{"id":30319,"date":"2010-11-29T17:42:43","date_gmt":"2010-11-29T17:42:43","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-01T00:00:00","slug":"4110","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/4110\/","title":{"rendered":"S\u00e9verin Kezeu : Un major qui vaut de l\u2019or"},"content":{"rendered":"<p>M\u00e9connu dans son pays natal, ce fort en th\u00e8me a mis au point un syst\u00e8me technologique qui rapporte des milliards de dollars.   &#8211; <\/p>\n<p>La technologie cl&eacute; n&deg;43 du minist&egrave;re fran&ccedil;ais de l&rsquo;Industrie a &eacute;t&eacute;  attribu&eacute;e en 2000 &agrave; l&rsquo;invention Navigator, un syst&egrave;me anticollision 3D  r&eacute;volutionnaire pour engins mobiles (trains, bateaux, avions, voitures,  grues, etc.). C&rsquo;est un bo&icirc;tier universel intelligent embarqu&eacute;, &eacute;quip&eacute; de  capteurs indiquant la position, la vitesse, l&rsquo;inertie ou encore  l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration de l&rsquo;engin, en prenant en compte les m&ecirc;mes informations  venant d&rsquo;autres appareils en mouvement. Le pilote automatique, r&eacute;put&eacute;  efficace &agrave; 100%, &eacute;met des ordres r&eacute;ciproques jusqu&rsquo;&agrave; ce que le risque de  collision repasse au vert. De nombreuses vies humaines peuvent ainsi  &ecirc;tre sauv&eacute;es.<br \/>\nLe logiciel Navigator a &eacute;t&eacute; adopt&eacute; depuis 2007 par  l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise, puis par le Pentagone (Etats-Unis). La soci&eacute;t&eacute; SK  Solutions, qui fabrique et commercialise cette intelligence  artificielle, est aussi pr&eacute;sente &agrave; Abu Dhabi, en Arabie Saoudite, en  Chine, au Qatar et en Grande Bretagne. C&rsquo;est le fruit du g&eacute;nie d&rsquo;un  Camerounais, S&eacute;verin Kezeu, n&eacute; le 15 novembre 1967 &agrave; Yaound&eacute;,  aujourd&rsquo;hui mari&eacute; &agrave; une Guadeloup&eacute;enne (Noire) et p&egrave;re de 3 filles.  Apr&egrave;s 10 ans d&rsquo;absence, cette t&ecirc;te bien pleine a de nouveau foul&eacute; le sol  natal &agrave; la faveur du Forum &eacute;conomique de diaspora, organis&eacute; le 15 ao&ucirc;t  dernier &agrave; Yaound&eacute;, o&ugrave; une v&eacute;ritable ovation a accompagn&eacute; sa pr&eacute;sentation  aux participants et officiels. &laquo;J&rsquo;ai retrouv&eacute; l&rsquo;envie de mon pays&raquo;,  explique-t-il.<\/p>\n<p>Cette sensation contextuellement transmissible lui &eacute;tait pass&eacute;e depuis  des d&eacute;cennies, M. Kezeu, qui vit entre la France, Duba&iuml; et les  Etats-Unis, n&rsquo;ayant &eacute;t&eacute; au Cameroun que 3 fois depuis un quart de  si&egrave;cle. Les frustrations, il en a eu, et pas des moindres, qui auraient  pu l&rsquo;en &eacute;loigner d&eacute;finitivement&hellip;<br \/>\nC&rsquo;est &agrave; 7 ans que ce fils  d&rsquo;infirmi&egrave;re et d&rsquo;enseignant fait sa premi&egrave;re rencontre avec le monde de  l&rsquo;informatique, un domaine qui n&rsquo;en est qu&rsquo;&agrave; ses pr&eacute;mices sous nos  cieux. Amoureux de lecture, son p&egrave;re le gave de documents divers. Le  petit curieux, &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; ses &eacute;gaux tapent dans des chiffons sur des  terrains vagues de Mballa II (Yaound&eacute;), lit tout, m&ecirc;me des livres du  secondaire. Il tombe ainsi un jour sur une revue d&rsquo;orientation scolaire,  dans laquelle il d&eacute;couvre le mot &laquo;robotique&raquo;, une technologie qui rend  la mati&egrave;re inerte intelligente. Un tournant est en train de se nouer.  &laquo;Tr&egrave;s jeune aussi, je prends conscience de la probl&eacute;matique de la cause  noire. Le Noir est capable de cr&eacute;er et de faire prosp&eacute;rer des marques.  Mes r&eacute;f&eacute;rences, qui sont rest&eacute;es intactes, sont Nelson Mandela, Malcolm X  et Martin Luther King, dont l&rsquo;&oelig;uvre a totalement influenc&eacute; ma vie&raquo;,  relate S&eacute;verin Kezeu. Son ambition est d&eacute;j&agrave; &eacute;tablie : il sera &laquo;ing&eacute;nieur  et chef d&rsquo;entreprise&raquo;. Pas moins.<\/p>\n<p><b>Matheux<\/b><br \/>\nA l&rsquo;&eacute;cole,  il est toujours premier de la classe. Dans le secondaire, il d&eacute;croche  des bourses au fil des ann&eacute;es et ses parents peuvent &eacute;conomiser sur les  livres scolaires. Et c&rsquo;est sans anicroche qu&rsquo;il d&eacute;croche son  baccalaur&eacute;at C avec mention. Le g&eacute;nie d&eacute;daigne les grandes &eacute;coles  locales, et postule &agrave; une bourse gouvernementale d&rsquo;&eacute;tudes &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger.  Refus net et sans explication. Ses g&eacute;niteurs se proposent de financer  son expatriation acad&eacute;mique. Il veut leur &eacute;pargner cette on&eacute;reuse  corv&eacute;e, eux qui ont d&eacute;j&agrave; 2 enfants &eacute;tudiants en France.<br \/>\nEn 1984,  S&eacute;verin Kezeu s&rsquo;inscrit en 1&egrave;re ann&eacute;e (math&eacute;matiques-informatique) &agrave;  l&rsquo;universit&eacute; de Yaound&eacute;. Major en fin d&rsquo;ann&eacute;e, il renouvelle sa demande  de bourse. Nouveau refus net et sans explication du gouvernement. Avec  l&rsquo;aide de la famille, il finit par s&rsquo;inscrire &ndash; moyennant 2 ann&eacute;es  pr&eacute;paratoires &ndash; &agrave; l&rsquo;Institut national de recherche en informatique et en  automatique de Strasbourg. Le jeune talent, 2 ans avant la fin de ses  &eacute;tudes, croule d&eacute;j&agrave; sous les propositions professionnelles mirifiques  aux Etats-Unis.<\/p>\n<p>En 1991, le brillant sujet de 24 ans d&eacute;croche en  individuel le premier prix national fran&ccedil;ais de l&rsquo;invention et de  l&rsquo;innovation : &laquo;Lorsqu&rsquo;on me remet mon dipl&ocirc;me, l&rsquo;image de mes r&ecirc;ves  d&rsquo;enfant me revient.&raquo; Il y a dans l&rsquo;enveloppe un ch&egrave;que de 250.000  francs fran&ccedil;ais. La r&eacute;gion Provence-Alpes-C&ocirc;te d&rsquo;Azur (Paca)  subventionne &eacute;galement ses travaux, sans oublier quelques autres aides  p&eacute;cuniaires. 15 jours apr&egrave;s sa sortie d&rsquo;&eacute;cole, le fort en th&egrave;me re&ccedil;oit  une proposition de naturalisation du gouvernement fran&ccedil;ais. Il se  donnera une semaine de r&eacute;flexion avant d&rsquo;accepter la nationalit&eacute;  fran&ccedil;aise.<br \/>\nMais &ndash; on l&rsquo;a signal&eacute; plus haut &ndash; S&eacute;verin Kezeu avait, d&egrave;s  le d&eacute;part, &laquo;d&eacute;cid&eacute; de ne pas &ecirc;tre ouvrier dans une multinationale&raquo;. Son  combat rejoint ses convictions. C&rsquo;est aussi le saut dans l&rsquo;inconnu.  Jusqu&rsquo;en 1998, l&rsquo;ing&eacute;nieur, docteur en sciences informatiques  industrielles, m&egrave;ne ses recherches. C&rsquo;est aussi &agrave; cette p&eacute;riode qu&rsquo;il  proc&egrave;de &agrave; la mise en place des ressources.<\/p>\n<p><b>Cerveaux<\/b><br \/>\nAujourd&rsquo;hui,  SK Solutions, dont son pr&eacute;sident-fondateur d&eacute;tient 93% des parts, p&egrave;se  100 millions de dollars US. C&rsquo;est 150 ing&eacute;nieurs et 250 techniciens de  maintenance, v&eacute;ritable force de travail de l&rsquo;entreprise et mieux pay&eacute;s  que les premiers cit&eacute;s. &laquo;Pendant des ann&eacute;es, l&rsquo;Europe a form&eacute; des  techniciens hautement qualifi&eacute;s, oubliant les classes interm&eacute;diaires,  ces t&ecirc;tes bien pleines et ces bras qui font pourtant la r&eacute;putation des  grands groupes. Elle paye actuellement le prix de cet aveuglement, ne  sachant plus o&ugrave; donner de la t&ecirc;te&raquo;, explique le manager de haut vol.<br \/>\nC&rsquo;est  par ce secteur que S&eacute;verin Kezeu va signer le retour de l&rsquo;enfant  prodige au pays, &agrave; travers la cr&eacute;ation &agrave; Ed&eacute;a d&rsquo;un institut de formation  concr&egrave;te en maintenance industrielle. Son groupe sera le premier  utilisateur de ces produits, d&rsquo;autres &eacute;tant destin&eacute;s &agrave; l&rsquo;exportation. Ce  sera son premier chantier, dans cette m&egrave;re patrie qui n&rsquo;aura pas &eacute;t&eacute;  tendre avec lui.<\/p>\n<p>Ce retour de flamme, le petit Camerounais devenu  grand le doit &agrave; une actualit&eacute; r&eacute;cente. Invit&eacute; par un groupe de jeunes  compatriotes au Forum des comp&eacute;tences de la diaspora camerounaise  (Davoc), tenu du 6 au 8 mai 2010 &agrave; Bonn, en Allemagne, M. Kezeu se  retrouve &laquo;en pr&eacute;sence d&rsquo;un diplomate, l&rsquo;ambassadeur du Cameroun dans ce  pays, Jean-Marc Mpay, au discours terre &agrave; terre, d&eacute;pouill&eacute; de la langue  de bois&raquo;. Il aime les choses pratiques, concr&egrave;tes. Depuis lors, il  s&rsquo;informe via Internet sur la marche de pays dont le premier atout,  selon lui, est la richesse de la mati&egrave;re grise et la bonne sant&eacute;  physique des populations. &laquo;J&rsquo;ai &eacute;galement &eacute;t&eacute; agr&eacute;ablement surpris par  les moyens de communication physique et num&eacute;rique, qui sont le premier  degr&eacute; vers l&rsquo;&eacute;mergence voulue par le gouvernement &agrave; l&rsquo;horizon 2035.&raquo;<\/p>\n<p>S&eacute;verin  Kezeu a prolong&eacute; son s&eacute;jour au Cameroun apr&egrave;s le Forum &eacute;conomique de  diaspora. En ville comme &agrave; la campagne, il a observ&eacute; les r&eacute;flexes de ses  compatriotes jusqu&rsquo;au plus petit d&eacute;tail. Il a attentivement lu le  Document de strat&eacute;gie pour la croissance et l&rsquo;emploi (Dsce),  &laquo;int&eacute;ressant sur le papier&raquo; : &laquo;Mais il faudra beaucoup de sacrifices et  de r&eacute;formes. Il manque aussi au pays des techniciens de classe  interm&eacute;diaire, la rationalisation des m&eacute;tiers de services, la cr&eacute;ation  de la valeur ajout&eacute;e aux mati&egrave;res premi&egrave;res pour pouvoir exporter en  qualit&eacute; et en quantit&eacute;.&raquo; Il a aussi interrog&eacute;, analys&eacute; : &laquo;Je repars avec  la volont&eacute; d&rsquo;investir dans une vision pragmatique.&raquo; La corruption,  qu&rsquo;il consid&egrave;re comme &laquo;une v&eacute;ritable gangr&egrave;ne pour la nation&raquo; mais qui  ne l&rsquo;effraye pas. Un peu comme sa propre trajectoire, qui n&rsquo;aura pas &eacute;t&eacute;  un long fleuve tranquille mais qui a d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; en v&eacute;ritable success  story.<\/p>\n<p><span class=\"createby\">F&eacute;lix C. Ebol&eacute; Bola\t\t<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9connu dans son pays natal, ce fort en th\u00e8me a mis au point un syst\u00e8me technologique qui rapporte des milliards de dollars.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[3810],"tags":[],"class_list":["post-30319","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30319"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30319\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/mboasawa.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}