunit&eacute;s consid&eacute;rables.<br \/>\nLes  d&eacute;cisions prises par les autorit&eacute;s dans le cadre des projets  structurants ne semblent pas prendre en compte la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;avoir &agrave;  temps une offre de main d&rsquo;&oelig;uvre adapt&eacute;e &agrave; la demande qui en d&eacute;coulerait.<br \/>\nAucun  chronogramme de mise en &oelig;uvre de ces projets, permettant de former les  personnels requis n&rsquo;existe dans l&rsquo;agenda gouvernemental. Le comit&eacute; de  pilotage des grands projets, r&eacute;cemment cr&eacute;e, vient &agrave; point nomm&eacute; mais  tardivement. Il est &agrave; craindre que les quelques milliers d&rsquo;emplois  provisoires et d&eacute;finitifs &agrave; qualification &eacute;lev&eacute;e qu&rsquo;engendreront ces  projets soient pourvus en grande partie par des &eacute;trangers.<br \/>\nLa  situation de ch&ocirc;mage g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;, le d&eacute;couragement d&ucirc; aux r&eacute;flexes de  corruption, le malaise grandissant qui a grav&eacute; l&rsquo;avenir dans un nuage  obscur imposent qu&rsquo;&agrave; situation exceptionnelle, priorit&eacute; exceptionnelle.  Il convient donc de pr&eacute;voir et de donner aux jeunes Camerounais,  longtemps &agrave; l&rsquo;avance, une formation adapt&eacute;e aux besoins de notre  &eacute;conomie. Cela passe bien &eacute;videmment par :<br \/>\n&bull; La d&eacute;multiplication des  formations professionnelles par alternance &agrave; tous les niveaux : Lyc&eacute;es,  universit&eacute;s et &eacute;coles sup&eacute;rieures.<br \/>\n&bull; Un cadre r&eacute;glementaire et fiscal  incitatifs pour les entreprises, notamment les Pme, qui voudraient bien  accueillir ces jeunes en formation.<br \/>\n&bull; La construction d&rsquo;instituts  sp&eacute;cialis&eacute;s. En effet, comment imaginer qu&rsquo;apr&egrave;s tant d&rsquo;ann&eacute;es  d&rsquo;exploitation de notre p&eacute;trole, nous n&rsquo;ayons toujours pas les moyens de  cr&eacute;er un institut national de p&eacute;trole et de chimie chez nous? Comment  imaginer qu&rsquo;un gouvernement ayant la ma&icirc;trise de la gestion d&rsquo;une telle  richesse ne dispose toujours pas&nbsp; de&nbsp; telles &eacute;coles sur son sol et plus  particuli&egrave;rement dans la r&eacute;gion du Sud-ouest, berceau de nos gisements?  Par extension contr&ocirc;lera-t-on demain nos zones diamantif&egrave;res de l&rsquo;Est  Cameroun sans une &eacute;cole de taille de cette pierre pr&eacute;cieuse &agrave; Batouri ou  Lomi&eacute;, ou notre &laquo; coin ferreux &raquo; de Mbalam sans une &eacute;cole de mines &agrave;  Djoum ou &agrave; Ebolowa?<\/p>\n<p><strong>Une croissance forte et r&eacute;guli&egrave;re au service de l&rsquo;emploi<\/strong><br \/>\nNous  sommes r&eacute;solument convaincus que seule une croissance &eacute;lev&eacute;e de  pr&eacute;f&eacute;rence &agrave; deux chiffres sur plusieurs ann&eacute;es pourra non seulement  permettre &agrave; nos jeunes de trouver des emplois mais aussi sortir notre  pays des standards internationaux de la pauvret&eacute;.<br \/>\nLes goulots  d&rsquo;&eacute;tranglement et les freins &agrave; cette &eacute;mergence du Cameroun sont  nombreux. Malgr&eacute; les annonces et quelques avanc&eacute;es minimes, la  perception qu&rsquo;ont les investisseurs &eacute;trangers de notre pays et qui se  traduit d&rsquo;ailleurs par des Ide (Investissement Direct Etranger) tr&egrave;s  faibles, reste constante depuis plusieurs d&eacute;cennies. Un climat  d&rsquo;affaires peu attirant et qui n&rsquo;est qu&rsquo;un doux euph&eacute;misme pour parler  de l&rsquo;affairisme, la corruption, l&rsquo;inertie bureaucratique, une fiscalit&eacute;  peu adapt&eacute;e, une absence d&rsquo;Etat de droit, ajout&eacute; &agrave; d&rsquo;autres facteurs  auxquels il faudrait s&rsquo;attaquer, contribuent &agrave; ralentir notre croissance  en d&eacute;pit de nos potentialit&eacute;s.<br \/>\nNotre pays souffre depuis de  nombreuses ann&eacute;es d&rsquo;un d&eacute;ficit chronique en &eacute;nergie qui lui fait perdre  chaque ann&eacute;e un demi-point de croissance en d&eacute;pit de son potentiel  hydro-&eacute;lectrique qui le place en deuxi&egrave;me position en Afrique apr&egrave;s la  Rdc. Les Grands barrages hydro-&eacute;lectriques, en cours de pr&eacute; r&eacute;alisation  sont certes attendus mais ne devraient pas &ecirc;tre l&rsquo;unique r&eacute;ponse &agrave; cette  demande en &eacute;nergie qui continuera de cro&icirc;tre de fa&ccedil;on vertigineuse les  prochaines ann&eacute;es. Nous devons encourager fiscalement les investisseurs  priv&eacute;s, dans le cadre des contrats Bot (<em>Build, Operate and Transfer<\/em>),  &agrave; r&eacute;aliser plut&ocirc;t des mini-centrales peu on&eacute;reuses et moins  contraignantes en termes d&rsquo;&eacute;tudes d&rsquo;impact environnemental d&rsquo;une part et  de diversifier notre parc &eacute;nerg&eacute;tique en s&rsquo;ouvrant au solaire et &agrave;  l&rsquo;&eacute;olienne d&rsquo;autre part.<br \/>\nNos infrastructures de transport sont  v&eacute;tustes, insuffisantes voire inadapt&eacute;es. Une &eacute;tude r&eacute;alis&eacute;e r&eacute;cemment  par un cabinet camerounais montre qu&rsquo;avec la construction d&rsquo;un second  pont sur le Wouri, notre Pib gagnerait un point de plus de croissance.  Si on allait vers la construction d&rsquo;un troisi&egrave;me pont &agrave; l&rsquo;instar de  celui sur la lagune d&rsquo;Ebri&eacute; &agrave; Abidjan, nous pensons qu&rsquo;une telle  construction aurait des effets multiplicateurs tr&egrave;s importants sur notre  &eacute;conomie. <br \/>\nDepuis la fin de la construction du Transcamerounais,  aucun kilom&egrave;tre suppl&eacute;mentaire de ligne ferroviaire n&rsquo;a &eacute;t&eacute; construit ou  r&eacute;habilit&eacute; dans notre pays. Tout au contraire la ligne Douala-Mbanga a  &eacute;t&eacute; abandonn&eacute;e. L&agrave; aussi, nous proposons la r&eacute;novation des lignes  existantes, leur extension vers le Tchad, la R&eacute;publique centrafricaine  par des d&eacute;veloppeurs autres que Camrail. Cela aurait pour effet non  seulement d&rsquo;acc&eacute;l&eacute;rer l&rsquo;int&eacute;gration sous-r&eacute;gionale mais aussi de donner  un coup de fouet suppl&eacute;mentaire &agrave; notre &eacute;conomie nationale. <br \/>\nLes  autres types de transports ne doivent pas &ecirc;tre en reste. Alors que nous  sommes encore au stade des &eacute;tudes relatives &agrave; la construction de notre  premi&egrave;re liaison autorouti&egrave;re, d&rsquo;autres pays moins bien lotis que nous,  ont commenc&eacute; la r&eacute;alisation des leurs. La liaison Bamako-Koulikoro ou  Dakar-St Louis pour ne citer que celles-l&agrave;. Il y a trente ans d&eacute;j&agrave; que  la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire dispose d&rsquo;une autoroute entre Abidjan et Bouak&eacute;. Le  r&eacute;seau routier doit &ecirc;tre d&eacute;velopp&eacute; et densifi&eacute;, les ports de Kribi et de  Limb&eacute; doivent enfin sortir des limbes. En effet ces constructions  portuaires viendraient d&eacute;sengorger celui de Douala peu propice &agrave;  l&rsquo;accostage des navires de grand tonnage tout en am&eacute;liorant la  comp&eacute;titivit&eacute; de notre &eacute;conomie. <br \/>\nLe d&eacute;veloppement des  t&eacute;l&eacute;communications, nerfs de la guerre moderne, a pris du retard. Ce  retard doit &ecirc;tre rattrap&eacute; le plus rapidement possible si nous souhaitons  d&eacute;velopper de nombreuses activit&eacute;s comme celles li&eacute;es &agrave; l&rsquo;Outsourcing  (externalisation des services pour une entreprise : ie call-center),  pourvoyeuses d&rsquo;emplois. Le Maroc, la Tunisie et le S&eacute;n&eacute;gal dans une  moindre mesure sont des exemples &agrave; suivre. L&rsquo;offshoring tout comme le  Nearshoring est pourvoyeur de richesses. La fibre optique doit  rapidement s&rsquo;enraciner dans le paysage camerounais. De nouveaux  op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;phoniques doivent pouvoir s&rsquo;installer afin de booster le  march&eacute;, &eacute;muler la concurrence, r&eacute;duire les co&ucirc;ts puis les prix aux  consommateurs.<br \/>\nUne gestion des finances publiques qui plombe la  croissance. Apr&egrave;s l&rsquo;atteinte du point d&rsquo;ach&egrave;vement Ppte, notre pays  s&rsquo;est lanc&eacute; &agrave; nouveau dans un cycle d&rsquo;endettement non productif.  L&rsquo;orthodoxie budg&eacute;taire &agrave; laquelle l&rsquo;Etat devrait s&rsquo;astreindre, a  commenc&eacute; &agrave; voler en &eacute;clat apr&egrave;s les &eacute;meutes de f&eacute;vrier 2008 avec le gel  des prix notamment ceux du carburant &agrave; la pompe. Ces subventions ont  fait perdre &agrave; la Sonara, l&rsquo;&eacute;quivalant de 106 Mds de FCfa, soit 1% de  notre Pib. Ajout&eacute;e aux cr&eacute;ances qu&rsquo;elle d&eacute;tient sur l&rsquo;Etat (300 Mds de  FCfa), cette soci&eacute;t&eacute; ne survit qu&rsquo;au prix d&rsquo;emprunts bancaires on&eacute;reux.  Son plan de r&eacute;novation d&rsquo;un montant &eacute;quivalant aux sommes que lui  doivent l&rsquo;Etat, s&rsquo;en trouve menac&eacute; tout comme ses cr&eacute;anciers, si cette  soci&eacute;t&eacute; venait &agrave; d&eacute;poser son bilan. La solution des Dts (Droits de  tirage sp&eacute;ciaux) du Fmi, pour &eacute;ponger ces dettes et qui prive d&rsquo;autant  notre &eacute;conomie de financements opportuns et productifs, aurait pu &ecirc;tre  &eacute;vit&eacute; si certaines d&eacute;penses &laquo; somptuaires &raquo; pour les uns et de &laquo;  souverainet&eacute; &raquo; pour les autres n&rsquo;avaient &eacute;t&eacute; engag&eacute;es contre tout bon  sens. C&rsquo;est le cas des festivit&eacute;s r&eacute;centes du cinquantenaire de notre  ind&eacute;pendance (plus de 50 Mds de FCfa) et celles &agrave; venir de nos forces de  d&eacute;fense.<br \/>\nUn syst&egrave;me financier et bancaire qui, en d&eacute;pit de sa sur  liquidit&eacute;, rechigne &agrave; financer les Pme-Pmi, faute de projets bancables,  disent ces &eacute;tablissements. Rien de surprenant dans un pays o&ugrave; l&rsquo;informel  est la r&egrave;gle et le formel l&rsquo;exception. Afin d&rsquo;att&eacute;nuer la frilosit&eacute; de  nos &eacute;tablissements de cr&eacute;dit et banques, nos pouvoirs publics devraient  mettre en place un fonds de garantie, (&agrave; l&rsquo;instar de la Coface en France  mais tourn&eacute;e n&eacute;anmoins vers l&rsquo;int&eacute;rieur), des emprunts contract&eacute;s par  ces entreprises dites in&eacute;ligibles. Un organisme devrait accompagner les  cr&eacute;ateurs tout comme les entreprises dans le montage des projets &agrave;  financer. Si un cadre politique et &eacute;conomique incitatif est mis en  place, &agrave; travers des m&eacute;canismes, outils et institutions &agrave; mettre en  &oelig;uvre ou &agrave; cr&eacute;er : P&eacute;pini&egrave;res locales d&rsquo;entreprises, Fonds  d&rsquo;investissement, D&eacute;ploiement des filiales des banques et du Cr&eacute;dit  Foncier dans les zones d&rsquo;&eacute;migration camerounaise,&nbsp; le potentiel  financier de la diaspora pourrait booster l&rsquo;investissement dans notre  pays et les activit&eacute;s de sa place boursi&egrave;re.<br \/>\nLa volont&eacute; affich&eacute;e par  le gouvernement d&rsquo;affecter les 200 Mds de FCfa du futur emprunt  obligataire &agrave; la r&eacute;alisation des grands travaux a, &agrave; notre avis, tr&egrave;s  peu de chance de relancer notre &eacute;conomie et surtout d&rsquo;avoir un impact en  termes d&rsquo;emplois durables si certains pr&eacute; requis n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute;  r&eacute;alis&eacute;s. En effet, tout comme nos jeunes ne sont point form&eacute;s, notre  industrie n&rsquo;est pas pr&ecirc;te &agrave; absorber cette masse d&rsquo;investissements. A  titre d&rsquo;exemple, comment expliquer qu&rsquo;en d&eacute;pit d&rsquo;une offre insuffisante  en ciment, les diff&eacute;rents projets de construction de cimenteries avec  les Sud-cor&eacute;ens &agrave; Limbe ou des Chinois dans le Sud tardent &agrave; &ecirc;tre  op&eacute;rationnels avant le d&eacute;but d&rsquo;ex&eacute;cution des dits grands travaux, futurs  grands consommateurs de ce produit? Si tel n&rsquo;est pas le cas, cette  politique de relance par les grands travaux profitera aux &eacute;trangers  comme nous l&rsquo;avons vu sous d&rsquo;autres cieux. La France du premier  gouvernement de gauche de Pierre Mauroy en 1981 l&rsquo;a appris &agrave; ses d&eacute;pens  avec une politique de relance audacieuse qui profita&nbsp; &agrave; l&rsquo;Allemagne.<br \/>\nLe  Cameroun doit rapidement sortir du &laquo; traitement social &raquo; du ch&ocirc;mage qui  consiste &agrave; recourir au recrutement, certes n&eacute;cessaire mais peu  productif, dans la fonction publique, l&rsquo;arm&eacute;e et la police, pour  s&rsquo;attaquer aux causes structurelles de ce fl&eacute;au dans notre pays. Une  alternative existe. Il est temps de la mettre en &oelig;uvre afin que  l&rsquo;&eacute;mergence de notre pays ne soit pas simplement un effet d&rsquo;optique mais  une r&eacute;alit&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Adrien Macaire Lemdja<\/strong><br \/>\n<em>Consultant International en Finance<\/em><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019approche de chaque consultation \u00e9lectorale importante au Cameroun, les Camerounais se laissent toujours distraire par des d\u00e9bats futiles et querelles anesth\u00e9siantes.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30306","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30306","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30306"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30306\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30306"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30306"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30306"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}